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10/09/2010

Vu à la télé

martine_aubry..240x320.jpgC’est dingue de voir désormais jusqu’où peut conduire l’unité qui triomphe au sein du parti socialiste. Voyez hier soir. Arlette Chabot, tout juste vidée de la direction de l’info de la deux, organisait un débat sur la question des retraites proposant à Martine Aubry de figurer dans l’émission – elle est après tout Première Secrétaire du PS – au titre de l’opposition. Pas de bol, Aubry présidant le conseil d’administration de l’Euro-métropole lilloise, la chef des socialistes a illico soumis le nom de Ségolène Royal à Arlette Chabot pour la remplacer. Jamais, avant que nous souffle ce vent de l’unité né à La Rochelle, on aurait imaginé que Martine Aubry offre une telle exposition médiatique à la présidente de Poitou-Charentes.

Certains, probablement dotés d’un esprit négatif, pensent que c’est une Martine Aubry ayant de la peine à formuler des propositions sur les retraites qui s’est désistée en faveur de sa rivale. Pensez-donc, il faudrait être fou pour imaginer une telle explication. En vérité, c’est tout bêtement parce que l’unité règne au parti socialiste que nos dirigeants sont redevenus interchangeables, unis autour d’une position non moins unique. D’ailleurs, à La Rochelle, Martine Aubry a dit et redit qu’il en allait désormais ainsi et que le temps des courants et coteries, des écuries et fractions était derrière nous. Aujourd’hui, qu’on se le dise, chacun peut désormais s’entendre avec l’ensemble du Parti sur le fait que les promesses d’aujourd’hui annoncent des jours meilleurs. Une fois ces jours meilleurs arrivés il sera toujours temps de formuler de déchirantes révisions.

Lyon, le 10 septembre 2010.

Photo: DR

18/07/2010

C comme "Care"

C 2.jpg

C’est avec une surprise pas loin d’être totale que les socialistes ont découvert, en écoutant un beau jour d’avril Martine Aubry, que le temps du « Care » était venu. « N’oublions jamais qu’aucune allocation ne remplace les chaînes de soin, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage » nous avait alors expliqué la Première Secrétaire du Parti Socialiste convoquant ainsi cette sorte de philosophie née aux Etats-Unis, semble-t-il au début des années soixante-dix.

martine-aubry.jpgPansement sur une jambe de bois, bobologie politique, cache-sexe compassionnel, stade dégradé de la social-démocratie, les critiques fusèrent face à ce concept qui aurait été livré à Martine Aubry par le laboratoire d’idées du PS dirigé par Christian Paul, un ami de Montebourg. Quelques jeunes intellectuels comme la philosophe Fabienne Bruyère ou le sociologue Guillaume Le Blanc montèrent au créneau pour expliquer que ce « Care » était par nature de gauche car critiquant un libéralisme porteur d’individualisme. L’économiste Serge Guérin quant à lui, au nom de principes comme la « bienveillance » ou « l’implication » se fit également l’avocat de cette cause qui, avouons-le, n’a pas véritablement été en situation de prospérer. Depuis ce coups d’avril 2010, force est donc de constater que le « Care » de Martine Aubry patine et, à mon très humble avis, pour longtemps.

Lyon, le 18 juillet 2010.

 

06:50 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martine aubry, ps, care, bien-être, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/06/2010

Crétinerie

Cohn-Haddock.jpg« Il y a quatre types idéals : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré des quatre », écrivait Umberto Eco dans le Pendule de Foucault.

À méditer par certains politiques qui tirent sur leurs amis. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire ici tout le bien que je pensais des jugements à la Moulinsard de Gérard Collomb à propos de Martine Aubry et Ségolène Royal. Du côté rose de la belle province lyonnaise et depuis quelques jours, c’est plus calme. Merci. Du côté vert, sale temps pour les mouches et déchirements d’égos. À Eurovertsland, les noms d’oiseaux pleuvent. Dans l’art de choisir des qualificatifs sympathiques pour affubler les membres de la famille, nos protecteurs de la nature laissent parler la leur et prennent le relais.

Leur côté bordélique m’amuse. Je les savais imprévisibles et, au plan local, capables de s’allier lors de certains votes régionaux avec la droite la plus marquée. Naïf, je croyais leur vocabulaire moins vachard. Je découvre que dans le genre baston verbale, même façon coopérative amicale où l’on s’étrille en famille, ils sont champions.

Lors de leur dernier concert de samedi à la Cigale, Daniel Cohn Bendit a usé d’un vocabulaire revigorant et direct. Simple. Facile à comprendre. Un mélange de Frédéric Dard, de capitaine Haddock et de Mélanchon pour invectiver Jean-Vincent Placé : « crétin » ! Le Vert Numérobis avait osé parler d’Eva Joly en disant qu’elle faisait « vieille éthique ». Un réel progrès dans le choix des mots par le bouillonnant Dany qui se renouvelle après ses « Ignoble », « Minable » jetés à Bayrou sur un plateau de télévision. C’est plus moderne que le « Bouse de vache » envoyé par Clémenceau à la figure d’Edouard Herriot. Mais cela ne vole pas encore à l’altitude où le cerveau commence à souffrir du manque d’oxygène, celle du « Salope » de Devedjian à l’adresse d’Anne-Marie Comparini ou du « Casse-toi pauv’con ! » du plus distingué linguiste de France.

Jean-Paul Schmitt

02/06/2010

Une vraie maison de maçon

martine maçonne.jpgLe nouveau modèle de développement du PS présenté à la Plaine Saint Denis samedi dernier est sur le marché. C’est une vraie maison de maçon si l’on en juge par la réclame des promoteurs : c’est « la première pierre du programme » pour Désir (pas d’Avenir, mais Harlem) ; c’est « une brique pour 2012 » pour Mosco.

Remarquez que l’appareillage de briques et de pierres c’est le chic du chic de la construction haut de gamme. Et en même temps, la brique ça vous donne aussi un petit air ouvrier : la brique crue des vieilles banlieues du Nord avec leur maisons basses aux couleurs passées et qui sentent encore la sueur et le charbon. Voyez les corons chers à Bachelet. Je vous parle du chanteur que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, pas de Guillaume Bachelay : celui de Solférino dont on dit qu’il est fils du peuple et de Fabius (c’est dire si la musique est différente).

Sur le plan – car la maison est vendue sur plan - il ne manque plus que la cour pavée. Histoire de rappeler l’enfer du Nord. En tout cas, on peut juger le nouveau bâtiment à ses fondations : « un vrai socle » d’après la patronne des bâtisseurs qui file la métaphore façon chantier de construction en précisant que l’ouvrage n’a rien à voir avec le « modèle libéral qui nous mène au mur ».

C’est du vrai Bouygues ! Enfin, celui d’avant la télé…

Il n’y a que notre Gérard pour ne pas maçonner à l’unisson des ouvriers. Tous des gauchers. Pas comme lui qui est un franc du tablier. Assez doué, vu ce qu’il construit sur Rhône et Saône, mais un peu ambidextre. Il marmonne Gégé. Il s’abstient. Il râle. Il gâche d’autres mortiers. C’est un pragmatique qui commence à faire l’inventaire. Car on fait toujours l’inventaire. Jospin savait faire et Gérard reprend le métier et marque les fissures dans les murs. Il en a repéré dit-il dans le crépi Mitterrand de 1983 au moment même où un autre artiste, plutôt spécialiste de la flûte, s’essaie à talocher à tout va du Mitterrand - le grand, pas le neveu - à propos de l’âge de la retraite à 60 ans.

Quand on sait qu’avant d’entrer dans la maison, on va aussi devoir passer une couche de primaire sur les boiseries et les murs intérieurs et quand on sait que les goûts et les couleurs sont plus difficiles à uniformiser que les grandes intentions, pas besoin d’être du bâtiment pour savoir que les réunions de chantier seront agitées.

Jean-Paul Schmitt

28/05/2010

Soixante ans

200px-Strauss-Kahn%2C_Dominique_%28official_portrait_2008%29.jpgC’est après tout normal, mardi dernier l’UMP tenait convention à propos des retraites, le Parti du président en profitant pour exiger que saute le verrou du départ en retraite à soixante ans, entérinant ainsi une décision prise depuis belle lurette à l’Elysée. Une fois le mini ramdam Umpiste exécuté, il suffisait au ministre Woerth de claironner la bonne nouvelle sur LCI, en prenant tout de même le soin de préciser que les cheminots ne pouvaient être concernés par une telle décision.

Parlant de démagogie et d’irresponsabilité à propos de la position défendue par Martine Aubry d’un maintien du départ à 60 ans, le petit monde de l’UMP s’autorisait à jouer DSK contre le PS. Malgré la défense serrée de son équilibriste en chef, Jean-Christophe Cambadélis, les amis de DSK commençaient ainsi à percevoir les contours de l’épreuve qui les attend même si leur volonté de jouer l’opinion contre le parti apparaît comme de plus en plus nécessaire. En effet en épousant les thèses défendues à Paris, Rome, Athènes ou Londres, en surjouant son rôle de « Sachant », DSK a commis l’erreur de s’affaiblir dans le contexte qui devrait être celui de la désignation du candidat socialiste. En acceptant de toucher à la retraite à 60 ans, c'est-à-dire à participer à une agression contre un symbole, DSK a peut-être fait l’erreur de trop. En vérité, sur cette question de l’âge du départ en retraite, la seule possibilité pour la gauche est de passer un pacte avec les Français, un deal indiquant d’un côté que des salariés usés par une vie de labeur ne travailleront désormais plus que jusqu’à l’âge de 56 ou 57 ans, de l’autre que des catégories comme les enseignants ou les cadres voient l’âge légal reporté à 62 ou 63 ans. Sans pacte de ce type devant la nation, la question de l’âge de départ en retraite est un piège dans lequel DSK vient de plonger avec d’ailleurs une certaine délectation. Quant à Martine Aubry, si pour l’heure elle peut bénéficier d’un certain doute, il conviendrait, compte tenu de ses ambitions, qu’elle nous en dise un peu plus, question de principe.

Lyon, le 28 mai 2010.

05/05/2010

Tonton flingueur

Collomb Flingueur.jpgÀ peine le PS commence-t-il à s’installer dans une espèce de paix des braves en arrêtant ses petites phrases assassines entre frères et sœurs de la famille et voila que Gégé les Gones, se mettant en tête de monter à la capitale, sort l’artillerie lourde.

Du gros calibre sans silencieux sur le pétard ! Et de plus, c’est dans le beau Monde, celui du 30 avril, qu’il canarde. Aux abris, Martine, Ségolène !

J’ai l’impression de voir un mauvais remake des Tontons Flingueurs et d’entendre ânonner les dialogues extraordinaires d’Audiard que Ventura, Blier et Blanche articulaient si savoureusement. Autant je ris à ceux du film de Lautner, autant quand Gégé s’y met, j’ai du mal à me dérouiller les zygomatiques. Au lieu de s’embarquer dans la énième guerre des gangs en prenant le risque de nous éparpiller façon puzzle, il devrait travailler la tirade de Blier dans la scène de la cuisine : « Non mais t’as vu ça ? En pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! ».

Que Gégé veuille défendre un art de vivre à gauche à sa façon, on peut comprendre. Un art de vivre en ville qui n’est d’ailleurs pas si mal que ça (grâce à lui notamment), mais qu’a-t-il besoin de défourailler sur sa propre famille ? D’autant que les balles peuvent ricocher en retour à l’envoyeur : en matière de zigzag qu’il dénonce, on pourrait en énoncer quelques-uns de son fait. De Hollande à Moscovici, de son appui – tactique - à Ségolène qu’il a mise ensuite au frigo pour en sortir Peillon avant de le battre froid pour cause de lèse-lyonnaiserie, jusqu’à son actuel « retenez-moi ou je fais un malheur et vais aux primaires si DSK n’y va pas », la souplesse de ses déclarations est mise à rude épreuve.

Si tout le monde s’accorde sur le fait que son phrasé n’est pas celui d’Eva Perón ou d’un télévangéliste, on sait que le gone a du fond, alors pourquoi diable donner l’impression qu’il veut dézinguer pour empocher l’oseille ?

À moins qu’il ne peaufine un futur rôle. Celui de maître Folace alias Francis Blanche, dans la même scène de la cuisine avec sa célèbre réplique : « Touche pas au grisbi ! S… ! »

Jean-Paul Schmitt

28/04/2010

Primaires primaires ?

SégoRostand.jpgÀ en croire le bel Arnaud, elles permettront en toute transparence et après une campagne très ouverte de choisir le meilleur candidat pour représenter la gauche dans son acception la plus large lors des prochaines échéances de 2012. Adviennent donc les primaires pour que l’on choisisse le meilleur candidat ou la meilleure candidate !

À écouter et à entendre - dans ces primaires dont les militants du PS ont demandé qu’elles soient ouvertes - les valeurs qui sont celles des postulantes et postulants (sans réelle surprise gageons-le), les objectifs prioritaires (plus difficile), les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs (encore plus difficile, compte tenu de la dette et de la crise). Une sacrée foire d’empoigne se prépare-là à n’en pas douter. Après l’indispensable castagne des idées, il faudra des soins d’urgence. Le temps du mercurochrome et de la poche à glace sera court avant de rejoindre l’équipe plus vite que des joueurs de foot taclés après le pschitt-pschitt miracle du soigneur. D’autant plus vite que les fameuses primaires auront lieu assez tard en 2011 pour satisfaire les tenants de DSK, dont notre cher Gérard semble fan si j’en crois les récentes déclarations qu’il a faites sur la chaine Public Sénat, le 22 avril dernier. I want my DSK back dit GC qui déclare « À mon avis c’est le meilleur pour faire à la fois une politique économique crédible et performante et faire de grandes réformes sociales ». Ouf ! Voici l’homme providentiel nouveau. Qui l’eu cru ? GC nous l’a pourtant dit dès le 25 mars sur son blog : « Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. » sans oublier d’ajouter aussitôt, in cauda venenum, « Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès. » Le tacle sur les gambettes des miss a lieu avant même d’entrer sur le terrain.

Primaires, vous avez dit primaire ? Comme c’est primaire…

Et si on laissait se jouer le match devant deux ou trois millions de citoyens ?

Quant à parler du flair politique soi-disant sinueux de la sorcière du Poitou :

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme !

En variant le ton, par exemple, pour plaire :

Agressif : « Moi, Madame, si j’avais un tel flair,

Il faudrait tout le temps que je me mouchasse ! »

Timoré : « Trop souvent vos intuitions nous glacent,

Souffrez Madame, que pour d’autres on retape ! »

Descriptif : « C’est du toc !... C’est le hic !... C’est du rap !

Que dis-je, c’est du rap ?... Cette fraternitude ! »

Sentencieux : « Martine, Fabius ont des études

Que gênent Madame votre persévérance ! »

Amical : « Laissez Madame vos espérances

Les planches des tréteaux sont si souvent glissantes ! »

Jean-Paul Schmitt

17/04/2010

Centre(s)

396px-Bayrou_Bercy_2007-04-18_n29.jpgDepuis presque une paire de semaines, grâce à Libération, nous savons que le 19 juin prochain, l’appel de Villepin devrait prendre corps dans le 13ème arrondissement de Paris, du côté de la Halle Freyssinet. Mieux, alors que nous sommes loin du but, ce parti, véritable don de Villepin au pays, devrait s’appeler PRS pour « Parti pour une République Solidaire ». C’est navrant pour Martine Aubry qui moulinait depuis les régionales son désir de « Gauche Solidaire » pour faire oublier celui de « Gauche Plurielle » mais revenons au centre.

Villepin va donc venir chasser sur les terres de Bayrou ou plutôt pâturer les mêmes prairies. Histoire de mettre une première torgnole au Béarnais, Villepin vient d’expliquer que son parti qui n’existait pas encore comptait déjà 20 000 membres, autrement dit trois fois plus que le Modem démocratisé de Bayrou. Au lieu de se chercher querelle, nos deux centristes devraient plutôt se réjouir des propos de Sarkozy expliquant au Nouveau Centre de Morin qu’il n’était pas question pour lui d’imaginer une seule seconde une candidature autonome aux présidentielles. Exit donc Morin qui décidemment n’est jamais le bon cheval au centre. En vérité parmi les centristes, il n’y en a qu’un seul susceptible de mériter notre admiration, c’est Jean-Louis Bourlanges. Intelligent, fin, distant mais toujours décalé, l’ancien député européen vient de livrer un bouquin au titre prémonitoire « La tragédie des centres ». Devenu flingueur, Bourlanges excelle dans l’art de passer du flytox dans les moindres recoins du centre. A propos de la présidentielle, après avoir réglé son compte à Bayrou, Bourlanges dit de Morin, « Peut-on sérieusement être ministre de Sarkozy pendant cinq ans et candidat pendant cinq semaines contre lui ? » (Figaro Magazine). Pas mal non plus à propos de l’éventuelle candidature de Borloo, qui fait dire à notre nouvel agent d’ambiance du centrisme, « Je ne crois pas qu’un électron, fût-il particulièrement libre arraché du noyau gouvernemental Sarkozien, ait une autonomie suffisante pour figurer autre chose que ce que Pascal nommerait une fausse fenêtre pour la symétrie ».

Au pays des centre(s), c'est-à-dire comme aime le dire Bourlanges « des chefs sans parti et des partis sans chefs », il y a un flingueur. Le savoir autant en forme devrait suffire à nous rassurer.

Madrid, le 17 avril 2010.

Photo: DR

31/03/2010

La prière dominicaine

Laudate Dominique.jpgLa prière dominicaine est une prière silencieuse paraît-il. Pas sûr, à en croire celle qui monte en ce moment et qui semble fébrile.

Amis dominicains de Strausskahnie, attendez un peu cette fois avant de revêtir vos attributs d’inquisiteurs et de brûler la sorcière charentaise. Je sais que dans nos chapelles on souffle parfois le chaud et le froid, mais, à défaut de la mettre à nouveau au frigo (peut-être s’y mettra-t-elle d’ailleurs de son propre chef, mais il ne faut pas compter lui dicter quoi que ce soit) ou avant de la mener au bûcher, ne rêvez pas trop vite de la voir, comme les vestales fautives, enterrée vive dans sa région.

Amis dominicains, j’entends vos suppliques lyonnaises à votre saint patron. J’entends aussi, patelin, Cambadélis distraire les servants de la messe à Solférino pour tenter de les retenir en sacristie le temps que le grand expatrié revête un surplis rose. J’entends encore dom Mosco qui conseille au saint providentiel de ne pas attendre pour se déclarer prêt à revêtir la tiare française. J’ai entendu l’appel de Gérard de Lyon qui retrouve sa foi dans le grand inquisiteur international et monétaire depuis que l’on annonce que sainte Martine pourrait en 2012, peut-être, qui sait, des fois…. Lyon la rétive et son grand échevin ne rendent plus depuis quelques temps le culte titinesque à la sainte patronne des roses lilloises sacrée à Reims dans la fumée épaisse des encens.

Amis dominicains, craignez encore le charme royal. Il opère.

Sur France 2, le 25 mars dernier, dans À vous de Juger, le débat entre le prophète Daniel et la madone avait je vous assure la qualité des vraies disputes (au sens ancien du terme). Il y avait longtemps que la « grande télévision publique » - malgré les efforts d’Arlette Chabot pour saboter sa propre émission - ne nous avait gratifié d’un vrai échange politique sur le fond. Un échange passionné où, avec simplicité et dans un langage accessible, les divergences étaient argumentées avec franchise. Cela donnerait presque l’envie d’entrer dans l’une de ces futures coopératives du genre auberge espagnole à l’enseigne du 22 mars. Cela donne envie en tous cas de continuer ces échanges entre coopérateurs éventuels et désireux d’avenir.

Amis dominicains qui en d’autres temps avez tant aimé informer via You Tube, Dailymotion et maintenant Twitter, voyez ou revoyez l’émission. Notamment la partie concernant feu la taxe carbone (http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2005206_debat-segolene-royal-daniel-cohn-bendit-videos_1_0_1.html )…

Jean-Paul Schmitt

15/03/2010

A créteil

ferrat60.jpeg

« Nuit et brouillard, Potemkine, Camarade, Ma môme ou encore La montagne, c’est cela Ferrat » a dit justement le Ministre de la Culture parlant d’un, « mélange d’engagement politique, de fraternité et d’amour ». Le Ministre samedi a donc visé juste, en tout cas beaucoup plus que Martine Aubry disant que Ferrat « était un hymne à la résistance » ou qu’un Sarkozy semble-t-il enfin libéré de la disparition « d’une conception intransigeante de la chanson française ». (Sic !)

Politique et amour, avec Ferrat disparaît un chanteur populaire et populiste à l’instar de ce qu’était  « Ma môme »

 

« Ma môme

Elle joue pas les starlettes

Elle porte pas des lunettes

De soleil

Elle pose pas par les magazines

Elle travaille en usine

A Créteil. »

Pour le reste, il y a bien longtemps que Ferrat appartenait plus à Drucker qu’à la place du Colonel Fabien.

Lyon, le 15 mars 2010.

24/02/2010

Chicaneries

tp_20091013_1832-360k-1.jpgPlutôt que de se terminer en gag, dans l’affaire Frêche, chacun tente de trouver à la situation une issue acceptable. Terminées les grandes envolées morales des coupeurs de tête Montebourg et Bartolone, place au pragmatisme. On se dirige donc vers une sorte de « suspension temporaire » des amis du Président de la région Languedoc-Roussillon, autrement dit pour reprendre certaines formulations solfériniennes, vers une exclusion suspensive et provisoire des supposés exclus. Même Razzy Hammadi, poète officiel du clan Hamon, est atteint de coolitude, il dit que « le feuilleton maintenant devient ridicule ». C’est dire !

Hier, en se rendant à Montpellier, Gérard Collomb a judicieusement placé cette affaire sudiste au regard des enjeux nationaux qui sont face à la gauche. « Il faudra être tous rassemblés » a indiqué le Maire de Lyon car, a-t-il ajouté, « c’est comme ça qu’on peut gagner demain et non en s'enfermant dans les petites chicaneries qui réduisent, rabaissent la politique ».

Comme un fait exprès, c’est également hier que Collomb parmi 16 autres personnalités socialistes qui lançaient un appel intitulé « Faire converger la gauche », publié dans Libération. Cette vaste coalition suggérée par nos 17 élus est la condition d’une victoire lors de la présidentielle de 2012 et des législatives à suivre. Voici ce texte qui porte des exigences dont la gauche toute entière ne saurait s’exonérer à l’avenir.

"Faire converger la gauche

La gauche et singulièrement les socialistes doivent être les artisans d’une vaste coalition de progrès. L’heure n’est pas à la division, à la collection narcissique des différences et encore moins au sectarisme. Nous aurons à faire des choix qui marqueront notre véritable entrée dans le XXIe siècle. Nous n’avons pas à traverser une mer calme ; les vents sont contraires, souvent violents et des économies entières et même des Etats menacent déjà de faire naufrage. Le monde globalisé est une addition de mondes fragmentés. Le fiasco de Copenhague est symptomatique des limites de la gouvernance du monde.

Comme toujours dans ces périodes d’épreuves, il faudra faire l’inventaire du principal et de l’accessoire. Que ce soit sur la question essentielle du maintien des retraites, de l’emploi et de la formation, du droit des salariés à un patrimoine, du droit à l’éducation et de l’accès aux soins pour tous, de la prise en charge du grand âge comme de la sauvegarde de notre environnement, les défis à relever sont connus et immenses. Seule une puissante et large majorité politique pourra les relever. Si des adaptations de notre système social sont à accomplir, ce ne peut être que pour l’améliorer. On ne sauvegarde pas le progrès au prix d’une régression marquée par la précarité des statuts et des revenus. Une réforme fiscale ambitieuse et équitable devra garantir l’effort de tous et d’abord de ceux qui peuvent le plus. La solidarité n’est pas une punition. La mobilisation sociale exigée demandera une démocratie partagée. Une nouvelle République, appelons-la VIe, doit mettre un terme à l’hyperprésidence et instituer un véritable pouvoir parlementaire, donner enfin son indépendance à la justice et traduire le pluralisme des médias dans les faits, associer enfin les citoyens à la prise de décision publique.

Le temps n’est plus aux pusillanimités politiciennes, ni aux jeux d’appareils artificiels, ni aux polémiques dégradantes. Nous aurons besoin de l’énergie de tous.

Il faut s’unir ! Nous devons réfléchir et proposer, tous ensemble, enfin dégagés des rapports de force qui n’ont rien à voir avec l’exercice de la pensée. L’élection présidentielle de 2012 et l’élection législative doivent être gagnées par tous ceux qui souhaitent réformer la société, la gauche, toute la gauche, socialistes, radicaux, communistes, les écologistes, les démocrates du centre et jusqu’à ceux pour qui le gaullisme signifie le refus de la soumission de l’Etat aux intérêts particuliers. C’est la question démocratique qui détermine les alliances, pas l’inverse. La question démocratique gouverne la question sociale. Le dire ainsi rompt avec un confort du passé, devenu conformisme. Les régionales doivent être le banc d’essai de cette convergence pour que le rassemblement de toutes les forces au deuxième tour permette une victoire qui en annonce d’autres.

Signataires : Jacques Auxiette, Jean-Louis Bianco, Frédérique Bredin, Gérard Collomb, Thierry Coursin, Marc Daunis, Jean-Yves Le Drian, Vincent Feltesse, Aurélie Filippetti, Gaëtan Gorce, Jean-Pierre Masseret, Jean-Pierre Mignard, Jean-Jack Queyranne, François Rebsamen, Thierry Repentin, Monique Saliou, Gilles Savary, Jean-Marc Todeschini."

Lyon, le 24 février 2010.

05/02/2010

Le scalp du beauf

blog+-freche-gros.jpgIl aura donc fallu attendre quelques semaines pour que la flèche désormais historique de Frêche destinée à Fabius fasse parler d'elle. Cette petite phrase lourdingue prononcée dans l'indifférence générale avant les vacances de Noël par le beauf-en-chef du Languedoc-Roussillon mettra en vérité plusieurs semaines pour atteindre sa cible et enfin pouvoir être exploitée par une Martine Aubry chauffée à blanc et sous influence, une première socialiste certaine de pouvoir tirer profit de cette affaire aux contours plus artificiels que l'on pourrait le croire.

A quelques semaines du premier tour des régionales et alors que le marigot est en ébullition, rien n'est pourtant réglé et le temps ne semble pas travailler pour Solférino. Comme le disait jadis Robert Lamoureux "Le canard est toujours vivant", autrement dit Frêche est loin d'être mort. Mieux ou pire selon l'option choisie, le coups de poker de la première secrétaire pourrait s'avérer d'ici quelques temps à haut risque quand on constate le désordre qui s'est désormais installé localement.

Conseillée par ses nouveaux amis Bartolone, Hamon ou Montebourg, Martine Aubry pourrait rapidement se mordre les doigts en ayant succombée aux sirènes d'une garde rapprochée supposée être le garant de notre âme. On verra bien d'ici quelques jours quel sera le sort de la solution "canal historique" imaginée par les as de solférino mais il n'est pas encore certain que le scalp du beauf devienne une prise de guerre et que l'avenir de la première secrétaire se situe ailleurs qu'à Lille.

Lyon, le 5 février 2010.

Photo: DR

14/10/2009

Goût bizarre

journaux1.jpgJ’avais bien aimé cet été les billets qu’écrivait régulièrement Pascal Jalabert dans le « Progrès », ils me redonnaient un certain attrait à la lecture du journal. En quelques lignes en effet, l’auteur donnait un vrai point de vue, pas forcement politique et engagé, mais un point de vue tant sur des sujets politiques que de société.

Cela me rappelait un peu la belle période des années 70 où la presse quotidienne lyonnaise connût un moment de vraie diversité. Henri Amouroux éditorialisait chaque jour sur les positons de droite dans « Le Journal Rhône-Alpes » (ancêtre du Figaro Rhône-Alpes) et je lui répondais dans l’édition régionale de « L’Humanité » ; l’équipe de « Libération Rhône-Alpes » composée des Claude Jaget, Albert Agostino et autre Bernard Shalcha donnait ses points de vue toujours cinglants (Robert Marmoz n’était pas encore là, il a la chance d’être plus jeune) et Bernard Elie s’exprimait dans «  Le Monde » régional lui aussi. Quant au « Progrès » il livrait chaque jour un édito signé d’un « P » transpercé d’une plume.

Ce moment de nostalgie passé j’ajoute que je lis régulièrement Jacques Boucaud ou Michel Rivet Paturel les journalistes politiques du « Progrès » d’aujourd’hui.

Pour revenir à l’ami Jalabert il signait hier un article sur les soucis de Sarkozy à mi mandat et la liste est longue, depuis les questions économiques jusqu’aux frasques de ses ministres en passant par les dossiers à venir : retraites, lycées etc. Même les Régionales ne s’annoncent pas comme une promenade de santé, les ministres se défilant les uns après les autres pour conduire les listes et les objectifs de conquête sont plus que réduits à la baisse. En fait, à force de gesticuler dans tous les sens Sarkozy a fait perdre la boussole à ses propres troupes et au-delà à ses électeurs. Il paraît que ça le rend nerveux, on peut le comprendre ; ça le rend aussi irascible à l’endroit de ses ministres aussi il s’enferme avec ses collaborateurs de l’Elysée ce qui est le pire des réflexes et de plus dangereux pour lui car face aux combats à venir ce ne sont pas les gens de l’ombre qui iront au contact de l’électeur. Une telle situation laisse en principe un boulevard au le PS qui malheureusement n’arrive pas à l’emprunter.

Alors que Martine Aubry commence tant bien que mal à mettre un peu d’ordre dans la maison voilà que les incurables des petites phrases remettent ça quasiment tous les jours. Il n’y avait pas assez des couacs sur l’affaire Mitterrand que Daniel Vaillant sortait le serpent de mer de la légalisation du cannabis pour que la cacophonie reprenne. Bref si le PS voulait laisser passer son tour en 2010 comme en 2012 il ne s’y prendrait pas autrement. Au fond si Sarkozy devait trébucher ce ne serait sûrement à cause du PS mais des transfuges de la gauche qui deviennent de plus en plus encombrants pour lui et indigestes pour ses amis politiques. Ce serait tout de même une victoire au goût bizarre.

Philippe Dibilio

Photo: DR

03/10/2009

Bouger !

sondage.pngC’est parti. Un premier sondage relatif aux intentions de vote aux régionales nous est livré par le suspect trio Opinionway - Le Figaro - LCI.

L’UMP serait, au premier tour, devant un PS talonné par les verts. Avec respectivement 32%, 19% et 16% ces trois formations se détacheraient puisque le front de gauche serait à 8 %, le Modem à 7% et le FN à 6%.

Vous me direz que ce sondage n’intègre pas le formidable grand bon en avant que Martine Aubry vient tout juste de faire prendre au PS en organisant son référendum de jeudi soir. Ce scrutin interne dont la direction du PS, Harlem Désir en tête se glorifie, n’est en fait qu’un cache-misère. Il suffit de constater les taux de participation dans nos grandes villes pour s’interroger sur le niveau d’adhésion des militant(e)s socialistes à l’opération conduite par Solferino. Personnellement je ne suis pas allé voter et pour une fois j’ai la très nette impression d’être majoritaire dans ce Parti.

Dans la perspective des régionales et après ce quasi-flop, il serait grand temps que la direction du PS cesse de singer les autruches. Hier, sur I Télévision, Malek Boutih, qui, à force d’être tricard au PS est au moins doté d’une véritable et rare liberté de parole, s’interrogeait sur la possibilité pour les socialistes de réunir les forces de l’opposition autour de la table, l’ancien responsable de SOS racisme indiquant clairement la possibilité que les Verts puissent conduire dans certaines régions une liste unique avec la perspective de présider, après la victoire, certaines régions. Cette proposition de Malek Boutih mériterait d’être sérieusement explorée, y compris pour ce qui concerne l’Ile-de-France car, à trop s’auto proclamer le pivot de l’opposition, le Parti socialiste pourrait un de ces matins se réveiller centrifugé par une possible alliance de Cohn Bendit et de Bayrou. Si le PS veut nous prouver qu’il est encore vivant il serait temps qu’il nous démontre qu’il bouge encore. C’est quand même la moindre des choses à exiger d’un Parti qui se veut l’incarnation du mouvement.

Lyon, le 3 octobre 2009.

23/09/2009

Cohn rit à l’Opéra

Cohnerie d'Aubry1.jpgVendredi dernier, à l’Opéra. La pièce s’intitulait « Quels termes pour une alliance ? ». Histoire de ne pas pleurer, je vous la fais façon gala Karsenty-Herbert pour les plus anciens et, pour les plus jeunes, façon Tête d’Or.

Le programme annonçait « Mise en scène : Laurent Joffrin ; décors : Jean Nouvel ; dans le rôle du trublion donneur de leçons impénitent : Daniel Cohn-Bendit ; dans le rôle de l’administrateur des biens de la Gauche Plurielle et remplaçant au pied levé la diva Martine Aubry : Claude Bartolone. »

Laurent Joffrin est sur scène et dort. À sa droite Dany désormais plus gris-bleu que rouge, mais toujours flamboyant, vitupère l’absence de la diva absente et empêche Claude, à la mine coincée et au sourire jaune, de défendre la gauche plurielle morte il y a cinq ans. Les deux hommes, habitués à battre les estrades, se tutoient. Extrait :

« Claude, avec ta gauche plurielle tu m’agaces. Avec elle, on est tous morts ! »

« Ah mais pardon… »

En expert du feu nourri et à l’instinct, Dany le coupe. Il pratique un tir aux pigeons tous azimuts, un art qu’il partage avec d’autres habitués des chasses présidentielles. « Ne me parle pas de Mélenchon ! »

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