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23/07/2009

D comme « Dettes »

D 1.jpgChacun, de ce côté-ci des Pyrénées, s’est félicité de la victoire de Messi et des siens en finale de la ligue des champions. Les lyonnais probablement encore plus car on peut toujours trouver quelques fierté à se faire sortir par l’équipe qui, au final, triomphera. Maigre, très maigre consolation ce d’autant qu’en explosant au Nou Camp les gones ne se sont vraiment jamais remis de cette berezina.

En face des Catalans magnifiques, les Mancuniens dépassés ne se sont jamais hissés au niveau convenable alors qu’ils faisaient office d’épouvantail. En tant que finaliste très malheureux, Manchester United empoche tout de même dans cette aventure européenne une somme rondelette qui devrait dépasser les 35 millions d’Euros à savoir légèrement plus de 10% de son chiffre d’affaire annuel. Vu de loin on pourrait dire que tout va bien pour l’équipe de Fergusson. Ce d’autant que la vente de Cristiano Ronaldo ajoute du beurre aux épinards. Rien n’est moins exact. Derrière la magie de ces chiffres une autre réalité transpire. Derrière l’esbroufe comptable des droits télé (115 millions d’euros), des droits commerciaux (80 millions d’euros) une autre réalité s’impose. Avec un endettement de plus de 740 Millions d’Euros, United rembourse chaque saison une dette de 50 millions d’euros pour l’essentiel assumée par le proprio ricain Malcom Glazer. Dans ce contexte pour le moins étonnant ou l’afflux quasi quotidien de liquidités blinde les déséquilibres financiers structurels on peut, comme certains des futurs adversaires de MU, digérer avec difficultés le spectacle des opérations de transferts de joueurs que s’offre le prestigieux club anglais. Avec un Berbatov à 38 millions d’euros, un Carrick dépassant les 25, une paire Anderson-Nami facturée plus de 45 on se pince sachant que la plupart des vedettes émargent ici comme au Réal ou à Barcelone à plus de 7 millions d’euros par an. De quoi casser le moral des Girondins qui viennent au prix d’efforts importants de s’offrir définitivement Yohann Gourcuff et ses nouveaux émoluments. Mais que nos amis bordelais se rassurent, d’ici deux ou trois saisons il y aura toujours en Europe un club sévèrement endetté mais richement doté pour leur acheter leur génial milieu-offensif.

Lyon, le 23 juillet 2009.

07/07/2009

Rêves

karim-benzema-marque-un-but.jpgJe ne voudrais pas laisser passer la balle en profondeur et dans l’axe que m’a lancé Jean-Yves Sécheresse en évoquant la semaine dernière le transfert en urgence de Karim Benzema au Real de Madrid.

L’explication à l’eau de rose qu’il a lu dans l’Equipe s’adressait sans doute aux midinettes qui lisent ce journal, s’il y en a, elle aura aussi le mérite de réconcilier le président de l’OL avec le quotidien sportif. Car la réalité est beaucoup moins romantique. Si Jean-Michel Aulas n’a pas attendu une nouvelle offre de la part de Manchester United et peut-être perdu au passage 10 à 15 millions d’euros ce n’est pas seulement pour permettre au petit brondillan de réaliser son rêve mais parce qu’il y avait urgence « comptable ». La transaction s’est réalisée le 30 juin dernier jour de l’exercice financier du club et les 35 millions encaissés permettent de le présenter en équilibre ou presque sinon il eut été déficitaire. Dans ce cas l’image du club le mieux géré de France en aurait pris un coup et celle de son président aussi. Les actionnaires comme les petits porteurs n’auraient pas apprécié non plus.

Cet épisode conforte l’image d’un club qui voit son statut de patron du foot français se brouiller, sur le terrain au vu des difficultés à frapper un grand coup en matière de recrutement mais aussi sur le plan financier. Voilà qui augure d’une saison de tous les dangers.

Mais pour ce qui concerne le sport l’heure est au Tour de France. A ce propos j’ai particulièrement aimé les propos de Roger Pingeon, vainqueur en 1967. Le bressan nous dit dans un viril franc parler combien la TV a tué le charme de la Grande Boucle. « Je regarde la première étape de montagne en espérant qu’il se passe quelque chose et il ne se passe rien » déclare-t-il « Les coureurs veulent à tout prix se montrer à la télé. Qu’importe s’il y a encore 200kms ou des cols pourvu qu’on passe à l’image. Le sponsor est content. Les cracks sont obligés de suivre ce train d’enfer et ils sont dans le rouge quand arrive la montagne. Nous, nous courions davantage en pro » en pros du vélo pas en hommes sandwichs lui qui a porté le maillot d’une équipe régionale. Quant à la question du dopage il l’aborde sans complaisance en souhaitant que l’on supprime les contrôles tant tout cela est pour lui hypocrite. « Chaque fois on parle d’un coup de filet à venir concernant cinq ou six coureurs et chaque fois on en prend un… il y a des pressions qui font que certains sont blanchis… qu’on ne me parle pas de lutte contre le dopage. » Quant au nombre de spectateurs le grand bressan a une idée sur la question : » si on faisait un sondage sur ceux qui piquent un roupillon devant la télé on serait impressionnés. » Il lance peut-être le bouchon un peu loin notre Roger national mais il n’a pas fondamentalement tort. Enfin que ce soit à propos du foot ou du vélo il y a de quoi tuer nos rêves de gosses mais heureusement pour lui Benzema a pu réaliser le sien.

Philippe Dibilio

Photo: DR

03/07/2009

Le foot expliqué aux enfants

Benzema_19.jpgA lire l’Equipe d’hier à propos du transfert de Karim Benzema on ne peut que sourire. Dans la nuit de mardi à mercredi, nous dit-on, le Real et l’OL se seraient entendus, autour d’une somme de l’ordre de 35 millions d’euros, pour que l’attaquant de Lyon fasse le voyage aller pour Madrid. Et Manchester United dans tout ça me direz-vous ? Le quotidien de référence aborde bien entendu la question en citant « un proche du dossier » qui nous dit, pour parler court, que Sir Alex est un Lambin et que l’offre anglaise qui était de 50 millions d’euros serait parvenue trop tardivement. A l’OL c’est comme ça. C’est le plus rapide qui emporte le morceau et peu importe qu’entre les deux offres on trouve la bagatelle de 15 millions d’euros. Le vieux Fergusson même bardé de livres n’avait qu’à se grouiller. Benzema ira donc au Real, l’OL abandonnant par pur amour de la vitesse quelques 15 millions d’euros. En vérité dans ce genre de transactions, si on consulte bien l’Equipe, la vitesse n’est pas le seul atout. Le volet psychologique est d’importance.

L’Equipe nous explique donc que dans toute cette affaire c’est le charme légendaire de Florentino Perez, le patron du Real, qui a fait la différence. Karim y aurait « succombé » (Sic !). Vous voyez d’ici le tableau, Jean-Michel Aulas expliquant à Karim « Petit, Le Real cela semble te plaire alors, allons pour le Real » et le président de l’OL accélérant la manœuvre pour que Sir Alex ne vienne pas compliquer la situation.

A ceux qui pensent encore que le foot est une sorte de Dallas capable de nier en permanence le facteur humain, leur vision est erronée. C’est pour cela que je conseille la lecture régulière de l’Equipe, un journal que je recommande même aux enfants.

Lyon, le 3 juillet 2009.

NB : suite à mon billet du 25 juin à propos des C.N.P., l’association « Les inattendus » m’indique qu’elle n’est pas porteuse d’un projet de reprise du réseau de salles. Voilà qui est dit.

 
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