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04/06/2009

Sévère

mathiolon.jpgQu’il est sévère le portrait de Guy Mathiolon, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, que trace dans son dernier numéro le mensuel « Acteurs de l’Economie ». Sévère et peut-être annonciateur des nuages qui s’amoncellent sur le mariage du Medef et de la CGPME pour présider aux destinés de la CCI. Hormis son groupe, Serfim, considéré non sans raison comme une réussite qui lui doit beaucoup, tout ce qu’entreprend Guy Mathiolon serait suspect.

Homme aux multiples activités, au cœur de réseaux qu’il investit dans le théâtre des lieux de pouvoir lyonnais il serait à la poursuite d’un but que lui seul connaît si tant est qu’il existe. Mystérieux donc suspect ce qui pour l’auteur jette le doute sur tout ce que l’homme entreprend. Alors son action au LOU-rugby, à l’OL ou ailleurs sont frappées du sceau de l’intrigue. Quant à son action à la tête de la CCI, hier saluée elle devient désuète et inefficace. Car c’est bien ce statut de président qui est principalement visé par un étonnant tir croisé. Il est vrai que l’accord passé lors des dernières élections consulaires avait un goût étrange et une forte connotation tactique. En faisant liste commune les deux syndicats patronaux se mettaient d’accord pour que le Medef (Jean Paul Mauduy) préside la Chambre pendant trois ans puis la CGPME (Guy Mathiolon) prenait la suite les six années suivantes avant de rendre le poste pour trois ans au Medef. Bref cet accord sur deux mandats a évité une guerre fratricide mais pas les tensions.

Il est toujours difficile de vivre avec un fauteuil pour deux d’autant que dans le contexte actuel de crise ce n’est pas forcement le grand amour entre les patrons du CAC 40 et ceux des PME. Le Medef qui a présidé aux destinés de la CCI depuis des lustres laissant les grandes familles lyonnaises envoyer l’un de leur salarié assurer les mondanités à la présidence et les affaires au directeur général a eu du mal à voir un représentants des petits patrons prendre les choses en main avec un certain succès. D’ou la charge violente des ses hiérarques qui fustigent chez Mathiolon ce qu’ils appellent « le croisement excessif d’intérêts qui peut aboutir au conflit d’intérêts. La logique des copains qui peut déboucher sur celle des coquins ». Mais on n’est pas plus tendre de l’autre côté où François Turcas (président de la CGPME) dit de Mathiolon « qu’il se prend pour un empereur » et d’autres « qu’il paiera les erreurs stratégiques qu’il a commises et les aises qu’il a voulu prendre à l’égard de François Turcas ». En fait l’accord improbable en vigueur a laissé vivre un non dit qui voulait que les représentants de chaque syndicat s’imaginait présider par procuration et ramener le président au rang du Directeur Général d’hier. Alors au moment où s’annoncent les prochaines élections la tentation de revenir sur l’accord peut percer dans les esprits car il n’y a pas meilleure opportunité. Dès lors on sent que la tension monte. Et ce portrait risque d’ être le premier round d’un combat qui ne fait que commencer.

Philippe Dibilio

[EDIT JYS]: Hier, alors que la plouf économie allait imposer, sur le coup de 20h09, son concept à un monde en crise, j'en oubliais de vous indiquer que l'initiateur de ce mouvement, le plasticien Philippe Montcorgé, exposait à Lyon. Cette erreur est désormais réparée.

"Terre ploufique" de Philippe Moncorgé. Du 1er au 30 juin 2009. Gallerie Woallas, 32 rue Auguste Comte, Lyon 2ème arrondissement.

Photo: DR

06/04/2009

Assimil

st ex.jpgCe soir, direction Saint-Exupéry pour un aller-retour express vers Erevan, un aéroport qui est fier de l’augmentation notoire de son trafic, chose quasi unique en Europe, mais aussi une institution qui vient de se faire retoquer par le Préfet de Région suite à son changement de nom. En effet, alors que la société gestionnaire de la plateforme lyonnaise s’appelait « Aéroports de Lyon », la Chambre de Commerce et d’Industrie, au prix de 200 000 euros, vient de décider de prendre pour nom « Lyon Airports », chose qui provoque la colère du Préfet. C’est au nom de la défense de la langue française que Jacques Gérault, le représentant de l’Etat, exige par une lettre plutôt salée le retrait de ce nom. Non content de faire la leçon le Préfet, dans sa missive assassine, donne aussi son grain de sel sur ce que devrait être la stratégie de communication de l’Aéroport lyonnais et s’offusque du coût de l’opération. Un ange passe !

Nul ne sait exactement si cette affaire va laisser des traces mais à lire les arguments et surtout le ton de la lettre du Préfet on ne peut que prendre acte de la détermination préfectorale. A ce train là, pourrait-on se dire, le Préfet de Région pourrait très bien avoir envie de continuer le combat en prenant d’autres cibles. C’est ainsi que « Onlylyon » la marque qui fédère les activités conjointes du Grand Lyon, de la CCI et de bien d’autres institutions pourrait aussi subir le courroux préfectoral devenant illico « Seulyon ». Même punition concernant le célèbre « hub » de Air France qui deviendrait, façon de s’amuser, « Le moyeu » ou mieux encore « Le nœud » de Lyon. De victoire en victoire, notre Préfet pourrait alors être tenté de pousser un peu plus encore son avantage en nettoyant la ville de ces « Lounge », « House », « Center » qui fleurissent.

Je me moque respectueusement de notre Préfet mais je dois vous avouer qu’au-delà de cette nouvelle nomination au coût exorbitant, ces messieurs de Saint-Exupéry ont fait fort puisque n’en restant pas à ce « LyonAirports » on avait aussi décidé de créer une « Signature » portant le nom de « Choose » pour signifier, paraît-il, notre désir de « choisir » un aéroport « différent » associant la notion de « plaisir ». Par ailleurs, un film visant à projeter l’entreprise à 10 ans a été tourné, son titre, je vous le donne en mille, « My Airports in 2020 ». Cerise sur cette superbe pâtisserie, un magazine trimestriel baptisé « Fly’on » était prévu dès avril.

Tout cela est sur le point de devenir de l'histoire ancienne mais avec quelques semaines de retard les personnels de l'aéroport entrent dans la danse. Ils viennent en effet d'exiger la démission du directoire de la société gestionnaire de Saint-Exupery, cette décision de changement de nom n'ayant pas été paraît-il pris avec l'accord du Conseil de Surveillance.

Afin de dissiper la passion dévorante qui gagne ce dossier, je propose à toutes les parties prenantes, pour seulement 100 000 euros, que désormais la société s'appelle "Clochemerlle Airports", chacun pouvant ainsi y retrouver ses petits.

Lyon, le 6 avril 2009

Photo:DR

 
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