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28/02/2011

Adieu

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22/11/2010

Pause (toujours ?)

Color%20digital(1).jpgAprès quelques années de parfois bons mais toujours loyaux services, « De Lyon et d’ailleurs » va aller se faire voir ailleurs rejoignant ainsi l’immense cimetière des blogs. Ce blog n’a jamais été une passade conjoncturelle destinée à glaner quelques poignées de voix dans les caniveaux des campagnes électorales. Tout au contraire, avec ses milliers de billets publiés depuis le 20/11/2006, « De Lyon et d’ailleurs » m’a permis de donner mon grain de sel sur à peu près tout et n’importe quoi même si les arcanes de la vie politique locale n’ont jamais été mon obsession principale. En vérité, car tel était le cahier des charges que je m’étais fixé, les petites bassesses et les grands coups tordus qui enrichissent au quotidien notre vie politique tout en donnant naissance aux plus beaux ragots, n’ont jamais fait partie de la démarche de ce blog. Peut-être en sera-t-il autrement plus tard, Dieu seul le sait.

A deux ans des présidentielles, à quatre des municipales, le contexte qui va s’imposer à nous nécessite de changer et probablement d’imaginer un retour, pourrait-on dire, en fanfare, de la politique même au prix de l’abandon de mes dérisoires inclinaisons pour les sous-cultures, celles de ma génération. C’est donc avec ce type de perspective qu’un nouveau blog pourrait émerger d’ici quelques temps. Un blog probablement plus énergique que jamais, plus acide que parfois et peut-être même plus libre que jadis.

Que ce qui ont tant fait pour que « De Lyon et d’Ailleurs » existe se reconnaissent et soient remerciés chaleureusement. Que ceux qui, parfois en très grand nombre, se sont chaque jour tournés vers quelques-uns de mes morceaux de bravoure reçoivent mes plus cordiales salutations et enfin, que ceux qui ont toujours affiché un suffisant dédain à l’égard de cet exercice quotidien tout en se précipitant dès la première heure sur ce blog afin de renifler ce qui s’y disait soient également remerciés et pardonnés. Je vous embrasse tous et vous dis qu’il pourrait peut-être y avoir une vie après la pause, alors attendons la fin de la pause.

Lyon, le 22 novembre 2010.

19/11/2010

Irrespirable ?

ra_94.jpgC'est Denis Lafay, le directeur de la rédaction d'Acteurs de l'Economie qui rapporte dans le tout récent et dernier numéro de sa revue les propos d'un industriel concernant la guerre qui se mène pour le contrôle de la chambre de commerce. "Le climat dans la ville" nous dit le chef d'entreprise "est devenu irrespirable".

Denis Lafay n'est pas non plus le dernier à brosser un tableau préoccupant de l'ambiance qu'il croit être celle de Lyon alors que la CCI est en surchauffe électorale. "La gouvernance institutionnelle lyonnaise est lézardée" nous dit le journaliste. Pour illustrer son propos Denis Lafay indique que le "départ du Grand Lyon de Christophe Cizeron à l'été 2009, (le) remaniement du cabinet du Maire de Lyon, (le) flottement post-élections à la région, (les) rivalités des structures publiques internationales" comme la bataille consulaire actuellement à l'œuvre laisseront, précise le patron d'Acteurs de l'Economie, d'"irréversibles stigmates".

Contestable ou pas, dotée ou pas d'un trait trop dur, cette analyse est suffisamment nouvelle et inédite pour mériter l'attention qui convient. Même si de toute évidence les éléments de crise qui émergent ne convergent pas nécessairement notons qu'entre les coups qui volent bas ici, les contradictions motrices qui travaillent en profondeur là-bas ou les tendances centrifuges qui risquent de se manifester ailleurs en raison d'une gouvernance enivrée de solitude, les raisons de s'inquiéter sont bien réelles. Même si certains se rassureront en expliquant que Denis Lafay va un peu vite en besogne, force est de constater qu'un peu partout, respirer devient une épreuve. A suivre !

Lyon, le 19 novembre 2010.

17/11/2010

Cranach naturalisé ?

les-trois-graces©lucas-cranach.jpgNotre grand musée national, le Louvre, en appelle au mécénat individuel (http://www.troisgraces.fr) pour acquérir une œuvre de Lucas Cranach, Les Trois Grâces.

Il s’agit ici de Lucas Cranach le Vieux et le tableau est estimé à quatre millions d’euros. Pourquoi pas, me direz-vous.

Soit. Mais l’accroche que j’ai trouvée sur le site dédié à l’acquisition du tableau m’a de prime abord quelque peu agacé : l’œuvre est déclarée « trésor national ». Bigre ! Certes l’art n’a pas de frontière - et c’est heureux - mais s’agissant de Cranach, peintre allemand fameux du XVIème siècle, l’appellation « trésor national » est quand même excessive, non ?

J’avais tout simplement oublié qu’il s’agit en fait d’une bien curieuse qualification, une sorte d’astuce légale, décidée par une commission ad’hoc pour refuser la délivrance du certificat qui, seul, permet à son propriétaire de sortir un bien artistique du territoire. Une astuce qui, pendant 30 mois, permet aussi à l’État et à ses musées de l’acheter au prix fixé par une commission d’experts (encore une). Et si le propriétaire n’est toujours pas d’accord pour la vendre, on prononce une nouvelle interdiction de sortie. Ad vitam. Voilà comment les Trois Grâces allemandes sont devenues « trésor national ».

Il n’empêche, cette appellation continue à m’apparaître comme un ersatz de cocorico national tout-à-fait boursouflé.

Quant à la manière consistant à en appeler au mécénat individuel, elle me pose elle aussi problème. C’est en effet une niche fiscale pour le moins contestable que celle qui est utilisée en l’occurrence et qui permet une déduction d’impôt au donateur. Ainsi, pour un don de 100 euros, 66 euros de réduction fiscale sont octroyés à un particulier et 90 euros à une entreprise. Naturellement, ces euros seront pris sur les autres contribuables et, puisque l’impôt versé est insuffisant pour permettre d’assurer tout le fonctionnement « social et culturel » nécessaire, ils seront pris sur d’autres budgets. In fine, il est tout à fait possible qu’ils soient pris sur les moyens nécessaires au développement culturel de nos rejetons. Un comble quand on sait que le chapitre « accès à la culture » du budget 2010 a baissé de près de 10 millions d’euros !

Jean-Paul Schmitt

Illustration: Les Trois Grâces, 1531, Lucas Cranach, dit l’Ancien, huile sur bois (© 2010 musée du Louvre).

15/11/2010

Chaud et froid

matiere_transporte_a_chaud.jpgIl y a fort à parier que la nomination du gouvernement nouveau ne fasse ni chaud ni froid aux français à l'instar du match OL-Nice d'hier soir qui a laissé de marbre tout Gerland. Cela étant, pour en rester aux différences de températures c'est aujourd'hui à Lyon que s'ouvre "Sibérie inconnue" ce festival de création russe imaginé par la Fondation Mickhail Prokhorov et sa fondatrice Irina Prokhorova, un événement qui s'achèvera, le 21 novembre prochain. Comme le disent les Inrockuptibles de la semaine l'initiative de la manifestation, "La Sibérie est une métaphore de la Russie puisque elle a toujours été le centre symbolique du pays, le point névralgique de tous ses paradoxes culturels et historiques". Russie et Sibérie, pourrait-on dire, sont toutes deux malheureusement aussi des territoires de censure, de soumission à cet ordre aux allures de pas de l'oie qui règne à Moscou, à cette poutinisation intolérable mais aussi fort heureusement, à des actions de résistance. L'événement lyonnais qui se veut et est, aussi divers que varié, s'il tient ses promesses, devrait donc faire date.

Pendant que le froid Sibérien s'installera dans l'atrium de l'Hôtel de Ville avec l'exposition "Qui devenir ?", le Conseil Municipal, quelques mètres plus loin, sous la chaleur des spots de la télévision, éclusera, heure après heure, l'égotisme pesant des uns plus que des autres. Sauf s'ils aspirent à ressembler à leur propre caricature, il convient donc de mettre en alerte ceux qui souhaitent faire de l'art de pérorer le degré ultime de la politique. Une tuile arrivant rarement seule, l'idée saugrenue de l'exécutif de réduire le nombre de séances publiques risque dans les temps qui s'annoncent de provoquer un allongement insupportable et inutilement à risque de nos Conseils Municipaux qui ressembleront ainsi à ces pérégrinations devenues désuètes de l'Orient Express vers la Russie éternelle, du chaud vers le froid.

> "Sibérie inconnue", du 15 au 21 novembre 2010 à l'Opéra, les Célestins, l'Auditorium, l'Hôtel de Ville, le Conservatoire National supérieur de musique, la Galerie des Terreaux, les Subsistances…Renseignements sur le site culturel de la Ville, sur www.france-russie2010.fr et www.prokhorovfund.rv

> Séance publique du Conseil Municipal, 15 heures, Hôtel de Ville, entrée place de la Comédie

> Le Collectif des Morts sans toi(t) et le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits organisent le mercredi 17 novembre à 18h30 leur traditionnelle cérémonie annuelle d'hommage aux lyonnais disparus dans la solitude. C'est à l'Hôtel de Ville et ouvert à tous.

Lyon, le 15 novembre 2010.

14/11/2010

Restos

restos-du-coeur.gifLes chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Les Restos du cœur c’est près de 60 000 bénévoles qui apportent leur aide à 830 000 personnes distribuant ainsi plus de 100 millions de repas par an.

Sur 100 euros qui sont destinés aux Restos, près de 43 euros proviennent de la générosité des Français et plus de 17 euros de la vente des CD et DVD des enfoirés.

Bientôt, plus de 2000 centres vont fonctionner, 70 Restos bébés du cœur s’activer et pas loin de 100 camions distribuant leurs repas chauds vont marauder. Les restos c’est aussi des lits d’hébergement, des logements temporaires, des ateliers d’insertion, des centres contre l’illettrisme sans oublier des opérations vacances, des rendez-vous cinéma ou des bibliothèques et vidéothèques qui fonctionnent dans les centres.

Plus que jamais le soutien aux Restaurants du cœur est une nécessité car l’association fondée par Coluche est tristement victime de son succès. De plus en plus de jeunes gens comme des personnes âgées touchant de toutes petites retraites sont dans l’obligation de se tourner vers les Restos. Les restaurants et Relais du cœur ont de plus en plus besoin de nous, ils comptent sur nous.

Pour les aider allez sur www.restosducoeur.org, téléphonez au 01 53 32 23 27 ou bien envoyez vos dons au 8, rue d’Athènes, Paris 9ème.


Goldman & Coluche - Les Restos Du Coeur
envoyé par cladstrife. - Regardez la dernière sélection musicale.

Lyon, le 14 novembre 2010

Photo:DR

13/11/2010

Nostalgies

michel_drucker_0002_michel_drucker02.jpgVous vous posez peut-être la question de l’opportunité de cette fameuse Maison Sarkozyste de l’histoire de France que l’on veut imposer contre l’avis quasi général des historiens. Comme le dit ce pauvre Mitterrand, pour savoir si un projet est « novateur et ambitieux », il suffit de mesurer la controverse qu’il produit. Concernant la Maison en question, la critique est dans une forme tellement olympique, que, comme le dit Frédo, c’est à coup sûr un projet aussi génial que grandiose. Regonflé à quelques encablures du remaniement, le neveu va même plus loin puisque l’animateur de télé devenu ministre n’hésite pas à comparer le barouf fait par le projet Sarkozyste à ce que fut, en son temps, la controverse du Centre Pompidou ou mieux le Grand Louvre avec sa pyramide combattue férocement par toute la droite regroupée derrière le Figaro Magazine.

Cela étant l’histoire et la mémoire ne se sont jamais aussi mal portées dans notre pays depuis que Nicolas Sarkozy est président. De l’Afrique aux captations d’héritages historiques, le chef de l’Etat bouffe et rumine l’histoire, manipule avec déraison la mémoire, triture les pires choses du passé pour en faire les douceurs nostalgiques d’aujourd’hui.

Après le come back de Patrick Sabatier imposé par l’Elysée, le retour du prof de gym Pierre Sled bombardé à la direction de France 3 par le Président, la nostalgie mémorielle sera ce soir à son comble puisque Michel Drucker nous administre une nouvelle fois ses « Champs Elysées » qui attendaient dans le formol depuis quelques années. Ce soir on arrache notre goute à goute mémoriel, on débranche la télé.

Lyon, le 13 novembre 2010

Photo:DR

12/11/2010

Deux balles

Canal---Le-Bouquet.gifComme l’ensemble des abonnés à Canal Plus et Canal Satellite, je viens de recevoir une lettre circulaire d’un dénommé Chamouton, Directeur des services clients, qui indique au « Cher abonné » que je suis, qu’à cause de la loi de finances 2011, la remise tarifaire de deux balles que l’on me faisait sur l’abonnement était désormais de l’histoire ancienne.

Ce Chamouton, qui n’était peut-être qu’un collégien au moment de la naissance de Canal, m’explique que son groupe est un acteur majeur du cinéma qui reverse chaque année une part importante de son chiffre d’affaires afin de financer des œuvres audiovisuelles. Arrêtez votre char Chamouton et cessez de prendre les abonnés pour des buses.

Si Canal Plus reverse de l’argent au cinéma c’est que la loi lui en fait obligation depuis la préhistoire de la chaîne payante. Nous dire dans une lettre à « deux balles » que tout cela est presque un acte d’amour de Canal à l’égard du cinéma n’est que pure manipulation. Chamouton vous qui venez d’adapter vos tarifs à cause de la loi de finances 2011, il convient d’expliquer à vos « chers abonnés » que si vous ne voulez plus soutenir le cinéma, il suffit de mettre la clé sous la porte et de céder ainsi à d’autres l’immense privilège que le pays tout entier vous accorde.

A un moment où certains pleurnichent à la première saillie démagogique de Mélenchon ou Montebourg, il n’est tout de même pas inutile de rappeler que les concessions accordées généreusement à TF1, Canal, Métropole Télévision ou Direct ne devraient pas bénéficier d’une automaticité de renouvellement. N’oubliez pas cher monsieur Chamouton que bien qu’excellente, la bonne soupe que vous dégustez pourrait être servie à d’autres. En attendant, et pour revenir à nos deux euros, sachez que votre initiative, monsieur Chamouton, a le mérite d’entretenir mon animosité à l’égard de Sarkozy mais, à bien y réfléchir, sachez aussi qu’il pourrait m’arriver de vouloir en finir avec votre télé à deux balles en me désabonnant.

Lyon, le 12 novembre 2010

Photo:DR

11/11/2010

Banlieues d’Europe

20ans-banlieues.jpgSi d’aventure certains d’entre-vous souhaitiez y participer, je veux évoquer dès aujourd’hui les 20 ans de « banlieues d’Europe » qui seront célébrés les 25, 26 et 27 novembre dans l’agglomération lyonnaise. Au cours de ces trois jours, l’association souhaite faire découvrir à tous des projets culturels et artistiques participatifs nés en Irlande du Nord, Angleterre, Allemagne, Italie, Autriche ou Slovénie.

Ces trois jours seront par ailleurs rythmés par trois temps forts : une rencontre professionnelle, un forum européen ainsi qu’une programmation artistique très diversifiée.

Il est bien entendu difficile de décrire par le menu les nombreux ateliers et les séances plénières qui attendent les participants à ces rencontres européennes. Je vais donc concentrer le tir sur quelques aspects d’une programmation culturelle à priori très rafraichissante donc voici le détail.

Vendredi 26 novembre

> Avant-première du film « 9.3 la belle rebelle » de Jean-Pierre Thorn

    Cinéma Comoedia, 13 avenue Berthelot, Lyon 7ème (réservations au 08 92 68 69 22)

    > Théâtre du Grabuge, « Ulysse et moi » de Sylvain Bolle-Redat

      Salle Genton, 21 rue Genton, Lyon 8ème (réservation au 04 72 04 81 18)

      > Compagnie Kadia-Faraux, « Tartuffe(s) »

        Centre culturel Charlie Chaplin, Place de la Nation, Vaulx en Velin (réservations au 04 72 04 81 18)

        Samedi 27 novembre

        > « Fanfaraï et autres surprises artistiques… » Au Marché-gare, salle de musiques actuelles, Lyon 2ème.

          Pour participer à l’ensemble de la manifestation, joindre « Banlieues d’Europe » au 271 rue Vendôme, Lyon 3ème - Tél 04 78 60 97 80 et banlieues.deurope@wanadoo.fr

          Lyon, le 11 novembre 2010

          Photo:DR

          10/11/2010

          Massacre des innocents

          Ben.jpgDepuis sept ans, 300.000 Chrétiens ont disparus d’Irak. Ils étaient 1,2 million sur les 23 millions que comptait l’Irak à la fin des années 80. Ils ne sont plus guère que 300.000 à 500.000 aujourd’hui. Des centaines sont, depuis 2003 notamment, les victimes d’un fanatisme terroriste. Les 52 morts de la semaine passée dans la cathédrale de Bagdad, parmi lesquels 35 fidèles et deux prêtres, rajoutent encore de l’horreur à l’horreur.

          Revendiqués par une mouvance d’Al-Qaïda en Irak, ils s’inscrivent dans une volonté déterminée d’éliminer des humains, femmes et enfants compris, pour leur seule appartenance à la religion chrétienne.

          De nombreux témoignages décrivent les atrocités que subissent aujourd’hui ces communautés chrétiennes irakiennes. Le Secours Catholique a recueilli en juin 2010 celui de Nageeb Mekhail, supérieur des dominicains de Mossoul. Lui n’hésite pas à parler de génocide. Le silence assourdissant sur ce sujet est habituel de la part des médias et des intellectuels de tous poils. Hormis lorsque des hauts faits d’horreur, vite oubliés, permettent un gros titre bien sanglant.

          Raison de plus pour signaler le trop lointain mais néanmoins excellent article de l’ami Romain Blachier sur Lyonnitude(s) de novembre 2007. Déjà, il parlait des « Chrétiens d’Orient oubliés ». Mais – pardon Romain – permets-moi un petit tacle : à la date du 5 novembre 2010, à part les manifs, l’autocongratulation et le slow, nada sur ce sujet ? Seraient-ce tes recettes de cuisine qui ont fait grimper ton blog dans le top ten ?

          Plus sérieusement, à part celle de Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, les voix des musulmans ne sont pas très fortes non plus sur ce sujet. Que je sache, à la même date du 5 novembre, je n’ai toujours rien lu de tonitruant de la part du recteur Kaptane. Me trompais-je ?

          Allons, amis musulmans pratiquants ou autres, faites-vous entendre !

          Jean-Paul Schmitt

          09/11/2010

          Remaniement : le pire n'est jamais décevant

          remaniement.jpgLa droite est en ébullition à l'aune du prochain remaniement. Les amabilités virevoltent. Les Volfoni passeraient pour des chérubins affectueux en comparaison de sentiments prisables et réciproques que se font livrer par grappes charnues les tenanciers de l'UMP et apparentés.

          Je vous propose quant à moi une sublimation : en exclusivité le futur casting gouvernemental, sous réserve bien sûr de disponibilité, mise en examen, inflation subite, nomination soudaine au conseil d'Etat, au Conseil économique,social et environnemental ou à la villa Médicis :

          Premier Ministre : Un Borloo sinon rien. L'UMP à visage humain. Notre Charles Bukowski de l'écologie mériterait à lui seul la création d'une appellation d'origine contrôlée "Grenelle" tellement il serait injuste qu'on nous le copiât. Chaque jour que Dieu fermente démontrera l'efficacité du sieur Borloo à Matignon, notamment depuis que le fils Dufeigneux, auteur d'une mémorable cuite à Varenne, a été éloigné de Matignon.

          Ministre du Travail, de la Santé et de l'Inflation présidentielle : Xavier Bertrand, assureur militant, qui aura à cœur d'exsuder l'ultrasarkozysme jusqu'à la transe façon convulsionnaire de Saint Médard. Si le sarkozysme était une religion, il serait préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

          Ministre de la Culture : Max Gallo, un Saint-Simon qui n'a rien vu. Et si Gallo n'est pas disponible, on peut rêver rue de Valois une des figures intellectuelles du sarkozysme : Jean-Marie Bigard, Michel Sardou, Christian Clavier ou Mireille Mathieu. Frédéric Mitterrand compte bien faire son Jack Lang et jouer les prolongations.

          Ministre de l'Economie, des Finances, du Milliard des Emigrés et du Budget: François Baroin, qui réclame depuis des semaines qu'on fasse donner Lagarde.

          Ministre de la Défense : Bruno Lemaire. Kaboul lui apprendra à rêver de Matignon.

          Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche : Valérie Pécresse, parce qu'elle le vaut bien. Un nouvel épisode de Martine en classe de découverte à ne pas manquer.

          Ministre de la Justice : Luc Châtel, mousquetaire du sarkozysme, Potemkine d'Intermarché, qui pourra mettre au service du parquet son expérience en matière de cirage et s'échinera à une politique pénale très keynésienne : généreuse et interventionniste. Ou pourquoi pas Philippe Courroye, pour services rendus.

          Ministres de la solidarité et de l'industrie, solidairement : Nadine Morano et Christian Estrosi, les Shirley et Dino de l'ump'iste aux étoiles.

          Ministre de l'Immigration, de l'Identité Nationale, haut commissaire aux expulsions matinales et à l'amitié franco-tunisienne: Eric Besson, dont le goût pour le maroquin est inextinguible.

          Ministre de la vile politique et des banlieues,  Porte parole du gouvernement : Eric Raoult, Démosthène avant les cailloux.

          Ministre de l'Agriculture, de l'espace rural et de l'aménagement de son territoire : Michel Mercier, marquise des granges, barriste rural usufruitier en survivance, qui ne fleurit qu'à la lumière que reflètent sur lui les lambris de préfecture et le mobilier national.

          Ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la surveillance des fuites : Brice Hortefeux. Présumé innocent dans l'attente de son jugement pour injure raciale.

          Ministre Etranger aux Affaires : Eric-Innocent Woerth, dont le procès en béatification s'ouvrira sans doute avant tous les autres.

          Ministre de la Fonction Publique : Laurent Wauquiez. Dents longues, idées courtes.

          Secrétaire d'Etat aux sports et à la Validation des Acquis de l'Expérience : Rama Yade, Sémiramis de la gaffe. Serait médaillée d'or si les arts décoratifs étaient discipline olympique.

          Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, chargé du démantèlement de la carte électorale et des collectivités : Alain Marleix, une sorte de petit Pasqua continental.

          Stéphane Nivet

          Photo: DR

          08/11/2010

          Trombinoscope

          mw08201.jpgSauf si Easy Jet en décidait autrement, c’est aujourd’hui que nous revenons entre Rhône et Saône au terme d’une escapade londonienne plutôt heureuse si l’on accepte d’oublier aussitôt quelques détails matériels comme, par exemple, l’hôtellerie ou les transports. Quand on évoque le potentiel museal de Londres on ne peut que penser à la Tate (Modern) mais malheureusement cette fascinante ancienne usine électrique semble dévorer les esprits au point que souvent certains touristes résument l’offre londonienne à ce monstre qui trône au bord de la tamise. C’est pourquoi je veux vous dire aujourd’hui deux mots sur une petite sœur plus pauvre, spécialisée dans le portrait, que je m’oblige à visiter lors de chaque séjour et qui recèle quelques petits trésors moins respectables sur le plan artistique mais d’autant plus attachants.

          Il s’agit, vous l’avez compris, de la National Portrait Gallery, un musée aussi unique qu’impressionnant qui, logé à Trafalgar derrière la National Gallery, s’impose comme le plus grand trombinoscope jamais imaginé. De Churchill à Shakespeare, du Roi Charles I à Jane Austen, de (Sir) Paul McCartney à Richard Branson les portraits accumulés vont de la croûte de seconde zone au chef d’œuvre incontesté. Ce musée qui affiche dignement ses plus de 150 ans est donc un cas, par ailleurs gratuit d’accès, qui assume fièrement un principe jamais remis en cause. Ici la valeur artistique ou esthétique de l’œuvre importe peu. Ce qui compte c’est le portrait du personnage peint, photographié, sculpté ou caricaturé. Si les stars de l’histoire britannique vous lassent un peu, si les Tudor ne vous inspirent pas, allez tout de même à la National Portrait Gallery ne serait-ce que pour y débusquer David Bowie, Blur, Dickens ou John Peel. Bonne visite si vous croisez un jour par Trafalgar square.

          Londres, le 8 novembre 2010

          Photo:DR

          06/11/2010

          Souvenirs pour demain

          reine-elizabeth-2-angleterre.jpgHeureusement que la Reine continue de donner des ordres pour relever sa garde parce que Londres est sur le point de virer au banal. Adieu Marks & Spencer, Virgin Mégastore et boutiques de disques à profusion, adieu aux Fish & chips graisseux et aux restaux les plus improbables qui servent leur « pie » sur leurs tables en formica. Ici comme ailleurs, place nette est faite aux H&M, Starbucks, aux sushis et à la mal bouffe branchouillée. Même dans Soho ou sur Oxford street, croiser un de ces originaux que seule l’Angleterre pouvait jadis enfanter est devenu d’une rareté inquiétante. Une sorte de vent de tristesse convenue, comme si Londres était rentré dans le rang, souffle sur une ville qui se coltine la préparation des J.O. comme une sorte de fardeau.

          Désormais cornaqué par un type qui ressemble à un chef des ventes dans la promotion immobilière, ce merveilleux pays file à nouveau du mauvais coton au point que d’ici quelques temps je vous mets mon billet qu’une « Blair nostalgie » va envahir les esprits. Pour l’heure, l’impact du plan Cameron-Osborne promis à Birmingham n’est vraiment pas évalué y compris par ses promoteurs. Pourtant les conséquences pour les moins nantis risquent d’être tragiques d’ici quelques mois suite à la purge promise. Londres sera d’ici quelques années encore plus une réserve pour indiens électeurs de Cameron, et pour financiers arrogants, le reste de l’immense métropole étant suffisamment vaste pour y faire prospérer, sans limites, les millions de déclassés et de pauvres gens que l’Angleterre se prépare à engendrer.

          Londres, le 6 novembre 2010.

          00:05 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : londres, reine, blair, birmingham, angleterre, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

          05/11/2010

          Pauvre Albion

          david-cameron.gifEn ce jour où Lyon accueille les superbes Tindersticks du côté de l’Epicerie Moderne, j’entame une petite virée à Londres me privant ainsi de la possibilité de baigner dans la dépressive mais ô combien géniale musique de la formation anglaise. A propos de la perfide Albion, alors que le mouvement d’opposition à la réforme des retraites s’amplifiait dans notre pays, les autorités locales mettaient en garde leurs compatriotes s’apprêtant à venir nous visiter. C’est donc, je dois le dire, avec un certain étonnement mêlé de tristesse que je vais à nouveau visiter un pays à qui on vient d’annoncer, sans broncher, la liquidation de 490 000 fonctionnaires, un pays dont le souvenir de retraites heureuses se dissipe dans les mémoires, des voisins qui depuis les coups de boutoirs de Thatcher et Major ne savent plus trop ce que faire valoir son droit de grève peut bien signifier.

          Non content de prodiguer une véritable leçon d’éducation anglaise aux britanniques, comme c’est désormais la tendance dans tout ce que le monde ultra-libéral compte de leaders, David Cameron, entame un pas de deux avec un patronat qui souhaitait parait-il être rassuré. Baisses de Taxes, suppression de verrous administratifs et autres friandises libérales viennent donc d’être promises à la CBI, le Medef briton. Toujours à cheval sur la question de l’immigration le jeune Cameron a juré sa détermination tout en promettant aux patrons que sa vigilance n’empêcherait pas les entreprises de faire venir la main d’œuvre leur étant le plus utile.

          Le 6 octobre dernier, devant son parti réuni en congrès à Birmingham, Cameron a hurlé, « Maintenant les radicaux, c’est nous ! ». Ce credo qui annonçait le plan d’austérité destiné à réduire de plus 80 milliards de livres les dépenses publiques est le prélude à une attaque en règle contre l’Etat providence avec pour objectif clairement revendiqué de saper les fondements d’acquis sociaux promis à la liquidation. Pauvre Albion.

          Lyon, le 5 novembre 2010

          Photo:DR

          04/11/2010

          Grenouilles de marigots

          6551-ehlkxyjcx3hr8e4c1w5p.gifAlors que Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien-démocrate, annonce sa vraisemblable candidature à l’élection présidentielle de 2012 et que le député UMP Christian Vanneste refait parler de lui en prônant une alliance avec le F.N., les milieux catholiques radicaux qui croisent au large des eaux territoriales mais néanmoins troubles de la droite et de l’extrême-droite annoncent la couleur.

          Ce week end à Lyon, lors du Congrès d’un cercle catholique qui avait invité l’incontournable Vanneste, Lemoine le maire UMP de Montfermeil, quelques anciens députés UMP mais aussi Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, on a annoncé la constitution de « Audace 2012 » une structure qui ambitionne, dans la perspective de la prochaine présidentielle, de fédérer tout ce que le monde chrétien compte comme associations réactionnaires. L’objectif de cette côterie née dans l’aile ultra-droite de l’UMP est pour le moins claire. Il s’agit de peser sur les candidats en les sommant de prendre position sur quelques-unes des thématiques chères tout à la fois à l’UMP et au Front National.

          Le président de cet « Audace 2012 » n’est autre que François Billot de Lochner le patron de la fédération UMP des métiers de la banque et à ses heures perdues un auteur émérite puisqu’il a commis le bouquin, « L’affaire Vanneste, la mise à mort de la liberté d’opinion ».

          Mettre au pied du mur les candidats est donc au centre des préoccupations de « Audace 2012 » pour, explique son fondateur, « inviter les candidats à l’Elysée à adopter des positions claires sur les valeurs qui nous paraissent éssentielles », traduisez l’avortement, la famille fondée sur le mariage et ce que « Audace » nomme la liberté de conscience. Ces petites manœuvres qui concernent pour l’heure essentiellement la pataugeoire de l’aile la plus conservatrice du catholicisme n’en est pas moins inquiétante car jusqu’ici ce type d’agitation provenait essentiellement des rangs du F.N. et de ses associations satellites. Aujourd’hui, c’est du sein même de la majorité qu’émerge ce genre de propos. Aux uns comme aux autres, à l’UMP et au pouvoir, de nous indiquer leur façon de se situer face aux grenouilles qui s’égosillent dans le marigot et si, dans le même temps, l’église avait quelque courage pour nous indiquer son sentiment, la chose ne serait pas inutile.

          Lyon, le 4 novembre 2010

          Photo:DR

           
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