Avertir le modérateur

08/01/2010

Fin d’une illusion

philippe_seguin-d2.jpgAvec la participation de Philippe Séguin sonne la fin définitive de cette illusion qui perdurait, on ne sait trop pourquoi, dans la vie politique française, je veux parler du gaullisme. Même s’il n’aimait pas que l’on puisse le qualifier de droite, Philippe Séguin était avant tout un « baby Chirac » mais probablement homme à s’amuser du fait que certains commentateurs parlent de « séguinisme ».

Quand on connaît la trajectoire de Fillon et Guaino, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Séguin, c’est bien entendu de réaffirmer que le « Séguinisme » n’existait pas.

Séguin, lui, par contre, existait et si on ne peut être qu’attristé pas sa disparition nous aussi constater qu’une parenthèse se ferme. Une période où certaines personnalités de la droite française pouvaient incarner une « sensibilité sociale », une volonté républicaine clairement affirmée et revendiquée et le goût de l’intérêt public.

Philippe Séguin disparaissant, le paysage est définitivement dégagé pour laisser la place nette aux clones de Sarkozy et à tel ou tel chou-chou du Président, à un Copé carnassier ou à l’esbroufe d’un Villepin gonflé d’orgueil. On m’objectera que Philippe Séguin n’était pas le dernier des gaullistes puisque Chirac et Pasqua sont encore de ce monde. Même si nous devons souhaiter une longue vie à ces deux-là, constatons tout d’abord que ce duo fondateur du RPR n’est plus dans ce monde politique qu’il pâturait depuis des décennies mais surtout que leur certificat de gaullisme n’est que de complaisance.

Séguin s’en allant, un point de non retour est atteint par la droite française et ne me dites pas que les Sarkozy Copé, Chatel, Bertrand ou autres Fillon peuvent se prévaloir de l’héritage de Séguin et du gaullisme même si, dans les jours qui s’annoncent, ils s’efforceront tous de nous faire croire le contraire.

Lyon, le 8 janvier 2010.

Photo: DR

21/10/2009

Cagnotte

CAGNOTTE2.jpgC’est finalement une idée du député socialiste Gaëtan Gorce qui va peut être permettre à Nicolas Sarkozy de se sortir de la polémique autour de la candidature de son fils à la présidence de l’EPAD. Vite reprise par le porte parole du gouvernement, Luc Chatel, la proposition consiste à ce que les représentants de l’Etat dans cet organisme public ne prennent pas part au vote. Ainsi, Jean Sarkozy sera élu (ou pas) par ses pairs et le soupçon d’une intervention de l’Elysée s’éloignera.

Une idée au demeurant intelligente qui en revanche met le représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris au sein de l’EPAD dans une situation délicate. En effet, dans cette configuration il y aura 9 votants : 4 élus de droite, 4 élus de gauche et le représentant de la CCI. S’il ne votait pas avec la droite, ce qui est peu probable, Jean Sarkozy ne serait pas élu même en cas d’abstention car il perdrait au 3ème tour au bénéfice de l’age. Certes la présence en face de lui d’un candidat communiste, le maire de Nanterre, ne facilitera pas un vote de l’élu consulaire contre le fils de. On peut quand même imaginer les pressions que va subir ce brave homme avec un effet crescendo jusqu’au 4 décembre.

Quand au fond de cette affaire on peut entendre que l’age de Jean Sarkozy ne peut faire figure d’argument, quant à sa capacité à gérer l’EPAD je ne sais plus qui a très justement dit que l’organisme avait un directeur général et une équipe administrative suffisamment compétente pour assurer la continuité. Et puis on sait à Lyon depuis le cas de Thomas Collomb l’injustice qu’il y a lorsque l’on pénalise un fils au nom du père.

De mon point de vue le problème n’est pas là il se situe dans le fait que Jean Sarkozy élu il aura une influence majeure sur les décisions nécessaires au développement du quartier de la Défense et une capacité de pressions en tout genre sur les intervenants économiques et financiers. Et sur ce terrain on ne peut pas ne pas faire le lien entre le père et le fils, entre l’EPAD et l’Elysée. Or comme on peut l’imaginer le père sera candidat en 2012 et l’on a vu se constituer des cagnottes de campagne avec des outils moins performants. D’ailleurs ce n’est peut être pas un hasard si l’idée de désigner Jean Sarkozy pour ce poste vient du couple Balkany, des experts en la matière.

Philippe Dibilio

Photo:DR

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu