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12/04/2010

Cachetons

Après demain 21 avril, Lou Reed est à Paris et plus précisément à la Cigale pour infliger à des spectateurs probablement sourds l’inaudible album « Metal Machine Music » de 1973. Il faut dire que reprendre sur scène un album dit mythique est devenu particulièrement tendance. Le même Lou Reed, avec la prétention qui lui va si bien, avait interprété en 2007 « Berlin » et cette année, après plus de 30 ans de vie séparée, Iggy Pop convoque à nouveau ses Stooges pour exécuter, dans l’ordre, la trentaine de minute de « Raw Power ». Crise du disque, musique mptrois-isée, inspiration au régime sec, les vieilles gloires exploitent donc, rarement avec bonheur, un fond de catalogue supposé incarner l’éternel du rock and roll.

De Steely Dan, avec « Gaucho », à Van Morrison et son superbe « Astral Weeks » devenu une daube sur scène, sans oublier Todd Rundgren revenu de nulle part avec le très daté « A wizzard a true Star » on ne compte plus les dispensables mais lucratives expériences visant à transformer des albums, parfois de légende, en opérations de financement des retraites de leurs auteurs.

Particulièrement au goût du jour et même s’ils peuvent se présenter comme plus respectables, les concerts « Dont’ look back » ne sont fondamentalement pas différents des messes nostalgiques des sixties qui remplissent en France les Zéniths. De ce point de vue Stooges, Suicide, Echo and the bunnymen pataugent dans le même potage que nos Richard Anthony ou Franck Alamo nationaux.

Cela étant, la chasse aux fans ne se limite pas aux tournées et concerts. Avec des coffrets qui mettent le prix du carton et du plastique au rang de celui de la truffe, on refourgue à des prix invraisemblables les mêmes albums. King Crimson, Les Rolling Stones hier avec « Get yer ya ya’s out » et demain avec « Exile on a main street », Les Beatles en mono comme en stéréo font les beaux jours des majors. Vigilance !

Lyon, le 12 avril 2010.

23/11/2008

Sacré Lou

reed2.jpgÇa ne viendrait à l’idée de personne de s’exclamer, « S’il y a un type que j’admire et avec qui j’aimerais boire un verre, cela serait Lou Reed ». En effet, le New Yorkais patibulaire aussi aimable qu’une porte de prison est probablement ce qui se fait de moins sympathique sur toute la planète rock’n roll. Distant dans le meilleur des cas, Lou Reed sait être méprisant et tellement rongé par la contemplation de soi-même. Il n’empêche que tel n’est pas l’aspect principal du « dossier »  Lou Reed. Si on aborde la question de l’ex Velvet Underground par le bon bout, celui du talent, il convient de saluer une œuvre originale et remarquable. Décoré, admiré, reconnu dans le monde entier, le musicien, poète et photographe mérite bien entendu tous les honneurs même si notre homme réserve uniquement quelques-uns de ses rares sourires à son chien, le clébard étant à bien y réfléchir le plus à plaindre. Lou Reed est aujourd’hui dans l’actualité à un double titre puisque la version « Live » de Berlin est désormais disponible et l’intégrale de ses chansons à la disposition des Français dans une version bilingue. C’est d’ailleurs la parution française de cette intégrale qui, promo oblige, a valu aux rares spectateurs parisiens du nouveau « Cent-quatre », une lecture publique de quelques-uns des textes de ce recueil par le maître lui-même. (Voir l’excellent Stéphane Davet dans Le Monde du 7 novembre).

Après de telles éditions en Allemand, Espagnol, Italien et même Croate, j’étais, vous l’imaginez, tout à fait disposé à saluer l’éditeur français à l’initiative du projet. Je veux parler des Editions du Seuil. Le livre est donc enfin disponible ici dans la remarquable collection « Fiction et Cie » et le travail des deux traducteurs mobilisés, Sophie Couronne et Larry Debay, me semble tout à fait à la hauteur de notre attente, même si je dois vous confier que mon niveau personnel en anglais m’interdit tout commentaire dans ce domaine.

Le problème, ou plutôt le scandale, ne se situe pas le moins du monde dans la traduction mais plutôt au plan du prix. Rendez-vous compte, les Editions du Seuil proposent cette intégrale, il est vrai de 500 pages, au prix prohibitif de 32 euros. Si l’objet en question manifestait par sa conception la moindre originalité et témoignait d’un soin particulier mon coup de gueule serait mal venu mais en l’occurrence ce « Traverser le feu » est un bouquin particulièrement banal. S’il fallait démontrer que dans l’édition française il y a aussi de « sacrés Lou-Lou » qui prennent les admirateurs de Lou Reed pour des volailles à plumer, cette édition de l’intégrale est là pour nous le prouver. Comme beaucoup d’entre-vous, j’attendrais donc du côté des librairies d’occasions qu’une opportunité se présente en attendant une hypothétique édition de poche.

  • > Lou Reed, « Berlin, Live at St Ann’s-Warehouse », Matador.
  • >Lou Reed, « Traverser le feu », Le Seuil.

Lyon, le 23 novembre 2008.

02/07/2008

Et un, et deux, et trois…

966376209.jpgTroisième tentative et drôle d’idée puisque on nous propose en ce début juillet une nouvelle édition française du magazine « Rolling Stone ». Après un numéro « Mai 68 » qui n’était qu’un prélude plutôt prévisible et donc décevant, je dois vous confier mon heureuse surprise après la lecture de ce numéro un. Si les ingrédients naturels d’un mensuel musical de base figurent dans ce nouveau « Rolling Stone » avec ses pages actualité et son guide CD-DVD, la nouvelle rédaction s’efforce de sortir des sentiers battus avec un voyage dans l’Amérique électorale et les implications de quelques stars du rock (Springsteen, Neil Young…) dans la bataille qui se prépare. Avec un bon dossier sur le « nouveau » Folk et un sampler offert, une intéressante interview d’Alain Bashung et un non moins bon entretien avec Patti Smith suite à l’exposition de la Fondation Cartier, la lecture de ce premier numéro est plus que recommandable. Richard Avedon, Lou Reed, Chet Baker et le Tibet sont également au générique d’un mensuel dont tout de même on préfèrera oublier le piètre article sur la « bande-son idéale de l’été ».

En vente en kiosque depuis quelques jours, ce nouveau Rolling Stone devra se battre avec son concurrent, « Volume » édité par l’équipe des Inrockuptibles. Nous pouvons donc craindre qu’une fois de plus le carré rock’n’roll du cimetière de la presse magazine ne se renforce, à terme, de l’un de ces deux titres.

Pour plus d'infos: http://www.rollingstonemag.fr

Lyon, le 2 juillet 2008.

 
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