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08/11/2010

Trombinoscope

mw08201.jpgSauf si Easy Jet en décidait autrement, c’est aujourd’hui que nous revenons entre Rhône et Saône au terme d’une escapade londonienne plutôt heureuse si l’on accepte d’oublier aussitôt quelques détails matériels comme, par exemple, l’hôtellerie ou les transports. Quand on évoque le potentiel museal de Londres on ne peut que penser à la Tate (Modern) mais malheureusement cette fascinante ancienne usine électrique semble dévorer les esprits au point que souvent certains touristes résument l’offre londonienne à ce monstre qui trône au bord de la tamise. C’est pourquoi je veux vous dire aujourd’hui deux mots sur une petite sœur plus pauvre, spécialisée dans le portrait, que je m’oblige à visiter lors de chaque séjour et qui recèle quelques petits trésors moins respectables sur le plan artistique mais d’autant plus attachants.

Il s’agit, vous l’avez compris, de la National Portrait Gallery, un musée aussi unique qu’impressionnant qui, logé à Trafalgar derrière la National Gallery, s’impose comme le plus grand trombinoscope jamais imaginé. De Churchill à Shakespeare, du Roi Charles I à Jane Austen, de (Sir) Paul McCartney à Richard Branson les portraits accumulés vont de la croûte de seconde zone au chef d’œuvre incontesté. Ce musée qui affiche dignement ses plus de 150 ans est donc un cas, par ailleurs gratuit d’accès, qui assume fièrement un principe jamais remis en cause. Ici la valeur artistique ou esthétique de l’œuvre importe peu. Ce qui compte c’est le portrait du personnage peint, photographié, sculpté ou caricaturé. Si les stars de l’histoire britannique vous lassent un peu, si les Tudor ne vous inspirent pas, allez tout de même à la National Portrait Gallery ne serait-ce que pour y débusquer David Bowie, Blur, Dickens ou John Peel. Bonne visite si vous croisez un jour par Trafalgar square.

Londres, le 8 novembre 2010

Photo:DR

07/11/2010

Ainsi soit-il

olympia_600.jpg?w=500&h=500Ici à Londres comme là-bas en France, l’occasion de la sortie de « Olympia » la dernière production de Bryan Ferry est le prétexte incompréhensible pour un hommage un peu boursouflé à l’ancien de Roxy Music. En faisant sa danse du ventre devant un artiste bien en peine depuis des lustres, on se demande ce qui a bien pu piquer une presse devenue subitement a-critique. Soyons clairs, « Olympia », avec sa Kate Moss en jaquette, n’est pas un de ces rogatons casé en contre-bande par quelques rockeurs gériatriques. « Olympia » est un disque correct, une sorte de best of de Ferry qui ne voudrait pas dire son nom mais en aucun cas le disque génial du renouveau que la critique tente de nous imposer. Bien modeste sur le plan musical, cet « Olympia » bénéficie des yeux de Chimène et à coups d’interviews aussi exclusives les unes que les autres, on fait comme si la belle prestance de Ferry devait s’imposer aristocratiquement à tous. « Gentleman », « latin Lover », « sensuel », « glamour », on nous distille, comme au bon vieux temps d’ « Avalon », les poncifs à propos d’un crooner devenu un simple chromo. Pour ce qui concerne l’idéologie du beau gosse, il est manifeste que cela ne fait pas partie des questions qui s’abordent. Les errances du fiston, la fascination répétée de Ferry à l’égard du nazisme ne sont en aucune façon un sujet à traiter. On a décidé que Ferry était plus jeune que jamais, lisse comme la peau d’un bébé, en regain de forme musicale et entouré de jeunes talents comme Jonny Greenwood (Radiohead) ou Mani (Primal Scream). Ainsi soit-il !

Londres, le 7 novembre 2010

Photo:DR

06/11/2010

Souvenirs pour demain

reine-elizabeth-2-angleterre.jpgHeureusement que la Reine continue de donner des ordres pour relever sa garde parce que Londres est sur le point de virer au banal. Adieu Marks & Spencer, Virgin Mégastore et boutiques de disques à profusion, adieu aux Fish & chips graisseux et aux restaux les plus improbables qui servent leur « pie » sur leurs tables en formica. Ici comme ailleurs, place nette est faite aux H&M, Starbucks, aux sushis et à la mal bouffe branchouillée. Même dans Soho ou sur Oxford street, croiser un de ces originaux que seule l’Angleterre pouvait jadis enfanter est devenu d’une rareté inquiétante. Une sorte de vent de tristesse convenue, comme si Londres était rentré dans le rang, souffle sur une ville qui se coltine la préparation des J.O. comme une sorte de fardeau.

Désormais cornaqué par un type qui ressemble à un chef des ventes dans la promotion immobilière, ce merveilleux pays file à nouveau du mauvais coton au point que d’ici quelques temps je vous mets mon billet qu’une « Blair nostalgie » va envahir les esprits. Pour l’heure, l’impact du plan Cameron-Osborne promis à Birmingham n’est vraiment pas évalué y compris par ses promoteurs. Pourtant les conséquences pour les moins nantis risquent d’être tragiques d’ici quelques mois suite à la purge promise. Londres sera d’ici quelques années encore plus une réserve pour indiens électeurs de Cameron, et pour financiers arrogants, le reste de l’immense métropole étant suffisamment vaste pour y faire prospérer, sans limites, les millions de déclassés et de pauvres gens que l’Angleterre se prépare à engendrer.

Londres, le 6 novembre 2010.

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05/11/2010

Pauvre Albion

david-cameron.gifEn ce jour où Lyon accueille les superbes Tindersticks du côté de l’Epicerie Moderne, j’entame une petite virée à Londres me privant ainsi de la possibilité de baigner dans la dépressive mais ô combien géniale musique de la formation anglaise. A propos de la perfide Albion, alors que le mouvement d’opposition à la réforme des retraites s’amplifiait dans notre pays, les autorités locales mettaient en garde leurs compatriotes s’apprêtant à venir nous visiter. C’est donc, je dois le dire, avec un certain étonnement mêlé de tristesse que je vais à nouveau visiter un pays à qui on vient d’annoncer, sans broncher, la liquidation de 490 000 fonctionnaires, un pays dont le souvenir de retraites heureuses se dissipe dans les mémoires, des voisins qui depuis les coups de boutoirs de Thatcher et Major ne savent plus trop ce que faire valoir son droit de grève peut bien signifier.

Non content de prodiguer une véritable leçon d’éducation anglaise aux britanniques, comme c’est désormais la tendance dans tout ce que le monde ultra-libéral compte de leaders, David Cameron, entame un pas de deux avec un patronat qui souhaitait parait-il être rassuré. Baisses de Taxes, suppression de verrous administratifs et autres friandises libérales viennent donc d’être promises à la CBI, le Medef briton. Toujours à cheval sur la question de l’immigration le jeune Cameron a juré sa détermination tout en promettant aux patrons que sa vigilance n’empêcherait pas les entreprises de faire venir la main d’œuvre leur étant le plus utile.

Le 6 octobre dernier, devant son parti réuni en congrès à Birmingham, Cameron a hurlé, « Maintenant les radicaux, c’est nous ! ». Ce credo qui annonçait le plan d’austérité destiné à réduire de plus 80 milliards de livres les dépenses publiques est le prélude à une attaque en règle contre l’Etat providence avec pour objectif clairement revendiqué de saper les fondements d’acquis sociaux promis à la liquidation. Pauvre Albion.

Lyon, le 5 novembre 2010

Photo:DR

30/09/2010

Ed

ed-miliband-saura-redonner-de-la-force-au-labour.pngC’est donc avec l’appui massif des syndicats et sans vraiment convaincre le parti travailliste, élus compris, que Ed Miliband se retrouve à la tête de l’opposition quelques temps après la victoire de l’alliance Cameron-Clegg. On devrait d’ici quelques temps en savoir plus sur l’orientation que comptent mettre en œuvre les travaillistes car, convenons-en, au lendemain de la victoire de celui qui aime tant se présenter comme l’anti-Blair, le brouillard le plus londonien est sur le point d’envahir le parti travailliste. La question de l’Irak, les déficits publics, la crise financière, l’Etat et bien d’autres choses qui taraudent les britanniques sont sans réponses. Force est également de constater que le vague positionnement de Ed à la gauche du parti ne nous en dit pas vraiment plus sur ce que pourra être la politique des travaillistes. L’orientation assez fantomatique du nouveau leader sera-t-elle levée quand celui-ci installera son gouvernement non moins fantôme ? Nul ne le sait mais une chose paraît certaine : Ed Miliband a du pain sur la planche.

On le sait, face à son frère David, Ed Miliband a arraché à Manchester une belle victoire conditionnée par la peu glorieuse défaite du labour lors des dernières élections. Au-delà de cette réalité le peu connu Ed à tout intérêt à se retrousser les manches ce d’autant que les premiers sondages dégagent plus de problèmes que de réponses. A la question « Lequel des deux frères serait le plus capable d’exercer la fonction de premier ministre », David Miliband, le battu, semble en meilleure posture que Ed, le vainqueur. En effet David totalise 53% d’opinions le croyant capable de gouverner alors que le frangin Ed n’enregistre que 36% d’opinions favorables le voyant susceptible d’exercer le pouvoir comme quoi là-bas comme ailleurs la vérité d’un parti ne fait pas nécessairement la crédibilité dans l’opinion.

Lyon, le 30 septembre 2010.

Photo: DR

20/08/2010

S comme "Saatchi"

S 2.jpg

Début juillet, Charles Saatchi annonçait vouloir offrir à la Grande-Bretagne pour 30 millions d’euros d’œuvres d’art. Quelle générosité ! Charles Saatchi, co-fondateur de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi célèbre en son temps pour sa dévotion à l’égard de Margaret Thatcher est donc, comme il sait parfaitement le faire, de retour dans l’actualité. Une actualité qui n’a rien à voir avec la publicité puisque se situant dans l’autre grand domaine de l’arnaque, à savoir l’art contemporain. Ce Charles, que l’on ne doit pas confondre avec Maurice, l’autre Saatchi, est donc un pubard en exil dans l’art contemporain, un type qui a tendance à réussir tout ce qu’il touche. A la tête de la première agence mondiale à l’époque du thatchérisme triomphant, Charles va très vite, malgré ses déboires de fils de pub devenir un incontournable de l’art contemporain Londonien. Fondateur d’une galerie sur Boundary Road, le collectionneur invétéré qu’il est devenu va faire sensation avec justement « Sensation » une exposition qui en 1997 va promouvoir à l’échelle de la planète les YBA (Young British Artists) tout d’abord à Londres (Royal Academy) puis à New York (Brooklyn Museum). Le scandale aidant Saatchi va s’en mettre plein les poches en assurant « la promo-vente » d’artistes comme Damien Hirst. « Sensation » devenant un véritable trampoline dans la carrière du natif de Bagdad, c’est donc, fort de sa nouvelle mauvaise réputation que Saatchi va ouvrir sur King’s Road 6 500 m² d’exposition d’art contemporain, un record planétaire pour une galerie. Peu bavard et cultivant son mystère oriental, époux de la célèbre Nigella Lawson, fille de son père éminent membre du part conservateur et productrice d’émission sur la bouffe, Charles aime s’entourer du mystère qui convient. Phaidon vient de traduire en français « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique » une série d’entretiens que je vous engage à lire car c’est à mon sens la seule manière d’être certain de continuer à détester Charles Saatchi. Alors faites comme moi, si le cœur vous en dit.

charles_saatchi.jpgCharles Saatchi, « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique », Phaidon, 9.95 euros.

Lyon, le 20 août 2010.

Photo: DR

29/12/2009

2005 en vrac

Tournées mondiales de U2 et des Rolling Stones - Décès de Pierre Bachelet - Couronnement de Albert II à Monaco - Angela Merkel élue chancelière par le Bundestag - Attentats meurtriers à Londres - Raphael, meilleure vente d’album en France …

Lannemezan, le 29 décembre 2009.

19/08/2008

T comme Tristan (Flora)

218790432.jpgCe matin, destination Saint-Exupéry pour quelques jours à Londres. Au programme Tate Modern, Institute of Contemporary Arts, shopping à Soho, Camden Town, quelques salles du British Museum et au hazard Balthazard pour le reste. Je serais de retour dimanche pour « X comme XXL », une nouvelle ode à Sarkozy, autant vous dire que cet abécédaire de l’été commence à toucher à sa fin.

A propos de Londres, Gallimard dans sa collection Folio à 2 euros republie « Promenades dans Londres » de Flora Tristan, sorte de reportage de la militante socialiste et féministe alors qu’elle réside dans la capitale anglaise pour la quatrième fois, nous sommes en 1839.

Comme diraient certains aujourd’hui Flora « Casse » Londres, une ville qu’elle n’est pas loin de détester pour ce qu’elle est. Capitale d’un Empire en proie « à la dictature de l’argent », cynique et terriblement « fashionable », Tristan s’attache à décrire la misère, la prostitution, y compris celle des enfants, les taudis, l’indigence d’une classe ouvrière « traitée pis que les nègres » (sic !), bref une cité babylonesque dont elle aime certains paysages mais aussi quelques leaders adeptes de réflexion sociale comme Robert Owen ou les chartristes.

Ville gigantesque et sans proportions, Flora Tristan note « l’énormité des distances » d’une cité qui est «  la réunion de plusieurs villes » dont « l’étendue est devenue trop grande pour qu’on puisse se fréquenter ou se connaitre ». En d’autres temps Stendhal décrira à son tour une ville dont les quartiers sont découpés à coups de gourdins les rendant ainsi imperméables les uns par rapports aux autres.

Les pages consacrées à la femme anglaise sont nombreuses et néanmoins toutes des observations réglées au millimètre. « Entièrement étrangère à son logis » nous dit Flora Tristan, la femme anglaise est sous la coupe d’un mari qui « tient l’argent et les clés, commande le dîner /…/ lui seul décide du sort des enfants, en un mot » conclue Flora, « il s’occupe exclusivement de tout ».

Saluons l’effort de Folio pour mettre à la disposition du public des textes parfois oubliés et ce à un prix plus que correct. Dans cette collection dédiée aux femmes et dirigée par Martine Reid on notera « La femme indépendante » de Simone de Beauvoir ainsi que des textes d’Elsa Triolet, Georges Sand et Isabelle Eberhardt.

Puisque nous évoquons Londres et la collection Folio à 2 euros, je veux également signaler le travail de Jean-Claude Zylbersteim qui après 10-18 anime, chez Tallandier, l’excellente collection « Texto ». On peut y lire « Les bas-fonds de Londres » de Kellow Chesnay, un texte d’une trentaine d’années remis pour 10 euros à la disposition du public.

Lyon, le 19 août 2008.

02/06/2007

Océan Cité, place des Terreaux

medium_Ocean_cité.2.jpgLe 19 mai dernier, je vous invitais, si vous aviez des envies d’immobilité, à contacter la Compagnie de danse Pierre Deloche qui « recrutait » alors des lyonnais capables de se tenir immobiles. Aujourd’hui de 15h00 à 19h00, place des Terreaux, cet « Océan Cité » sous titré « la poésie du simple » va nous être proposé en taille XXL.

500 participants, 10 danseurs professionnels, 5 compositeurs venant des quatre coins d’Europe (Magdalena Dlugosz pour la Pologne, J. Harrison pour le Royaume-Uni, James Giroudon et Jean François Estager pour la France) vont, sous la houlette de Pierre Deloche, initier un spectacle mettant en scène l’immobilité. Cette septième création civile de la Compagnie Pierre Deloche sera à coup sûr un grand moment de co-création artistique.

Rendez-vous donc place des Terreaux aujourd’hui entre 15h00 et 19h00. Les absents pourront toujours se rattraper en allant le 12 août prochain à Londres (Trafalgar Square) et le 20 octobre à Cracovie.

Lyon, le 2 juin 2007.

07:00 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ocean, cité, deloche, danse, londres, trafalgar, square | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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