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27/12/2008

Une nuit insolite pour deux sous la tente

Tente_Flash_74463.jpg

Un cadeau pour Christine Boutin et Jean-Paul Bolufer, son ex-directeur de cabinet, une nuit de la Saint Sylvestre dans l’une des superbes résidences de la chaîne Tentes et Relais Don Quichotte.

La pub dit « Au bout d’un chemin creux ou pavé, aux herbes glacées de givre, dans un environnement naturel exceptionnel et revigorant, un intérieur de carton gaufré très design peut abriter deux personnes. La tente de couleur vive aux formes arrondies et contemporaines est équipée d’un couchage romantique recouvert d’une couverture ajourée très tendance. Une réserve d’eau à volonté se trouve à quelques mètres dans un très joli canal ou dans une mare qui conserve l’eau à un degré de fraîcheur idéal. En option, pour la modique somme de 1€ par nuit, un dessus de touret de câble en bois cerclé et traité peut servir de desserte. À l’extérieur, les lieux d’aisance naturels sont nombreux. »

Christine Boutin trouvait Augustin plus beau pour ce séjour romantique, mais je n’ai pas réussi à le convaincre. Alors, j’ai pensé à Bolufer. Ce Jean-paul (décidément j’adore ce prénom), au maigre salaire de préfet hors cadre, ne parvenait à se loger depuis 20 ans que grâce à la Ville de Paris. Et encore, dans un tout petit 190 m2, à 6 euros et des poussières le m2 près du Jardin du Luxembourg. D’ailleurs, il était obligé de sous-louer pour s’en tirer. Le pauvre a dû démissionner à cause de ça, risquant cette chute terrible qui nous guette tous et peut nous mener à la rue. Heureusement, ses amis lui ont trouvé un petit job comme contrôleur général à Bercy où il sera chargé de traquer les abus dans le financement public (judicieuse valorisation de l’expérience acquise).

Boutin 2.jpgGageons qu’ils sauront mettre à profit cette nuit magique pour faire enfin comprendre à tous ces irresponsables qui s’entêtent à dormir dehors, que la diminution de 7% du budget logement pour 2009 et de 30% des aides à la construction des HLM sont des mesures prises pour leur plus grand bien. Ils sauront faire appel à leur bon coeur pour leur demander de laisser à d’autres pauvres déjà logés et qui veulent devenir propriétaires, 40.000 logements HLM chaque année. Les 3 millions de mal-logés attendront un peu et cesseront de croire au Père Noël. Ils comprennent bien que les 500 000 nouveaux logements nécessaires chaque année, dont 120 000 logements sociaux, cela coûte si cher… Quant aux logements d’urgence, il y a des hôtels sans étoiles pour çà.

Heureux ceux-là qu’attend la bonne chambre chaude !

Mais le gamin qui court, mais le vieux chien qui rôde,

Mais les gueux, les petits, le tas des indigents…

Voici venir l’Hiver, tueur des pauvres gens.

Jean Richepin, La chanson des gueux.

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 27 décembre 2008.

Photo: DR

13/10/2008

Nos cités vont craquer

Grand ensemble.jpgEn fin de semaine passée, j’étais à Brest pour les journées annuelles des Communautés Urbaines de France. Vous ne le savez peut-être pas mais les Communautés Urbaines rassemblent plus d’un Français sur dix et la création, le 1er janvier prochain, de tels instruments de coopération à Toulouse et Nice va renforcer le poids d’agglomérations qui portent des politiques aussi décisives que les transports collectifs, le logement, le développement économique et bien d’autres encore comme l’urbanisation ou le soutien à la recherche. Bref, la place des Communautés Urbaines est telle que l’Etat a toujours reconnu leur importance majeure pour le pays, tellement importante que pour la première fois, aucun Ministre n’a fait le voyage de Brest pour venir expliquer aux élus et techniciens rassemblés dans la cité océane de quoi l’avenir serait fait. Il faut dire, qu’à voir la maltraitance que le gouvernement réserve aux Communautés Urbaines on ne peut que comprendre la politique de la chaise vide pratiquée par nos ministres.
Les Communautés Urbaines sont non seulement toujours en attente des remboursements des pertes fiscales provoquées par la politique du gouvernement depuis quelques années mais, en organisant l’affaiblissement financier des intercommunalités urbaines, ce « modèle pour le développement » dont parlait jadis Sarkozy, l’Etat est en passe d’utiliser nos agglomérations comme une simple variable d’ajustement dans la crise des finances publiques de la France. En pratiquant ainsi, l’Etat non seulement bouscule l’équilibre financier des agglomérations mais pire porte des coups à l’un des meilleurs moteurs de l’investissement local dans un environnement économique et financier semé d’embûches et de risques.
Dans ce contexte, on comprend peut-être mieux pourquoi les Ministres n’étaient pas volontaires pour se précipiter à Brest vendredi dernier. Aujourd’hui, alors qu’il en va non seulement de l’avenir du pays mais aussi de ses collectivités locales, l’Etat doit maintenir en valeur les remboursements de fiscalité aux collectivités. Il doit aussi initier une réforme de la fiscalité locale en concertation avec ces mêmes collectivités. Il doit enfin, tout en respectant ses engagements, admettre de rétablir des liens de confiance avec les collectivités locales et singulièrement les agglomérations.
En début de semaine dernière, les maires des grandes villes de France quant à eux lançaient un cri de colère en apprenant la « réforme » de la dotation de solidarité urbaine (DSU) par un gouvernement qui légifère en vase clos et qui en la circonstance va priver 238 communes de crédits pour leurs quartiers. C’était donc une sale semaine pour nos communes et agglomérations mais malheureusement probablement pas la dernière.

Lyon, le 13 octobre 2008.

 
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