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14/08/2010

P comme "Prix littéraires"

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Même si du côté de Gallimard, Grasset, Le Seuil et autre Hachette on commence à ferrailler pour, au final, se mettre d’accord sur qui devrait faire bingo lors des prix littéraires de l’automne, je ne suis pas devenu dingo au point de vous parler de ces fameux prix au milieu du mois d’août. En fait, je veux juste attirer votre attention sur un petit bouquin de Thomas Bernhard intitulé « Prix Littéraires » que Gallimard publie dans la collection blanche. Né aux Pays-Bas au début des années trente, au Zénith du succès dans les années soixante et disparu il y a presque vingt ans, Thomas Bernhard est probablement solidement implanté dans le quarteron des grands écrivains de langue allemande. En 1980, l’écrivain termine ce « Prix Littéraires » qui ne sera jamais publié du vivant de l’auteur. Bardé de prix, reconnu, adulé et respecté, Bernhard ne sera jamais du genre à se laisser embarquer dans le cirque littéraire et le monde artificiel des reconnaissances aux allures parfois articicielles. Dans ce très court ouvrage de quelques 150 pages, chacun, va en prendre pour son grade et avec un art exceptionnel de la détestation Bernhard interpelle l’industrie du livre, celle de la littérature et tout ce petit monde qu’il épingle avec talent et humour.

thomas bernhard.jpgA propos de distinctions honorifiques et de prix, je me demande après la remise par Iggy Pop, de la médaille de chevalier des Arts et Lettres à Philippe Manœuvre, s’il ne serait pas correct de remettre également le Goncourt au distingué rédacteur-en-chef de Rock n’Folk, tant la compilation de ses éditos, bien qu’aussi épais que des tranches de saumon d’Ecosse, mériterait au titre du patrimoine de figurer dans l’éternité de la littérature française. En attendant d’y voir plus clair dans l’avenir de Manœuvre et d’envisager sa publication dans la Pléiade, ruez vous sur ce « Mes Prix Littéraires » plutôt piquant.

Thomas Bernhard, « Mes Prix Littéraires », Gallimard, 12.50 euros

Lyon, le 14 août 2010.

11/08/2010

O comme "Orages ordinaires"

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Si enfoncé dans le hamac, un bouquin dans les mains, vous n’arrivez pas à tenir plus de cinq minutes avant de somnoler, il est probable que vous n’arriverez pas à vous sortir de la lecture pourtant passionnante du dernier William Boyd qui pèse presque ses 600 pages. Thriller épatant, « orages ordinaires » est le type d’ouvrage qui aurait illico produit des étincelles dans le cerveau particulièrement bien équipé d’un Hitchcock qui aurait tué père et mère pour en faire l’adaptation au cinéma. Quitte à choisir un « best seller » comme lecture de l’été, entre les Pancol, Levy, Musso, ou Tartempion, choisissez celui de l’Ecossais qui tisse ses intrigues entre labos et empreintes, traques et vengeance.

« J’ai lu dans le Guardian » dira Boyd à Libération lors de la promo des « orages » « un article sur la brigade fluviale de Londres, qui récupère chaque année une soixantaine de corps. Le chiffre m’a surpris. J’ai tout de suite pensé à l’Ami commun, de Charles Dickens, qui commence avec un mort dans la Tamise. Je me suis dit que la vieille ville victorienne était toujours là, sous le vernis moderne, branché et technologique. Je me suis demandé si je pourrais écrire un roman néodickensien, qui soit un portrait de la société comme le sont les grands romans victoriens. »

william boyd.jpgLe défit est une réussite pourrait répondre chacun de ses lecteurs à Boyd et je vous encourage à rejoindre le monde d’inventivité et de suspense de William Boyd.

> William Boyd, « Orages ordinaires », Le Seuil, 21.80 euros.

    Lyon, le 11 août 2010.

    17/07/2010

    C comme "Collectionneur"

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    S’il y a un bouquin particulièrement bien formaté pour connaitre, entraînant le plaisir, le succès pour cet été, c’est bien « Le collectionneur d’impostures » de Frédéric Rouvillois. Cet ouvrage, somme de ce qui se fait de mieux en matière d’impostures est un véritable plaisir à lire. De l’émission radiophonique d’Orson Welles à la fin des années trente à Françoise Giroud, quarante ans plus tard, qui s’était attribué illicitement la médaille de la résistance, Frédéric Rouvillois l’auteur de ce livre taillé pour la glande estivale, réalise un coup de maître.

    De canulars en provocations, de tricheries en tromperies ce florilège du faux et de son usage qui peut en toute confiance vous accompagner pour ces vacances est, chose par ailleurs assez rare de nos jours, un objet particulièrement bien fabriqué et mis à la disposition du lecteur pour un prix « anti-crise » puisque de seize euros. Alors s’il vous accompagne sur la plage évitez de beurrer l’ouvrage de crème solaire avec cette légère couche de sable qui, de retour au bercail, vous empêcherait de ranger le bouquin dans votre bibliothèque ce « Collectionneur d’Impostures » ressemblant définitivement au produit de l’accouplement d’une plaquette Vapona et d’un filet d’églefin surgelé de chez Capitaine Cook.

    > - Frédéric Rouvillois, « Le collectionneur d’Impostures », Flammarion, 16 euros.

    bandeaux_small-summertime.jpgRappelez vous que l'Opéra de Lyon organise ce soir son "summer time Grand Bal", place des terreaux.

    > Dès 18h, hommage à Ella Fitzgerald au Péristyle Café-Jazz

    > 21h: Concert "Porgy and Bess" dans une version revisitée jazz sur la place des terreaux

    >22h30 jusqu'à 1h: Grand Bal-concert aux rythmes africains, antillais et brésiliens.

    Lyon, le 17 juillet 2010.

    14/07/2010

    B comme "Bouquins de l'été"

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    Empilés à droite comme à gauche, en délicatesse on ne sait parfois pas trop pourquoi, à la limite de l’abandon, ils attendent sagement, sans trop broncher, que l’été arrive. Achetés lors d’une descente couteuse dans une librairie lointaine, récupérés à l’occasion d’un salon ou bien stokés dans l’attente de jours meilleurs, ces bouquins qui ne se la ramènent pas accompagneront comme chaque année nos mois de Juillet et août. Voici la liste de ceux qui se morfondent chez moi et qui seront, soyons réalistes, invités à être rejoints par d’autres au gré de nos visites dans les librairies. Dans le désordre le moins significatif voici …

    • - Jean Haëntjens, « Urbatopies », L’aube, 2010
    • - Craig Johnson, « Le camp des morts », Gallmeister, 2010
    • - John Robb, « Manchester music city », Rivages, 2010
    • - Dan Berger, « Weather Underground », L’échappée, 2010
    • - Thomas Bernhard, « Mes prix littéraires », Gallimard, 2010
    • - Frederic Rouvillois, « Le collectionneur d’impostures », Flammarion, 2010
    • - Nick Hornby, « Juliet, Naked », 10-18, 2010
    • - Jean-Noël Coghe, « Rory Gallagher », Castor music, 2010

    Lyon, le 14 juillet 2010.

    14/11/2009

    Editer

    Dans le « Monde des livres » de la semaine passée, Laurent Jean-Pierre consacrait un long et intéressant article à Raymond Williams ou plus exactement à son ouvrage « Culture et matérialisme » que les excellentes éditions « Les Prairies Ordinaires » viennent de porter à la connaissance du public français. Avec Stuart Hall, dont les éditions Amsterdam, assurent également la diffusion de certaines traductions, Williams est considéré comme l’un des piliers des « Cultural Studies » qui font à juste titre la fierté de l’université britannique.

    Autant nous devons nous réjouir du travail effectué par ces éditeurs à la surface financière bien modeste, autant on doit s’interroger sur le fait que c’est plus de vingt ans après sa disparition que Raymond Williams est publié dans notre pays. Soyons clairs, on peut légitimement s’interroger sur la qualité du travail éditorial des Seuil-Gallimard-Hachette et autres Flammarion.

    L’an passé déjà les éditions « Zones » publiaient « Sous-culture, le sens du style » un ouvrage de Dick Hebdige qui quant à lui avait été édité en….1979 en Grande-Bretagne.

    Par ailleurs, quand on considère les prix publics pratiqués désormais dans notre pays concernant les ouvrages de sciences humaines on doit encore plus s’inquiéter. Quand on sait que le bouquin de Williams est vendu 15 euros ou que celui de Hebdige est de seulement 13 euros, comment ne pas s’interroger une nouvelle fois sur des éditeurs qui adorent s’afficher comme « de référence » mais qui en vérité ne font plus leur métier sauf à considérer que publier un bouquin de sociologie avoisinant les 30 euros c’est encore de l’édition.

    Merci donc aux « Prairies Ordinaires », aux « Editions Amsterdam », à « Zones » et à « La découverte » de faire leur travail. Quant aux autres nous nous abstiendrons de les féliciter pour leurs apports respectifs aux arts du jardinage, du bricolage, de la cuisine sans oublier ces nombreux témoignages de « people » qui nous aident tant à vivre.

    Lyon, le 14 novembre 2009.

    02/08/2008

    L comme Livres (Histoire Universelle de la destruction des)

    335701084.jpg« Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes », cette formule de Heinrich Heine est inscrite au frontispice de cette somme passionnante écrite par Fernando Baez, intitulée « Histoire Universelle de la destruction des livres », publiée par Fayard, un de ces éditeurs qui aime encore le travail bien fait.
    Au cours des 500 pages, l’essayiste Vénézuélien nous entraîne de Sumer à la guerre d’Irak au fil des destructions de papyrus et de livres, dans les incendies et les massacres, de guerres en accidents, de désastres en terreur. Saccages de bibliothèques, inquisitions, censures, autodafés, cette sinistre histoire est conduite de main de maître par un érudit qui écrit avec clarté, efficacité et grand respect pour un lecteur qui peut à tout moment craindre d’être submergé par tant de connaissance et de faits.
    Il aura fallu 12 ans de travail pour mener à bien ce travail de titan. La liste des remerciements suffit à comprendre l’entreprise et le croisement des réseaux mis en œuvre pour atteindre l’objectif. Intellectuel brillant, Baez est aussi une sorte de militant de la mémoire et de la conservation des biens culturels. Membre de nombreuses commissions internationales, Fernando Baez était présent dès 2003 à Bagdad pour évaluer les destructions. D’ailleurs son livre, qui fait basculer le lecteur dans les pires moments de l’humanité s’ouvre, contre toute attente, sur ce que Baez appelle l’énigme de Bagdad.
    « Notre mémoire n’existe plus. Le berceau de la civilisation, de l’écriture et des lois est parti en fumée. Il ne reste que des cendres », tel est le commentaire d’un Universitaire Irakien que rapporte l’auteur dès l’introduction de son « histoire universelle ». Membre du Parti Baas, l’homme sera arrêté, laissant derrière lui une bibliothèque saccagée par les nouveaux maîtres de Bagdad. Justement, c’est au sud de l’Irak actuel, entre Tigre et Euphrate, que quelques milliers d’années plus tôt les premiers livres de l’humanité étaient apparus dans cette région de Sumer.
    Destruction des poèmes d’Empédocle, papyrus d’Herculanum, censure contre Maimonide, Codex brûlés au Mexique, Révolution culturelle chinoise, Tchétchénie, attaques contre Joyce, nazis, pilon des éditeurs, tout ce qui concerne la destruction des livres ne peut échapper à Fernando Baez.
    Comme le dit l’auteur au terme de cette formidable étude, « Le lecteur curieux de cette chronique de désastres pouvait-il imaginer que le XXIème siècle s’ouvrirait sur la mise à sac et la destruction du berceau de la civilisation ? » Cet aller-retour Sumer-Bagdad à travers l’histoire agitée de l’humanité est à lire.
    Lyon, le 2 août 2008

    08:50 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fernando baez, histoire, irak, bagdad, livres, fayard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

    23/07/2008

    D comme Disquaires

    136411954.jpgAlors que dans ce pays quelques représentants authentiques de cette maudite droite s’essayent régulièrement à liquider la loi Lang sur le prix unique du livre (voir billet du 5 juin 2008), si vous souhaitez vous faire une idée de ce que deviendrait le paysage des librairies en France si leur méfait se concrétisait, il vous suffit de contempler celui des disquaires kärchérisé depuis une grosse vingtaine d’années. C’est simple il ne reste quasiment plus dans ce pays de disquaires indépendants.

    Le 5 avril dernier, Rennes Musique fermait ses portes après plus de vingt ans de bons et loyaux services dans la capitale bretonne, quant aux Virgin et autres Fnac ils deviennent peu à peu des vendeurs de merchandising, de papeterie et pourquoi pas demain d’épicerie fine, de chaussures de sport ou de sous-vêtements.

    Vous me direz que « ailleurs » ce n’est pas mieux. Londres qui demeurait la capitale mondiale du disque jusqu’au début des années 2000 connait elle aussi une érosion préoccupante. Berwick street tient encore le haut du pavé mais d’ici quelques temps il conviendra peut-être de contempler la jaquette de l’album de Oasis pour se souvenir des « Reckless Records » et autres « Sister Ray ».

    Le numéro de Juin de Vibrations (vibrationsmusic.com) aborde cette question via la rubrique de John Lewis qui relate « la journée des disquaires » destinée en mai dernier à lutter contre leur disparition annoncée. Pour Lewis, comme beaucoup d’entre nous, le shopping discographique est une thérapie et le chroniqueur nous parle avec émotion de « Sound Garden » à Baltimore un de ces disquaires américains décidé à ne pas disparaître sans combattre. Il faut dire qu’outre-Atlantique la situation n’est pas brillante. D’après le New York Times plus de 3000 magasins de disques ont fermé leur porte depuis 2003 dont 89 Tower Records. Pour en savoir plus sur ce "Record Store Day" se reporter au site mis en place (www.recordstore.com) et avant que les derniers disquaires ne disparaissent ici comme ailleurs il convient de leur être fidèles « là-bas comme ici ».

    NB: Puisque nous parlons de disques et de livres, le gotha des éditeurs français lance un appel destiné aux professionnels mais surtout aux lecteurs que je vous engage à lire, à diffuser et pourquoi pas à signer:


    1283964319.2.jpg
    1. Télécharger l'appel pour le livre: http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/appel-pour-le-livre.pdf sur le blog
    2. Téléchargez le dossier complet de l’appel pour le livre: http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/pour-le-livre_le-dossier1.pdf
    3. Signer l’appel : http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/index.php?petition=2
    4. Facebook: Groupe "Appel pour le livre"

     

    Lyon, le 23 juillet 2008.

    21/09/2007

    L'oeil du tigre

    medium_couv_Revue_Le_Tigre-volV.pngCela faisait un moment que je voulais parler ici de cette revue étrange, décalée et comme on disait jadis à "Actuel", intéressante, qui s'appelle "Le Tigre".

    Le numéro de septembre 2007 (Volume V) vient de sortir avec une enquête impayable intitulée "Le vrai prix des livres et des journaux". Avec moultes tableaux indiquant le prix des livres et périodiques, le nombre de pages, le nombre de signes par page, le prix pour 10000 signes et enfin le temps de lecture pour un euro, les teigneux du Tigre passent à la moulinette, à travers une étude dont la mauvaise foi flirte avec le désespérant, une vraie question puisque l'édition française, à défaut d'être pleine de vitalité, déverse depuis quelques années des bouquins vite payés et vite lus à des prix prohibitifs. 

    Il y a quelques semaines, en parlant du livre de Yasmina Reza, je m'offusquais de ces pratiques et avec le Tigre vous constaterez, grâce au mauvais esprit salutaire de cette revue, que l'arnaque et l'aberrant cousinent parfois dans nos librairies.

    Cela étant, le sommaire de ce numéro de rentrée est varié, dense et toujours aussi dispersé. C'est, vous l'avez deviné, indispensable. Ca coûte 6,80 €, le temps de lecture pour une euro est de 31 minutes et 46 secondes et c'est en vente dans les librairies et certains kiosques (www.le-tigre.net).

    06:30 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : le tigre, revue, édition, livres, edition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

     
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