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31/07/2010

J comme "Juliet, Naked"

J.jpg

Simple effet du hasard, alors que Nick Hornby nous propose « Juliet, Naked », un roman qui renoue avec le rock, Teenage Fan Club le groupe écossais quasi-fétiche du même Hornby nous livre un album particulièrement intéressant suite à une très longue période de disette puisque, si je ne fais pas erreur, « Songs From Northern Britain » remonte à 1997.

Simple coup du sort, alors que Tucker Crowe, musicien à la tête d’une discographie correcte mais demeurée en plan depuis 1986 continue d’être invisible, un peu à la manière d’un Salinger, c’est dans les WC d’une salle de concert de Minneapolis qu’on pense l’avoir vu pour la dernière fois et c’est, vous l’avez compris, à ce moment là que Hornby nous refile dans les pattes son Duncan, un personnage majeur du nouveau roman de l’auteur de « High Fidelity ». Hornby, un type comme l’indiquait Eric Neuhoff dans Le Figaro « qui écrit sur la musique comme personne » et un écrivain comme le formulait astucieusement J.D. Beauvallet dans Les Inrocks qui excelle dans l’art de raconter des histoires de ménages à trois, le rock ou le foot étant le troisième angle un peu à la manière du « Bizarre Love Triangle » de New Order, autre groupe fétiche de l’écrivain.

Frappa dingue comme nombre de fans peuvent l’être Ducan va donc partir sur les traces de Tucker Crowe entraînant même sa pauvre compagne Annie. Le ménage à trois étant reconstitué encore une fois pour que le pire entraîne le meilleur, avec ce « Juliet, Naked » Nick Hornby nous redit que parfois au pays du rock les abrutis sont rois.

Hornby.jpgA tous je recommande bien entendu la lecture estivale de ce « Juliet, Naked » en précisant toutefois aux plus fauchés ou aux plus radins que, bien qu’étant édité en France par 10/18, ce bouquin n’est pas un livre de poche.

« Juliet, Naked » de Nick Hornby, traduit par Christine Barbaste, 10/18, 19 euros


New Order - Bizarre Love Triangle
envoyé par aquanote. - Clip, interview et concert.

Lyon, le 31 juillet 2010.

06:28 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : duncan, mineapolis, nick hornby, livre, roman, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/05/2010

Résister

affiche_fdlj.jpgC’est à partir d’aujourd’hui 7 mai que la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne va battre son plein. « Résister » est le thème central de l’édition 2010, une thématique que reprenait Raymond Terracher dans l’éditorial de la brochure de présentation, un texte qui était probablement le dernier de l’adjoint à la culture disparu il y a peu.

« Je suis né dans le Limousin, terre de résistance, s’il en fut » écrivait alors Raymond Terracher qui poursuivait en indiquant que dès sa « petite enfance j’entendais parler de maquis, de résistants qui se cachaient et cherchaient à manger, d’Oradour-sur-Glane, de miliciens dont il fallait se méfier surtout lorsque le vieux poste acheté à la « la Manu » était branché sur Londres.

Mais ce n’est que bien plus tard que j’ai pu me rendre compte de ce que recouvrait vraiment la notion même de résistance et ses multiples champs.

Le barrage résiste à l’eau, le malade à la maladie, l’homme libre à l’oppresseur…

L’écrivain, le poète, le journaliste, le cinéaste portent souvent ce combat sans fin. Nous devons entendre leurs cris, leurs passions, leurs « coup de gueule. Parfois ils savent aussi manier le silence et c’est alors que nous devons le plus nous interroger et nous-mêmes, entrer en résistance »

Au-delà de l’émotion qui frappe la vie culturelle villeurbannaise après la disparition de son adjoint, l’édition 2010 de cette fête unique dans l’agglomération est une nouvelle fois à la hauteur des espérances de tous. Impossible ici de décrire les moindres recoins de l’évènement, il convient donc de se reporter au site www.fetedulivre.villeurbanne.fr ou au 04 72 65 00 04.

Pour terminer sur une note pétillante et joviale, Villeurbanne accueille cette année Plonk et Replonk avec l’exposition « Le Rezizistan, république oubliée » à la Maison du livre, de l’image et du son mais aussi ce soir à 18h leur très attendue conférence de presse et demain à 11h, lors de l’inauguration, le très officiel discours du roi de Suisse, sa majesté Helvétus IV, protecteur des Alpes.

Lyon, le 7 mai 2010.

10/10/2009

Demandez le programme # 1

sergio leone.jpgAvant de parler demain de quelques-uns des nombreux concerts qui attendent les lyonnais en ce début de saison voici une sélection d’évènements dont certains sont absolument à ne pas manquer.

  • 9, 10 et 11 octobre, « Week end ça trace » aux Subsistances (Lyon 1er arrondissement). (renseignements sur www.les-subs.com)

  • 13 au 18 octobre, « Grand Lyon Film Festival- Lumière 2009 », dans les 57 communes du Grand Lyon. Rétrospective Sergio Leone, Don Siegel. Invité d’honneur Clint Eastwood (renseignements sur www.lumiere2009.org)

  • Depuis le 2 jusqu’au 24 octobre, « Rhino Jazz(s) Festival » dans 25 communes de la Loire (Firminy, St Chamond …) avec Sissoko/Segal, Sclavis/Portal, Dee Alexander/Livio Minafra…

  • 13 au 24 octobre, « Rocktambule » à Grenoble avec Abd Al Malik, Babylon Circus, Adrian Sherwood, Coming Soon etc … (renseignements sur www.rocktambule.com)

  • 17 au 24 octobre, « Festival Karavel » (danse hip hop) à Bron avec Stomps, Compagnie Melting Pot, Hors Série, Wanted Posse … (renseignements sur www.ville-bron.fr et www.kafig.com)

  • 23, 24 et 25 octobre. « Fête du livre de Saint-Etienne » (renseignements sur www.fete-du-livre.saint-etienne.fr)

  • 27 au 31 octobre. « Spontaneous », Festival d’improvisation de Lyon, Rail théâtre. (www.spontaneous-festival.com)

Lyon, le 10 octobre 2009

27/09/2009

La légende du mort-vivant

Yann Moix.jpgLes livres écrits, lus et relus, imprimés et diffusés en une poignée de semaines envahissent les rayonnages de nos librairies. Arrivés plus vite que le vaccin en pharmacie, ceux concernant par exemple la grippe sont déjà là. Cet été, alors que le « roi de la pop » était encore au réfrigérateur, ceux concernant la vie et l’œuvre de Michael Jackson, jouaient du coude en tête de gondole. Parmi ces ouvrages, celui de Yann Moix, intitulé « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » mérite que l’on s’y intéresse. C’est probablement le plus personnel du lot.

La rapidité de rédaction n’étant pas encore une qualité en littérature, mais cela ne devrait pas tarder à le devenir, nous passerons sur l’exploit, par ailleurs assez modeste, visant à écrire 150 pages en quinze jours portant ainsi le ratio à dix pages par 24 heures. Passons aussi sur l’exploit, cette fois-ci commercial, de Grasset nous refilant les dites 150 pages pour 13 euros, mais je m’égare. Revenons donc à Moix qui signe un de ces petits bouquins plutôt agréable à lire.

L’auteur est un fan, c’est donc à un livre de fan que le lecteur doit consacrer deux petites heures. L’auteur est aussi un esprit vif qui, autour d’un pitch en vérité aussi épais qu’un maxi-vinyl, nous trousse un texte pas si mal fichu que cela qui conjugue banalités et paradoxes, des évidences qui engendrent des curiosités et une sorte de littérature qui respire comme des mathématiques. Vous l’avez compris, ne comptez pas sur moi pour vous dire du mal de ce « Cinquante ans … ». Un bouquin qui nous livre le meilleur, comme au tout début à propos de considérations comparatives avec le Président Kennedy, mais aussi parfois le plus tarte, ce qui est le cas quand Moix se risque à évoquer Kerviel ou Dutroux.

En fait, la faiblesse du bouquin, et c’est toujours le cas à chaque fois qu’un fan décide d’écrire, c’est que Moix, qui proclame que « Maintenant qu’il est mort, Michael Jackson est vivant », en oublie de se rappeler que la disparition de Bambi était acquise depuis bien longtemps, j’évoque vous vous en doutez la mort artistique du chanteur. Contrairement à Kennedy dont Moix dit « que sa mort était supérieure à sa vie », on pourrait dire que concernant le même JFK, deux secondes avant sa mort, l’homme était encore vivant. Tel n’était vraiment pas le cas de Michael Jackson. Moix devrait pourtant savoir que les véritables mythes du rock and roll et de la pop ne prennent leurs racines que quand la mort frappe un artiste de son vivant.

  • > Yann Moix, « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson », Grasset, 2009, 12,90 €.

Lyon, le 27 septembre 2009.

29/12/2008

Mauriac

9782841004287.jpgUn cadeau à un parent demeuré gaulliste.

Autant le dire tout net, il convient d’être vraiment « accro » de François Mauriac pour prendre quelque plaisir à lire l’intégrale des 1000 pages de son journal et mémoires politiques éditées dans la collection « bouquins » chez Robert Laffont. Ce cadeau que vous pouvez pourtant destiner à un grand-père ou vieil oncle demeuré gaulliste (et donc anti-Sarkozyste), mérite pourtant de s’y perdre. Par-ci, par-là, de belles charges contre le stalinisme et quelques-uns de ses contradicteurs de « l’humanité » sont pourtant de véritables délices pour le lecteur très occasionnel du Mauriac « politique ».

Dans bien des cas, même si le charme de l’écriture et l’humour du grand écrivain demeurent, les nombreuses effluves catholiques du Bordelais paraissent interminables et soporifiques. Il n’empêche que cette édition établie par le maître du genre, Jean-Luc Barré, est remarquable et démontre, si le besoin s’en faisait sentir, que Mauriac est un observateur et un commentateur acide et avisé de son époque malgré des inclinaisons aux limites du réactionnaire mais franchement libres. Si papy ou l’oncle sont remis de la disparition du Général mais demeurent ouverts sur le monde, une autre somme de François Mauriac est préférable. Il s’agit cette fois-ci, chez Bartillat, des chroniques de télévision de cet écrivain à la voix passée au papier-de-verre qui disposait d’un goût manifeste pour l’étrange lucarne.

Vous le savez peut-être, Servan-Schreiber avait sollicité en 1959 l’écrivain pour assurer chaque semaine dans l’Express des billets sur l’étonnant spectacle de la télévision que Mauriac appréciait particulièrement à la différence de nombre d’intellectuels de l’époque. Tout y passe, des grandes adaptations littéraire que l’unique chaine de télévision produisait jusqu’à « Intervilles » via les émissions de variétés ou les jeux. C’est assez formidable pour tout vous dire. Mauriac parlant de Bellemare, Johnny, Claude François ou des grands pionniers de notre télévision sont par exemple des grands moments que les destinataires de ces chroniques intitulées « On n’est jamais sûr de rien avec la télévision » devraient tout particulièrement apprécier car c’est un authentique régal.

  • > François Mauriac , « Journal et mémoires politiques », Robert Laffont, 32 euros
  • > François Mauriac, « On n’est jamais sûr de rien avec la télévision », Bartillat, 25 euros

Lyon, le 30 décembre 2008.

23/07/2008

D comme Disquaires

136411954.jpgAlors que dans ce pays quelques représentants authentiques de cette maudite droite s’essayent régulièrement à liquider la loi Lang sur le prix unique du livre (voir billet du 5 juin 2008), si vous souhaitez vous faire une idée de ce que deviendrait le paysage des librairies en France si leur méfait se concrétisait, il vous suffit de contempler celui des disquaires kärchérisé depuis une grosse vingtaine d’années. C’est simple il ne reste quasiment plus dans ce pays de disquaires indépendants.

Le 5 avril dernier, Rennes Musique fermait ses portes après plus de vingt ans de bons et loyaux services dans la capitale bretonne, quant aux Virgin et autres Fnac ils deviennent peu à peu des vendeurs de merchandising, de papeterie et pourquoi pas demain d’épicerie fine, de chaussures de sport ou de sous-vêtements.

Vous me direz que « ailleurs » ce n’est pas mieux. Londres qui demeurait la capitale mondiale du disque jusqu’au début des années 2000 connait elle aussi une érosion préoccupante. Berwick street tient encore le haut du pavé mais d’ici quelques temps il conviendra peut-être de contempler la jaquette de l’album de Oasis pour se souvenir des « Reckless Records » et autres « Sister Ray ».

Le numéro de Juin de Vibrations (vibrationsmusic.com) aborde cette question via la rubrique de John Lewis qui relate « la journée des disquaires » destinée en mai dernier à lutter contre leur disparition annoncée. Pour Lewis, comme beaucoup d’entre nous, le shopping discographique est une thérapie et le chroniqueur nous parle avec émotion de « Sound Garden » à Baltimore un de ces disquaires américains décidé à ne pas disparaître sans combattre. Il faut dire qu’outre-Atlantique la situation n’est pas brillante. D’après le New York Times plus de 3000 magasins de disques ont fermé leur porte depuis 2003 dont 89 Tower Records. Pour en savoir plus sur ce "Record Store Day" se reporter au site mis en place (www.recordstore.com) et avant que les derniers disquaires ne disparaissent ici comme ailleurs il convient de leur être fidèles « là-bas comme ici ».

NB: Puisque nous parlons de disques et de livres, le gotha des éditeurs français lance un appel destiné aux professionnels mais surtout aux lecteurs que je vous engage à lire, à diffuser et pourquoi pas à signer:


1283964319.2.jpg
  1. Télécharger l'appel pour le livre: http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/appel-pour-le-livre.pdf sur le blog
  2. Téléchargez le dossier complet de l’appel pour le livre: http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/pour-le-livre_le-dossier1.pdf
  3. Signer l’appel : http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/index.php?petition=2
  4. Facebook: Groupe "Appel pour le livre"

 

Lyon, le 23 juillet 2008.

05/06/2008

Unique

1892676925.jpgQuelques artificiers de l'UMP, par ailleurs députés, semblent vouloir s'en prendre à nouveau au prix unique du livre autrement dit à la Loi Lang. Cette activité coupable passerait par l'élaboration d'un amendement au projet de loi sur la modernisation de l'économie et plus précisément instituerait un nouveau délai d'interdiction des soldes sur les livres qui passerait ainsi de 2 ans à 6 mois.

Le 28 mai dernier, sur ce blog, j'attirais votre attention sur ce sujet. En effet, dans une publicité néo-psychédélique et soixante-huitarde, l'enseigne Leclerc dénonçait une fois de plus cette Loi Lang sur le prix unique du livre. Il faut croire que cette énième saillie était concertée puisque du côté de l'assemblée nationale certains entendent vouloir s'attaquer à la Loi Lang.

Dans un communiqué conjoint que je me fais un plaisir de relayer aujourd'hui, le Syndicat de la librairie Française (SLF), le Syndicat National de l'Edition (SNE) et la Société des gens de lettres (SGDL) dénoncent unanimement ces manœuvres Umpistes et exigent le retrait de l'amendement en question. Il faut les soutenir.

> Voici le communiqué de presse

Photo: DR 

Lyon, le 5 juin 2008.

25/09/2007

Retraite heureuse

medium_Lionel_Jospin.JPGJ'aime bien Bertrand Delanoë. J'espère que son second mandat de Maire de Paris permettra à la capitale d'être encore plus ouverte, humaine, diverse et accueillante au monde. Cela étant, autant le dire tout net, il y a un problème Delanoë.

Vous le savez le meilleur media-planneur socialiste se rêve en haut de l'affiche et je ne trouve rien à redire à cela. Le problème de Delanoë, et il est de taille, c'est que le Maire de Paris croit opportun, pour initier ce qu'il souhaite être sa nouvelle destinée, de se placer sous le haut patronnage d'un certain Lionel Jospin.

Colloque approximatif, rencontres amicales, douces paroles, tout est bon pour Delanoë pour nous indiquer que son ami Lionel demeure une référence, un guide, presque un phare.

Je veux bien que Delanoë se rêve Premier Secrétaire du Parti Socialiste après le Congrès de 2008 et qu'il témoigne dans le même temps de l'amitié pour celui qui l'a fait. De là, préparant son futur courant, à ce que Delanoë nous impose Jospin comme une référence incontournable, se niche quelque chose qui s'appelle de l'aveuglement. L'amitié rend donc comme l'amour, aveugle.

Il faudrait tout de même que quelqu'un dans l'entourage du Maire de Paris, explique à Delanoë que Jospin est le plus sûr moyen de plomber son avenir politique. Il conviendrait donc que quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux ni peur de de ses célèbres colères explique à Bertrand Delanoë que son ami Jospin ne va pas bien et que, quand cela ne va pas très fort, c'est la tâche d'un ami de tenir, je le concède, un discours protecteur et chaleureux, mais aussi d'inviter celui-ci à prendre les décisions qui s'imposent pour que cela puisse aller mieux.

Loin de moi l'idée d'évoquer ici des thérapies. Elles sont nombreuses et parfois efficaces. Si vous aussi vous êtes des amis lointains de Lionel Jospin, je ne veux vous donner qu'un seul conseil. N'achetez pas son bouquin. C'est le plus sûr moyen de le ramener à la réalité et de l'inviter à jouir d'une retraite heureuse qu'il mérite.

Lyon, le 25 septembre 2007.

18/09/2007

Série Noire

medium_Speciale_derniere_-_Schwartzenberg.jpg« Un Fahrenheit 451 à grande échelle est en train de se produire en France. Ray Bradbury avait imaginé un monde sans livres, dominé par les écrans. Il n’avait pas prévu qu’il serait sans journaux, or dans quelques années il n’y aura plus de quotidiens généralistes dans les kiosques. C’est un peu comme si les Egyptiens avaient été prévenus, en l’an 47 avant Jésus-Christ, que l’incendie déclenché par César se propagerait à la bibliothèque d’Alexandrie et qu’ils avaient assisté sans réagir à l’événement, alors que leur mémoire se consumait.

Ce mouvement dont l’issue semble inévitable n’est pas consécutif à l’apparition d’Internet. Il a pris naissance à la fin de la dernière guerre, quand la renaissance de la presse s’est faite sur de fausses fondations, s’est amplifié il y a quarante ans avec l’apparition de la télévision couleur, et atteint son paroxysme depuis cinq ans. Il serait trop facile d’exonérer le pays de ses responsabilités en déclarant que la situation française s’inscrit dans un contexte mondial. »    

Voilà les premières lignes de l’introduction du livre d’Emmanuel Schwartzenberg publié ces jours-ci par Calmann-Lévy titré « Spéciale dernière » et sous-titré au cas ou les choses ne seraient pas claires « qui veut la mort de la presse quotidienne française ? ».

Dossier implacable ou chacun en prend pour son grade, documentation impeccable, chiffres assassins, anecdotes décisives, ce bouquin trace la longue agonie de la presse quotidienne.

Schwartzenberg ne va pas se faire que des amis lui qui pourtant écrit en vrai spécialiste et en ancien des rédactions du Figaro, de LCI et de France Info. De la libération à l’apparition des gratuits son bouquin met les pieds dans le plat avec sérieux et détermination. Espérons que sa publication ne se limitera pas à produire quelques petits ronds dans l’eau dans la presse française.

Au fait la couverture est en noir et blanc, le sous-titre en jaune, ce n’est pas dans une série noire mais cela y ressemble.

01/09/2007

Ce pays dont le prince est un enfant

medium_Yasmina_Reza.2.jpgLe week-end dernier, j'ai lu comme beaucoup de monde l'ouvrage si attendu de Yasmina Reza, "L'aube le soir ou la nuit" dont en vérité je ne comptais pas parler sur ce blog. A la lecture des inrockuptibles de la semaine et de l'article "le vide le vent ou l'ennui" signé Nelly Kapriélan, je voudrais dire tout de même deux mots sur un bouquin dont on ne devrait guère plus parler d'ici quelques semaines.

Tout d'abord, si l'envie vous prenait d'aller acheter le livre de Reza à Carrefour ou Auchan, sachez que c'est au rayon épicerie fine qu'il convient de se précipiter. A un euro la page de 1000 signes, Flammarion et Albin Michel livrent un produit haut de gamme. Le dire ce n'est pas faire offense à Yasmina Reza ce d'autant que l'auteur ne craint qu'une chose, si on lit son interview au Nouvel Observateur, c'est que l'on dise de son bouquin qu'il est mauvais. Que Yasmina Reza se rassure, son livre n'est pas mauvais, loin de là. Il est cher. Mince, cher mais pas mauvais.

Plus important, car on nous avait dit sur tous les modes, n'attendez surtout pas de "L'aube le soir ou la nuit" (sans virgules svp!) des révélations ou d'utiles commentaires politiques. Les Inrockuptibles comme d'autres font ce grief à la dramaturge. Ils se trompent et pour ce qui me concerne j'apprécie que Yasmina Reza ne nous livre pas un bouquin de plus sur Sarkozy, sa campagne et son oeuvre. Par ailleurs, Reza n'est donc pas Nay. 

Enfin, une fois dit que Reza ne parle que de ce qu'elle veut et donc pas de Cécilia, à la lecture du bouquin, force est de constater que l'on se trouve en face d'un objet littéraire non conventionnel mais d'un objet littéraire quand même. L'article massacreur des Inrockuptibles a tendance à faire penser au lecteur que "L'aube le soir ou la nuit" est, je cite, "à la littérature ce que Canada Dry est au whisky", propos plutôt déshonnorant. Je cite toujours, "son auteur, une élève moyenne, scolaire, planquée derrière l'hypocrisie de la neutralité", chose purement gratuite. Je vous invite cependant à  lire cet ouvrage qui à mon sens nous en dit plus sur Yasmina Reza que sur Nicolas Sarkozy.

Quant aux rapports de l'auteur à son sujet c'est à mon sens quasi secondaire même si de toute évidence connivence et auto-censure hantent ce livre qui n'est pas un reportage, ni une chronique, surement pas un journal, encore moins une pensée politique.

Yasmina Reza jette un regard littéraire sur un sujet qui ne semble pas l'intéresser plus que ca. Sarkozy est pour Reza un enfant. Un gosse en politique. Un gamin dont l'ambition et les caprices posent question.

Il n'y a pas de risques, si ce n'est celui du plaisir, à lire cet ouvrage atypique qui nous parle d'un pays dont le prince est un enfant, c'est à dire ni de la France, ni de Sarkozy.

Lyon, 1er septembre 2007.

22/08/2007

V comme "Venge-moi !"

medium_V.jpgIl y a quelques jours de cela, je suis tombé dans une Maison de la Presse sur le dernier bouquin de Patrick Cauvin, "Venge-moi!", dont j'avais lu une bonne critique dans un Nouvel Observateur du début de l'été

Cauvin / Klotz n'est en général pas le genre d'écrivain que je cherche à lire mais je dois vous dire que le cru 2007 de l'auteur de "E=MC2, mon amour" est plutôt bon. S'il vous fallait à tout prix lire "un roman populaire de l'été", sachant qu'il ne vous reste plus que quelques jours, n'hésitez pas à vous plonger dans celui de Cauvin.

Thriller de très bonne facture, "Venge-moi!" raconte l'histoire de Simon, fils de parents juifs déportés, dont le père n'est jamais revenu de l'enfer des camps. Sa mère, sur son lit de mort, lui montre la photo de celle qu'elle soupçonne de les avoir dénoncés. Elle demande à Simon de la venger. La traque commence. L'infernale machine littéraire de Cauvin aussi. Je ne sais pas si "Venge-moi!" va être le "Best Seller de l'été" en tout état de cause si tel était le cas cela serait mérité. C'est chez Albin Michel, 200 pages, 16 Euros.

Hautes Pyrénées, 22 août 2007.

13/08/2007

P comme Pamuk (Orhan)

medium_P_1.jpgAttention aujourd'hui on ne plaisante pas, je vais essayer de vous parler en quelques lignes d'un Prix nobel de Littérature. Pour tout vous avouer, c'est le premier bouquin de Pamuk que je lis et ce livre est très particulier dans son œuvre car il nous dresse le portrait autobiographique d'une ville, Istambul, sa ville. Puisque j'en suis à vous confier l'étendue du désastre, je dois vous dire aussi que je ne suis jamais allé à Istambul, c'est dire si je souffre d'un handicap grave.

"Istambul, souvenirs d'une ville" (Gallimard, 2007) est à la fois un magnifique récit d'enfance, la biographie d'une ville, un reportage  mêlant intimité, souvenirs, nostalgie et érudition mais aussi des digressions qui permettent au lecteur de rencontrer des voyageurs prestigieux comme Nerval et Flaubert.

Ceux qui chercheront dans ce livre Pamuk le citoyen et démocrate Turc en prise avec le régime reviendront bredouilles après la lecture de ces quelques 450 pages, ceux qui essaieront d'en savoir plus sur cet opposant qui n'a pas hésité à parler du génocide des arméniens et des massacres des kurdes resteront sur leur faim. Pamuk nous parle de lui, de sa jeunesse, de la ville qui l'a vu naître en 1952 et qui ne s'était toujours pas remise de sa gloire ottomane passée, une cité isolée et résignée.

Le magnifique livre de Pamuk se termine alors que ce jeune homme de 21 ans décide de devenir écrivain. Aujourd'hui Orhan Pamuk est partagé entre la Turquie et le monde occidental. Son statut de Nobel le protège et lui permet de dire le monde, de s'inquiéter de la montée du nationalisme turc, de croire comme son ami assassiné Hrant Dink que l'ouverture du pays est la meilleure façon de mettre la Turquie face à son passé. Pamuk souhaite que la Turquie intègre l'Europe en déplorant comme il le disait en mai dernier à www.yevrobatsi.org le site des "Arméniens d'Europe, citoyens du monde" que "le projet européen traverse actuellement un triste processus historique/…/ et que ce rejet a propulsé les nationalistes turcs." Mais ça c'est une autre histoire et comme vous le savez, l'histoire est têtue.

Si vous souhaitez mieux connaître Orhan Pamuk, voici un documentaire de télévision qui donne la parole à son éditeur turc.

Hautes Pyrénées, 13 août 2007.

11/08/2007

N comme Nabe (et l'âme de Billie Holiday)

medium_N.jpgBeau parleur, limite phraseur, cultivé et décalé, provocateur s'abandonnant parfois au pire, Marc-Edouard Nabe est un sacré loustic dont la prose annuelle, je dois vous le confesser, m'indiffère totalement. Pourtant "La table Ronde" en éditant dans sa collection de poche le bouquin de Nabe sur Billie Holiday paru en 1986 chez Denoël fait œuvre utile en remettant en circulation un beau texte intelligent, personnel et documenté sur cette exceptionnelle  chanteuse.

Si "l'âme de Billie Holiday" devrait une fois de plus en irriter plus d'un étant donné que l'auteur infréquentable niche dans les moindres recoins de son texte, je veux ici mettre l'accent sur ce livre qui devrait, sous votre parasol, vous donner le blues.

Il y a quelques jours, le 4 août je crois, je vous parlais du "Librio" a deux euros de Philippe Hucher  sur le jazz et je m'étais promis alors de vous recommander aussi, chez Actes Sud, le "Miles Davis" de Jean-Pierre Jackson (collection Classica) journaliste prolifique déjà auteur d'un excellent Charlie Parker chez le même éditeur. Voilà qui est fait.

Bon été jazz à tous en vous précisant que "Free" le dernier album de Marcus Miller pourrait agréablement vous accompagner dans vos longues chevauchées automobiles. L'ancien bassiste de Miles Davis, génial grand maître du slap, y revisite entre autre avec modestie, bon goût  et en toute funkitude syncopée, "Jean-Pierre" un des thèmes favoris de Miles. ("Free", Dreyfus Jazz, 2007).


Billie holiday
envoyé par 2gaia

Hautes Pyrénées, le 11 août 2007.

21/05/2007

Garde à vue, histoire vécue.

medium_gardeavue.jpgIl est arrivé en début d'année, une sale petite histoire à l'écrivain Christophe Mercier. Bilan, dix-neuf heures de garde a vue contées méticuleusement, sans fioritures, rajouts ou commentaires dans une petite brochure de trente pages intitulée "Garde à vue" et publiée par les éditions Phébus pour la somme modique de 3 euros. En voici les premières lignes histoire peut-être de vous mettre dans le bain. On ne sait jamais….
 
"Je sors d'un déjeuner rue Saint-André-des-Arts avec deux amis éditeurs. Je raccompagne l'un d'eux à pied dans le VIIe, où je récupère ma moto (une 125), et je prends le chemin du XIIe. Je roule lentement, m'apprêtant à m'arrêter avenue des Gobelins, sur la droite, dans un café j'ai un rendez-vous. L'avenue est complètement dégagée, je roule à la limite de la voie de circulation et du couloir de bus (dont je vois, de loin, qu'il est obstrué par une voiture arrêtée par deux policiers)".

Lyon, le 21 mai 2007.

06:58 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Mercier, Christophe, Phébus, phebus, police, justice, livre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/02/2007

Lione, città del noir

medium_Turin-capitale_mondiale_du_livre_2_livre_.jpgJe pars cet après-midi pour Turin avec une délégation de l’association « Quais du Polar ». A l’invitation de la ville de Turin, nous allons en effet participer, dans le cadre de « Turin, capitale mondiale du livre » à un forum intitulé « La città del noir : Lione ».

Cette invitation est une véritable reconnaissance pour « Quais du Polar » et je saisie l’occasion pour saluer ici le groupe UMP à la ville de Lyon qui, il y a quelques semaines, a voté contre la subvention pour la troisième édition du festival. Un comportement politique rétrograde et stupide que je vous invite à populariser autour de vous.

Lors de ce forum, je dois intervenir en compagnie d’un représentant de « Quais du Polar », de  Alessandro Perissinotto (auteur turinois) mais l’essentiel est que DOA et Franck Thilliez, auteurs primés par « Quais du Polar » en 2005 et 2006 soient les invités d’honneur de la ville de Turin.

A partir de l’expérience de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur lancée en 1996 par l’UNESCO, le concept de capitale mondiale du livre a été lancé à Madrid en 2001. L’Union Internationale des éditeurs, la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothécaires et la Fédération Internationale des libraires sont depuis associés à cette manifestation prestigieuse.

Après Madrid, Alexandrie (2002), New Delhi (2003), Anvers (2004), Montréal (2005) c’est donc Turin qui cette année accueille un événement qui marque une volonté de soutien au livre et à la lecture. La prochaine édition se tiendra à Bogota en Colombie.

Fidèle à mes petites habitudes, je vais essayer de vous confier quelques billets pendant ce week-end turinois en espérant que la Déesse Wifi et les Dieux de l’internet veillent sur nous. 

Lyon, le 23 février 2007 – 11h45     

11:45 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Turin, livre, capitale, européenne, europe, polar, culture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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