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20/09/2009

Le brunch du neveu

1865459533.3.jpgCertains auraient très certainement préférés que le Ministre de la culture planche sur la loi Hadopi plutôt que sur la culture européenne. pour ce troisième jour du Forum Libération de Lyon. Il est vrai qu'un débat, avec par exemple le socialiste Patrick Bloche sur cette question aurait donné un peu de piment, mais c'est ainsi. La légendaire élégance de Libé nous a donc offert un échange entre le réalisateur Allemand Volker Schlondorff et le neveu devenu Ministre. Plat imposé "l'identité culturelle de l'Europe". On a donc connu chose beaucoup "fun" pour un brunch du dimanche matin.

Ce midi, Frédéric Mitterrand, avec nombre d'anecdotes, des témoignages personnels, des souvenirs, des touches sans retouches et de lyrisme a fait du Frédo prouvant ainsi, comme l'a probablement toujours souhaité Sarkozy, que le neuveu n'est pas dans le gouvernement pour faire le Ministre mais pour demeurer lui-même.
Je l'ai dis aux profs qui ont fait de ce forum une obligation de participation à leurs étudiants avec l'impérative nécessité de remettre une fiche dès demain matin 8h. Soyez cool, car Frédéric Mitterrand a fait plus de manière que de matière. Si vous retrouvez, chers collègues enseignants, des traces du grand oncle de la famille disparue dans cette macédoine qui ne peut plus dire son nom, mettez leur trois points. Le témoignage du grand-père qui a appris l'allemand après la Première guerre mondiale, doublez la note. Deux ou trois trucs sur l'Europe des cathédrales et celle de commerçants, la moyenne doit être acquise. Si vos poulains citent Lanzmann et le shoah, le moteur Franco-Allemand et le "9ème jour" de son ami Volker. Un seize s'impose.
Parmi les propos fortement décousus du Ministre après l'Albanie, la Macédoine, l'Inde, le TGV Madrid-Lisbonne, l'étape Turque est de loin la plus remarquable. Tendant un bâton pour mieux se faire battre, à propos de la Turquie et des frontières de cette Europe, sur l'élargissement notre Ministre a été à la peine, répondant que le matin il y était favorable et l'après-midi contre.
Le Ministre de la culture était donc présent ce midi au Forum lyonnais de Libération. Il a fait ce pourquoi Sarkozy l'a promu, du Frédo et à bien y réflechir c'est tout à fait en cela que réside sa force.

19/09/2009

Murmure

1865459533.3.jpgLes contraintes de la vie municipale ne me permettent pas en ce samedi de suivre avec l'assiduité qui conviendrait ce forum Libération comme j'ai pu le faire hier toute la journée.

Je vous conseille tout de même d'assister au débat concernant "L'écologie comme nouvelle utopie du XXIème siècle" entre Patrick Viveret et Nicolas Hulot, celui dont le Nouvel Observateur de la semaine nous dit qu'il murmure aussi aux oreilles de Sarkozy que jadis à celles de Chirac.

Toujours à l'Opéra, mais cette fois ci en début d'après midi, le débat de Finkielkraut et Hall sur les droits de l'homme mérite à mon humble avis plus qu'un détour, ce d'autant qu'il est animé par E. Aeschimann, un journaliste de Libé dont j'apprécie la prose.

On se retrouve donc Dimanche pour "Brunch du neveu", autrement dit l'intervention de notre nouveau Ministre de la Culture, sur e thème imposé de l'identité culturelle de l'Europe.

N.B: je vous rappelle que tout au long du week-end les principaux débats peuvent être visionnés en direct sur le site: http://www.forum-liberation-lyon.com

18/09/2009

Les François

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgA ceux qui n’assistent pas à ce Forum lyonnais de Libération, rappelons, alors que le débat entre les François Bayrou et Hollande vient de se terminer, qu’une vingtaine de rencontres viennent d’avoir lieu. Du côté des acteurs politiques, Rama Yade, Daniel Cohn-Bendit, Claude Bartolone, Jean-Luc Mélenchon, Dominique Voynet, Gérard Collomb et bien d’autres se sont succédé mais force est de constater que cette rencontre entre « Les François » faisait office de sommet.

En ouvrant la discussion autour de l'idée, pour préparer l'alternance à Sarkozy, de "se rencontrer et de débattre", François Bayrou a tiré une première cartouche appelant de ce fait à la nécessité d'oeuvrer à la création d'un socle commun après selon François Hollande  "plus de 35 ans de vie séparée". Si le constat sur la caractérisation du pouvoir Sarkozyste semble commun, François Hollande a, quant à lui, insisté sur la division de ceux qui s'y oppose.

En vérité dans cette rencontre Hollande-Sarkozy, tout était dit, dans la première demi-heure. En effet, pour l'un comme pour l'autre, il y a accord pour débattre entre ceux qui  en ont le désir , autant dire qu'on est loin de la position paleo-programme commun exprimée par Bartolone ce matin même.

Deuxième élément de convergence, la nécessité de conduire un débat transparent et sans tractations.
Troisième point ne pas hésiter à aller au coeur des clivages et des antagonismes.

Cette rencontre lyonnaise, bien que positive, n'est en aucune façon "historique". Ce premier pas, qui indique une convergence forte sur la nécessité de débattre, cache encore mal les postures tactiques nichées dans le panorama politique d'une opposition qui entame un long cheminement. D'ailleurs histoire de ne pas se bercer d'illusions, François Hollande a invité le public à se convaincre qu'il n'y aura pas de candidat commun lors des prochaines présidentielles. Il a ainsi clairement pensé à François Bayrou mais probablement aussi... à lui.

Jean-Yves Sécheresse

Kyoto - Copenhague

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgA l’annonce il y a quelques temps de ce débat entre Dominique Voynet et Gérard Collomb sur l’après Kyoto, un certain nombre de mes interlocuteurs affichaient leur surprise à l’idée que le Maire de Lyon puisse s’intéresser d’aussi près à ces questions climatiques. Le débat de cet après-midi a certainement permis à tous de se convaincre que, dans son action comme au plan de sa réflexion, la question abordée aujourd’hui n’est absolument pas anecdotique pour Collomb.

Rappelons tout de même qu’à Lyon Gérard Collomb a été un des premiers artisans d’une alliance stratégique avec les Verts, c’était en 1994, et que dès les années 92-93 il avait été un des rares socialistes à revendiquer publiquement l’arrêt de Super-Phénix. Voilà pour les rappels. Cela étant, cet échange entre Dominique Voynet et Gérard Collomb était tout sauf une somnolente sieste de Sénateurs s’inscrivant dans la perspective de la Conférence de Copenhague.

En effet, contrairement à certains égards, à l’esbrouffante partie jouée par le duo Cohn-Bendit/Bartolone ce matin, ce débat entre Voynet et Collomb a clairement indiqué qu’on pouvait échanger sur des sujets parfois « techniques » avec la volonté de partager information et de faire comprendre une démarche commune. Il y avait tout à l’heure à l’amphi de l’opéra de Lyon nulle divergence fondamentale entre les deux élus. Sur le bilan de Kyoto, sur la nécessité de construire un compromis utile à Copenhague, sur la place de la Chine ou sur la contribution carbone, la Maire de Montreuil et celui de Lyon parlaient un langage commun.

S’il avait été cet après-midi parmi nous, Claude Bartolone aurait probablement dénoncé les éléments de convergence entre Voynet et Collomb, le second aggravant son cas en indiquant ne pas vouloir « hurler aux petits pois » contre la taxe-carbone. En expliquant conjointement que l’Europe a d’une certaine façon raté le coche dans le post-Kyoto et qu’il convenait donc que Copenhague aboutisse à un compromis nos deux sénateurs n’ont certainement pas fait perdre leur temps au public réuni à Lyon en ce début d’après-midi. En répondant au cahier des charges fixé par Libération pour ce forum ils ont à l’évidence tiré ensemble dans le même sens. Pourquoi ne pas s’en féliciter ?

Jean-Yves Sécheresse

Daniel "show" Bendit

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgHorreur ! Malheur ! Je me faisais une joie d’assister au débat « Le zapping aura-t-il la peau de la civilisation » qui devait réunir Bertrand de Saint-Vincent, l’excellent chroniqueur du Figaro qui exerce l’épatant métier qui consiste à nous raconter ses week-end « relais et châteaux » financés par des partenaires dont il dit toujours le plus grand bien et Joy Sorman dont le bouquin sur NTM (Gallimard) est une merveille. Vous l’avez compris l’écrivaine et chroniqueuse de Paris Première était zappée au profit du Directeur de la rédaction de France 24. Le charme étant rompu, je voulais donc aller poser mes oreilles du côté du débat des stars de la journée, je veux parler de Martine Aubry et Dany Cohn-Bendit. La Première Secrétaire du PS étant absente, c’est Claude Bartolone qui était commis d’office. Cette absence a, vous vous en doutez, provoqué des remous, dans un public venu en nombre et qui s’est bien amusé des réparties d’un Cohn-Bendit très en forme persiflant sur l’absence de l’absente.

Deux doigts d’humour, un zeste de démagogie, quelques fondamentaux écolos déclinés à l’envie, Daniel Cohn-Bendit a donné le tempo dans un débat qu’il a écrasé souvent d’ailleurs avec des arguments embrouillés. Comme me le disait Gérard Collomb venu jeter un œil dans le premier quart d’heure, « Ça commence bien ! », au sens ou parfois la joute était plutôt « cheap ».
Plus intéressante était la confrontation sur la contribution « climat-énergie » et la possibilité de convergences avec le Modem. En proposant de réunir au Pic du Midi la gauche et « Europe-Ecologie » autour de ce thème, Claude Bartolone a été bien en peine de justifier le fait d’écarter Bayrou d’une telle initiative. Poussant son avantage, Daniel Cohn-Bendit a même proposé de rassembler autour d’un projet de loi reposant sur le rapport Rocard, socialistes, écologistes et amis de F. Bayrou, c'est-à-dire les forces qui acceptent la logique de taxation-Carbone excluant ainsi le PCF et le NPA. Moulinant un discours épuisé et épuisant, Bartolone s’en est tenu au catéchisme de Solferino. Parfois avec frime et suffisance Cohn- Bendit a encore une fois démontré des qualités de débatteur, anesthésiant souvent sa crédibilité en privilégiant uniquement le « show ».

Jean-Yves Sécheresse (www.jysecheresse.com)

Sport where ?

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgSi ce premier débat devait être un sport, cela ne serait sûrement pas de la boxe, même pas du fleuret moucheté, encore moins du ping-pong.

Quelque chose entre le curling et le croquet. Autant vous dire l’ennui.

Soyons clairs, le charme de Rama Yade est évident, sa sincérité probablement réelle, ses convictions en chantier. Son interlocuteur Arnaud Mourot était peut-être quant à lui sous le charme de la ministre mais des convictions en plus. Bref cet échange plutôt convenu restera très certainement subalterne à l’heure du bilan de ce forum lyonnais.

C’est avec quelques trente minutes de retard que le débat s’est ouvert par une intervention fluide mais scolaire de la ministre qui cette fois en appelait à Paul Morand, François Mauriac, les Lagrange et Michel Platini. Dotée d’une certaine aisance naturelle et de cette touche d’intelligence pétillante qui fait d’elle un personnage, à part, donc au potentiel réel dans notre vie politique, Rama Yade n’a guère jouée ce matin à Lyon la carte de la surprise.

Vous l’avez compris, comme je le voyais poindre dès 9 heures ce matin dans mon premier billet, il convenait de ne pas trop se faire d’illusions sur ce premier débat qui s’est avéré plat et banal, la ministre manifestant tout de même quelques talents pour chevaucher avec un certain opportunisme, les valeurs, les idéologies, les uns et les autres, le sport spectacle comme la pratique amateur.

Deux mots pour vous dire du bien du discours de Arnaud Mourot qui est « vrai », plutôt novateur et libéré de certaines contraintes. La Secrétaire d’Etat devrait le consulter pour faire avancer sa barque qui, n’en doutons pas, ne se limite pas au sport. On me dit qu’un certain nombre d’invités de ce Forum manquent à l’appel. Tel est paraît-il le cas de Martine Aubry ?

Jean-Yves Sécheresse (www.jysecheresse.com)

 
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