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20/12/2009

Hotte-rock

Led Zeppelin chris welch.jpgAlors que se termine la première décennie de ce nouveau siècle, 2009 ne devrait pas rester, en matière de musique, comme la plus inoubliable. D’ailleurs si par les temps actuels vous parcourez les linéaires de quelques anciens agitateurs culturels, à la recherche de cadeaux, vous risquez de vous rendre à l’évidence, mis à part quelques rogatons plus ou moins bien emballés, vous ne trouverez pas grand-chose. En fait, mis à part l’intégrale Miles Davis, amoureusement concoctée par Sony France pour le plus grand bonheur des fans et de Columbia, il n’y a pratiquement rien. Passons sur les Beatles, le énième show de McCartney, évitons le « Get yer ya-ya’s out » des stones qui frise à l’escroquerie, glissons sur les recyclages de Rod Stewart ou Michael Jackson, seule l’intégrale de Bashung mérité le détour à condition d’avoir découvert le génial alsacien au moment de sa disparition.

Au rayon nouveautés ce n’est pas vraiment mieux. La preuve, la seule oasis susceptible de nous abreuver est le disque de Julian Casablancas, « Phrazes For The Young » (Columbia), autant dire que c’est un peu juste. Sans trop se tromper on peut aussi piocher du côté de la musique un peu bancale d’un Tom Waits qui du fond de sa caverne hurle en direct live et même de Dylan qui chante Noël et, si tel est votre choix, vous prendrez bien soin d’écarter les enfants. Période de la nativité oblige, votre âme charitable pourrait également vous conduire à aider Leonard Cohen qui, sur la paille, propose son enregistrement à l’Ile de Wight et REM un dispensable « Live » à l’Olympia.

Si l’envie vous prenait d’offrir un livre, un seul choix s’impose, le formidable « Motown, Soul & glamour » de Florent Mazzoleni et Gilles Pétard pour le reste il s’agit de nids à poussière y compris le « Velvet Underground, un mythe new-yorkais » paru chez Rizzoli. Parmi la foultitude d’ouvrages consacrés à Led Zep qui aguichent depuis quelques semaines le passant, celui de Chris Welch, « The man who Led Zeppelin », enfin traduit par Rivage, vaut plus que le détour puisque consacré à Peter Grant le mythique et incroyable manager du groupe. 2009 qui s’achève était commémorative et sauf à avoir vécu au fond des bois, vous n’ignorez pas qu’elle était placée sous le signe de la « Woodstockmania ». Un seul bouquin mérite d’être sauvé des eaux boueuses du festival, « Retour à Woodstock » de Pete Fornatale traduit chez Naïve. Enfin, Grasset, a l’excellente idée de publier les chroniques de Laurent Chalumeau sous le nom de « En Amérique ». Allez-y les yeux fermés, c’est parfait.

  • Florent Mazzoleni et Gilles Pétard, « Motown, Soul & Glamour », Le Serpent à Plumes, 39,90 euros
  • Chris Welch, « The man who Led Zeppelin », Traduit par Hélène Hiessler, préface de Nick Kent, Rivage, 20 euros.
  • Pete Fornatale, « Retour à Woodstock », Traduit par Mickey Gaboriaud, Naïve, 25 euros.
  • Laurent Chalumeau, « En Amérique », Grasset, 20,90 euros.

Lyon, le 20 décembre 2009.

13/02/2009

Honneurs et distinctions

plant.jpgRobert Plant a donc été particulièrement honoré par les Grammy Awards en étant récipiendaire de cinq distinctions. Soyons clairs, l’ancien chanteur de Led Zeppelin demeure un vocaliste de talent et « Raising Sand » le disque qui motive tant de distinctions et qui flirte entre Folk, Blues et Country, mérite plus que de l’attention. Mais que serait le parcours récent de Plant si cet album n’était pas le fruit de l’association avec la populaire Alison Krauss ? En effet, et c’est tout à l’honneur de Plant, ce très recommandable « Raising Sand » est aussi largement à mettre à l’actif de la chanteuse. Le producteur T-Bone Burnett, dont il m’arrive très souvent de dire le plus grand bien sur ce blog, n’est pas d’un apport anecdotique dans cette aventure.

Après une carrière solo qui n’a satisfait que les aficonados inoxydables de Led Zeppelin, ces récompenses remettent légitimement en selle sur le devant de la scène Plant et c’est tant mieux. Qu’un disque aussi enraciné dans la tradition des musiques nord-américaines fasse un tel tabac est par ailleurs plutôt réconfortent et qu’il éclipse Coldplay n’est pas pour me déplaire.

Parmi les dinosaures du rock Robert Plant fait figure d’homme honnête, de défricheur et ses prises de risques en relayant quelques musiques du bout du monde témoignent d’une volonté évidente de faire autre chose que de gérer son compte en banque.

Je connais quelques fans du mythique Led Zeppelin qui fondaient de grands espoirs dans la reformation du groupe. Producteurs et promoteurs rêvaient d’un tel coup, salivaient. Plant a dit non à cette perspective lucrative laissant Jimmy Page, John Paul Jones et Bonham Jr. à leur triste sort et à la nécessité de faire un casting pour trouver un oiseau rare susceptible de remplacer Plant.

Ne croyez pas une seule seconde que Robert Plant pourrait se résumer à ce définitif refus. Avec Alison Krauss, il a signé l’an passé un bon album qui accompagnera à la perfection vos longs parcours automobiles. Le single « Please read the letter » issu de ce « Raising Sand » est une petite merveille. Pour une fois que les Grammy Awards font œuvre utile, ne cachons pas notre joie.

 

Robert Plant & Alison Krauss - Killing the Blues
envoyé par dami1621

Lyon, le 13 février 2009

Photo: DR

 
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