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25/09/2010

Petits emprunts

450px-2008.06.09._Michel_Houellebecq_Fot_Mariusz_Kubik_01.jpgLe grand et nécessairement immense Michel Houellebecq dont la dernière production, « La carte et le territoire » (Flammarion) est saluée unanimement par le monde des lettres comme un chef d’œuvre définitif s’est pourtant fortement « inspiré » de notices de Wikipedia sur la ville de Beauvais, Frédéric Nihous le leader des chasseurs ainsi que sur les mouches. Du côté de l’encyclopédie en ligne on devrait être fier de figurer dans un tel monument de la littérature mondiale. D’ailleurs j’en arrive même à me demander si Wikipedia n’est pas, avec toute cette histoire, sur le point d’accéder lui aussi au statut, inédit et rare, d’encyclopédie littéraire internationale.

Dans un article du Monde consacré à cet emprunt, Alain Beuve-Méry relevait le fait que Houellebecq s’était abstenu de remercier et même de citer Wikipedia à la fin de l’ouvrage. Sonnant d’ailleurs presque comme un reproche, alors que le mot « remercier » n’est probablement pas initialisé dans le cerveau du génie, la remarque du journaliste pourrait s’appliquer à bien d’autres domaines. On comprendrait par exemple fort mal que Sarkozy, Besson ou Hortefeux se sentent dans l’obligation de remercier Marine Le Pen à chaque fois qu’ils pompent dans le programme du F.N. A propos de ce qu’à chipé Houellebecq chez Wikipedia on dit que « Les parties empruntées sont d’une certaine banalité rédactionnelle ». En est-il de même concernant Sarkozy et le Front National ?

Lyon, le 25 septembre 2010.

Photo: (C) Mariusz Kubik.

24/05/2010

Air 4

AIR 2010.jpgA partir de demain et jusqu’à dimanche prochain, Lyon et les Subsistances accueillent les Assises Internationales du Roman, Acte IV. Imaginé et organisé par Le Monde et la Villa Gillet cet évènement littéraire sans équivalent est une réussite incontestable à mettre en particulier à l’actif de Raphaëlle Rérolle (Le Monde) et Guy Walter (Villa Gillet et Les Subsistances). « La littérature n’est pas faite de grands mots » écrit Raphaëlle Rérolle dans son éditorial de la brochure de présentation, « Plutôt d’assez petits, souvent d’assez simples et même pas toujours très malins » poursuit-elle en précisant que pour ce qui concerne les assises, c’est le mot plaisir qu’il convient de choisir. En aucune façon foire ou salon, encore moins fiesta à la dédicace, ni colloque pour hyper-spécialistes sans être pour autant un carrefour récréatif littéraire pour écrivains peoplisés, les Assises lyonnaises sont de toute évidence un lieu de plaisir et il suffit de voir les bobines des spectateurs et la quiétude de nombre d’auteurs pour s’en convaincre. Comme toujours quand il s’agit d’évoquer un évènement aussi riche je vais essayer d’éviter de vous imposer des listes d’auteurs, critiques et journalistes qui vont participer au succès de l’édition 2010. Si parmi ces personnalités ma curiosité très subjective va à Elif Shafak (Turquie), Dany Laferrière (Haïti-Québec), Perceval Everett (Etats-Unis) ou A.S. Byatt (Angleterre) sachez que Florence Aubenas, Marie Desplechin, Laurent Mauvignier, James Frey, Marie Darrieussecq ou Wendy Guerra, comme des dizaines d’autres écrivains, seront présents à Lyon dans la semaine.

Par ailleurs avec le concours du Progrès, de France Inter, de l’INA ou de Lyon Plus, Tables rondes, débats, rencontres, lectures seront au menu de la semaine, qui concerne les Lyonnais de la maternelle à l’Université.

Comme chaque année les Editions Christian Bourgois sont un magnifique partenaire de AIR avec les Actes des Assises, trois volumes parus et les fameux lexiques (numéros de 1 à 3).

Renseignements et réservations au 04 78 39 10 02 et sur www.villagillet.net

Lyon, le 24 mai 2010.

08/05/2010

Mainstream

994191439.jpgComme certains d’entre-vous, c’est avec plaisir et satisfaction que j’avais dévoré, « De la Culture en Amérique » le précédent et assez novateur ouvrage de Frédéric Martel. Aujourd’hui, le même auteur nous propose « Mainstream » un livre sous-titré « Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde ». Cet ouvrage bien moins rigoureux que son prédécesseur demeure pourtant une lecture non seulement utile mais agréable. Au gré des voyages et des rencontres de Martel aux quatre coins du monde, l’auteur s’essaye à dessiner le panorama des industries créatives. Au cœur du bouquin de Martel figurent bien entendu en bonne place l’Amérique. En allant visiter Valenti, Geffen, Eisner, en parcourant Hollywood mais aussi Bollywood et Naccache, en s’intéressant au Prince Al Waleed, à Al Jazzera tout comme à l’aventure de Berry Gordy, la puissance américaine demeure pourtant au cœur de cette enquête mais la force de Frédéric Martel dans son nouveau bouquin est de nous entraîner aussi vers ces contrées que l’on désigne comme émergentes et qui sont déjà de solides machines à rêve et à divertissement.

Chichiteur, comme parfois il affectionne de l’être, le quotidien Le Monde a été une des rares publications à mettre un bémol à son enthousiasme indiquant, à juste titre d’ailleurs, que l’approche européenne est un peu le parent pauvre du bouquin de Martel. Cela étant, ne cachons pas notre joie, cette chevauchée dans les industries du divertissement concoctée par Frédéric Martel est épatante même si, de temps à autre, on a envie de laisser l’auteur interviewer tel ou tel de ses interlocuteurs sans nous. « Mainstream » est donc une lecture nécessaire et qui donnera la salutaire envie à ceux qui découvriront pour l’occasion l’auteur de se ruer sur son précédent ouvrage. Soyez-en certain.

« Mainstream » de Frédéric Martel, Flammarion, 22,50 euros

« De la Culture en Amérique » de Frédéric Martel, Gallimard, 32 euros.

Egalement disponible en Folio-Gallimard

Lyon, le 8 mai 2010.

19/04/2010

"Réfugié" volcanique

islande_01.jpgEn ce lundi ensoleillé, je fais partie des personnes affectées par l'éruption volcanique islandaise. Les conséquences du nuage de cendres sur le traffic aérien en Europe et dans le monde sont saisissantes. Me voilà depuis quelques jours membre du club des "réfugiés" volcaniques, "victimes" de l'Eyjafjöll !

Coincé à Madrid, il m'est impossible de rentrer à Lyon en avion à temps. Impossible de réserver un billet retour en autocar, plus de voitures de locations disponibles.  Impossible donc de traverser la frontière espagnole et les Pyrénées. Pire encore, le tarif prohibitif des taxis autour de 1500 euros. Nous cherchons, comme beaucoup, un moyen de rentrer au plus vite à Lyon.

En parcourant rapidement la presse j'ai lu que les conséquences économiques de l'éruption, d'après l'IATA (L'Association internationale du transport aérien) sont évaluées, pour les compagnies aériennes, à 148 millions d'euros par jour (200 millions de dollars). 63000 vols annulés depuis dont 20000 pour la seule journée de dimanche. Voila des chiffres impressionnants. Je vous renvoie à l'article du Monde consacré aux conséquences économiques de cette éruption au delà des seuls transports.

Je vous tiendrais au courant. D'ici là je vous souhaite une bonne journée. Voici une vidéo au coeur du volcan.

Madrid, le 19 avril 2010.

23/11/2009

"SOS"

diams.jpgAlors que la première décennie du nouveau siècle est sur le point de laisser place nette, on commence à voir fleurir les premiers palmarès chargés de pointer évènements, livres ou disques susceptibles de laisser quelques traces. Le Figaro s’est par exemple déjà essayé à cet exercice dangereux et nous pouvons parier que dans les semaines qui viennent la tentation d’en faire autant va être forte, tous médias confondus. Tout cela pour dire qu’avec la sortie de « SOS », le nouvel album de diam’s, on peut légitimement s’interroger sur la portée, osons le terme, politique, d’une livraison qui pourrait faire date.

Même si certains annoncent déjà que le triomphe de « Dans ma bulle » n’a guère de chance d’être réédité, on peut tout de même avec certitude dire que cet « SOS » est pourtant un album qui devrait marquer. Autobiographique et personnel tout en étant probablement un assez fidèle témoignage générationnel, le nouvel opus de Diam’s capte « l’air du temps » comme l’a écrit avec justesse Stéphane Davet dans le Monde même si parfois d’ailleurs la chanteuse se vautre dans la démagogie. Il n’empêche qu’au delà de son strict contenu, « SOS » est un disque qui devrait marquer, non pas que nous soyons en présence d’un immense album, mais bien parce que dans sa dernière livraison la rappeuse parisienne met « les pieds dans le plat » en s’inscrivant dans, semble-t-il, le rude contexte de sa vie personnelle mais aussi dans celui d’une réalité française têtue. Sur bien des sujets, la question du foulard étant l’un deux, Diam’s devrait trouver quelques échos, non pas chez ceux qui voyaient hier en elle l’expression d’une nouvelle radicalité féminine, mais bien chez celles et ceux qui trouveront dans cet « SOS » l’expression directe de leurs difficultés, de leur mal-être au quotidien mais aussi même d’une volonté d’en découdre.

Nul ne sait bien entendu si ce disque s’avérera comme la fin du parcours de Diam’s ou au contraire la naissance d’un phénomène majeur et inédit à haute portée symbolique. En tout état de cause chacun pourra convenir que « SOS » est un disque important même si de nombreux lecteurs de Télérama compenseront leur désamour à l’égard de la native de Chypre en reportant leur affection et leurs espoirs sur Grand Corps Malade.

Lyon, le 23 novembre 2009

Photo: DR

14/11/2009

Editer

Dans le « Monde des livres » de la semaine passée, Laurent Jean-Pierre consacrait un long et intéressant article à Raymond Williams ou plus exactement à son ouvrage « Culture et matérialisme » que les excellentes éditions « Les Prairies Ordinaires » viennent de porter à la connaissance du public français. Avec Stuart Hall, dont les éditions Amsterdam, assurent également la diffusion de certaines traductions, Williams est considéré comme l’un des piliers des « Cultural Studies » qui font à juste titre la fierté de l’université britannique.

Autant nous devons nous réjouir du travail effectué par ces éditeurs à la surface financière bien modeste, autant on doit s’interroger sur le fait que c’est plus de vingt ans après sa disparition que Raymond Williams est publié dans notre pays. Soyons clairs, on peut légitimement s’interroger sur la qualité du travail éditorial des Seuil-Gallimard-Hachette et autres Flammarion.

L’an passé déjà les éditions « Zones » publiaient « Sous-culture, le sens du style » un ouvrage de Dick Hebdige qui quant à lui avait été édité en….1979 en Grande-Bretagne.

Par ailleurs, quand on considère les prix publics pratiqués désormais dans notre pays concernant les ouvrages de sciences humaines on doit encore plus s’inquiéter. Quand on sait que le bouquin de Williams est vendu 15 euros ou que celui de Hebdige est de seulement 13 euros, comment ne pas s’interroger une nouvelle fois sur des éditeurs qui adorent s’afficher comme « de référence » mais qui en vérité ne font plus leur métier sauf à considérer que publier un bouquin de sociologie avoisinant les 30 euros c’est encore de l’édition.

Merci donc aux « Prairies Ordinaires », aux « Editions Amsterdam », à « Zones » et à « La découverte » de faire leur travail. Quant aux autres nous nous abstiendrons de les féliciter pour leurs apports respectifs aux arts du jardinage, du bricolage, de la cuisine sans oublier ces nombreux témoignages de « people » qui nous aident tant à vivre.

Lyon, le 14 novembre 2009.

06/11/2009

L’élève Obama

obama.jpgDéception. Bilan mitigé. Aura en berne …. N’allez pas croire que tout ceci concerne Nicolas Sarkozy arrivé à mi-mandat. Non, ces jugements qui percent dans les éditos sanctionnent les premiers huit mois de Barack Obama et réunies en véritables « Conseils de classe » les rédactions rédigent le bulletin de ce piètre élève.

Reprenant le site PolitiFacts, le Monde utilise le nouveau « Obamètre » qui, paraît-il, mesure l’avancée des choses. Si vous allez faire un petit tour sur ce fameux « The Obameter : tracking Barack Obama’s Camparign » vous serez tout d’abord surpris par les encarts publicitaires de l’Eglise de Scientologie et vous constaterez que sur 515 promesses, 49 ont été tenues, 7 trahies, 14 au point mort et 128 en cours de discussion parlementaire. Pour en savoir plus il suffit de se reporter au site ou bien au Monde daté du 3 novembre.

Soyons au clair entre-nous. Obama n’a pas le rayonnement de Nicolas Sarkozy dans le monde ou autour de la méditerranée. Pas de comparaison possible entre l’un qui détruit les paradis fiscaux, tacles les patrons ripoux et est en osmose avec la classe ouvrière et l’autre qui est à genoux devant Wall Street, est incapable d’endiguer le chômage et qui a les miches face aux lobbies.

Pour s’en sortir Obama, au mercato d’hiver, devrait faire venir Besson pour une courte pige et en trois coups de cuiller à pot le « traître » remettrait dans l’axe l’électorat démocrate qui, comme les Français, veut débattre d’identité nationale. Cela étant, deux points noirs subsistent dans la politique diplomatique du président américain. Il s’agit de Cuba et de la Corée. Si Sarkozy acceptait de céder pendant quelques mois Jack Lang à Obama, je suis convaincu que les choses iraient mieux en novembre 2010 pour le second bulletin de l’élève Obama.

Lyon, le 6 novembre 2009.

17/10/2009

Ce musiciens dont les fans sont des enfants

Il fallait être le dernier des paumés pour ne pas savoir que Prince était à Paris il y a quelques jours. Dans ce ramdam médiatique, j’imaginais même la détresse de l’auditeur moyen de RTL à qui, multipliant les auto-promotions, la chaîne de radio la plus populaire du pays expliquait sans cesse que Prince allait se produire dans l’un des studios de la rue Bayard. Au moins la moitié de l’auditoire de la station devait être angoissé à l’idée de savoir quel était donc ce Prince qui allait débouler entre « Les grosses têtes » et « On refait le match ».

Passons sur le cirque de notre « Love symbol » qui consiste à transformer les fans en enquêteurs stressés pour savoir dans quelle salle sa majesté va se produire et si un « after » est prévu. Passons aussi sur la tête du compte en banque de ces amoureux qui sont victimes de prélèvements confiscatoires puisque les passades tarifées de la star de la musique Funky les entraîne de Montreux à Paris via Monaco.

Dans une récente interview au Monde, Prince nous a encore joué le refrain du martyr victime des multinationales du disque et pour faire passer la pilule a indiqué à ses lecteurs son interprétation politique de son fort pénible sort. Que nous disait cet assez triste sire ? Qu’aux Etats-Unis, je cite, « Les médias sont contrôlés par l’Etat. On ne peut pas remettre l’Etat en question », l’artiste confirmant ainsi sa connaissance approximative de l’économie des médias dans son propre pays mais aussi les limites de sa rébellion. Notre politologue poursuivait son propos par un rapide rappel historique probablement inspiré par les meilleures pages du « Reader Digest ». « Il n’y a plus de musique politique depuis Woodstock » indiquait doctement cet inédit nouvel observateur de l’histoire de la musique américaine rajoutant illico, « et la grande époque de la musique soul engagée, née avec le mouvement des droits civiques. J’aurais aimé vivre à cette époque. Je n’ai pas eu cette chance ».

Une fois dit que Prince se trompe, que la musique politique continue d’exister des dizaines d’années après Woodstock et que les musiciens Soul actifs dans la lutte pour les droits civiques se comptent sur les doigts de la main, au lieu de pleurnicher sur ce manque de bol d’être né trop tard, Prince devrait plutôt passer à l’action.

A ce propos, puisque Prince s’imagine un avenir de musicien contestataire, le monde entier est toujours dans l’attente de son point de vue sur la guerre en Irak, Obama espère encore son appui pour les présidentielles, les femmes qui défendent le droit à l’avortement seraient probablement heureuses de le compter comme nombre d’autres artistes parmi les soutiens d’associations, etc.… Etant en ce samedi de plutôt bonne humeur, je préfère en rester là tout en disant à Prince qu’il est un superbe musicien mais que ses esbroufes commencent à nous casser les pieds.


Lyon, le 17 octobre 2009.

30/09/2009

Si m’en croyez camarades…

Halde aux vieux!.jpgSi vous voulez avoir la nausée, lisez l’article de Mustapha Kessous dans le Monde du 24 septembre dernier. Il fait mal. Très mal. Il raconte le racisme ordinaire de la France d’aujourd’hui. Un racisme puant et auquel le qualificatif de franchouillard que souvent nous lui accolons est un doux euphémisme.

J’ai à l’esprit – et vous aussi certainement – d’autres exemples à ajouter à ceux, personnels et déjà trop nombreux, de «Monsieur Kessous» comme il a pris le parti de se présenter pour éviter, en disant son prénom, que ne se ferme une fois de plus la porte, et ce avant même qu’un regard soupçonneux ne vienne l’examiner au travers d’un judas. Le journaliste lyonnais du Monde termine son article en lettres lasses : «On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un «beurgeois», un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court».

Je vous avoue qu’à côté de cela, les âneries de la Halde - cette Haute Autorité chargée de lutter contre la discrimination - fustigeant les manuels scolaires parce qu’ils «véhiculent une image très négative des séniors», paraissent un brin dérisoire. D’autant que la HALDE appuie son éclatante démonstration sur ce beau poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose» !... Les sages (?) de la HALDE ne contribuerait-ils pas eux aussi, par leur gâtisme intellectuel, à propager une image très négative de ceux que l’on appelle les séniors dans la novlangue?

Tout aussi tiédasse, la rédaction de l’une des questions soumises au vote des militants du PS le 1er octobre prochain à propos de la diversité. Pour contribuer «à une meilleure représentation des diversités de la société française», le rédacteur explique qu’il s’agit de viser «l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…». Mettre cela sous l’intitulé « diversité » c’est plutôt fadasse. À force de vouloir toujours faire une synthèse genre grand écart, on se déchire les membres ou on se noie dans le soap opéra. Quant à prendre les employés du secteur privé (contrairement à ce qu’affirme la vulgate droitière, ils sont nombreux au PS) comme mesure de la diversité !?...

L’autre soir, un camarade noir m’a demandé : «Et on en voit combien des comme moi aux manettes nationales de la République ou du PS ?». J’ai vraiment eu du mal à lui répondre que nous étions en train de changer. Il a maintenant quelques boucles blanches et serrées sur les tempes, c’est un sénior comme moi.

J’ai envie de pasticher le poète :

Donc, si m’en croyez, camarades

Tandis que les partis paradent

En leur plus triste forteresse,

Forcez, forcez notre demande :

Arrachons-les à leur prébende

Car les ans passent et le temps presse.

 

Jean-Paul Schmitt

24/05/2009

AIR

Assises internationales du roman.jpgComment s’y retrouver dans ce magnifique dédale que sont, du 25 au 31 mai, Les Assises Internationales du Roman (AIR) inaugurées demain et placées sous le signe du « Roman, hors frontières ».

Voici donc le détail des tables rondes sachant qu’il convient de vérifier les horaires sur www.villagillet.net et réserver au 04 78 39 10 02. Sans quoi rien ne sera possible. Avouez que cela serait dommage.

Tables rondes

Quelle écriture pour la violence ? La puissance de la nature

Julia Leigh (Australie) Stéphane Audeguy (France)

Marie NDiaye (France) Rick Bass (Etats-Unis)

Stewart O’ Nan (Etats-Unis) Neil Bissoondath (Trinidad-Québec)

Pavel Sanaïev (Russie) Jorn Riel (Danemark)

 

Il était une fois … : Le conte Le point de vue de l’enfant

A.S. Byatt (Angleterre) Nancy Huston (Canada/France)

Pascal Quignard (France) Sasa Stanišić (Allemagne)

Sjón (Islande) Antonio Ungar (Colombie)

 

La mémoire en héritage Portraits d’une génération

Aharon Appelfeld (Israël) Annie Ernaux (France)

Gamal Ghitany (Egypte) Yu Hua (Chine)

Manuel Rivas (Espagne) Richard Morgiève (France)

Abdourahman A. Waberi (Djibouti) Juli Zeh (Allemagne)

 

Le livre dont le psychanalyste Narrative non fiction : l’enquête littéraire

est le héros

Siri Hustvedt (Etats-Unis) Fabrizio Gatti (Italie)

Hanif Kureishi (Angleterre) Sergio González Rodriguez (Mexique)

Michel Schneider (France) Philip Gourevitch (USA)

Philippe Vasset (France)

Fantasme et fantasque :

les déformations de la réalité Ecriture et identité : quelle place pour la psychologie ?

Arnon Grunberg (Pays Bas) John Burnside (Ecosse)

Toby Litt (Angleterre)Lidia Jorge (Portugal)

Véronique Ovaldé (France) Elias Khoury (Liban)

Sergi Pamiès (Espagne) Julie Wolkenstein (France)

 

La petite conversation avec des revenants, l’écrivain Dany Laferrière a pour mission de réagir à des interviews de grands romanciers disparus proposées par l’INA

Vu d’ailleurs, Rick Moody, Colum MC Cann et Will Self parlent respectivement d’Antonin Artaud, Emile Zola et Céline.

Lectures avec Pascal Quignard, Alain Planès, Denis Podalydès.

Et aussi, Petit déjeuner au Musée des Beaux Arts, débats philo, rencontre exceptionnelle avec Claude Lanzmann,etc…

Lyon, le 24 mai 2009.

31/10/2007

Assises du roman

medium_Assises_internationales_du_roman-affiche.jpgSortie aujourd’hui dans l’innovante et économique collection « titre » chez Christian Bourgois éditeur de la publication de l’intégrale des textes des auteurs invités lors des « Assises Internationales du roman » que le Monde et la Villa Gillet avaient organisées en mai dernier aux subsistances.

Cet événement, véritable première en France, avait rassemblé, autour du thème « roman et réalité », 80 auteurs et critiques littéraires du monde entier pendant 5 jours de débats et conférences.

On retrouvera donc dans un seul volume l’intégrale des contributions diffusées au cours de ces nombreux forums c’est à dire des textes de Traiq Ali (Grande-Bretagne), Christine Angot (France), Russel Banks (Etats-Unis), Nik Cohn (Etats-Unis), Alaa El Aswany (Egypte), Yasmina Khadra (Algérie), Robert McLiam Wilson (Irlande du Nord) mais aussi Colum McCann, André Brink, James Meek, Rick Moody, Lydie Salvayre, Wei-Wei et des dizaines d’autres.

Je profite de l’occasion pour saluer le travail des Editions Christian Bourgois avec lesquelles, dans le prochain mandat, la Ville de Lyon va étudier la possibilité de mettre en place des résidences d’écrivains de stature internationale. En attendant la deuxième édition des assises prévue en mai 2008, la lecture de cette somme de contributions vous sera profitable.

> « Assises du Roman », Le Monde / Villa Gillet, « Titre » n°64, 10 Euros - Editions Christian Bourgois

Lyon, le 31 octobre 2007.

15/09/2007

Zapping présidentiel

medium_ChiracSarkozy_jeune.jpgPhilippe Ridet dans le Monde d'hier nous parle de Sarkozy ou plutot de celui qu'il appelle " le Président tout-info". Au détour d'une colonne, la rédacteur du quotidien écrit: "Une petite cellule à l'Elysée s'occupe tout particuliérement de répérer, 24 h sur 24, les fautes d'actualités susceptibles de requérir l'attention du chef de l'Etat". En reprenant les propos d'Emmannuelle Mignon, la directrice de cabinet du Président, Philippe Ridet poursuit: "outre les gendarmes et les policiers qui la composent Emmanuelle Mignon a fait venir des gens de la société civile. Comme par hasard, il s'agit d'étudiants d'une école de journalisme".

Imaginez la scène. Dans un recoin Elyséen, casques sur les oreilles, des fonctionnaires de police font les 3x8 cornaqués par des apprentis journalistes afin de produire un zapping pour le président. Ces têtes chercheuses payées pour flairer les bons coups, véritables soutiens anonymes de la communication présidentielle se tapent, si on comprend bien, tout ce qui se dit, s'écrit, se voit dans les médias pour peut être sortir 2 ou 3 pépites susceptibles d'être exploités pour le compte du Président.

Je cauchemarde en me disant qu'aujourd'hui dans notre pays les yeux rivés sur les écrans, on oblige des fonctionnaires à regarder Julien Courbet, les docs-culs de Villeneuve, Marc Olivier Fogiel, TF1 de long en large, toute la sainte journée mais aussi, dès 5h RMC infos, Bourdin, Luis Fernandez et peut être aussi de lire Direct soir, Closer et VSD, simplement pour trouver des bons coups de communication pour notre Président.

J'espère que que ces forçats sont jeunes car si d'aventure, en cours d'année, certains partaient en retraite ils ne seraient pas remplacer. Sachant que le nombre de chaines de télévision se multiplie, que des sites ouvertement "anti-France" comme Rue 89 ou Arrêt sur Images poussent comme des mauvaises herbes, ces Titans de l'infos ne pourraient pas tenir le rythme bien longtemps.
Le seul point positif à retenir dans tout cela c'est que ces jeunes apprentis journalistes, en stage dans les caves de l'Elysée ont une occasion unique d'apprendre leur métier, et ça c'est plutôt réconfortant.

07:25 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : elysée, sarkozy, presse, veille, celulle, Le Monde, TF1 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/06/2007

Assises Internationales du roman (suite)

medium_Assises-Visuel-OK-2-150x212.jpgAvant hier, j'étais à la soirée inaugurale des Assises aux Subsistances. Un gros week-end s'annonce. Je vous faisais déjà saliver samedi dernier mais avant de passer au menu, je veux vous rappeler que samedi 2 juin, place des Terreaux, Pierre Deloche présente sa nouvelle création « Océan cité » dont je compte vous dire deux-trois choses demain.

Lyon accueille donc une belle armada littéraire dans le cadre de ces Assises.

Aujourd'hui, « le roman à la rencontre des sciences » avec l’Anglaise A.S. Byatt et son compatriote de la nouvelle génération, James Flint (« Electrons libres », Au diable Vauvert), qui aura probablement beaucoup de choses à se dire avec le Lyonnais Ayerdhal. Tout ce petit monde croisera le tir vers 18h30. A 21h, on change de registre autour de la thématique « Douleurs de l’âme, douleurs du corps » avec Robert Mcliam Wilson, l’Australien Robert Dessaix, la sino-canadienne Yinq chen et Benoîte Groult qui nous injectera, à 86 ans, une bonne dose de vitalité.

Demain, samedi 2 juin, « Les limites du roman » avec l'Argentin Alan Pauls, Philippe Vilain, Chloé Delaume dont le dernier bouquin introspectif, ne doit faire vibrer que les fans d’Indochine qui savent lire. Vers 18h30, on change de braquet. Autour du thème de la violence, vous pourrez rencontrer l’Algérien Yasmina Khadra, André Brink, la Chinoise Wei-Wei et le Serbe David Albahari (« Globe-trotter » chez Gallimard »). Encore des envies ? A 21h dernier round avec l'Ecossais Meek, le Russe Bykov , Colum Mc Cann et l’Allemande Gila Lustiger, auteur il y a quelques années de « Nous sommes », beau texte qui convoque l’histoire européenne du XXème siècle par le biais d’un cheminement familial (Stock).

Encore faim ? Le dimanche 3 juin est un beau final. A 11h, pour ce qui me concerne j’irais faire le marché. Pour ceux qui préfèrent les nourritures intellectuelles vous pourrez aller écouter Christine Angot. Personnellement je passe mon tour. En début d’après midi, Grondahl, le cinéaste et romancier Christophe Honoré de retour du Festival de Cannes, Zeruya Shaler et l’Américaine Rikki Ducornet aborderont la question du roman familial. Et pour finir (ouf !) à 17h30 feu d’artifice avec Vila-Matas, Elisabetta Rasy (Italie) et Jakob Arjouni qui, sur fond d’une Allemagne peu reluisante, traîne son privé turc, un dénommé Kayankaya dans un roman paru il y a presque 5 ans (Fayard) que je compte lire un de ces jours.

Bonnes Assises, bonnes rencontres avec ces romanciers du monde entier et bonnes lectures.

Lyon, le 1er juin 2007      

26/05/2007

Lyon accueille le Monde (des livres)

medium_Couv_Russel_Banks-VF.jpgLundi, soirée de lancement des « Assises Internationales du roman » avec une rencontre lecture autour de Russell Banks, écrivain américain dont j’avais salué ici, il y a quelques mois, le talent, l’engagement et l’intelligence politique lors de la sortie par Actes Sud et Arte d’un livre d’entretiens. Ce « monstre » de la littérature américaine viendra lire en avant-première des extraits de son prochain opus, à paraître en 2008 chez le fidèle Hubert Nyssen, un roman intitulé « La réserve ».

Les " Assises Internationales du roman " est un événement inédit proposé par « La Villa Gillet » et « Le Monde des livres ». Du 30 mai au 3 juin, Guy Walter et l ‘équipe du Monde accueilleront à Lyon plus de 80 romanciers et critiques autour du thème « Roman et réalité ».

Après la visite exceptionnelle de Banks, plus précisément le lendemain, c’est l’Italien Erri de Luca qui, toujours aux subsistances, proposera une lecture-concert, le début réel des assises étant fixé au 30 mai. Je vous livre ici une présentation personnelle de ce grand rendez-vous pour ce qui concerne les deux premiers jours tout en vous invitant à aller à la pêche aux informations sur le site de la Villa Gillet.

Mercredi 30 mai, « le roman est un miroir social » avec Alaa El Aswany l’auteur du célèbre « immeuble Yacoubian » qui lira en avant-première des extraits de « Chicago », roman à paraître en octobre prochain. Mon coup de cœur sera également pour Tariq Ali dont le roman « Un Sultan à Palerme » est actuellement en librairie. Pour la petite histoire les amateurs de rock et singulièrement de John Lennon  doivent se rappeler de Tariq Ali alors qu’il militait chez les troskystes de la IVème  Internationale et qui a eu les honneurs d’une couverture de Rock et Folk le montrant en manif avec l’ex-Beatles arborant un magnifique T.shirt « Red mole ». A l’affiche également des assises le 30 mai, l’Américain Rick Moody dont le dernier bouquin (« le script ») m’est tombé des mains, Leslie Kaplan, Lydie Salvayre, Tobias Hill auteur du thriller d’anticipation « Le cryptographe » qui, me dit-on, est très bon (Rivages).

Jeudi 31 mai, « Le romancier face à la réalité de ses personnages » avec Nik Cohn dont « Triksta », l’étonnant bouquin sur le rap de la Nouvelle Orléans devrait vous convaincre que Cohn n’est pas seulement le pape de la critique rock mais aussi un formidable auteur. Se joindront à Cohn les auteurs français Luc Lang et Marie Desplechin, le Hollandais Van Dis, Per Olov Enquist (Suède), John Banville et le Turinois Giuseppe Culicchia ainsi que le Suisse Pascal Mercier dont « Train de nuit pour Lisbonne » est la première traduction française.

Je vous laisse digérer ces informations. Vendredi matin je vous dirais quelques mots sur le week-end qui se profile avec, entre autres, la présence d’A.S. Byatt, Robert Mcliam Wilson, James Meek, John Mc Cann, Enrique Vila-Matas et une trentaine d’autres romanciers. En attendant, si vous ne pouvez plus tenir, les librairies « Passages », « Les nouveautés », « Decitre », « Raconte-moi la terre » et quelques autres vous proposeront, en association avec les assises, les bouquins des auteurs invités.

Lyon, le 26 mai 2007.

26/04/2018

"SOS"

diams.jpgAlors que la première décennie du nouveau siècle est sur le point de laisser place nette, on commence à voir fleurir les premiers palmarès chargés de pointer évènements, livres ou disques susceptibles de laisser quelques traces. Le Figaro s’est par exemple déjà essayé à cet exercice dangereux et nous pouvons parier que dans les semaines qui viennent la tentation d’en faire autant va être forte, tous médias confondus. Tout cela pour dire qu’avec la sortie de « SOS », le nouvel album de Diam’s, on peut légitimement s’interroger sur la portée, osons le terme, politique, d’une livraison qui pourrait faire date.

Même si certains annoncent déjà que le triomphe de « Dans ma bulle » n’a guère de chance d’être réédité, on peut tout de même avec certitude dire que cet « SOS » est pourtant un album qui devrait marquer. Autobiographique et personnel tout en étant probablement un assez fidèle témoignage générationnel, le nouvel opus de Diam’s capte « l’air du temps » comme l’a écrit avec justesse Stéphane Davet dans le Monde même si parfois d’ailleurs la chanteuse se vautre dans la démagogie. Il n’empêche qu’au delà de son strict contenu, « SOS » est un disque qui devrait marquer, non pas que nous soyons en présence d’un immense album, mais bien parce que dans sa dernière livraison la rappeuse parisienne met « les pieds dans le plat » en s’inscrivant dans, semble-t-il, le rude contexte de sa vie personnelle mais aussi dans celui d’une réalité française têtue. Sur bien des sujets, la question du foulard étant l’un deux, Diam’s devrait trouver quelques échos, non pas chez ceux qui voyaient hier en elle l’expression d’une nouvelle radicalité féminine, mais bien chez celles et ceux qui trouveront dans cet « SOS » l’expression directe de leurs difficultés, de leur mal-être au quotidien mais aussi même d’une volonté d’en découdre.

Nul ne sait bien entendu si ce disque s’avérera comme la fin du parcours de Diam’s ou au contraire la naissance d’un phénomène majeur et inédit à haute portée symbolique. En tout état de cause chacun pourra convenir que « SOS » est un disque important même si de nombreux lecteurs de Télérama compenseront leur désamour à l’égard de la native de Chypre en reportant leur affection et leurs espoirs sur Grand Corps Malade.

 

Lyon, le 23 novembre 2009

Photo:DR

15:39 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diams, sos, le figaro, le monde, dans ma bulle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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