Avertir le modérateur

27/09/2010

A star is born

francois-fillon-unite-nationale1222669696.jpgLundi en quinze, suite à un sondage publié la veille par le J.D.D., je m’efforçais d’expliquer que, bien qu’en sursis, le premier ministre en titre était sur le point de devenir l’alternative à droite, le grand concurrent de Sarkozy pour 2012. Deux semaines plus tard le phénomène semble non seulement perdurer mais se renforcer. A l’occasion du ripolinage de sa maquette, le Figaro Magazine vient de publier un sondage qui est, à droite, un véritable plébiscite pour Fillon.

La droite française redemande donc du Fillon, souhaite avec force le voir succéder à lui-même à la tête du gouvernement au point que désormais Alliot-Marie et Lagarde enregistrent 40 points de retard et Borloo pas moins de 52.

Tandis que les candidats s’activent pour faire valoir leurs bons services pour être dans le futur équipage, que d’autres lorgnent sur le parti présidentiel et que les guerres font rage, Fillon toise l’ensemble, Sarkozy compris, en démontrant à ce beau monde qu’il est le seul à pouvoir conduire la droite à la bataille contre le parti socialiste.

En face de lui, Sarkozy semble à la peine. Avec un Copé à la manœuvre, un Guéant qui laisse indifférent, la clique Morano-Estrosi-Hortefeux-Woerth à la ramasse, le président a la scoumoune et, même si cela devait lui rester en travers de la gorge, seule Alliot-Marie pourrait à terme apparaître comme le plus petit dénominateur commun pour tirer un gouvernement nouveau dont on peut s’interroger, dès avant sa constitution, sur sa capacité à mener la mère des batailles.

Lyon, le 27 septembre 2010.

Photo: DR

13/09/2010

Remanier pour gagner plus

francois-fillon-300x300.jpgQui peut bien succéder à François Fillon ? Telle est la question, angoissante pour certains, que se pose la droite depuis des mois. En annonçant de manière incongrue un remaniement ministériel des mois à l’avance, Nicolas Sarkozy ne s’est bien entendu pas facilité la tâche. Puisque il s’agit désormais de démontrer, en désignant un nouveau Premier Ministre, qu’un vent nouveau va souffler sur le pays, Sarkozy semble dans l’obligation de renvoyer dans ses foyers celui que le président appelait jadis son « collaborateur ».

Hier, en commandant un sondage à l’IFOP histoire de tester la performance des postulants, le JDD n’a pas nécessairement éclairé la lanterne de Sarkozy. En effet, 55% des Français interrogés pensent que Fillon devrait se succéder à lui-même. Si 66% des sympathisants socialistes ne seraient pas mécontents de voir l’homme de la Sarthe revenir au pays, à droite, ils sont 86% à plébisciter Fillon et à souhaiter le voir rester à Matignon. Même si l’actuel premier ministre doit se réjouir de cette confiance il convient de dire que les électeurs de la majorité ne rendent pas totalement service à Fillon en s’exprimant aussi massivement pour lui. Ils devraient savoir que la meilleure des choses pouvant arriver à leur champion est de se voir viré de Matignon, histoire de dégager la perspective d’un véritable boulevard électoral si Sarkozy continuait à piquer du nez au point de devenir tricard. Fillon est une alternative plus que sérieuse en cas de démonétisation de l’actuel locataire de l’Elysée. Fillon le sait et l’espère. Quitter en martyr Matignon est donc la meilleure des choses qui pourrait lui arriver.

Pour ce qui concerne la petite demi-douzaine de successeurs possibles, Sarkozy peut continuer à être soucieux. Si on écarte un Copé qui ne souhaitera pas se faire piéger, un Bargoin dont le papillonnage semble être la ligne, reste Borloo et les deux dames du président. Avec respectivement 41, 37 et 31%, Alliot-Marie, Lagarde et Borloo ne crèvent pas le plafond. Les deux ministres souffrent, pour l’une d’incarner une continuité revêche, et pour l’autre une inexpérience totale Reste Borloo. En faisant des efforts pour séduire la droite et en prenant un abonnement au pressing, il souhaite ce bâton de maréchal mais à bien des difficultés, pour s’imposer et à démontrer au président et à sa majorité qu’il sera capable d’aller se battre en 2012 comme un mort de faim pour faire triompher la droite.

Lyon, le 13 septembre 2010.

Photo: DR

25/07/2010

E comme "Edgar"

E 2.jpgOn dit souvent à propos de Edgar Faure que « des comme ça, on ne sait plus en faire ». Grande figure de la quatrième République, Maître-nageur-sauveteur de la cinquième quand il devient, après Mai 68, Ministre de l’Education Nationale de De Gaulle, artisan de la décolonisation, Intellectuel brillant, avocat hors-pair, politique à l’humour ravageur, capable de bien des compromis au point qu’une partie de sa vie publique n’est qu’adaptation à partir de convictions souvent secondes, Edgar Faure n’en demeure pas moins un personnage à part et parfois loin d’être un modèle dans la vie publique française. Personne ne songe mettre en cause l’intelligence de l’homme ni son érudition. Nul ne peut contester sa créativité débordante et pourtant je ne connais personne qui, à un moment ou à un autre, s’est piqué de nous convaincre de faire d’Edgar Faure une référence. Yves Marek l’ancien Directeur du Cabinet de notre illustre personnage à la Mission du bicentenaire de la Révolution s’y colle pourtant en signant un petit bouquin à la Documentation française-Assemblée Nationale intitulé « Edgar Faure, l’optimiste » et publié dans la collection « Tribuns » qui a déjà fait honneur à Jaurès, Briand, Clémenceau et qui s’apprête à publier un « Victor Hugo, l’universel ». En vérité, au milieu de tout ce beau monde on peut se demander ce que Faure vient faire et se dire qu’au train où vont les choses, le prochain sur la liste pourrait-être le défunt Philippe Séguin et pourquoi pas de son vivant un certain François Fillon.

 

edgar_faure.jpgEn sous titrant son livre « l’optimiste », il aurait été probablement plus judicieux de choisir le terme « l’opportunisme » pour qualifier la trajectoire d’Edgar Faure. Cela étant qu’importe, le « Edgar Faure » de Yves Marek est un bouquin « de Fan » et, à ce titre, mérite non seulement le respect mais doit être recommandé car, vous l’avez compris, ce n’est pas parce que l’on se montre très critique à l’égard de l’Edgar que l’on souhaite sa disparition de notre mémoire politique. Par ailleurs, entre nous, entre Faure, Lagarde, Alliot-Marie, Morin, Hortefeux ou Woerth, il n’y a pas photo.

> - Yves Marek, « Edgar Faure, l’optimiste », La Documentation française-Assemblée Nationale, 10 euros.

Hautes-Pyrénées, le 25 juillet 2010.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu