Avertir le modérateur

28/06/2010

Ira, Ira pas

promo_5020.jpgIl paraît que Sarkozy ne sait plus faire vendre les hebdos. Parmi les politiques, seul Dominique Strauss-Kahn semble encore faire l’affaire ou plus exactement, comme c’est le cas cette semaine pour l’Express, à faire faire des affaires. Biographie usée mais revisitée, inter-titre comme quoi son père était franc-maçon, liste des diplômes, débat « au sommet » entre Mosco et Mélenchon, tout y passe. Bref, la marmite Strauss-Kahn est sur le feu et le fumet qu’elle peut dégager est dirigé vers nos narines, « Ira, Ira pas ? »  That-is the question.

Pote de Denis Kessler, Schumpétérien à ses heures, plus promoteurs de solutions qu’inventeur, méchant flic du FMI, l’Express tourné vers les courbes de vérités souffle le chaud puis le froid sur un Strauss qui n’en demande d’ailleurs pas tant. « Ce garçon remarquable » comme aime à le définir Sarkozy marque pourtant des points. A la hausse parmi les plus de 65 ans, il est peut-être sur le point d’arriver à la hauteur de Sarko sur le segment de ces séniors traditionnellement acquis à la droite. Déçues par le Chef de l’Etat, les classes moyennes seraient, si l’on en croit certains sondages prêtes à se jeter dans les bras de DSK. Reste la « France qui se lève tôt » qui, pour ce qui la concerne, semble peu attirée vers ce type de gauche dont la droite ne cesse de dire qu’il est des siens.

« Ira, Ira pas ? », vous le savez depuis longtemps, je pense à tort ou à raison que DSK se décidera à y aller uniquement si le contenu de la gamelle lui est délicatement dressé dans l’assiette, prêt à consommer, avec son brin de persil. Dans le cas contraire il faudra bien que les réformistes qui s’affichent dispersés dans le PS s’interrogent et décident de choisir l’un d’entre-eux. C’est alors que nous nous perdrons une fois de plus dans nos calculs les plus effroyables en nous demandant, pour chacun de ces candidats réformistes, « Ira, ira pas ? »

Pour parler d’autre chose. Hier soir à Fourvière, le mot d’ordre était plutôt « ira pas » puisque c’est devant un auditoire modeste que s’est produit à l’Odéon Richard Hawley. D’un équilibre parfait la prestation de l’anglais était pourtant magnifique, les absents avaient encore une fois tort et la lune presque rousse ne s’y était pourtant pas trompée. Elle était là, au balcon, pour saluer le crooner de Scheffield.

Clermont, le 28 juin 2010.

29/03/2010

Accélérateurs

dsk.jpegDans l’Express de la semaine, Jacques Attali énonce les cinq obstacles que la gauche devrait franchir pour l’emporter en 2012. Les voici.

1 - « Choisir un candidat capable, non seulement de gagner, mais aussi de gérer le pays » /…/ «  Dans l’idéal le choisir vite, pour lui donner le temps de former son équipe et d’éviter l’improvisation »

2 - « Faire une analyse honnête de la situation »

3 - « Réussir le jeu des alliances »

4 - « Proposer un programme crédible »

5 - « Convaincre le pays, face à un président sortant qui saura parfaitement jouer les faiblesses de la gauche ».

Dans le Nouvel Observateur de la même semaine, Gérard Collomb interrogé par François Bazin et Matthieu Croissandeau, ne dit en vérité par autre chose qu’Attali, même si le Maire de Lyon, quant à lui, fait de Strauss-Kahn ouvertement son champion. « Je me bats », dit Gérard Collomb, « pour un projet, pour que (DSK) l’emporte en 2012 et qu’il tienne la route après la victoire. Le projet ne tombera par d’en haut ». Sachant que Collomb appelle de ses vœux une accélération du processus de désignation du candidat lors de primaires afin que les réformistes du PS ne se retrouvent pas face « au menu unique de la première secrétaire » et que Jacques Attali ne semble pas exiger autre chose, peut-être serait-il utile que, dans la foulée des régionales, la gauche active la manœuvre de la désignation de son candidat. Encore faudrait-il que Dominique Strauss-Kahn nous indique ses envies, quitte Washington, clarifie quelques-uns de ses choix internes au Parti Socialiste et nous indique sa volonté réelle d’incarner le combat de l’ensemble des sensibilités réformistes qui coexistent au sein du Parti Socialiste et pas seulement celui de côteries.

Lyon, le 29 mars 2010

Photo:DR

07/11/2009

Débat

arton55733-126x165.jpgVous le savez pour vous en avoir souvent parlé ici, depuis la signature le 10 octobre dernier à Zurich d'accords entre la République d'Armnie et la Turquie, on s'interroge et on s'inquiète dans la diaspora.

Dans ce contexte très passioné, Radio Arménie organise demain dimanche 8 novembre 2009 à 15h un grand débat public sur les conséquence de ces protocoles signés entre les deux pays.

 

Participeront à cet échange:

  • Christian MAKARIAN, Rédacteur en chef de "L'Express"
  • Gérard GUERGUERIAN, Juriste international
  • Ara TORANIAN, Directeur de la publication du magazine "Nouvelles d'Arménie"
  • Hilda TCHOBOIAN, Présidente de la Fédération Euro-Arménienne
  • Sarkis SHAHINIAN, Président de Suisse-Arménie
  • Aram GAZARIAN, Vice-président de Terre & Culture
  • Daniel MEGUERDITCHIAN, Collectif Reconnaissance

p90_turquie_armenie.jpg

> "Les Protocoles Turco-Arméniens: quelles conséquences ?"

> Salle Garbis Manoukian, 40 rue d'Arménie - Lyon 3e - contact@radioarmenie.com

22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

09/02/2009

C'est donc ton père ?

jean sarkozy.jpgCitoyens des Hauts-de-Seine, je m'adresse aujourd'hui à vous et en particulier à ceux qui n'auraient pas feuilleté l'Express cet hebdomadaire issu des combats contre la colonisation et qui aujourd'hui joue le rôle de celui de "La Nation" du temps du général.

Dans la même livraison le magazine fait donc le job en ressortant une photo de Ségolène Royal prise au Zénith (Fra-ter-ni-té) et en ouvrant le dossier de l'appartement de Chirac payé par la famille Hariri mais surtout, à grand renfort de promotion et sur huit pages, nous parle de la dynastie Sarkozy et vous parle, amis de Neuilly et des Hauts-de-Seine, de votre prochain Maire et probablement futur président de votre département.

Pour l'Express c'est simple. Jean c'est Nicolas tout craché mais en mieux c'est à dire en moins speedé, c'est Isabelle Balkany qui le dit, en mieux entouré car Jean a un père qui est un "Papa-poule" et en plus poli, c'est le personnel du Conseil Général qui le dit. Bref, en 2014 Jean sera à la Mairie de Neuilly et en 2017, ça c'est moi qui vous le dis, à l'Elysée. La faiblesse de ce dossier c'est que l'Express ne nous dit pas si, entretemps, Jean aura le temps de faire un pilon capable d'être Maire de Neuilly vers 2020 pour devenir Président de la République, si mes comptes sont bons, en 2027. Je sais bien que cela fait rêver.

A propos de rêves, concernant Christophe Barbier, j'ai plutôt une mauvaise nouvelle à lui apprendre car, à force de démontrer une telle efficacité, Nicolas et Jean souhaiteront probablement que l'actuel patron de la rédaction de l'Express demeure aux manettes afin de préparer l'élection du fils de Jean à la Mairie puis à la Présidence de la République. Comme d'ici là, le fils de Pujadas aura rejoint le groupe TF1 et que Duhamel après avoir quitté une première fois RTL aura, via un court labs de temps de dix ans à Europe 1, fêté ses quatre-vingt-douze ans d'éditorialiste sur l'antenne de RT (le L ayant été supprimé par Jean pour que cela ne fasse pas penser à un paradis fiscal), je me dis que la France pourrait être mûre pour entrevoir la possibilité qu'un quatrième Sarkozy de suite accède à l'Elysée vers 2050. De quoi faire définitivement la nique aux Bush et faire rêver l'Express.

Lyon, le 9 février 2009

Information : Lundi prochain, 16 janvier, se tiendront à l'Assemblée Nationale, les assises du piratage. "Libre Acces" un collectif dont Dogmazic et nos amis lyonnais d'Artischaud sont membres organisent quant à eux, quelques jours plus tôt, une saine alternative le 12 février afin de débattre de ces questions. C'est salle Jean Dame 17 rue Leopold Bellan - 75002 (Métro Sentier).

On peut accéder à plus d'informations sur : inscription@libreacces.org. Contacts presse Pauline Valaize, presse@libreacces.org.

photo:DR

14/10/2008

Saisissant

capitalism.gifPar ces temps de crise financière un cri monte comme une prière, car le vœu est pieux : il faut moraliser le capitalisme. Vaste programme ou plutôt vaste illusion car un système fondé sur l’exploitation du travail des uns au bénéfice d’autres ne rencontrera jamais ni la morale (chrétienne ou pas) ni la justice (sociale ou pas). Un cri relayé par Laurence Parizot samedi soir chez Ruquier. Un cri qui se veut indignation face à ce qui n’est qu’une exagération du système. Certes il y a ceux qui comme Bernard Accoyer, ci-devant président de l’Assemblée Nationale, n’ont rien entendu. Sa proposition de lancer un grand emprunt d’Etat abondé, entre autre, par le retour de capitaux partis à l’étranger et qui dès lors bénéficieraient d’une amnistie fiscale est, en effet, aux antipodes de la morale. Face à ce vrai-faux évangélisme j’ai trouvé saisissant ces propos de Jean Marc Rouillan dans l’Express. Interrogé sur comment il a retrouvé la société française après vingt ans de prison dont plusieurs à l’isolement, il répond : « J’ai été catastrophé. Dans les années 50/60, le gros de la société était fortement politisé. Un militant socialiste pouvait sortir une analyse politique.

Aujourd’hui j’ai l’impression que le marxisme et toutes les théories qui nous permettaient d’appréhender les situations ont été oubliées.. Nous sommes dans une société de classes, dans une société où le conflit impérialisme/anti-impérialisme est crucial. On se perd dans l’aide aux pauvres, à ceux qui souffrent. Non, les pauvres , ceux qui souffrent, les exploités et les opprimés sont des pro-lé-taires ! Aujourd’hui il faut bosser énormément pour convaincre les gens de la réalité du système. Si vous allez dans une cité pour parler de religion vous aurez plus d’attention que si vous venez parler d’oppression, d’exploitation de classes. Cela vient de la dépolitisation qui a été inscrite dans les couches populaires, cette pression médiatique terrible qui a rendu toute tentative d’analyse des situations has been. On a tout résumé à des images d’Epinal. » Au delà d’une certaine nostalgie pour cette phraséologie, moi qui ai toujours combattu l’idéologie et les actes des Rouillan ou autres gauchistes, j’avoue que je trouve ce constat saisissant. Un constat qui appelle à reprendre le chemin de la reconquête de l’opinion en lui donnant les clés qui lui permettront de se prendre en main.

Philippe Dibilio

Lyon, le 14 octobre 2008

--

Guillaume+Depardieu.jpg
[EDIT JYS]: Hier très bon concert de Suzanne Vega mais triste nouvelle...
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu