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16/07/2010

B comme "Bernès (Jean-Pierre)"

B 5.jpg

Il y a peu, on entendait à nouveau parler de Jean-Pierre Bernès cet ancien collaborateur de Bernard Tapie au sein de l’Olympique de Marseille de la « belle époque » qui, devenu agent de joueurs, négociait le contrat de Laurent Blanc avec la Fédération Française de Football. Un Jean-Pierre Bernès annoncé même un temps à la tête de l’A.S. St-Etienne et qui représente les intérêts de Franck Ribéry, Samir Nasri, Squillacci, Jimmy Briand, Adil Rami ou de l’entraîneur de l’O.M. Didier Deschamps. Un Bernès dont le retour à Marseille était souhaité il y a à peine un an par Jean-Claude Dassier afin de s’occuper du recrutement, un Bernès indispensable aux uns comme aux autres. Le petit monde des agents est probablement le moins connu des amateurs de football. Il y a peu, au fin fond de l’Afrique du Sud, ils étaient nombreux à tourner physiquement ou virtuellement autour de leurs poulains mis en garde à vue par Domenech dans un hôtel luxueux. Après ces affaires nauséabondes de l’équipe de France ils demeurent pratiquement les seuls à s’en sortir alors que joueurs, entraineurs et dirigeants ressortent amoindris ou détruits.

Très souvent la presse, quand elle souhaite se payer ce monde pas toujours très clair des agents de joueurs, s’offre le plus souvent Jean-Pierre Bernès, une cible facile dont la vertu essentielle est de faire passer le reste de la profession pour une filiale des compagnons d’Emmaüs.

ballon-foot2.gifL’Equipe, ce quotidien de référence si prompt à rapporter les propos de Nicolas Anelka après la rencontre France-Mexique ne semble pas frétiller autant quand il s’agit de nous décrire, par le menu, ce petit monde des agents, de leurs transactions, de ces petits arrangements avec la règle et même la loi. C’est malheureux.

Lyon, le 16 juillet 2010.

25/06/2010

13 août

75462-claude-gueant.jpgLes sondages actuellement réalisés vont tous dans le même sens. La politique économique du gouvernement est sanctionnée par les français et, quant aux retraites, à plus de 60% nos compatriotes refusent de voir le pays embarqué dans la réforme Sarkozy-Woerth. Il parait que le président de la république misait beaucoup sur quelques performances de notre équipe de football sur le sol sud-africain pour faire passer la potion amère des retraites. Raté. D’ailleurs s’il lisait plus régulièrement le quotidien l’Equipe, Claude Guéant, le « premier ministre » de Sarkozy, se serait aperçu que cela sentait le pâté en matière de football et qu’il convenait donc d’y aller avec douceur. Pourtant, totalement libéré Guéant vient en effet de donner une interview au « Financial Times » que l’on devrait porter à la connaissance des français à quelques semaines des premiers départs en vacances. Que nous dit la voix de son maître ? Tout d’abord que les gels et coupes budgétaires allaient continuer et que le chef raboteur Fillon n’entendait pas y aller avec retenue. « Il y aura d’autres annonces » a indiqué au célèbre journal Guéant qui en a profité pour dire que « Nous devons en faire d’avantage, évidemment beaucoup plus ». En conclusion depuis quelques jours, avec Guéant, les Lagarde et Fillon entonnent le même refrain. On juge les futures performances de la France comme « incertaines », que les prévisions pourraient se révéler comme « trop audacieuses », bref que les chiffres qui allaient être publiés par l’Insee le 13 août prochain seraient probablement peu optimistes.

Alors le 13 août prochain si sur la plage vos gosses demandent des friandises, une glace, un coca ou un tee-shirt de Lady Gaga, offrez-leur tout cela. Il s’agit peut-être de la dernière fois avant bien longtemps.

Lyon, le 25 juin 2010.

Photo: DR

03/07/2009

Le foot expliqué aux enfants

Benzema_19.jpgA lire l’Equipe d’hier à propos du transfert de Karim Benzema on ne peut que sourire. Dans la nuit de mardi à mercredi, nous dit-on, le Real et l’OL se seraient entendus, autour d’une somme de l’ordre de 35 millions d’euros, pour que l’attaquant de Lyon fasse le voyage aller pour Madrid. Et Manchester United dans tout ça me direz-vous ? Le quotidien de référence aborde bien entendu la question en citant « un proche du dossier » qui nous dit, pour parler court, que Sir Alex est un Lambin et que l’offre anglaise qui était de 50 millions d’euros serait parvenue trop tardivement. A l’OL c’est comme ça. C’est le plus rapide qui emporte le morceau et peu importe qu’entre les deux offres on trouve la bagatelle de 15 millions d’euros. Le vieux Fergusson même bardé de livres n’avait qu’à se grouiller. Benzema ira donc au Real, l’OL abandonnant par pur amour de la vitesse quelques 15 millions d’euros. En vérité dans ce genre de transactions, si on consulte bien l’Equipe, la vitesse n’est pas le seul atout. Le volet psychologique est d’importance.

L’Equipe nous explique donc que dans toute cette affaire c’est le charme légendaire de Florentino Perez, le patron du Real, qui a fait la différence. Karim y aurait « succombé » (Sic !). Vous voyez d’ici le tableau, Jean-Michel Aulas expliquant à Karim « Petit, Le Real cela semble te plaire alors, allons pour le Real » et le président de l’OL accélérant la manœuvre pour que Sir Alex ne vienne pas compliquer la situation.

A ceux qui pensent encore que le foot est une sorte de Dallas capable de nier en permanence le facteur humain, leur vision est erronée. C’est pour cela que je conseille la lecture régulière de l’Equipe, un journal que je recommande même aux enfants.

Lyon, le 3 juillet 2009.

NB : suite à mon billet du 25 juin à propos des C.N.P., l’association « Les inattendus » m’indique qu’elle n’est pas porteuse d’un projet de reprise du réseau de salles. Voilà qui est dit.

28/04/2009

Tacle

Olympique lyonnais.pngOlivier Margot, qui fut le premier rédacteur en chef de l’Equipe Magazine, est un talentueux journaliste et un homme plein d’humour. Lorsqu’il voyait une faute sur un terrain de football où le défenseur avait ostensiblement décollé les pieds du sol il parlait de « tacle à la carotide ». Dans l’interview qu’il donne cette semaine à Tribune de Lyon, Jean-Michel Aulas ne lève pas le pied aussi haut mais il tacle fermement son ami Gérard Collomb à propos du Grand Stade.

Ce dossier commence sérieusement à énerver le président de l’OL qui aimerait que les choses bougent de manière plus active. Et il supporte de moins en moins de voir Gérard Collomb passer de la réponse péremptoire à la colère intempestive chaque fois qu’ils abordent ce dossier. Et moins encore de s’entendre sans cesse dire que ce sont ses « amis » de l’UMP qui bloquent la situation ; lui qui mouille sérieusement la chemise jusqu ‘au sommet de l’Etat. Aussi il profite de l’interview pour rappeler tout d’abord que c’est « le maire de Lyon et président du Grand Lyon qui a choisi le site de Décines » histoire de mettre chacun devant ses responsabilités. Puis il tape où ça fait mal : « Le problème de départ est venu de la communication. Les opposants politiques expliquaient qu’ils n’avaient pas été associés au projet. Cela doit être résolu. C’est normal que messieurs Meunier et Forissier soient associés au projet. Et s’il y a eu une erreur de communication, je veux bien tenter de le résoudre en essayant de me mettre à la portée de tout le monde, et en intégrant dans les groupes de réflexion tous les élus locaux des communes avoisinantes. » Le propos a le mérite d’être clair, en soulignant la principale faille du dossier, il lance une pierre dans le jardin de Gérard Collomb.

Ainsi le président de l’OL commence à pointer les responsabilités au cas où le Grand Stade n’irait pas jusqu’au bout. Et puis Jean Michel Aulas aimerait que le temps qui s’écoule dans l’attente de la loi sur les stades soit mieux utilisé par les services de Collomb pour anticiper sur les sujets à débloquer car si cette loi est nécessaire elle ne sera pas suffisante et face aux questions qui se posent l’entourage de l’élu a tendance à afficher des réponses dont la validité n’est pas toujours avérée. Avec ce premier tacle public JMA lève donc le voile sur la tension qui commence sérieusement à monter entre les acteurs principaux de ce dossier. Car, comme il le dit si bien : «  Tant que la première pierre n’est pas posée, il y a toujours un risque » et il ne veut pas prendre celui d’avoir à assumer l’échec.

Philippe Dibilio

02/11/2008

Parus vendus ?

Une Equipe.jpgC’est donc demain que nos kiosques vont être le théâtre des opérations de la guerre des quotidiens sportifs. D’un côté l’Equipe et ses plus de 300 000 exemplaires de diffusion payée de l’autre « le 10 sport » lancé par Michel Moulin, un ex de chez Hersant, appuyé pour l’occasion par Alain Weill (RMC, BFM, BFM TV, La Tribune) qui espère diffuser 120 000 exemplaires avec son nouveau quotidien « Low coast ».

En annonçant fin septembre la création de « Le 10 Sport » Michel Moulin a peut-être été un peu vite en besogne puisque en trois semaines le groupe Amaury, déjà propriétaire de l’Equipe et du Parisien, a décidé de prendre l’affaire très au sérieux en proposant sa propre alternative « Low Coast » avec le lancement de « Aujourd’hui Sport » un quotidien sportif vendu comme son futur concurrent, 50 centimes.

Si les choses restaient en l’état cette étonnante guerre des nouveaux quotidiens sportifs laisserait déjà expectatif. Mais sachant qu’en janvier prochain un projet de quotidien centré sur le football devrait voir le jour (150 000 exemplaires, 60 centimes) il y a de quoi frémir. Concernant ces nouveaux titres, la ligne éditoriale devrait être simplissime : articles courts, débauche de photos et survol probablement pénible de l’actualité. De là a penser que face à cette institution qu’est l’Equipe cette frénésie de quotidien à bas prix nous conduira très rapidement à un enterrement de 1ère classe il n’y a qu’un pas que je n’hésite pas à franchir. Tout en souhaitant bonne chance à ce « Le 10 Sport » qui veut mordiller les mollets de l’Equipe le fait que son fondateur, Michel Moulin, est un ancien de « Paru vendu » laisse peut-être prévoir une triste fin au cas où ce nouveau quotidien se retrouvait d’ici quelques jours face à des dizaines de milliers d’exemplaires parus mais pas vendus.

Lyon, le 2 novembre 2008.

08:24 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l'équipe, 10 sport, alain weill, rmc, bfm, la tribune, sport | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/10/2008

Emil

Jean Echenoz - courir.jpgEmil. Non je ne compte pas vous parler aujourd’hui du mythique chanteur du groupe Images, auteur du célébrissime « Capitaine abandonné ». Juste quelques lignes en ce dimanche pour vous dire deux ou trois choses de « Courir » de Jean Echenoz, ouvrage consacré au champion Emil Zatopek, le Tchèque le plus rapide à l’Est de l’Ouest. Un dératé dégingandé, un oublié.

En lisant ces 130 pages sur ce coureur abandonné qui vous apporteront plus de plaisir qu’un jogging du dimanche, vous serez bercé par le souffle d’Emil au point d’épouser la foulée parfois peu orthodoxe d’un acharné des kilomètres enchaînés les uns aux autres. Attention, Echenoz est un écrivain, un grand, rien à voir donc dans son bouquin avec les morceaux de bravoure que les journalistes sportifs se sentent le besoin de produire au kilomètre. Avec Echenoz ce n’est pas de « l’Equipe » dont il s’agit, mais bien de littérature. Vous allez courir, courir et encore courir aux basques d’Emil sans jamais le rattraper. Comme l’écrivait Pierre Lançon dans Libération, « l’écrivain évoque à la perfection les moments où l’on s’élève, où l’on s’isole, où l’on s’éloigne ». Le chroniqueur de Libé ponctuant son article en disant que « Courir est un livre sur l’innocence ».

Je sais bien que parfois dans notre pays il est plus facile d’acheter le dimanche un canapé qu’un livre. Sauf si vous habitez loin de tout, vous trouverez bien une Maison de la Presse ou un kiosque de gare SNCF pour vous procurer ce « Courir » de Jean Echenoz. En arrivant essoufflé(e), articulez-bien cette petite phrase en reprenant votre respiration. « Bonjour Madame » (ou Monsieur, c’est selon), « je voudrais courir de Jean Echenoz, c’est aux Editions de Minuit et ça coute d’après ce qu’on me dit 13,50 euros ». Avec un peu de chance le vendeur de journaux vous dira peut-être, « Ah ! Oui, Echenoz, le type qui avait écrit Ravel il y a quelques temps ». Bon dimanche à toutes et à tous.

Lyon, le 26 octobre 2008.

 
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