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23/10/2010

Vive la Belgique

belgique.gifTout à l’heure, je devais prendre la direction Gare de la Part-Dieu pour un petit week end à Bruxelles capitale controversée d’un pays dont le noir, le jaune et le rouge du drapeau sont l’emblème du chocolat, de la frite et de la mort subite. Cette mauvaise blague empruntée à la « désencyclopédie » ne doit pas nous laisser croire que la Belgique est un pays qui ne ressemblerait à rien ou à pas grand-chose, une sorte d’entité territoriale bonne à être la première puissance exportatrice de blagues, un ensemble hétéroclite au système politique miné et presque incompréhensible et accueillant à ce titre les institutions européennes. Pour partie, on retrouve si mes souvenirs sont bons, ce désordre jusque dans l’architecture coupable des années soixante et soixante-dix, dans l’organisation urbaine d’une ville qui, sur certaines séquences, ne ressemble à rien tout en offrant parfois un charme presque sans équivalent. Celà étant les pertubations actuelles viennent d'achever mes rêves de week end mais revenons à la Belgique.

Pour la plupart des français, la Belgique est un pays abstrait qui ne se visite même pas, une sorte de noman’s land sans frontières assisses qui serait, peu ou prou, l’annexe de leur pays et dont la population vivrait assez souvent dans les campings du sud. Avec Johnny Hallyday, Jean-Claude Van Damme, Eddy Mercks et Geluck, le Roi est probablement pour nombre de nos compatriotes le seul belge digne d’intérêt même si, depuis quelques années, Amélie Nothomb vient féminiser, au titre nous dit-on de la littérature, une liste qui comprenait aussi jusqu’ici comme auteurs Adamo et Hergé.

Berceau des frères Dardenne, des Delvaux, André et Paul, de Magritte mais aussi de Benoit Poelvoorde, la Belgique est probablement plus indispensable à notre culture que les apparences ne pourraient le laisser croire. Si Michaux et Simenon, Yourcenar ou Maeterlinck sont définitivement et abusivement annexés par la France, considérons qu’avec les Brel, Django Reinhardt, André Franquin, Albert Frère comme Noël Godin, notre pays n’aurait par la même gueule. Comme hier avec les Rik Van Looy ou Van Steenbergen les belges avaient la main mise sur le sprint mondial, c’est aujourd’hui avec les magnifiques Klim Clijsters et Justine Hénin que la Belgique domine le tennis international chose au demeurant parfaitement inaténiable pour la France. Bref, avec Arno, Alechinsky, Pierre Mertens et bien d’autres, la Belgique demeure une petite merveille qu’il convient de vénérer, de pratiquer et de visiter régulièrement. Me concernant cela sera pour une prochaine fois ce qui ne m'empêche en aucune façon de vous dire, Vive la Belgique !

Lyon, le 23 octobre 2010.

03/08/2010

L comme "Laura (Smet)"

L.jpg

En toute extrémité de 2009, quelques jours avant de faire une tentative de suicide, Laura Smet fille de Johnny Hallyday enregistrait avec son demi-frangin, David, artiste lyrique, un duo. Universal pariait alors beaucoup sur ce « On se fait peur » dont le clipage était confié à Olivier Dahan, le réalisateur du biopic de Piaf. Ne pouvant, encore une fois, résister à la diffusion de ce qui se fait de mieux dans notre pays sur le plan culturel, voici quelques extraits de ce « Sweet lover » malheureusement passé inaperçu en raison de la vie agitée du père, les louches soutiens du président à l’égard du demi-frangin, les tournées avortées et les plantages les plus divers.

« David

A trop vouloir l’impossible

à trop se croire invincible

 

Laura

A trop craindre les regrets

De vivre à moitié

 

Ensemble

On se fait peur

au quotidien

on se fait peur

freine

tire un peu plus fort sur les rênes

avant qu’on se fasse de la peine

avant que le vide nous entraîne

freine

tire un peu plus fort sur les rênes

avant qu’on finisse à la benne

avant que le vide nous entraîne »

 

Encore une fois, ne me dites pas merci.

 


Johnny Laura 1986
envoyé par ejr2. - Clip, interview et concert.

Lyon, le 3 août 2010.

16/12/2009

Héros d’aujourd’hui

Johnny harleyluia.jpgJ’assistais la semaine passée, dans le grand amphithéâtre de Lyon 2, à un débat organisé par Christian Schiaretti, sémillant metteur en scène, à propos du Philoctète qu’il présente jusqu’au 23 décembre au TNP de Villeurbanne : passionnant ! Un spectacle fort que cette variation autour de la pièce de Sophocle ; une variation due à Jean-Pierre Siméon, poète formidable (si vous manquez cette occasion de rencontrer un texte universel servi par un Laurent Terzieff plein de passion et d’ironie, il ne vous restera plus qu’à vous rendre à Marseille au théâtre de la Criée où Schiaretti produit son spectacle du 23 au 29 janvier 2010).

Je vous la fait brève : Philoctète, héritier de l’arc magique d’Héraklès, était parti en guerre contre Troie. Il a été mordu par un serpent et sa plaie est une gangrène terriblement puante. Ses compagnons excédés et menés par Ulysse le rusé, l’ont abandonné sur l’île de Lemnos, déserte. Dix ans sont passés et voilà qu’un oracle annonce que Troie ne sera vaincue que par les flèches d’Héraklès. Damned ! Il faut qu’Ulysse aille convaincre Philoctète qui le hait de revenir combattre avec les Grecs. Il charge Néoptolème, le fils d’Achille, de convaincre le vieux ou de le tuer pour s’emparer de son arc. Loyauté ou trahison ? Sacrifice des valeurs pour satisfaire un collectif qui dit pouvoir changer le monde ou fidélité au père magnifique pour sauver l’image qu’on a de soi ? Héros de l’ombre ou héros de la lumière ? Héros réel inaccessible ou héros mythique que seul l’art peut abriter ?

Avoir vu cette pièce, en entendre parler avec l’intelligence affutée d’un Michel Wieviorka, la subtilité profonde d’un Christian Schiaretti, la verve un tantinet académique d’un Alain-Gérard Slama ou la simplicité directe et puissante d’un Jean-Pierre Siméon assaisonnée d’une pointe d’hellénisme universitaire à la Pascale Grillet-Dubois, le tout sous la houlette animatrice de Gérald Garutti de l’ENSATT : un régal !

Bref, je sortais de Lyon 2 la tête dans les étoiles. J’étais ravi. L’arc magique de Siméon & Schiaretti avait ré-enchanté le monde malgré Slama. J’étais convaincu que les héros ne pouvaient exister que méconnus. Je me disais, plein d’espoir, que c’était peut-être vous, ou toi, ou elle. Même moi je pouvais en être (si je me décide à rester au PS) !...

Je rêvais, sublîme : le CO2 et le pétrole étaient troyens, Sarkozy avait des airs d’Ulysse et Besson l’escortait en chœur antique, Néoptolème s’appelait Hirsch, les Justes inconnus du siècle dernier étaient des héros et Delors ressemblait à un Philoctète que même Héraklès n’avait pu convaincre.

J’en étais là quand, bien à l’abri, j’ai ouvert la radio pour entendre jusqu’à la nausée les gémissements médiatiques sur le sort du héros des jours : Johnny sous coma artificiel. L’enfer !

Le chœur people est en larmes. Les assureurs de spectacle sont aux abois. La voix de l’omni-président est couverte par celle de Line Renaud et de Patrick Bruel (c’est dire dans quel état lamentable se trouvent les prétendants d’Hélène) ! Le héros national est belge et fatigué. Son butin dort dans un pays d’accueil plein de muezzins déçus et de banquiers secrets. Ulysse et son Besson funèbre chantent la terre et les morts de Barrès.

Allumer le feu…

… brûler mon poste de radio et ma télé et mes journaux et le bec, alouette.

Jean-Paul Schmitt

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[Edit JYS]:

Pierre Deloche

C’est avec une très grande tristesse que nous apprenons la disparition du chorégraphe Pierre Deloche. Depuis la Maison Ravier, avec sa compagnie, il développait inlassablement un travail toujours centré autour d’une très grande humanité. J’avais souvent parlé ici des « créations Civiles »  que Pierre Deloche proposait sur la Place des Terreaux. Beaucoup de Lyonnais connaissaient Pierre Deloche au travers les défilés de la Biennale de la Danse qui associaient le monde du handicap. Pierre Deloche était inséré dans un réseau européen dynamique et de Londres à Varsovie on connaissait son travail. Les lyonnais et les habitants du 7ème arrondissement perdent aujourd’hui un artiste engagé dans la cité et un ami. J’adresse à sa famille et à ses proches mes plus sincères condoléances.

20/08/2009

S comme « Sixties »

thumb_S_2.jpgSi jusqu’à présent, vous fondiez votre connaissance de l’effervescence hippie des années soixante à partir des œuvres de Johnny Hallyday, Maxime Le Forestier ou de « Hair », il est grand temps de passer à autre chose ce d’autant que l’on commence à mesurer l’importance de cette période 1966-1968 et à évaluer les imbécilités véhiculées depuis à son propos.
La lecture de deux ouvrages s’impose donc pour mieux connaître ces quelques mois plus funestes que l’on se plait souvent à croire. Le premier, « Les Diggers », écrit par Alice Gaillard fait le point sur cette courte période qui va perturber sévèrement le quartier de Haight Asbury à San Francisco en centrant son étude sur l’un des mouvements les plus intéressants né dans les mid-sixties californiennes. Le second est un recueil de chroniques de la journaliste (Gonzo !) Joan Didion que Grasset vient opportunément de traduire et qui concerne bien des affres de l’Amérique de l’époque.
Alice Gaillard, l’auteur de cette petite saga des « Diggers », groupe radical et utopiste qui fût la principale composante de l’agitation hippisante de ces sixties retrace avec précision et sens de la perspective un mouvement largement ignoré de ce côté de l’atlantique et inspiré par Emmett Grogan. Partisans de ce que l’on appellerait aujourd’hui le théâtre de rue, maîtres de l’agit-pop , les Diggers, loin du cliché hippies colporté jusqu’ici par la grande presse était une sorte de réseau actif et solidaire, en particulier par la mise en place de soupes populaires, mais aussi une sensibilité utopiste et alternative majeure dans l’histoire de la contre-culture américaine née dans les années soixante. Ce petit livre efficace et documenté de Alice Gaillard est accompagné d’un DVD du documentaire co-écrit par l’auteur et intitulé « Les Diggers de San Francisco », façon utile et agréable d’accompagner ou de précéder la lecture d’un bouquin publié aux Editions de l’Echappée.
Avec la publication des chroniques de la journaliste Joan Didion publiées par Grasset on couvre une période beaucoup plus ample (1965 – 1990). Cette pionnière du « nouveau journalisme » y décrit, parfois de manière quasi chirurgicale, cet underground californien avec son lot de drogue, de violences et d’errance de ce qu’elle nomme « les enfants perdus ».
Johan Didion.gifLoin de la légende douce-heureuse du flower-power, Joan Didion nous conduit en apnée vers un haight-Asbury qui ressemble parfois à l’enfer pour des mômes perdus. Le grand intérêt de ces chroniques est également de nous entraîner à la découverte, en direct « live », de l’Amérique de Charles Manson, de Jim Morrison, des Black Panthers et à la rencontre d’un John Wayne à l’article de la mort. Celle d’un monde, si ce n’est à la renverse, au moins à la bascule qui s’abîme aussi aux confins du New York de la fin des années quatre-vingt.
Bref une plongée incomparable dans les recoins parfois très noirs de la mythologie américaine au travers de textes écrits à chaud par une exceptionnelle journaliste. Un vrai témoin.
> Alice Gaillard, « Les Diggers, révolution et contre-culture à San Francisco (1966-1968) », Editions l’Echapée, 20 euros, CD compris.
> Joan Didion, « L’Amérique (1965-1990) – Chroniques », Grasset, 19 euros.

Lannemezan, le 20 août 2009.

06/03/2009

Suisse Air

johnny.jpgAprès moultes hésitations entre la Belgique et Monaco, on s’en souvient, Johnny Hallyday avait décidé de s’installer en Suisse afin de gonfler ses poumons du bon air helvète. Fort de la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy certains imaginaient tout de même que, pris de remord, notre rocker pourrait rapatrier famille et boite à coucou sur le territoire national. Déception. L’affreux Jojo du Sarkozysme confirmait que son avenir était à Gstaad.

Cette semaine notre contribuable suisse vient de refaire un come-back bruyant dans l’actualité. Hallyday proteste maintenant contre le régime fiscal qui lui est imposé dans la confédération tout en précisant « je suis d’accord de payer des impôts, mais il y a une limite ». Comme argument Hallyday indique au journal Le Matin, « Avec ce que j’ai payé dans ma vie, j’aurai pu faire vivre plusieurs familles pendant des générations ». En attendant le pauvre Hallyday est taxé de 900 000 francs suisses par an ce qui manifestement le peine mais dans le même temps il vient de réaffirmer son souhait de demeurer en Suisse car en France, nous dit-il « on ne peut plus exprimer ce qu’on pense. C’est terrible. On est taxé sur ses opinions. Pour un pays qui proclame liberté, égalité, fraternité, ça me surprend. Mais elle est où la liberté, là ? » Sarkozy devrait apprécier !

Qu’un chanteur belge, qui gagne quelques fortunes en France finisse par atterrir en Suisse tout en demeurant insatisfait pose problème. Afin de sortir par le haut de cette difficulté je propose que Johnny se tourne le plus rapidement possible vers Charles Aznavour. Le chanteur français, résidant lui aussi Helvète, vient d’être nommé ambassadeur d’Arménie auprès de la Suisse.

Je suis certain que sur ce coup là, Aznavour peut intervenir auprès de la République d’Arménie pour que Jojo devienne résidant du côté de Erevan et, côté air pur, pour peut qu’il installe son chalet au bord du lac Sevan, Aznavour peut garantir à Hallyday une paix royale et de l’air pur. Quant à la taxation des résidants étrangers en Arménie, c'est à lui de voir....

Lyon, le 6 mars 2009

Photo:DR

20/12/2008

Palmes 2008 - # 3

250_375_haring.jpgParmi le faible nombre d’expositions fréquentées cette année un coup de chapeau s’impose tout d’abord à Thierry Raspail pour la magnifique rétrospective Keith Haring au Musée d’Art Contemporain de Lyon. A ce propos j’ai oublié hier d’évoquer le somptueux catalogue édité par Skira. Dans la même veine, même si je garde un beau souvenir de l’exposition Rancillac proposée à Saint-Etienne il y a quelques années, l’exposition « Figuration narrative » des Galerie nationales du Grand Palais valait le déplacement. De manière très connexe j’ai pu me procurer à cette occasion l’invisible livre de Bernard Rancillac, « Le regard idéologique » (Somogy) au prix révolutionnaire de 6,5 euros qui regroupe des textes écrits dans la deuxième partie des années soixante-dix. Cet été, à Londres, en visitant la superbe « National Portrait Galery », j’ai pris la décision de me servir désormais à la pompe que chez BP, le pétrolier, via sa fondation, proposant le « BP Portrait award », une délicieuse expo dont Total devrait s’inspirer.

Plus en amont dans la saison, il convient de saluer aussi le Musée des Beaux Arts de Lyon pour avoir initié une magnifique exposition sur le dessin cornaquée, entre autre, par Jean-Luc Nancy sans oublier le Musée de l’Imprimerie qui était l’hôte, en début d’année 2008, de collections de chromos superbes à faire fondre en larmes de joie nos grand-mères .

En consultant rapidement mon agenda 2008, je me suis dit que cette année finissante n’était probablement pas à marquer d’une pierre blanche en ce qui concerne les concerts. Des piètres pitres de Babyshambles aux tristes et prévisibles ZZ Top les occasions de s’ennuyer en concert furent nombreuses. Quatre concerts remontent à la surface de ma mémoire. Alain Bashung à l’auditorium Maurice Ravel, Cat Power aux Nuits de Fourvière, Suzanne Véga à la salle Molière et Neil Young à la Halle Tony Garnier. Je sais c’est bien peu de choses mais on nous annonce entre autre pour 2009 Lou Reed, Bruce Springsteen, … et Johnny Hallyday (je plaisante !).

Lyon, le 20 décembre 2008

 
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