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12/08/2010

P comme "Perron de l’opéra"

P 1.jpgFumée de cigarette. Et jazz. Dedans et dehors. Notes tremblées qui montent à l’assaut de l’Hôtel de Ville où, écrasés de chaleur, on attend les vacances en triturant des dossiers. Des lambeaux de triples croches s’accrochent aux crépis des façades de la place. La mousse des bières fraiches chuchote du Count Basie. Sur la place Pradel le disque d’Ipousteguy, rayé d’eau, joue du Labbé : « permet m’amour penser quelque folie ». Les skates claquent sur les dalles et leurs raclements scandent des rythmes free.

Les amis se sont retrouvés sur le perron de l’opéra ce soir d’été. Discussions passionnées et sourires échangés. Un homme seul aux cheveux blancs rêve d’ailleurs enfouis dans les plis du temps. La lumière se teinte d’orange en s’infiltrant dans la trame des grands rideaux. Elle coule discrète entre les tables et dessine sur le sol les découpes dansantes de Matisse.

La mousse me dessine des lèvres blanches et amères. La lanterne rouge attend son heure.

Perron de l'opéra.jpg

Perron de l’opéra, acrylique sur toile, 50x65 cm

Jean-Paul Schmitt.

27/11/2009

« Tutu »

Tutu.jpgDans trois semaines, le 22 décembre, Marcus Miller se produit sur la scène de l’auditorium de la Part Dieu en recréant le mythique album de Miles Davis, « Tutu », un des symboles avec « We want Miles » de la dernière période du Maître et du retour en studio après ses problèmes de santé. Le jazz Funky de Miles part alors vers la conquête du très grand public en compagnie de jeunes inconnus du nom de Mike Stern, Mino Cinelu et du bassiste Marcus Miller qui deviendra peu à peu l’une des chevilles ouvrières de la magnifique machine conduite par Davis. En quittant Columbia pour Warner, nous sommes en 1986, Davis va proposer ce « Tutu » hommage à Desmond Tutu l’archevêque anglican de Cape-Town qui a reçu le Nobel de la Paix deux ans auparavant. Miller est aux manettes, crédité à la composition puisque Davis est en conflit concernant les droits de ses propres compositions, veillant au grain en ce qui concerne les arrangements, le bassiste laissant le soin à Miles de poser sa trompette sur la magnifique mécanique usinée également par George Duke, Adam Hozman, Bernard Wright, Omar Hakim et quelques autres.

C’est l’équipe de « Jazz à Vienne » qui est à l’initiative de ce concert lyonnais qui nous permettra quelques mois après son passage au dernier festival viennois de revoir Marcus Miller sans SMV.

Avec cette fois-ci Miller le jazz de Miles toujours réinventé avait alors pris très nettement un nouveau virage aux accents et sonorités neuves. Même si nombre d’amateurs de Davis continuent de considérer cette période comme secondaire dans l’œuvre du génial trompettiste, je ne peux qu’inviter les jeunes générations qui parfois méconnaissent l’œuvre de Miles Davis à écouter ce jazz fusion des années quatre-vingt qui baigné de synthétiseurs et parfois même d’échantillonnages devrait leur aller droit au coeur.

Marcus Miller avait été l’un des artisans de ce énième virage de Davis, l’homme qui faisait reculer depuis des décennies les limites du jazz. Le 22 décembre le talentueux bassiste nous proposera donc une nouvelle vision de « Tutu ». Je voulais vous en parler dès aujourd’hui car il n’y aura probablement pas de places pour tout le monde.

  • « Marcus Miller Tutu », Mardi 22 décembre 2009, 20h30, Auditorium de Lyon. Renseignement et réservations au 04 78 95 95 95 et sur www.auditorium-lyon.com

Lyon, le 27 novembre 2009.

09/08/2009

M comme « Melody »

M 2.jpgIl y a quelques mois atterrissait dans les bacs, souvent à des prix hyper-concurrentiels, le premier disque d’une suave ricaine inconnue au prénom prémonitoire de « Melody », Melody Gardot. Ce premier enregistrement, « Worrisome heart » édité en France avec des délais peu raisonnables avait le grand tort d’arriver par chez nous au terme d’une période d’overdose de filles jazzy plutôt formatées. Suivez mon regard …

Cette jeune chanteuse belle et cabossée suite à un terrible accident de la circulation du côté de Philadelphie mérite pourtant plus que le détour et sûrement pas le fait d’être réduite à une anecdote. Son second disque « My one and only thrill » paru au début de l’été devrait être, porté par une superbe voix et un savant mélange de jazz et de folk, un véritable tremplin pour la belle Melody qui, croyez-moi, devrait devenir un phénomène suite à son Olympia de novembre prochain.

A condition que la légende qui la précède (longues jambes, séductrice et dévoreuse, accro Sôka Gakkaï…) et que l’accident qui hâtise l’intérêt des médias pour une belle blonde marchant avec une canne ne viennent transformer Melody Gardot en bête de cirque, je vous assure que l’américaine est une magnifique chanteuse magnétique, en aucun cas le énième avatar de Diana Krall. La révélation de l’hiver prochain.

Depuis que son annonce historique de devenir citoyenne française fait le buzz, « la Gardot » devrait aller aguicher Eric Besson histoire d’être dans ses papiers. Profitez de cet été 2009 pour écouter Melody Gardot, peut-être que dans un an, en 2010, on en aura ras-le-bol ?

Amsterdam, le 9 août 2009.

21/06/2009

After

J’évoquais il y a quelques semaines l’édition 2009 de « Jazz à Vienne » qui se présente avec son lot habituel de stars confirmées, de révélations mais aussi de rendez-vous propres à faire saliver les amateurs. Même si le navire amiral de « Jazz à Vienne » est le Théâtre Antique, on ne peut résumer l’évènement à la seule grande scène. Quelques mots donc pour vous donner envie de fréquenter d’autres lieux à d’autres moments c'est-à-dire d’autres facettes de ce qui demeure le plus grand rendez-vous jazz en France.

Après les concerts du Théâtre Antique, le « Club de minuit » demeure un lieu privilégié pour assister à des prestations « live » de jeunes talents qui, pour l’essentiel, constitueront des Têtes d’affiche de demain. Cette année la présence de la contre bassiste américaine Esperanza Spalding, du pianiste turc Murat Oztürk et de Baptiste Trotignon Quintet démontrent assez bien le niveau très élevé de ce « Club de Minuit » qui propose une dizaine de soirées tout au long du festival.

Avec « Jazz Mix », l’autre rendez-vous très prisé de « Jazz à Vienne », on change de couleur puisque jazz et musiques actuelles y font bon ménage.

Cette année Pierrick Pedron et Tigran Hamasyan s’y produiront (7 juillet), l’électro-jazz allemand « Jazzanova » le 4 juillet ainsi qu’en ouverture le 29 juin la fanfare de la Nouvelle Orléans, « Hot 8 Brass Band » pour un hommage très attendu au Label Tamla Motown.

Les after ne doivent pas conduire ceux qui se couchent comme les poules à boycotter les évènements en marge de la programmation officielle. C’est ainsi que presque chaque jour, aux alentours de 16H les Big Bands des Universités françaises, américaines et australiennes font vibrer les Jardins de Cybèle.

Pour en savoir plus sur le « Club de Minuit », « Jazz Mix », « Les jardins de Cybèle », « Jazz Parade » et les concerts du « Radisson SAS Hôtel » de Lyon, contactez www.jazzavienne.com, sachant que pour l’essentiel ces rendez-vous sont gratuits.

Lyon, le 21 juin 2009.

03/05/2009

Festivals

academie_2009.jpgLe temps des festivals pointe à l’horizon et avant le grand rush estival voici quelques rendez-vous d’avant saison qui méritent d’être signalés histoire de traverser en musique ces mois de mai et juin bornés de ponts et de week-end prolongés. Nous reviendrons en juillet sur ces évènements qui rythment l’été européen mais je voudrais dès à présent m’étonner du fait que « Les Nuits de Fourvière » ne trouvent rien de mieux à faire que de programmer des concerts de jazz au moment ou « Jazz à Vienne » battra son plein. Une première pour le moins inélégante qui, osons l’espérer, ne sera qu’un petit « couac » sans lendemain.

  • 6 mai, Le « Fair tour » passe par Strasbourg avec Moriarty,

Rodeo et Narrow Terence. www.lefair.org

  • 9 mai, Les « Nuits botaniques » de Bruxelles accueillent Andrew Bird et Abd Al Malik. www.botanique.be
  • 15 mai, Dave Holland Quintet invité à « Jazz For Ville » (Alfortville) renseignements au 01 58 73 29 18 et sur www.poleculturel.fr
  • 20 mai, Carl Craig, Laurent Garnier, Matmos, François Virot aux « Nuits Sonores » de Lyon www.nuitssonores.fr
  • 27 mai, « Europavox Festival » de Clermont Ferrand avec Olivia Ruiz www.europavox.com
  • 31 mai, Rodolph Burger, Rachida Taha et Rubin Steiner à Sainte-Marie-aux-Mines pour le Festival « c’est dans ma vallée ». renseignements au 03 89 58 33 10 et sur www.cestdansmavalles.com
  • 19 juin, Le « Sonar » barcelonais propose en tête d’affiche 2009 Grace Jones et Orbital ainsi qu’une kyrielle de formations. www.sonar.es
  • 26, 27, et 28 juin, «Y Salsa Festival » sur l’Ile Barbe avec entre autre les Cubains de Orquestra Aragon.
  • 27 juin, soirée d’ouverture de « Jazz à vienne » avec Youssou N’Dour, Oumou Sangaré et Hank Jones. Informations au 08 12 70 20 07 et sur www.jazzavienne.com

Dès le début juillet il conviendra de planifier nos sorties estivales mais aussi de compter nos sous puisque entre le Main Square Festival (Pass 4 jours à 175 €) et les Eurockeennes (Pass 3 jours à 85 €) le régime minceur de votre portefeuille ne sera pas le même. Voici tout de même quelques-uns des rendez-vous qui méritent considération.

« Jazz à Vienne » du 27 juin au 10 juillet (Youssou N’Dour, Martial Solal, Stanley Clarke et Marcus Miller, Seal, Wynton Marsalis…)

« Rock Werchter » du 2 au 5 juillet à Werchter-Rotselaar (Belgique) avec Oasis, Placebo, Emiliana Torrini, Coldplay, The Streets, Nick Cave… (Pass 4 jours à 169 €)

« Montreux Jazz Festival » avec Oscar D’leon, Steely Dan, Klaxons, Lily Allen, Lauryn Hill, Solomon Burke, John Fogerty, Seal … du 3 au 18 juillet.

« Les Eurockeennes » (Belfort) du 3 au 5 juillet avec Peter Doherty, Prodigy, The Tings Tings, NTM …

« Festival de Nîmes » du 7 au 27 juillet avec Alela Diane, Metallica, Frantz Ferdinand, The Virgins…

« Les Francofolies » (La Rochelle) du 10 au 14 juillet avec Dick Annegarn, Hug Coltman, Sophie Hunger, Thomas Fersen, Cocoon…

« Les vieilles charrues » (Carhaix) occasion unique d’admirer Bruce Springsteen sur scène puisque en raison des travaux la date prévue à la Halle Tony Garnier est annulée.

Du 16 au 19 juillet, Bruce Springsteen, the Killers, TV on the Radio, Charlie Winston…

« Paleo Festival Nyon » (Suisse) avec Placebo, Sophie Hunger, Gossip… du 21 au 26 juillet.

Lyon, le 3 mai 2009.

01/05/2009

Maurice Dommanget

9782915378238FS.gifIl m’arrive assez souvent de relever la parution, chez l’éditeur marseillais « Le mot et le reste », d’ouvrages consacrés à la musique rock et jazz. Aujourd’hui, car nous sommes le 1er

Mai, je voulais vous signaler, écrit par l’historien Maurice Dommanget, l’existence chez ce remarquable éditeur du seul livre, à ma connaissance, consacré au 1er Mai.

Maurice Dommanget, depuis sa disparition au milieu des années soixante-dix, connaît un relatif anonymat. Inutile de dire que la chose est à la fois injuste et fort regrettable puisque avec Dommanget on côtoie, non seulement un grand spécialiste de l’histoire sociale et de la gauche française mais aussi un authentique pédagogue engagé qui a produit des études et des monographies qui mériteraient de vivre une seconde existence. Les Editions « Le mot et le reste » en republiant cette « Histoire du 1er Mai » mais aussi « Histoire du drapeau rouge » montrent le chemin et, espérons-le, l’envie à d’autres éditeurs de s’engager dans une véritable campagne éditoriale visant à rendre accessible une œuvre qui dépasse la quarantaine d’ouvrages et dont, me semble-t-il, seule la réédition du « Curé Meslier » est actuellement disponible (Coda éditions).

Dommanget était loin, très loin, d’être un homme du sérail universitaire. Instituteur mais surtout syndicaliste, l’auteur de « l’histoire du 1er Mai » était, comme ceux de sa génération un homme profondément engagé politiquement. Un socialiste, un communiste mais aussi, très tôt un « anti-Stalinien ». Adhérent du PCF dès 1920, Secrétaire Général de la Fédération Unitaire de l’Enseignement, Dommanget va rompre en 1930 avec un Parti Stalinien auquel in ne cessera de s’opposer en animant notamment ce qui allait devenir la tendance « Ecole Emancipée » dont il sera un des initiateurs en 1944.

  • > Maurice Dommanget, « Histoire du 1er Mai », Le Mot et le reste, 25 euros
  • > Maurice Dommanget, « Histoire du drapeau rouge », Le Mot et le reste, 25 euros
  • > Maurice Dommanget, « Le Curé Meslier », Coda Editions, 39 euros

 

Lyon, le 1er Mai 2009

28/02/2009

Le jazz de Nabe

ALBERT AYLER.jpgLe dilettante réédite deux textes de Marc-Edouard Nabe autour du Jazz. Le premier, « La Marseillaise » remonte à 1989 et est consacré Albert Ayler. Le second, « Nuages » est légèrement plus récent, puisque datant de 1993 ,et  tourne bien entendu autour de Django Reinhart, un musicien considéré par l’auteur comme « le plus grand jazzman non noir » (sic !).

Je crois que beaucoup de gens ne lisent pas Nabe uniquement pour des raisons idéologiques, le type ayant parfois des inclinaisons peu fréquentables. Autant le dire tout net, ils se privent ainsi d’un vrai plaisir de lecture. Les deux courts textes proposés aujourd’hui par le Dilettante, à un prix déraisonnable, valent donc plus que le détour.

Le premier est né des effluves festives et commémoratives du 14 juillet 1989, un jour, je cite, ou « la sale France a rendu l’âme, enfin ! Dehors » nous dit Nabe « ils croient se réjouir, les sans-culottes sans rien dedans, mais ils assistent, sans le savoir, à l’enterrement de la démocratie en personne ». N’étant pas très certain que Nabe puisse avoir quelque légitimité pour nous annoncer la mort de la démocratie, le lecteur préférera se perdre dans cette marseillaise d’Albert Ayler que Nabe décrit comme celle « des bébés, la marseillaise des croyants, la marseillaise des vivants, la marseillaise des loubards, la marseillaise des vaincus, la marseillaise des bourreaux. » Cet hommage ramassé à Ayler, cet « infatigable massacreur des faciles perfections » est du Nabe, tantôt pur sucre, tantôt pur porc, c'est-à-dire de quoi en fatiguer beaucoup, de quoi en ravir comme moi quelques-uns.

Le second texte, consacré à une belle évocation de Django est, sur une petite cinquantaine de pages, une histoire très revisitée de celui, nous dit Nabe, qui « peignait avec sa guitare ». « Django est un nuage » écrit au terme de son texte notre amoureux, « il est passé au-dessus du monde. Bien ouaté, tout en vapeur d’amour, il flotte dans le ciel inquiet, pour toujours ».

Ce terrible Nabe devrait toujours faire chanter sa plume, toute seule et tout le temps, comme la guitare de Django, histoire d’en finir avec cette idée qu’il ne serait pas, comme Django, un artiste maudit.

  • Marc-Edouard Nabe, « Nuage », Le Dilettante, 2009 – 9,90 euros.
  • Marc- Edouard Nabe, « La Marseillaise », Le Dilettante, 2009 – 9,90 euros.

Lyon, le 28 février 2009

Photo:DR

02/01/2009

Charlie Haden

Un cadeau pour un cousin amateur de jazz que vous n’aimez guère.

La corvée des réveillons est terminée et pourtant vous devez encore vous coltiner un repas de famille et ainsi rejouer la cérémonie des cadeaux. Parmi les invités, il y a ce cousin pénible et parfois sectaire qui ne jure que par le jazz le plus pur. Un cadeau s’impose pour lui. Il s’agit d’un magnifique disque de Charlie Haden intitulé « Rambling boy » (Emarcy Records). Pourquoi me direz-vous, si le disque du célèbre contrebassiste est si bon que cela, l’offrir à un type que l’on n’aime pas trop. La réponse est simple, car l’album en question est un authentique disque de country. De la country pur-sucre. Autant vous dire qu’une fois rentré chez lui pour écouter religieusement la nouvelle production de l’immense Charlie, la déception du cousin devrait être proportionnelle à l’attente et sa détestation à votre égard pourrait durer une bonne douzaine de mois.

Compagnon de route de Ornette Coleman, Keith Jarrett, Carla Bley, Pat Metheny et de bien d’autres, Haden, sous ses propres couleurs est titulaire de l’une des plus belle discographie du jazz. Le contrebassiste est en effet depuis les années soixante l’une des grandes références de la musique américaine. Très engagé à gauche Charlie Haden est par ailleurs l’homme de bien des combats et le célèbre « Liberation Music orchestra » unissant Haden à Carla Bley demeure une référence tout comme son « Song for che ». Mais revenons au cousin.

Avec « Rambling boy », Charlie Haden ou plutôt « Charlie Haden family and friends » signe un grand album de musique country en compagnie, pour ce qui relève de la famille, de Rachel-Tanya-Petra Haden et, pour ce qui concerne les ami(e)s, d’Elvis Costello, Bruce Hornsby, Rosanne Cash, Pat Metheny ou Ricky Scaggs. Il faut dire que cette incartade de Haden dans la musique des péquenots n’a absolument rien d’exceptionnelle. Haden vient de là, il vient de la bouze. Né dans un de ces trous dont l’Amérique a le secret, Charlie passe son enfance dans le Missouri. Là-bas sa famille organise dans une radio du coin une émission appelée « Haden family show » et dès l’âge de 22 mois le petit Charlie est de la partie. Le « Country and western » est donc la musique qui va bercer la jeunesse de celui qui se risquera à l’âge de vingt-ans à la contrebasse puis au jazz pour devenir le musicien que nous connaissons.

Cet album destiné au cousin, ou à qui vous voulez, est une petite merveille, loin, très loin de l’univers musical du Charlie Haden habituel et je vous jure qu’après avoir fait lors de la première audition la moue le destinataire de ce cadeau vous remerciera de l’offrande.

  • > Charlie Haden, Family and friends, « Rambling boy », Emarcy records, 2008.

Lyon, le 2 janvier 2009.

28/09/2008

Cash-cash

Les temps sont difficiles, non seulement pour les cafés et restaurants, mais aussi pour le spectacle. En fondant, le pouvoir d’achat provoque des difficultés pour les nombreuses salles qui accueillent des concerts. Les locations sont essoufflées, les annulations nombreuses, les salles rarement bondées. Comme à mon habitude, je vous suggère quelques concerts pour cet automne en sachant que dans la plupart des cas c’est votre portefeuille qui aura le dernier mot.

  • . 13 octobre, l’épatante Suzanne Vega passe par la salle Molière (1er arrondissement) dans le cadre de sa tournée unplugged. Une occasion rare de retrouver la talentueuse américaine.
  • . 28 octobre, le jazz fait son retour à l’auditorium (3ème arrondissement) avec le soutien de « Jazz à Vienne ». Le trio de Joshua Redman est une excellente entrée en matière sachant que Liz Mc Comb se produira en décembre pour trois dates avec l’Orchestre National de Lyon.
  • . 8 novembre, toujours à l’auditorium, Bernard Lavilliers fait étape à Lyon et ce concert très attendu devrait ravir les fans du stéphanois et convaincre les autres que Lavilliers sur scène est toujours un plaisir renouvelé.
  • . 14 novembre, après son magnifique concert à l’auditorium au printemps dernier, Alain Bashung nous revient, cette fois là à la Bourse du Travail (3ème arrondissement), avec la tournée « Bleu Pétrole ». A ne pas rater.

D’ici quelques jours je reviendrais sur l’activité de Mediatone qui programme au Ninkasi Kao un étonnant rendez-vous autour de leur groupe fétiche Fake Oddity mais aussi sur la programmation cousue-main de la formidable Epicerie Moderne de Feyzin.

Puisque j’évoquais les douleurs de votre porte-feuille, sachez que cette saison, à des dates encore nomades, Sir Pal McCartney et Metallica se produiront à la Halle Tony Garnier. En attendant d’en savoir plus, il convient de faire des économies.

Lyon, le 28 septembre 2008.

25/08/2008

Y comme y’a encore deux ou trois trucs à faire

174408017.jpgAujourd’hui pour la plupart d’entre nous c’est la rentrée. Sans trop en vouloir à celles et ceux qui poursuivent leurs vacances il reste encore quelques rendez-vous sympathiques. Pourquoi ne pas les y rejoindre ?
  • Du 26 au 30 août, « Jazz à Mulhouse » avec Barre Philips, Peter Evans, Axel Dörner. (www.jazz-mulhouse.org). Pass, 70 euros.
  • Le 2 septembre, Archie Shepp pour un « Jazz à La Villette »  qui accueille aussi Michel Portal (le 7) ; Erik Truffaz (le 9), Serge Tayssot-Gay et Tortoise (le 12).
  • Du 5 au 7 septembre, « Bestival » sur l’Ile de Wight (5ème édition) qui n’a rien à voir avec l’ancestrale et mythique manifestation du même nom programmée en Juin. Au programme de cette année My Bloody Valentine, Amy Winehouse (hips !), The Breeders, The Coral (acoustic Test), George Clinton. Pour en savoir plus www.bestival.net. Attention 163 euros le pass.
  • Les 12 et 13 septembre, du côté de Blayes-Les-Mines, « Summer rock Festival » avec Asian Dub Foundation, Tiken Jah Fakoly et quelques autres. Renseignements au 05 63 38 55 57 et sur www.rocktime.org.
  • Du 12 au 14 septembre à Larmer (Dorset) « End of the road Festival » avec Calexico, Mercury Rev, Kurt Wagner (de Lambchop) et des dizaines d’autres. 132 euros le pass. Renseignements sur www.endoftheroadfestival.com.
  • Du 16 au 21 septembre, « Scopitone » à Nantes avec Laurent Garnier, The Wombats, Ez3Kiel (www.scopitone.org)
  • Kill the Young et the Bishops dans le cadre du Festival des Attitudes Indépendantes (www.18enscenes.com et 01 43 41 17 11), le 18 septembre.

Je vous rappelle par ailleurs deux rendez-vous indispensables si vous croisez du côté de Perpignan et Marseille.

  • «Visa pour l’image » qui fête du 30 août au 14 septembre son 20ème anniversaire avec de nombreuses expositions (Paula Bronstein, David Douglas Duncan …) et un hommage à Jean-François Bizot et à l’Agence Sipa (autour de Mai 68). Renseignements sur www.visapourlimage.com
  • « Marsatac », du 25 au 27 septembre pour un été indien, rock et électro à Marseille avec Supergrass, Gilles Peterson, Laurent Garnier, The Notwist et beaucoup d’autres. Renseignements sur www.marsatac.com

Rendez-vous demain pour mon dernier billet de l’été.

Lyon, le 25 août 2008.

26/06/2008

Le retour des fils du parrain

285039481.jpg Après le concert de Neil Young d’hier soir, profitons de ce jeudi plutôt calme, pour réfléchir à la soirée de demain puisque Jazz à Vienne et Y Salsa ouvrent les hostilités le 27 mai. D’un côté Willie Colon à l’Ile Barbe pour un show qui devrait être mémorable mais aussi, et c’est là qu’est le problème, « Still Back, Still Proud, an African Tribute to James Brown » au théâtre antique de Vienne.
Nous parlerons d’Y Salsa festival demain mais force est de constater que la concurrence est sévère car jazz à Vienne avec ce spectacle consacré aux enfants américains (et africains) du Godfather disparu inaugure de manière magistrale son édition 2008. Ce « Tribute » à James Brown est la réunion du tromboniste Fred Wesley, ancien directeur musical de la formation du parrain et membre des JB’S de Bootsy Collins, et de Pee Wee Ellis lui aussi vieux compagnon de route de James Brown. Nos deux compères du Funk accueilleront pour un show tiré probablement à quatre épingles deux personnalités majeures de la musique de l’Afrique de l’ouest, Cheikh Lo et Simphiwe Dana.
Avec Maceo Parker, Fed Wesley et Pee Wee Ellis sont les authentiques représentants de la musique funk mijotée pendant plusieurs décennies par James Brown. Tromboniste issu du jazz et spécialiste du « phrasé pneumatique », Fred Wesley, qui jouera par ailleurs avec le Count Basie Orchestra, est non seulement un magnifique instrumentiste mais aussi un compositeur hors pair doublé d’un arrangeur de première. Chef d’orchestre et directeur musical de la formation présente à Vienne demain soir, Pee Wee Ellis est quant à lui le compagnon de scène du James Brown de la fin des années soixante et l’auteur de quelques perles devenues des classiques du Godfather comme « The Chicken » et « Cold Sweat ».
Entre la 28ème édition de Jazz à Vienne et la 5ème d’Y Salsa Festival comment éviter que le cœur balance. Demain je compte pourtant essayer de vous convaincre d’aller applaudir cet autre trombone de première bourre, Willie Colon, Cette fois-ci à Lyon.
 
Clermont Ferrand, le 26 juin 2008.

12/06/2008

Franchement Jazz

225579132.jpgC’est ce soir que le festival de jazz de Francheville entre dans le vif du sujet avec le sextet de Jean-Jacques Milteau c'est-à-dire l’assurance d’une très bonne soirée teintée de blues, de soul et de country-rock. A noter que pour les petits, l’harmoniciste virtuose donnera un concert cet après-midi : une heureuse initiative.

Vendredi 13, Hocus Pocus repasse par ici et son hip-hop quasi jazzy mérite le détour ce  d’autant qu’avec sa dizaine de musiciens nombre de spectateurs du Fort du Bruissin devraient découvrir et apprécier la formation montante du hip-hop français.

Samedi 14, les Londoniens d’Incognito avec leur Jazz-Funk énergique partageront l’affiche avec Blinks un groupe tourné vers le jazz électro.

Pour accéder au Fort du Bruissin, bus 30 depuis la place Bellecour (destination Francheville Findez) – Vendredi 13 juin, navette gratuite jusqu’à 1 heure (retour Perrache). 

 

Beaune, le 12 juin 2008

15/11/2007

Les téléchargeurs pas nets

medium_Robert_wyatt.jpgLa maison des Passages, située au 44 rue saint Georges dans le 5ème arrondissement, est sur le point, en assurant des programmations culturelles diverses et de qualité, de réussir son pari de reconversion entamé il y a quelques mois.

Jean-Philippe Ramos, saxophoniste émérite, grand amateur de jazz et fan le plus fidèle de Robert Wyatt se produit ce soir 15 novembre au « 44 » avec un spectacle intitulé « The chansons of Robert Wyatt.»

Puisque nous en sommes à parler de Wyatt, tout en vous recommandant son dernier album, « Comicopera », je voudrais vous livrer un extrait de son interview au Chronic’art du mois dernier. Au terme d’un long entretien, le mensuel branché demandait à l’ex batteur de Soft Machine devenu, rappelons-le, paralysé suite à une chute, « Pour finir, savez-vous que votre album est déjà disponible illégalement sur Internet, plus d’un mois avant sa sortie ? » « C’est un peu effrayant » répondait Wyatt « parce qu’en ce qui me concerne, je n’ai que ça pour vivre. Je n’ai pas d’autres sources de revenus. C’est flippant parce que nous avons déjà dépensé beaucoup d’argent pour faire ce disque, et nous y avons consacré beaucoup de temps. Alors si les gens écoutent la musique sans l’acheter, c’est foutu ! »

Alors, à ces nouveaux rebelles qui s’imaginent combattre le business en téléchargeant gratuitement, calmez-vous, car derrière la musique que vous aimez télécharger, sans nécessairement d’ailleurs l’écouter, il y a des musiciens et des auteurs. Quant à ceux qui téléchargent le dernier Radiohead en échange d’une contribution volontaire qui tourne paraît-il autour de 4 Euros j’avoue m’interroger sur leur comportement. Rassurez-vous tout de même je ne vais pas pleurnicher sur le sort de Tom York qui, aux dernières nouvelles n’a pas encore abandonné ses droits d’auteurs à Oxfam ou Greenpeace et encore moins ses énormes cachets aux nécessiteux. 

Lyon, le 15 novembre 2007.

30/09/2007

A love supreme

medium_John_Coltrane-A_Love_Supreme.jpgLe 17 juillet 1967, il y a donc 40 ans, s'éteignait John Coltrane, un cancer du foie ayant eu raison de celui qui était problabment le plus important musicien de jazz de l'après guerre mais aussi un perpétuel chercheur qui envisageait d'orienter sa musique vers de nouveaux horizons africains.

Cet anniversaire est l'occasion de nouvelles éditions de sa discographie, de la publication de traductions d'ouvrages importants sur Coltrane mais aussi, et la chose est suffisamment rare pour être saluée, de spectacles comme celui proposé mardi prochain 2 octobre par l'Espace Albert Camus de Bron.

"A Love Supreme - in memoriam John Coltrane" est une production de la Villette inspiré d'une nouvelle d'Emmanuel Dongala qui évoque, via les confidences et les souvenirs d'un barman new-yorkais, la musique de l'Amérique de Coltrane.

La jauge étant limitée et la représentation unique, je vous suggère de contacter au plus vite l'Espace Albert Camus.

 

Lyon, le 30 septembre 2007.

29/08/2007

Nouvelle-Orléans

medium_Nouvelle_orleans-jazz.jpgIl y a deux ans, le 29 août 2005, le cyclone Katrina s'abattait sur La Nouvelle-Orléans laissant derrière lui une ville dévastée, des quartiers populaires qui conservent encore aujourd'hui intactes des blessures béantes dont l'administration fédérale fait bien peu de cas. La municipalité, quant à elle, est au bord de la déroute financière, la ville ayant perdue plus de la moitié de ses habitants donc de ses contribuables. Les plus démunis n'ont jamais été autant démunis ni aussi nombreux dans une cité fantôme en proie à la pauvreté extrême et donc à la violence.

Ville délaissée, mémoire à vif, La Nouvelle-Orléans c'est aussi un immense patrimoine culturel en danger car la cité du jazz a bien des difficultés à se sortir des conséquences catastrophiques de Katrina, les musiciens étant les premiers à souffrir de cet abandon.

Beaucoup d'artistes apportent leur contribution solidaire aux musiciens de La Nouvelle-Orléans. C'est le cas d'Elvis Costello qui a signé un disque avec Allen Toussaint et les spectateurs de Fourvière étaient les témoins cet été de la formidable association du  Liverpuldien et du pianiste américain. Plus près de nous on ne peut que saluer le bon boulot effectué par Francis Cabrel mais beaucoup reste à faire même si globalement notre pays s'est plutôt mobilisé pour soutenir les musiciens et les écoles de musique.

On dit qu'aujourd'hui à La Nouvelle-Orléans, sur les 2500 musiciens qui exerçaient une activité professionnelle avant le cyclone, à peine 250 continuent de travailler.

Inviter des musiciens à se produire en Europe, leur proposer des résidences, faire venir des professeurs de musiques dans nos conservatoires, fournir des instruments de musique à La Nouvelle-Orléans, sont des actions concrètes qui pourraient se développer efficacement à l'échelle de l'Europe sachant que la ville berceau du jazz n'a probablement plus grand-chose à attendre de Washington.

Lyon, le 29 août 2007.

 
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