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24/05/2007

Attali parle

medium_Attali.jpgJe viens de trouver sur le blog de Jacques Attali ce texte étonnant quand on connait les rumeurs qui circulaient, il y a encore quelques jours, sur les relations supposées excellentes entre l'ex-conseiller de François Mitterrand et le nouveau Président de la République. A vous de juger.

" La monarchie quinquennale

L’élection présidentielle passée, personne ne s’interroge plus sur les résultats des prochaines élections législatives. Chacun accepte que la campagne qui vient de se terminer était aussi (sinon seulement) une campagne pour des élections législatives ; et chacun considère le résultat du mois de juin comme acquis : le parti du président s’en satisfait, évidemment, espérant rafler un nombre inédit de sièges, dans la foulée de l’élection de Nicolas Sarkozy ; la gauche elle aussi s’en contente et préfère se résigner à sa défaite plutôt que de choisir parmi ses dirigeants un candidat au poste de premier ministre en cas de cohabitation. Le président, appuyé par une majorité parlementaire très large, pour cinq ans, sera plus puissant que jamais.
Cette situation, dont la présence de Jean Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 avait masquée l’imminence, découle de deux réformes constitutionnelles très contestables : la réduction à cinq ans de la durée du mandat présidentiel et le report de l’élection des parlementaires après celle du chef de l’Etat.
Les conséquences en seront vertigineuses.
D’abord, les élus de la majorité, qui devront leur mandat au seul Président, ne pourront rien lui refuser. Ensuite, le Président, n’ayant plus la moindre tentation de dissoudre un Parlement à sa dévotion, ne sera plus, dès son élection, préoccupé que par sa réélection. Enfin, débarrassé de toute menace électorale nationale, il sera en situation de décider de tout, de nommer qui il souhaitera, à tout poste, même ceux qui ne sont pas, constitutionnellement, de sa compétence.
Nous n’entrons pas dans une 6ème république, mais dans une monarchie quinquennale.
Le Président pourra utiliser ce pouvoir presque illimité pour mener de vastes réformes, comme le fit François Mitterrand pendant les cinq premières années de son premier mandat, ou pour ne rien faire, comme le fit Jacques Chirac pendant les cinq dernières années. Dans les deux cas, l’opposition gagnera toutes les élections locales d’abord municipales, puis régionales, qui serviront d’exutoire, et perdra toutes les élections nationales. Comme si les Français considéraient que la droite était mieux placée pour gérer les enjeux stratégiques, et la gauche plus préparée à prendre en charge la gestion des problèmes de proximité.
Cette situation peut durer très longtemps ; et la monarchie quinquennale pourrait, sauf accident, devenir décennale…… "

 

> Lien vers le billet publié sur son blog "Conversations avec Jacques Attali"

02/05/2007

Delors, Royal, Bayrou et Nous

medium_Jacques_Delors.jpgA vous qui rêviez d’un gouvernement regroupant le meilleur du centre, de la droite et de la gauche. A vous qui souhaitiez que ce gouvernement puisse être présidé par un « Delors jeune », je vous livre quelques-unes des réflexions de Jacques Delors qui sera à coté de Ségolène Royal pour un meeting de fin de campagne demain à Lille.

Extrait du JDD du 29 avril 2007:

François Bayrou : « Je comprends que M. Bayrou veuille créer un parti démocrate et c’est logique qu’il pense à l’élection de 2012. Mais compte tenu de son diagnostic grave sur la France, on ne peut pas attendre. Cinq ans, c’est trop long ! Il y a urgence, c’est cela que je veux dire aux électeurs de François Bayrou : il faut se compromettre dès maintenant. »

Ségolène Royal : «  Ségolène Royal représente à mes yeux une conception du monde et de la société qui a toujours été la mienne. En deux mots, disons une société du respect et de la fraternité. Et puis c’est une personne qui a une vision, du caractère et de l’esprit de décision. Et que demande-t-on à un président de la République ? D’avoir une culture historique, une expérience du pouvoir, une compréhension de l’opinion publique. Je vous le dis ; elle a tout cela. » 

L’économie : « Je suis un partisan de l’économie de marché régulée, à la française parce que chaque pays a ses traditions. Ségolène Royal est dans le droit-fil de cette pensée, tout en sachant l’urgence de certaines situations, notamment sociales. C’est pourquoi elle ne promet pas la lune en matière de déficit. Le souci de la dette est là, il faut la réduire progressivement. Mais il faut aussi qu’elle puisse répondre aux impératifs d’une cohésion sociale retrouvée. Ce qui n’empêche pas de faire repartir l’économie. »

Nicolas Sarkozy : «  Il est quand même le candidat sortant ! Si la France est dans cet état, c’est bien à cause des gouvernements de droite dont il a été un membre éminent.

La droite française a l’habitude de sombrer dans le populisme, de pratiquer la politique chauve-souris : « je suis oiseau : voyez mes ailes ; je suis souris, vivent les rats » (pour reprendre la Fontaine). Cette droite est à la fois libérale et étatiste, européenne et d’un nationalisme étroit, compatissante dans le verbe et concrètement dure avec les faibles. » 

Lyon, le 2 mai 2007.

 
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