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19/11/2010

Irrespirable ?

ra_94.jpgC'est Denis Lafay, le directeur de la rédaction d'Acteurs de l'Economie qui rapporte dans le tout récent et dernier numéro de sa revue les propos d'un industriel concernant la guerre qui se mène pour le contrôle de la chambre de commerce. "Le climat dans la ville" nous dit le chef d'entreprise "est devenu irrespirable".

Denis Lafay n'est pas non plus le dernier à brosser un tableau préoccupant de l'ambiance qu'il croit être celle de Lyon alors que la CCI est en surchauffe électorale. "La gouvernance institutionnelle lyonnaise est lézardée" nous dit le journaliste. Pour illustrer son propos Denis Lafay indique que le "départ du Grand Lyon de Christophe Cizeron à l'été 2009, (le) remaniement du cabinet du Maire de Lyon, (le) flottement post-élections à la région, (les) rivalités des structures publiques internationales" comme la bataille consulaire actuellement à l'œuvre laisseront, précise le patron d'Acteurs de l'Economie, d'"irréversibles stigmates".

Contestable ou pas, dotée ou pas d'un trait trop dur, cette analyse est suffisamment nouvelle et inédite pour mériter l'attention qui convient. Même si de toute évidence les éléments de crise qui émergent ne convergent pas nécessairement notons qu'entre les coups qui volent bas ici, les contradictions motrices qui travaillent en profondeur là-bas ou les tendances centrifuges qui risquent de se manifester ailleurs en raison d'une gouvernance enivrée de solitude, les raisons de s'inquiéter sont bien réelles. Même si certains se rassureront en expliquant que Denis Lafay va un peu vite en besogne, force est de constater qu'un peu partout, respirer devient une épreuve. A suivre !

Lyon, le 19 novembre 2010.

29/06/2010

Rassurant

400px-Clara_Gaymard.jpgDans le civil Clara Gaymard est l’épouse de l’élu savoyard et ex-ministre, professionnellement elle est la patronne de la filiale française de Général Electric le géant industriel américain. C’est à ce titre qu’elle était dernièrement invitée aux « matins du journal Challenges » et les propos qui en ont été rapportés m’ont plutôt ravi. Pleine d’humour cette femme de 50 ans n’hésite pas à déclarer : « mère de famille outrageusement nombreuse, blonde, énarque, mariée à un politique, on peut dire que je les collectionne. » Mais la force de son propos tient à son analyse de la situation économique. Dirigeante d’une société qui réussit même pendant la crise elle se fait le chantre du développement industriel et déclare dans ses conclusions : « Un, la politique industrielle n’est pas un gros mot comme on pouvait l’entendre avant 2008 à Davos. Deux, le monde ne va pas vers moins d’Etat. Trois, le sens de l’histoire n’est pas un passage du secondaire au tertiaire comme on l’a longtemps cru : l’innovation ne peut se faire sans l’industrie. » Et elle est bien placé pour le dire au vu des résultats de son groupe. Evoquant la crise du capitalisme Clara Gaymard n’est pas tendre non plus : «  elle a prouvé que ce qui est légal n’est pas forcement moral ». Et d’afficher enfin un patriotisme économique qu’elle définit ainsi : «  Le vrai patriotisme économique ce n’est pas celui de la localisation du siège social ou de la nationalité des actionnaires. C’est celui des emplois sur le sol français ». Il faut dire que sur ce point GE a donné l’exemple dans les Yvelines, à Belfort ou au Creusot. Clara Gaymard nous tient au fond un discours somme toute rassurant qui révèle que même au cœur d’une société hyper mondialisée comme GE on peut s’éloigner de la pensée unique. Voila qui est agréable à entendre à la veille des vacances.

Philippe Dibilio

 
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