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08/05/2010

Mainstream

994191439.jpgComme certains d’entre-vous, c’est avec plaisir et satisfaction que j’avais dévoré, « De la Culture en Amérique » le précédent et assez novateur ouvrage de Frédéric Martel. Aujourd’hui, le même auteur nous propose « Mainstream » un livre sous-titré « Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde ». Cet ouvrage bien moins rigoureux que son prédécesseur demeure pourtant une lecture non seulement utile mais agréable. Au gré des voyages et des rencontres de Martel aux quatre coins du monde, l’auteur s’essaye à dessiner le panorama des industries créatives. Au cœur du bouquin de Martel figurent bien entendu en bonne place l’Amérique. En allant visiter Valenti, Geffen, Eisner, en parcourant Hollywood mais aussi Bollywood et Naccache, en s’intéressant au Prince Al Waleed, à Al Jazzera tout comme à l’aventure de Berry Gordy, la puissance américaine demeure pourtant au cœur de cette enquête mais la force de Frédéric Martel dans son nouveau bouquin est de nous entraîner aussi vers ces contrées que l’on désigne comme émergentes et qui sont déjà de solides machines à rêve et à divertissement.

Chichiteur, comme parfois il affectionne de l’être, le quotidien Le Monde a été une des rares publications à mettre un bémol à son enthousiasme indiquant, à juste titre d’ailleurs, que l’approche européenne est un peu le parent pauvre du bouquin de Martel. Cela étant, ne cachons pas notre joie, cette chevauchée dans les industries du divertissement concoctée par Frédéric Martel est épatante même si, de temps à autre, on a envie de laisser l’auteur interviewer tel ou tel de ses interlocuteurs sans nous. « Mainstream » est donc une lecture nécessaire et qui donnera la salutaire envie à ceux qui découvriront pour l’occasion l’auteur de se ruer sur son précédent ouvrage. Soyez-en certain.

« Mainstream » de Frédéric Martel, Flammarion, 22,50 euros

« De la Culture en Amérique » de Frédéric Martel, Gallimard, 32 euros.

Egalement disponible en Folio-Gallimard

Lyon, le 8 mai 2010.

17/04/2009

L'usine à rêve

hollywood.jpgPlus la crise se développe, plus les gens vont au cinéma. Telle est la conclusion assez générale des professionnels du Septième Art qui constatent, ici comme aux Etats-Unis, une augmentation sensible du nombre d’entrées en salles.

Les Sophie Marceau, Brad Pitt, Will Smith, Jim Carrey et Di Caprio seraient donc les nouveaux anti-dépresseurs des temps modernes, le dernier moyen pour oublier un quotidien qui se délite. La salle obscure, plus efficace et surtout moins chère que le cabinet du psy, serait donc en passe de redevenir une sorte de dispensaire des âmes, le moyen de rêver en couleur pour échapper à la grisaille.

L’intéressant dans cette affaire est que le phénomène est mondial. De Bombay à Tokyo, de Los Angeles à Strasbourg on constate la même tendance. Malgré d’ailleurs l’augmentation du prix du ticket moyen, les spectateurs se ruent au cinoche. Selon les historiens la tendance actuelle s’est déjà vérifiée lors de la grande crise économique de 1929. A l’époque, le public cherchait également à se changer les idées. D’ailleurs, comme aujourd’hui, le choix du spectateur se tournait  vers le divertissement mais pas uniquement. Les films dits « sérieux », voire même plus austères, permettant une sorte de meilleure compréhension du monde, tiraient leur épingle du jeu.

Je sais bien que certains, en lisant ce sympathique billet, se diront que le cinéma est le nouvel opium du peuple. Une manière de détourner les masses laborieuses de leur objectif historique. Une énième façon de rejouer l’endormissement du peuple. Ce qui me frappe par les temps actuels c’est surtout la réaction de certains « professionnels de la profession », comme le disait Godard, qui à l’annonce de cette embellie poussent déjà des cris d’horreurs. En vérité le tempo vient d’arriver d’Hollywood et plus particulièrement de la « Motion Picture Association of America » une côterie de lobbyistes qui nous dit que derrière ce nouvel engouement pour le cinéma une chose particulièrement terrible se joue, je cite, « donner encore plus envie aux gens de télécharger illégalement les films et d’acheter des DVD trafiqués ». Dan Glickman, le boss de cette association, déclarait même au Figaro, « il est urgent que chaque gouvernement légifère. C’est une priorité absolue ».

Je le savais bien. Derrière l’usine à rêve il y a toujours un cauchemar.

Hautes-Pyrénées, le 17 avril 2009

Photo:DR

 
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