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13/11/2010

Nostalgies

michel_drucker_0002_michel_drucker02.jpgVous vous posez peut-être la question de l’opportunité de cette fameuse Maison Sarkozyste de l’histoire de France que l’on veut imposer contre l’avis quasi général des historiens. Comme le dit ce pauvre Mitterrand, pour savoir si un projet est « novateur et ambitieux », il suffit de mesurer la controverse qu’il produit. Concernant la Maison en question, la critique est dans une forme tellement olympique, que, comme le dit Frédo, c’est à coup sûr un projet aussi génial que grandiose. Regonflé à quelques encablures du remaniement, le neveu va même plus loin puisque l’animateur de télé devenu ministre n’hésite pas à comparer le barouf fait par le projet Sarkozyste à ce que fut, en son temps, la controverse du Centre Pompidou ou mieux le Grand Louvre avec sa pyramide combattue férocement par toute la droite regroupée derrière le Figaro Magazine.

Cela étant l’histoire et la mémoire ne se sont jamais aussi mal portées dans notre pays depuis que Nicolas Sarkozy est président. De l’Afrique aux captations d’héritages historiques, le chef de l’Etat bouffe et rumine l’histoire, manipule avec déraison la mémoire, triture les pires choses du passé pour en faire les douceurs nostalgiques d’aujourd’hui.

Après le come back de Patrick Sabatier imposé par l’Elysée, le retour du prof de gym Pierre Sled bombardé à la direction de France 3 par le Président, la nostalgie mémorielle sera ce soir à son comble puisque Michel Drucker nous administre une nouvelle fois ses « Champs Elysées » qui attendaient dans le formol depuis quelques années. Ce soir on arrache notre goute à goute mémoriel, on débranche la télé.

Lyon, le 13 novembre 2010

Photo:DR

02/08/2008

L comme Livres (Histoire Universelle de la destruction des)

335701084.jpg« Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes », cette formule de Heinrich Heine est inscrite au frontispice de cette somme passionnante écrite par Fernando Baez, intitulée « Histoire Universelle de la destruction des livres », publiée par Fayard, un de ces éditeurs qui aime encore le travail bien fait.
Au cours des 500 pages, l’essayiste Vénézuélien nous entraîne de Sumer à la guerre d’Irak au fil des destructions de papyrus et de livres, dans les incendies et les massacres, de guerres en accidents, de désastres en terreur. Saccages de bibliothèques, inquisitions, censures, autodafés, cette sinistre histoire est conduite de main de maître par un érudit qui écrit avec clarté, efficacité et grand respect pour un lecteur qui peut à tout moment craindre d’être submergé par tant de connaissance et de faits.
Il aura fallu 12 ans de travail pour mener à bien ce travail de titan. La liste des remerciements suffit à comprendre l’entreprise et le croisement des réseaux mis en œuvre pour atteindre l’objectif. Intellectuel brillant, Baez est aussi une sorte de militant de la mémoire et de la conservation des biens culturels. Membre de nombreuses commissions internationales, Fernando Baez était présent dès 2003 à Bagdad pour évaluer les destructions. D’ailleurs son livre, qui fait basculer le lecteur dans les pires moments de l’humanité s’ouvre, contre toute attente, sur ce que Baez appelle l’énigme de Bagdad.
« Notre mémoire n’existe plus. Le berceau de la civilisation, de l’écriture et des lois est parti en fumée. Il ne reste que des cendres », tel est le commentaire d’un Universitaire Irakien que rapporte l’auteur dès l’introduction de son « histoire universelle ». Membre du Parti Baas, l’homme sera arrêté, laissant derrière lui une bibliothèque saccagée par les nouveaux maîtres de Bagdad. Justement, c’est au sud de l’Irak actuel, entre Tigre et Euphrate, que quelques milliers d’années plus tôt les premiers livres de l’humanité étaient apparus dans cette région de Sumer.
Destruction des poèmes d’Empédocle, papyrus d’Herculanum, censure contre Maimonide, Codex brûlés au Mexique, Révolution culturelle chinoise, Tchétchénie, attaques contre Joyce, nazis, pilon des éditeurs, tout ce qui concerne la destruction des livres ne peut échapper à Fernando Baez.
Comme le dit l’auteur au terme de cette formidable étude, « Le lecteur curieux de cette chronique de désastres pouvait-il imaginer que le XXIème siècle s’ouvrirait sur la mise à sac et la destruction du berceau de la civilisation ? » Cet aller-retour Sumer-Bagdad à travers l’histoire agitée de l’humanité est à lire.
Lyon, le 2 août 2008

08:50 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fernando baez, histoire, irak, bagdad, livres, fayard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/11/2007

Villeurbanne a de la mémoire

51e15d3b2f011ca8684ff84f68eb0a66.jpgAprès « Cinépolis » (2003), « Gratte-ciel » (2004), l’historien Philippe Videlier continue cette année avec « Usines » l’exploration de l’histoire et de la mémoire villeurbannaise.

Ce troisième titre de la collection « commune mémoire » publié par les éditions La Passe du Vent scrute plus d’un siècle de l’aventure industrielle et de la mémoire ouvrière de la cité rhodanienne. Des Charpennes à Bonneterre, du Front Populaire à la résistance, des véhicules électriques STELA aux Confiseurs Lamy en passant par les établissements Descollonges Frères et les Ateliers Delle, Philippe Videlier, comme il l’avait si bien réussi dans ses deux précédents ouvrages autour du cinéma et du quartier des Gratte-ciel, nous raconte Villeurbanne l’industrielle, l’ouvrière, d’une manière aussi rigoureuse qu’agréable.

Ce travail scientifique conduit par l’historien du CNRS est aussi le fruit de la rencontre avec le Maire Jean-Paul Bret qui, au terme du présent mandat municipal, est en passe de concrétiser un travail original et peut-être unique en France. En effet l’ouverture prochaine d’un Centre Villeurbannais Mémoires et Société devrait constituer un événement et une expérience majeurs dans le domaine de l’histoire et de la mémoire locale.

Le travail engagé par Philippe Videlier qui devrait se poursuivre, témoignant ainsi que historiens et élus peuvent utilement unir leurs forces, est une réussite. Le talent personnel de ce chercheur du CNRS compte beaucoup dans cette démarche, une raison supplémentaire pour féliciter l’équipe de Jean-Paul Bret de lui avoir donné les moyens d’initier cette expérience.

Philippe Videlier est également l’auteur de textes qui s’enracinent aux confins de l’histoire. Pour ceux qui voudraient, en complément de cette lecture d’ « Usines », apprécier l’échappée belle de Videlier en littérature, son deuxième livre édité dans la blanche de Gallimard est désormais disponible en Folio.

Lyon, le 19 novembre 2007.

03/09/2007

« Mémoire et Photographie »

medium_Affiche_Resistants_-_libération_de_Lyon.jpgLe 3 septembre 1944 Lyon était libéré. A l’occasion de l’anniversaire de la libération de Lyon, l’exposition « Mémoire et Photographie » sera présente dans les rues de Lyon jusqu'au 6 septembre.

21 portraits de résistants, morts pour la liberté, seront exposés sur le réseau d’affichage public de la Ville de Lyon.

 

04/08/2007

H comme Hucher (Philippe), le jazz en soixante-dix pages

medium_H.jpgPour deux Euros, la collection "Librio" livre régulièrement de très informés petits bouquins sur les sujets les plus divers qui se lisent dans les moindres recoins de notre quotidien. Dans les transports urbains, dans le train, une salle d'attente ou dans un square, il convient d'avoir toujours un de ces opuscules sur soi histoire de profiter de ces opportunités si précieuses qui se font parfois si rares.

Je regrette que depuis quelques temps l'éditeur E.J.L. ralentisse dangereusement la publication de titres relatifs à la musique, mais, ne boudons pas notre plaisir, avec la sortie du "Jazz" de Philippe Hucher, "Librio" renoue  avec la tradition (www.librio.net)

 Avant de dire deux trois choses sur ce petit bouquin, laissez-moi vous mettre en garde sur l'édition par Scali de deux premiers volumes d'un ensemble intitulé "Classic Rock" qui n'est en fait que la compilation d'ouvrages déjà édités par Librio mais cette fois-ci au prix unitaire de 24 Euros.

Revenons à ce petit bouquin qui, soyons clair, n'apportera pas grand-chose aux jazzophiles les plus constants. Par contre à ceux qui hésitent à se plonger dans des sommes parfois obscures qui relatent tel ou tel aspect de la musique de jazz, dévorez cet ouvrage qui vous permettra peut- être de vous plonger dans la découverte d'univers musicaux perçus parfois comme rebutants. Si l'on ajoute à cela la réédition en CD à prix réduits de la plupart des artistes et courants  évoqués par Philippe Hucher, le plaisir de fréquenter avec bonheur et à l'économie les chemins sinueux  de l'histoire du jazz s'offre à vous.

Pour celles et ceux qui croisent aujourd'hui au large de Toulouse ou Auch, sachez que "Jazz in Marciac" se termine, c'est peut être une occasion unique de faire vibrer vos oreilles. Contact, www.jazzinmarciac.com.

08:35 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Philippe Huchet, Jazz, Librio, EJL, histoire, Marciac | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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