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22/08/2009

S comme « Sorcières »

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Non je ne touche rien à chaque fois que je vous dis du bien des Editions Allia en particulier à propos de ces petits bouquins à 3 euros que l’on trouve désormais un peu partout. Le 16 juillet je vous invitais à lire « Chicago-ballade » de Hans Magnus Enzensberger cet opuscule consacré à Al Capone. Aujourd’hui je vous conseille une lecture encore plus étonnante, et je le crois assez inédite pour le public français, « Interrogatoires » de Dashiell Hammett c’est à dire la compilation sur tout juste quatre-vingt-dix pages des trois témoignages du grand écrivain devant la « Commission Mc Carthy » en pleine chasse aux sorcières.

Lire, tel quel, ces minutes ne vous apportera pas grand-chose au plan strict d’une meilleure connaissance des faits mais, et vous pouvez me croire, plonger dans ces interrogatoires nous immerge de façon terrible dans un contexte nauséabond, glacial et quasi chirurgical.

arton13308-d43e6.jpgVous le savez peut-être, Hammett, qui était à cette époque non seulement l’immense écrivain que nous fréquentons mais aussi une personnalité connue et reconnue, ne mégotait pas sur son engagement tant aux côtés des luttes pour les droits civiques que contre le franquisme et le nazisme. Suspecté, comme tant d’autres, d’être un des agents du « complot communiste », Hammett, à la fin des années quarante fût auditionné par la commission sénatoriale et la Cour d’appel du second district de New-York. Le petit bouquin, traduit et préfacé par Nathalie Bennat est à lire que l’on apprécie ou pas le roman noir.

  • > Dashiell Hammett, « Interrogatoires », Editions Allia, 2009, 3 euros.

Lannemezan, le 22 août 2009.

16/07/2009

A comme « Alfonso Caponi »

A3.jpg« L’étui à violoncelle s’ouvre, sur la doublure de velours d’un rouge vineux repose une mitrailleuse toute neuve. A l’aube grise, on découvre les cadavres : au cours de sa ronde, le laitier les trouve auprès des bouches à incendie, le lift boy dans le hall de l’hôtel, le magasinier dans le hangar, entre les bidons d’huile. »

C’est ainsi que Hans Magnus Enzensberger entame son « Chicago-Ballade », un court texte sous-titré « modèle d’une société terroriste » que les toujours épatantes éditions Allia republient plus de trente ans après sa première traduction en français. Dans ce petit ouvrage de même pas quatre-vingt-dix pages l’auteur s’attaque au mythe Al Capone, un mythe du XXème siècle. Cet Alfonso Caponi immigra en Amérique à l’âge de un an pour terminer en 1931 devant un tribunal. Onze ans de prisons pour non paiement d’impôts. Entre temps la gloire et le sang s’entremêlèrent, criminel mais surtout très fin négociateur Capone était, dit-on à la tête d’une fortune allant au-delà des 100 millions de dollars. Terminant son parcours au cimetière de Mount Olivet, on enterra en ce jour de 1947, un gangster, un mythe mais aussi très probablement la fin d’une époque.

Offrez-vous, pour 3 euros, ce petit bouquin sur Scarface.

9782844853059.jpg> Hans Magnus Enzensberger, « Chicago-ballade », traduction Lily Jumel, Editions Allia.

Lyon, le 16 juillet 2009.

 
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