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13/03/2010

Leur corps

Ouf ! Le concept de « Corps français traditionnel » n’est pas validé par l’un de nos meilleurs spécialistes de l’identité nationale, je veux bien entendu parler de Eric Besson. L’ancien de l’amicale de la Simca 1000, le beauf de Bolloré, le tout juste blanchi du financement paraît-il problématique du Parti Républicain, je veux parler de Gérard Longuet, le président de l’UMP au Sénat, ne pourra désormais plus mettre en avant sa lumineuse pensée. Pourtant le Longuet en question ne désarme pas. Il maintient que la lutte contre les discriminations serait plus efficace si elle était menée par un « non-discriminé ». Tout est donc dans le paradoxe. Au même titre que le groupe Bolloré, comme entreprise citoyenne, est le meilleur défenseur des africains, les charcutiers les meilleurs amis des cochons, Sarkozy le pote des ouvriers, il conviendrait donc de nommer à la tête de la Halde, non pas Malek Boutih, mais un de ces français de souche né à Neuilly ou dans le 16ème arrondissement, un bon catholique pratiquant juste nostalgique de la messe en latin, un de ces lecteurs du Figaro depuis quatre générations, adhérent respecté de quelques cercles parisiens particulièrement bien en vue, un hétéro sexuel si possible père de famille nombreuse ayant des amis juifs et francs-maçons…

Entre les déclarations de Longuet, les rots d’Eric Zemour, après la chasse à Ali Soumare entreprise par l’UMP grand-parisienne, la droite française est entrain de dangereusement se désinhiber au point, si elle n’y prenait pas garde, de devenir « un grand corps malade ».

NB:

Lyon, le 13 mars 2010.

30/09/2009

Si m’en croyez camarades…

Halde aux vieux!.jpgSi vous voulez avoir la nausée, lisez l’article de Mustapha Kessous dans le Monde du 24 septembre dernier. Il fait mal. Très mal. Il raconte le racisme ordinaire de la France d’aujourd’hui. Un racisme puant et auquel le qualificatif de franchouillard que souvent nous lui accolons est un doux euphémisme.

J’ai à l’esprit – et vous aussi certainement – d’autres exemples à ajouter à ceux, personnels et déjà trop nombreux, de «Monsieur Kessous» comme il a pris le parti de se présenter pour éviter, en disant son prénom, que ne se ferme une fois de plus la porte, et ce avant même qu’un regard soupçonneux ne vienne l’examiner au travers d’un judas. Le journaliste lyonnais du Monde termine son article en lettres lasses : «On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un «beurgeois», un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court».

Je vous avoue qu’à côté de cela, les âneries de la Halde - cette Haute Autorité chargée de lutter contre la discrimination - fustigeant les manuels scolaires parce qu’ils «véhiculent une image très négative des séniors», paraissent un brin dérisoire. D’autant que la HALDE appuie son éclatante démonstration sur ce beau poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose» !... Les sages (?) de la HALDE ne contribuerait-ils pas eux aussi, par leur gâtisme intellectuel, à propager une image très négative de ceux que l’on appelle les séniors dans la novlangue?

Tout aussi tiédasse, la rédaction de l’une des questions soumises au vote des militants du PS le 1er octobre prochain à propos de la diversité. Pour contribuer «à une meilleure représentation des diversités de la société française», le rédacteur explique qu’il s’agit de viser «l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…». Mettre cela sous l’intitulé « diversité » c’est plutôt fadasse. À force de vouloir toujours faire une synthèse genre grand écart, on se déchire les membres ou on se noie dans le soap opéra. Quant à prendre les employés du secteur privé (contrairement à ce qu’affirme la vulgate droitière, ils sont nombreux au PS) comme mesure de la diversité !?...

L’autre soir, un camarade noir m’a demandé : «Et on en voit combien des comme moi aux manettes nationales de la République ou du PS ?». J’ai vraiment eu du mal à lui répondre que nous étions en train de changer. Il a maintenant quelques boucles blanches et serrées sur les tempes, c’est un sénior comme moi.

J’ai envie de pasticher le poète :

Donc, si m’en croyez, camarades

Tandis que les partis paradent

En leur plus triste forteresse,

Forcez, forcez notre demande :

Arrachons-les à leur prébende

Car les ans passent et le temps presse.

 

Jean-Paul Schmitt

 
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