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24/04/2009

24 avril

peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

« Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

Peter Gabriel

Lyon, le 24 avril 2009.

Photo: DR

09/04/2009

Retour sur génocide

erevan.jpgComme à mon habitude, je saisie l’occasion d’un nouvel aller-retour express Lyon-Erevan pour vous dire quelques mots sur l’actualité de l’Arménie et des Arméniens.

Les ouvrages sur le sujet se multipliant depuis quelques mois il est réconfortant de constater que le public français, comme peut-être jamais, peut bénéficier d’une littérature sur le génocide des Arméniens variée et de qualité.

Tout d’abord, la traduction chez Denoël de « Un acte honteux », le livre de l’historien Turc Taner Akçam est un évènement.

Pour la première fois le public français peut appréhender le travail irréprochable effectué à partir des archives militaires et judiciaires de ce chercheur aujourd’hui contraint d’enseigner aux Etats-Unis. Avec une grande rigueur, Akçam démontre à son tour un processus génocidaire planifié par le gouvernement « Jeunes-Turcs », une machinerie criminelle qui débouchera en 1915 sur les massacres que l’on connaît. Inutile de dire qu’au-delà du travail scientifique de l’auteur, le fait qu’un historien Turc publie de tels travaux est d’une importance capitale en particulier quand on considère comment cette question du génocide travaille actuellement la société turque.

Dans un tout autre genre, « Erevan » le nouveau roman historique de Gilbert Sinoué est tout aussi important. Tourné vers le public le plus vaste, la saga tragique de cette famille arménienne racontée par Sinoué tout en étant le fruit d’une démarche purement romanesque n’en délivre pas moins les clefs essentielles pour comprendre l’histoire du peuple arménien. Nous sommes ici loin du travail de Taner Akçam faisant l’autopsie des archives ottomanes mais le souffle du roman de Gilbert Sinoué mêlant tout à la fois les larmes issues du génocide et la violence parfois utilisée pour sa reconnaissance fait de « Erevan » un livre passionnant qui raconte l’itinéraire des Arméniens victimes des premiers massacres de la fin du XIXème siècle jusqu’aux combats pour imposer un fait historique parfois nié.

· Taner Akçam, « Un acte honteux », Denoël, 25 euros.

· Gilbert Sinoué, « Erevan », Flammarion, 21 euros.

Erevan, le 9 avril 2009

24/04/2007

Jaurès et eux

medium_Jaures-fluo.jpgAujourd'hui, comme chaque 24 avril, nous rendons hommage aux victimes du génocide des Arméniens de 1915. Pour la deuxième fois, le rassemblement Lyonnais se tiendra Place Antonin Poncet, au pied de ce mémorial qui, chacun s'en souvient, a vu la droite lyonnaise mener de sordides batailles destinées à s'opposer à sa réalisation. A un moment où Sarkozy le démagogue en appelle à Jaurès, je voudrais rafraîchir la mémoire de ceux qui ont oubliés que Jaurès fut un ardent défenseur de la cause arménienne, un humaniste bref un socialiste.

C'est pendant l'été 1894 que vont se produire les premiers grands massacres des Arméniens commis par le Sultan Abdul Hamid. Ils ne sont en vérité que le premier maillon d'une chaîne de l'horreur qui conduira en 1915 le "gouvernement Jeune Turc" à mettre en œuvre un processus génocidaire.

Jean Jaurès quant à lui sera assassiné le 31 juillet 1914 mais dès les premiers jours de 1895, Jean Jaurès entamera, contre toute attente, sa lutte inlassable pour dénoncer les crimes contre les Arméniens. Dans la presse, à la tribune de l'Assemblée, le député de Carmaux dénoncera ces massacres et la haine nationaliste qui montait en Europe sous les yeux d'une politique étrangère française aveugle, sourde et aphone.

Agé de seulement trente-sept ans, Jaurès va avec courage et émotion, bouleverser la représentation nationale au point qu'un certain Proust, dans "Jean Santeuil", sous les traits du député Couzon, évoquera le combat de Jaurès pour la cause arménienne.

Dans son discours du 3 novembre 1896, à la tribune de ce que l'on nomme alors la Chambre des députés, Jaurès, avec un souffle et une puissance étonnante, sous les applaudissements de la gauche dit:

"le silence complet, silence dans la presse, dont une partie, je le sais, directement ou indirectement, a été payée pour se taire (applaudissements à gauche), silence dans nos grands journaux, dont les principaux commanditaires sont les bénéficiaires de larges entreprises ottomanes, mais surtout silence du gouvernement de la France! Quoi devant tout ce sang versé, devant ces abominations et ces sauvageries, devant cette violation de la parole de la France et du droit humain, pas un cri n'est sorti de vos connivences, et vous avez assisté, muets et, par conséquent, complices, à l'extermination complète."

 

La rumeur et le brouhaha monte alors des divers rangs de l'Assemblée, et le Président de la chambre interrompant Jaurès réplique,

"Il n'est pas possible, monsieur Jaurès, que vous adressiez au Gouvernement de la république des paroles qui seraient insultantes. Il n'est pas possible de dire qu'il a été complice d'un égorgement. Je vous engage à retirer cette parole". 

Sans commentaires. 

Lyon, le 24 avril 2007.

16/02/2007

Sur le départ

medium_Yerevan_nuit2.jpgCe matin, autour de Monsieur Rousset, recteur de l'université Franco-Arménienne de Erevan, briefing avec les étudiants qui vont se rendre à Lyon à l'occasion de la Foire International de Lyon en mars prochain. Je rencontre là des jeunes qui pratiquent un excellent français acquis le plus souvent en moins de trois ans et qui montrent une grande motivation et une véritable détermination. Leur formation en droit, en marketing et en gestion leurs permettront de mettre en contact des entreprises arméniennes et françaises, ouvrant ainsi des portes au très difficile développement de l'Arménie.

Vers 13h00, déjeuner de travail au lycée professionnel avec le directeur général de la SEPR et Monsieur Manzanares le président de l'association à l'origine du projet. Ce restaurant d'application de bonne qualité va permettre à de jeunes arméniens de maitriser les métiers de la restauration et de l'accueil.

En fin d'après-midi, visite au mémorial dédié aux victimes du génocide au cours de laquelle je constate comme il y a deux ans que les arbres plantés par Gérard Collomb, Jean Paul Bret et Monseigneur Barbarin sont en pleine forme.

Diner amical avec Roukas - un ami d'Erevan - dans un restaurant "branché" des hauts quartiers de la Ville.

Demain 4h00, départ de Erevan pour Lyon via Vienne...

Erevan, le 16 février 2007.

21/01/2007

Hrant Dink assassiné

medium_hrant_Dink.2.jpgSamedi, en fin d’après-midi, nous étions plus de 300, place Antonin Poncet, au pied du mémorial, pour rendre hommage au journaliste turc d’origine arménienne, Hrant Dink, assassiné à Istamboul la veille.

Celui qui était désigné comme une cible depuis longtemps est donc tombé tragiquement sous les balles d’un individu que l’Etat turc nous désignera, un de ces jours comme un illuminé, un nationaliste isolé ou un pauvre type.

En vérité le fondateur et animateur de l’hebdomadaire « Agos » se savait en sursis. « Mon état d’âme » disait-il « est celui d’un pigeon inquiet ». Comme de nombreux journalistes intellectuels et démocrates Turcs il avait été poursuivi au titre du sinistre article 301 qui traque ceux « qui insultent la nation et l’identité turque ».

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09:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Dink, Hrant, Arménie, turquie, arménien, génocide, instambul | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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