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10/10/2010

Amis catholiques

sarko.jpgAmis catholiques, c’est aujourd’hui dimanche et permettez-moi de vous interroger sur la façon dont le président s’intéresse à nouveau à vous. Mes Amis, je me demande donc quel effet cela peut bien faire que celui d’être dragué par Sarkozy. Il faut dire que le président doit particulièrement vous aimer à constater les efforts qu’il est entrain de produire pour vous séduire. Je ne sais pas si vous en avez conscience mais ce président déploie beaucoup plus d’activité pour vous reconquérir qu’il n’en avait développé à l’égard des paysans, une autre « catégorie », nous dit-on, qui, après les élections régionales, avaient échappé à la droite. Amis catholiques, la droite explique votre désamour à l’égard du président non pas à cause de la honteuse politique sécuritaire de l’été mais toujours par le fait que vous n’arrivez pas totalement à digérer ses errances bling-bling. Mieux, selon l’IFOP qui sonde votre âme pour le compte de la présidence, le danger, vous concernant, n’est pas tant de voter à gauche mais de vous abstenir. Pire, si l’on en croit les mêmes sondeurs, vous seriez de plus en plus de brebis égarées à ne plus hésiter à voter pour le Front National au point que parmi vous le vote pour Marine Le Pen serait particulièrement attractif. Amis catholiques qui ne semblez pas trop troublés par les agissements sécuritaires de Sarkozy mais qui doutez du comportement moral du président, j’espère que vous prenez conscience de la piètre image que vous offrez à la nation en restant de marbre face aux agissements de Hortefeux qui pourraient par ailleurs conduire certains d’entre-vous à déraper,le jour venu, face aux urnes.

Pendant que nous y sommes mes amis, si vous croisez Monseigneur Barbarin qui en ce moment bavarde beaucoup au point de donner des leçons au monde entier, demandez-lui s’il est convenable d'adhérer aux contorsions sécuritaires de Sarko, et même de voter F.N. Pour ce qui me concerne le plaisir de l’entendre sur ce thème ne m’a jamais été offert et, si j’en crois l’IFOP, il serait peut-être temps qu’il explique sont point de vue sur la question avant que la messe ne soit dite.

Lyon, le 10 octobre 2010.

Photo: DR

28/09/2010

Bruno Gollnisch, itinéraire d'un infant raté

gollnisch.jpeg16 septembre 2010, parvis de la basilique Saint Denis. Bruno Gollnisch, aspirant président du Front National, lance sa campagne interne depuis la nécropole des rois de France. Car pour détrôner Jean-Marie et faire la nique à Marine, Bruno Gollnisch est prêt à tout, même à convoquer les rois de France, Sainte Geneviève et tous ceux qui, "Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur" sauveront, sauveront la France "Au nom du Sacré Coeur". Entre deux écrouelles et cinq pédiculoses corporelles à guérir, Bruno eut le temps de se rêver successeur de Louis I le Bègue, Louis IV d'Outremer, Louis VI le Gros et Louis XVI le Raccourci, tout en n'omettant pas d'écumer quelques vilénies contre la Révolution de 1789 et la horde de malheurs qui se sont bien évidemment abattus sur la France et sa mère l'Eglise.

Bruno Gollnisch, dont chacun à Lyon garde de son sens de l'Histoire un souvenir certain, a en plus un sens de l'optimisme à rendre jaloux ce porte-parole de Saddam Hussein qui chantait la douceur de vivre à Bagdad entre deux bombardements anglo-américains, n'ayant crainte de lancer sa croisade associative depuis une fosse commune de banlieue rouge. "Bruno, santo subito" pouvait-on entendre parmi la foule d'humanistes tridentins lefebvristes intégristes anticoncordataires venus participer au lancement de cette Reconquista des quartiers.

Pour être Kaiser à la place du Kaiser, Bruno Gollnisch avait pourtant toutes les cartes en main et les dieux très tôt s'étaient penchés sur son berceau.
Né à Neuilly le même jour - le 28 janvier - que Nicolas Sarkozy, ses parents lui attribuent le doux prénom de Bruno, qui, à lire les meilleures encyclopédies, viendrait du germanique brun, qui signifie bouclier mais aussi armure, couleur brune. Voyez combien la Divine Providence ne fut pas maladroite et n'a pas mégoté sur les grâces qui entourèrent la naissance celui dont nous parlons pour l'aider à son dessein national.

Et ce sans préjudice de la riche lignée dont il est le fruit : Gustave Flourens, son arrière grand-oncle fut défenseur des Crétois insurgés contre l'Empire Ottoman et les morceaux choisis de son oeuvre éphémère et discrète se trouvent, pour les amateurs de philanthropie, dans l'ouvrage de Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle; Emile Flourens, son arrière-grand-père savait vivre avec son temps et fut un membre éminent de la Ligue Française Anti-maçonnique qui publia dès 1907 un excitant La liberté de l'esprit humain, pourquoi l'Église de France triomphera de la persécution. Bon sang ne saurait donc mentir et à voir pareil lignage, on n'ose imaginer, comme aurait dit Audiard, "l'aspect grandiose du mélange". Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que Bruno perçât sous Gollnisch.

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08:12 Publié dans Stéphane Nivet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno gollnisch, front national, france, politique, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/09/2010

Droite (républicaine ?)

logo_ump.jpgLa droite française est-elle dans son ensemble encore républicaine ? Par convention, voire même par habitude, on s’efforçait jusqu’ici, dans notre pays, d’accoupler le terme « républicaine » au mot « droite » pour la distinguer du Front National. Parce qu’il était nécessaire de maintenir un cordon sanitaire salutaire entre l’UMP et le Front National, ce qualificatif de « républicaine » pouvait même prendre, de temps à autre, des contours électoraux, la gauche ayant toujours préféré voir élire un député ou un président UMP plutôt qu’un sbire du F.N. Même si le danger n’était que théorique, nous avions fait par exemple le choix de voter Chirac plutôt que nous réfugier dans l’abstention.

Aujourd’hui, au terme d’une séquence estivale à nulle autre pareille, il n’est peut-être pas inutile de se reposer la question, avec un œil neuf, c'est-à-dire éclairé par la situation politique. Nous devons, autrement dit, nous demander si, dans sa globalité la droite demeure républicaine donc fondalement enracinée dans des réponses qui n’auraient rien à voir avec celles du F.N. Au terme de cet été, on peut désormais en douter si nous prenons en compte les prises de position, les propos et les agissements du président et de quelques-uns de ses ministres. L’agitation intempestive à l’égard des roms, les coups de menton répétés et les propos parfois aux limites de l’obscénité de la clique Estrosi, Besson, Ciotti, Mariani mais aussi d’Hortefeux nécessitent un réexamen de la caractérisation d’une droite désormais occupée à surfer durablement sur les positions du Front National.

L’interview ce week end au Figaro Magazine du ministre Hortefeux est une nouvelle illustration de l’évolution à petits pas des délimitations politiques et idéologiques de certains. En remettant une bonne couche de confusion sur la question des mineurs, de la délinquance, sur la récidive, l’exécution des peines, l’Auvergnat de Neuilly a une nouvelle fois démontré qu’il quittait, sur ordre, la sphère qui jusqu’ici caractérisait la droite « présentable ». La droite est-elle donc toujours républicaine ? Il convient de ne pas tirer un trait d’égalité entre le FN et l’UMP mais il n’empêche que devenus complètement désinhibés, Sarkozy et certains des siens fréquentent de plus en plus l’infréquentable ne serait-ce qu’en réclamant maintenant que « le peuple puisse être associé aux décisions de justice relatives à l’exécution des peines ». Une telle position n’est pas seulement un coup porté aux magistrats c’est aussi une étrange posture aux allures berlusconiennes donc aux accents de moins en moins républicains.

Lyon, le 20 septembre 2010.

23/08/2010

U comme "Ulcérés"

812274608.jpgCet été, à propos du « président voyou », Jean-François Kahn nous a proposé une explication au nauséabond discours de Sarkozy suite aux événements dits de Grenoble. Pour Kahn, la thèse est simple. Sarko n’est pas un xénophobe ou un raciste, encore moins une variante des Le Pen. Pour l’ancien patron de Marianne, Nicolas Sarkozy est une sorte d’animal politique totalement désinhibé, affecté d’aucun interdit moral, politique ou idéologique. Comme le caïd dans sa cité, Sarkozy est, selon Jean-François Kahn, prêt à déclarer toutes les guerres à toutes les bandes rivales pour assurer l’avenir de son business. C’est donc un « président voyou » pas du tout effarouché qui, pour continuer à squatter l’Elysée après 2012, déploie les pires méthodes inspirées par les plus hideuses idées.

Brice_Hortefeux311008275_thumb%5B2%5D%2051DCD105.jpgBien que séduisante l’explication de Kahn peut être contestée mais il n’empêche que ce mois d’août 2010 demeurera dans la mémoire des démocrates et républicains français comme l’un des pires de la Vème république. Au nom de la défense des « honnêtes gens », les Hortefeux, Ciotti et autres Estrosi, chiens de garde du sarkozysme, ont dépassé les bornes en promettant des déchéances de nationalité, en pratiquant la chasse aux roms, en menaçant d’emprisonner les parents d’enfants délinquants, en voulant supprimer le paiement en espèces des allocations de rentrée ou en menaçant les maires (de gauche) soupçonnés de faire le lit de la violence. Le Monde daté de lundi dernier a judicieusement rappelé à ses lecteurs l’étrange similitude des formulations du Président avec celles des responsables du Front national. Au cas ou vous ne seriez pas ulcérés au terme de ce mois d’août par les vociférations gouvernementales et les propositions présidentielles, voici quelques extraits des propos tenus par la famille Le Pen et par le chef de l’Etat. A vous de faire le test, réponse demain.

Ils ont dit :

1)« La déchéance de nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou de délit grave ayant entrainé une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis.»

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

2)« La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique »

Réponse A : Jean-Marie Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

3)« Nous voulons généraliser la tolérance zéro dans certains domaines et instaurer une répression sévère contre les attaques organisées visant les forces de l’ordre, les secours ou les pompiers, notamment dans les quartiers sensibles »

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

4)« Il faut supprimer l’acquisition automatique de la nationalité. L’acquisition dépendrait alors de critères reposant sur la bonne conduite et le degré d’intégration. »

Réponse A : Brice Hortefeux

Réponse B : le Front National

5)« Un terme doit être mis à l’avancée des signes ostensibles de l’Islam »

Réponse A : Nicolas Sarkozy

Réponse B : Marine Le Pen

6)« Chacun doit savoir se garder de toute ostentation, de toute provocation »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

7)« Les Français ressentent douloureusement le fait d’être bousculés dans leur identité nationale »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

8)« Le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 23 août 2010.

Photo: DR

08/02/2010

Spleen

200px-%C3%89ric_Besson.jpgC’était il y a un peu plus de trois mois. Sur commande présidentielle, le dévoué transfuge Besson lançait son « grand débat sur l’identité nationale » avec pour mission de draguer quelques électeurs du Front National et de pourrir le débat public à quelques encablures des élections régionales.

Aujourd’hui, le gouvernement tient séminaire sur ce sujet. Attention, il ne s’agit pas du grand barnum dont rêvait, illuminé par la pensée présidentielle, l’appliqué Besson. C’est même tout le contraire, en guise d’évènement, Fillon va bénir ce que désormais beaucoup de monde à droite souhaite être une cérémonie des obsèques et le pauvre Besson doit ranger ses rêves de grandeur ministérielle dans le fond de sa poche. Accusé d’en avoir trop fait, d’avoir joué perso, d’être ingérable, le traitre devenu numéro 3 de l’UMP affiche une bobine des mauvais jours. Il faut dire qu’il y a peu, notre ministre, euphorisé par son débat avec Marine Le Pen, s’est retourné et n’a vu personne le suivre. Même Sarko qui devait pourtant présider ce fameux séminaire s’est fait porté pâle laissant en plan le ministre. En proie à des attaques Umpistes qui fusent, tricard et abandonné, le bon caporal Besson ne cesse pourtant de répéter qu’il assume, qu’il assume tout au point qu’il va se mettre à assumer même ce qu’il n’a pas encore eu le temps de faire.

Sur ce champs de bataille de l’Identité Nationale, le soldat Besson traîne son spleen et sa solitude et il n’est pas certain qu’à droite grand-monde songe à le sauver.

Lyon, le 8 février 2010.

Photo: Luc Legay

24/11/2009

L'Etat de la France

9782110684769FS.gifJe me suis abonné à Siné-Hebdo le jour où les biens pensants en tout genre ont décidé de faire un procès à ce vieil anar de Siné pour des propos qui sont des broutilles à côté de ceux d’Hortefeux. Je n’ai jamais aimé les gauchistes et les anars sauf mon ami Albert Agostino qui, en partant trop tôt (putain de tabac) nous prive de son Clairon et de son amitié rugueuse. ; Je pensais donc ne regarder que les dessins, parfois bons de ce nouvel hebdo. Et j’y découvre de l'information, y compris pertinente.

Ce fût le cas la semaine dernière lorsque dans un bref article ils sont revenu sur le discours de Sarkozy dans la Drôme où le président était à la relance sur le fameux débat sur l’identité nationale. « Débat foireux, tombé de nulle part, dont personne n’ignore qu’il s’agît d’une énorme bouse lancée à la face de la gauche molle et du Front National réunis dans une même tentation de tomber dans le piège à pieds joints » comme l’écrit l’auteur Olivier Marbot. Mais là n’est pas la pertinence, non, elle réside dans le fait de poser la question pourquoi Sarko relance ce débat ce jour là dans la Drôme où il devait parler d’agriculture. Et Siné-hebdo de nous donner la réponse.

Le lendemain, en effet, l’INSEE publiait le portrait social de la France, ce que devait commenter toutes les rédactions. Et que dit-il ce portrait ? Le taux de chômage a atteint 9,1% contre 7,1% début 2008 et celui des jeunes monte à 23,9% soit le taux le plus élevé depuis trente ans. Sans oublier les huit millions d’entre eux qui vivent au dessous du seuil de pauvreté. Pas bon pour Sarko tout ça. Mais de cela il n’y eut pas trace dans les média. Même pas le moindre communiqué d’un parti de gauche quelconque ce qui révèle combien ce terrain de la dure réalité populaire est abandonné par ceux qui ne cherchent une alternative à Sarko que dans des combinaisons politiciennes. Et les think tanks ont d’autres sujets plus nobles et plus sérieux à approfondir, cela va de soi.. Il eut pourtant été salutaire de dénoncer tant la situation faite à la jeune génération que la méthode marketing du « camarade » Sarko.

Philippe Dibilio.

13/10/2009

Un homme qu’on livre aux chiens.

Lynchage.jpgIl y a des lynchages – fussent-ils médiatiques – qui fleurent leur parfum d’excrément à cent lieues.

C’est le cas de celui qui vise actuellement Frédéric Mitterrand. D’abord accusé de pédophilie par la fille de l’homme du « détail », une accusation appuyée sans tarder par quelques bonnes âmes de droite, pieuses et confites genre Boutin et quelques beaux esprits (?) de gauche genre Hamon ou Hammadi (voire Valls ou Montebourg qu’on connaissait plus avisés) ; accusé ensuite de tourisme sexuel, expression qui dans l’esprit de la plupart des Français s’amalgame à la pédophilie tant il est vrai que la prostitution dans certains pays est liée à la misère et implique souvent des enfants ; accusé maintenant de soutien à de jeunes violeurs réunionnais dont l’un est le fils de son ancienne maquilleuse et son filleul…

Qu’on ne se méprenne pas, f.Mitterrand (comme certains, j’écrivais déjà l’initiale de son prénom avec une minuscule, histoire d’éviter toute confusion) n’est pas quelqu’un que j’apprécie particulièrement. Je trouve son style oratoire un peu pompeux, sa façon télévisuelle imitée de Zitrone, davantage adaptée au cirage de pompes princières qu’à la défense et à la promotion de la culture française. Sa nomination à la Villa Médicis tout comme celle de ministre de la culture ne m’ont pas paru géniales.

Mais en la matière, et comme l’écrit Eric Fottorino dans son article « Chasse à l’homme » dans le Monde de la semaine passée, il faut revenir aux faits avérés : le livre de F.Mitterrand était connu ; il n’a pas violé ; son homosexualité est respectable ; s’il n’a pas menti sur l’âge de ses jeunes amants prostitués, le lynchage médiatique dont il est victime est une tache sur tous ceux qui, au nom d’intérêts mesquins, hurlent avec les loups en s’appuyant sur un tas de faux secrets et en jouant sur ce qu’il y a de plus bas chez l’homme.

Venant de Marine Le Pen, rien de surprenant, il suffit de se souvenir de la fable de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste », pour se rendre compte que loups, renards et autres rois des animaux se mettent toujours d’accord pour faire de l’âne qui avoue, un bouc émissaire.

Venant de Hamon, Hammadi et autres, c’est assez triste. Un porte parole qui ne porte que sa parole propre, un jeune loup en mal de reconnaissance qui se fait les dents et de déjà vieux batteurs d’estrade et de médias auraient dû, pour le moins, se renseigner avant de jouer les Lucky Luke. Heureusement il y a eu Delanoë (et toi mon cher Jean-Yves, la semaine passée sur ton blog) pour demander un peu de décence.

Les lapideurs devraient méditer sur la fonction de bouc émissaire bien théorisée par René Girard : l’accusation sur laquelle ils embraient sans réfléchir souligne la crise morale qu’une société traverse et qu’elle espère régler en sacrifiant un bouc émissaire qui n’en demandait pas tant. Et pour qu’on l’on puisse croire à sa responsabilité, on l’accuse toujours de transgresser des interdits fondamentaux. Ici, la pédophilie, le tourisme sexuel et pourquoi pas le viol quitte à convoquer à la barre un lointain filleul ou la défense de Polanski. Il faut pour que cela fonctionne, des interdits suffisamment puissants pour dégager une force explicative automatique : plus question de penser par soi-même ; plus question d’investiguer au préalable ; haro sur le baudet !

Jean-Paul Schmitt

02/09/2008

Tri sélectif

532527228.jpgLa droite Rhône-Alpine vient de démontrer, en désignant Charles Million comme candidat aux prochaines élections sénatoriales dans le département de l’Ain, quelques talents en matière de recyclage.

Le 21 septembre prochain, à l’âge pas encore canonique de 62 ans, Charles Million ne sera plus tricard ou pestiféré, il sera peut-être sénateur de la république. Dominique Perben en avait rêvé, du côté de Bourg-en-Bresse, ce week-end, on l’a fait.

En effet samedi plus de mille grands électeurs UMP et divers droite viennent d’assurer le retour politique de celui qui n’avait pas hésité, en 1998, à faire alliance avec le Front National afin de devenir le chef de la région Rhône-Alpes.

Dans l’Ain comme ailleurs il est manifeste que la droite préfère toujours perdre son âme plutôt qu’une élection. Aux grands électeurs le 21 septembre prochain de nous faire comprendre, qu’eux aussi, sont capables de faire du tri sélectif.

Lyon, le 2 septembre 2008.

 
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