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26/02/2010

Francophonie

logo-franco2010-300x153.jpgAlors que depuis le référendum du 4 juin 2003 la langue nationale du Rwanda est le kinyarwanda et le français la seconde langue officielle, en octobre 2008 le ministère de l’Education Nationale du gouvernement Kagame a décidé que « l’enseignement primaire, secondaire et universitaire sera exclusivement dispensé en anglais au Rwanda à partir de 2010 ». Cette décision qui va contre les décisions de la constitution référendaire de 2003 est en vérité une mesure de rétorsion envers la France mais surtout le bouleversement assuré d’un système éducatif rwandais assuré jusqu’ici en quasi-totalité en français.

Cette décision d’imposer l’anglais à la place du français est à l’image de la stratégie de l’actuel gouvernement qui trouve là probablement le moyen de rendre la monnaie de sa pièce à un Etat français qui a lancé des actions en justice contre Kagame suite à l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Une décision qui, même si elle va contre la réalité de l’appareil éducatif du pays et de sa tradition, a également le mérite de ne pas déplaire aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne qui, à l’occasion, ne rêvent que de redessiner la géographie locale.

D’après les forces qui s’opposent à cette mesure visant à privilégier l’anglais on trouve pourtant des arguments de bon sens. Au premier rang de ceux-ci, le simple fait que le français est une langue accessible au plus grand nombre. Que supprimer la place privilégiée du français provoquera mécaniquement une fragilisation de ceux qui sont déjà les plus faibles et que la grande majorité des professeurs ne sont pas en capacité d’assumer les enseignements en anglais. Nul ne sait si le récent voyage de Nicolas Sarkozy va permettre de dépasser cette lourde contradiction. L’affaire est donc à suivre.

Permettez-moi enfin de signaler « le mois de la francophonie » du Grand Lyon dont le lancement est prévu le 1er mars.

mois de la francophonie.jpg> Télécharger le programme ici

Renseignements sur le site de la Maison de la francophonie et celui Grand Lyon

Lyon, le 26 février 2010.

16/05/2009

Patricia-a-a-a-a…

C’est ce soir que va se dérouler la « mère des batailles », celle de l’Eurovision. Après tant de désillusions et parfois de honteuses défaites, après trente ans de dèche doublée de moquerie, devant près de 160 millions de téléspectateurs, Patricia Kaas va peut-être venger notre honneur. Dans cette difficile compétition dont le véritable enjeu est le rayonnement de notre culture nationale, la chanteuse native de Forbach pourra compter sur le soutien du gouvernement. En effet, Alain Joyandet, notre secrétaire d’Etat à la Coopération, inlassable commis voyageur de la francophonie, se rendra tout à l’heure à Moscou. Certains auraient apprécié que Madame Albanel en personne fasse le déplacement moscovite mais usée par le marathon « Hadopi » et ses nouvelles fonctions de DRH à TF1, notre ministre de la culture méritait un week end tranquille.

Sur le coup de vingt-deux heures, vingt deux-heures-trente, le palpitant des français va donc s’accélérer. Au rythme des « France, Ten points » et autres notations scélérates qui nous viendront probablement de quelques pays baltes ou de Turquie, c’est un Julien Courbet tendu comme un arc qui sera en charge, du fond de sa cabine, de nous assister sur le plan psychologique.

On dit que Vladimir Poutine, hôte de cet Eurovision 2009, est un vrai fan de Patricia Kaas. Si seulement, pour l’occasion, le leader Russe pouvait être aussi efficace ce soir qu’en Tchétchénie ou en Georgie, comme la plupart d’entre-vous je signerais tout de suite pour une victoire même étriquée.

Pour peu que le Président de la République française y aille de son communiqué de soutien à Patricia Kaas, avouez qu’avec Poutine et Joyandet sur place, si nous n’arrivons pas à triompher dans cet Eurovision 2009, il conviendra de se poser les vraies questions car un énième revers, cette nuit, du côté de Moscou en dirait long sur le rayonnement de la France.

Lyon, le 16 mai 2009.

05/07/2007

Humiliations, acte 6

medium_Christian_Philip_2.2.jpgLe week-end dernier, sous la plume de Sylvie Pierre-Brossolette, le Figaro magazine en remettait une couche quant à Christian Philip. Rappelez-vous ce feuilleton qui a animé la 4ème circonscription du Rhône.
Acte un, Christian Philip député UMP sortant est sorti par Dominique Perben. Philip fait de la résistance.
Acte deux, Christian Philip se retire de la compétition laissant Dominique Perben seul face à son destin.
Acte trois, Fillon commande un rapport sur la francophonie à Christian Philip laissant croire à l’intéressé qu’un poste de Secrétaire d’Etat devrait lui être réservé dans le deuxième gouvernement Sarkozy-Fillon après les dites législatives.
Acte quatre, très poussivement, Dominique Perben l’emporte. Dans l’intervalle il a réussi à faire le plus mauvais score de la droite à quasi dix points de celui de Philip en 2001.
Acte cinq, encore une fois humilié, Christian Philip n’entre pas dans le gouvernement, il accepte tout de même un vague poste de Conseiller à l’Elysée en charge de la francophonie.
Acte six, Sylvie Pierre-Brossolette nous rapporte dans le Figaro magazine, par le menu, la réaction de Sarkozy suite à l’échec lyonnais de l’UMP. L’ultime humiliation de Christian Philip. Je cite le Président :
« Ce n’est pas possible. Si on ne renouvelle pas, les gens le font pour vous. Regardez Lyon, encore. On a jugé Christian Philip tellement exceptionnel qu’on lui a promis un ministère et on a perdu deux circonscriptions. Vous croyez que les Lyonnais attendent que l’on nomme Philip au gouvernement ? M. Philip est prêt pour faire de la politique comme moi pour être archevêque ! »
 
Lyon, le 5 juillet 2007. 

30/05/2007

L’homme de la synthèse

medium_Christian_Philip.jpgPlus que vingt jours pour connaître le contenu du rapport sur la Francophonie rédigé par Christian Philip à la demande express du Premier Ministre.

Vous vous souvenez que le député UMP sortant de la 4ème circonscription du Rhône s’était vu confier la rédaction de ce rapport après avoir cédé sa place à Dominique Perben.

Vous vous souvenez aussi que la véritable récompense promise à M. Philip est à venir puisqu’il doit, une fois cette étude livrée, devenir Secrétaire d’Etat à la Francophonie.

Nous sommes en pleine période des examens et sachez que rédiger une telle somme en l’espace d’une vingtaine de jours n’est pas chose facile ce d’autant que la littérature disponible en la matière est surabondante. Afin de vous convaincre de ce travail de titan, je vous livre la liste des principales études et publications sur cette question que Christian Philip digère en ce moment. Une prouesse dans ce difficile art de la synthèse.

En guise de hors d’œuvre la lecture de « l’année Francophone internationale » pour 2006, 2005, 2004 et 2003 est incontournable soit au total 1722 pages. A cela il convient, en se tournant vers la documentation française, de lire puis analyser des publications récentes comme la somme sur les mondes francophones produite sous la direction de Dominique Wolton (736 p.), l’étude de Bernard Monvalis, « Littérature et développement » (159 p.) sans oublier l’excellent, « langues, langages, inventions » de Daniel Delas (159 pages). En 2004 les travaux indispensables pour qui s’intéresse à cette question de Jacques Barrat (« Géopolitique de la Francophonie », 160p.) et de Serge Regourd (« De l’exception à la diversité culturelle » 120 pages) ne peuvent être contournés. Après avoir consulté les apports de Louis-Jean Calvet (questions internationales n°1), Abdou Diouf (Afrique contemporaine n°1) et le dossier Léopold Sédar Senghor (Afrique contemporaine n°201), comment squeezer le rapport de Josseline Bruchet (« Langue française et francophonie », 184 p.) et celui de Jean-François de Raymond (« L’action culturelle de la France », 136 p.) ?

A cela il convient d’ajouter quelques rapports édités par le Ministère de la Culture et de la communication avec en particulier celui concernant « L’évaluation de la politique en faveur du Français » rédigé par l’Inspecteur Général Hubert Astier, mais aussi les éditions 2005 et 2006 du « Rapport au parlement sur l’emploi de la langue française » (respectivement 227 et 145 p.)

Dans cet imposant gisement documentaire comment oublier le Sénat ? J’imagine que Christian Philip s’est penché sans délai sur le rapport Duvernois intitulé « Rapport d’Information sur la stratégie d’action culturelle de la France à l’étranger » (130 p.) et pour ne pas commettre d’impairs sur les rapports de l’Assemblée Nationale. Tout d’abord sur celui de Michel Merbillon intitulé « Rapport d’information sur la diversité linguistique dans l’Union européenne » (144 p.) mais aussi ceux d’Odette Turpin (sur la politique éducative), d’Yves Tavernier (sur les moyens de diffusion de la Francophonie) en ne négligeant pas, au nom de l’ouverture, le travail d’Yvette Roudy sur les droits de la personne et la Francophonie.

Je ne veux pas vous lasser mais sachez que des dizaines et dizaines d’autres rapports, textes, ouvrages et publications importantes existent sur ce sujet. Un petit tour du côté de chez Google va vous convaincre et vous permettre de mesurer l’ampleur de la tâche de M. Philip.

Comme vous tous j’ai hâte de découvrir ce rapport de Christian Philip qui sera un grand pas pour la Francophonie.

J’espère qu’en présentant son travail au Premier Ministre, Christian Philip n’oubliera pas de remercier Dominique Perben sans qui cette étude n’aurait pas été possible.

Lyon, le 29 mai 2007.  

Photo: DR

 
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