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12/10/2010

Transe télévisions, l'âme du sévice public

carla.jpgAmis du sarkozysme, vous avez sans doute, la semaine dernière, bu du petit lait - sans référence aucune à Notre Vénéré Derviche Tourneur évidemment - en regardant le documentaire polémique proposé par France 3 à une heure de grande écoute et fiévreusement intitulé, sans doute par goût de la subversion anarcho-syndicaliste "La Voie de Carla : un an dans la vie de Carla Bruni-Sarkozy". Chacun admettra que le réalisateur est audacieux, mais pas au point d'avoir réalisé la "voix" de Carla, ce qui pour une chanteuse aphone ne relevait plus de l'audace mais de la diffamation.

Assurément, la réalisation de ce documentaire a conduit à une irréparable pénurie de brillantine et de cirage sur la place de Paris et la sylve attenante, nous rassurant, chemin cirant, sur les desseins indépendantistes du nouveau président de France Télévisions. 25 images par seconde et 50 compliments à la minute suffisent à faire de ce documentaire un chef d'oeuvre d'astiquage qui ferait passer Michel Drucker pour un des douze salopards et Mireille Dumas pour une journaliste. 

Marc Berdugo, auteur de ce brûlot documentaire dont la doublure son aurait aisément pu être assurée par Alain Bougrain-Dubourg, nous invite donc à suivre, et ce gratuitement, Carla Bruni dans les méandres de sa vie élyséenne et emperlousée. Au menu roboratif de cette fable consacrée à l'extinction du paupérisme après 23 heures aux abords du Faubourg Saint Honoré, des permanentes, des brushing, des causeries philosophiques entre premières dames sur la dernière collection Dior ou l'alcoolisme mondain, des métaphores-gâteries à la gloire du petit Nicolas et ses acolytes anonymes. En somme, une véritable incitation à légiférer au plus vite sur le droit de mourir dans la dignité dès lors que les souffrances du téléspectateur deviennent insupportables. 

Dans un style aussi pudique que le fut la vie d'un membre de la Star Academy - à ceci près que certains pensionnaires de cette émission savent chanter -, le documentaire pérégrine dans les gardes-robes, les mains au panier et les confidences qui feront trembler la République :"Mon mari, ce n’est pas parce qu’il m’a épousée qu’il deviendra un chanteur folk" ou encore ""Je ne suis pas que la cerise sur le gâteau mais j’essaie d’être une belle cerise qui fait honneur à un gâteau fantastique" avant de glisser sur une raffarinade "Ce que j’essaye de faire, c’est de saisir les chances qui se sont offertes à moi"

Vous voyez que le service public a sacrifié la pipolisation à l'esthétisme et à l'ascétisme. Je terminerai sur cette citation de Carla qui assurément vous fera écumer d'amertume à l'idée que la saynète ne se produira jamais et qui pourtant ferait fureur à la foire du trône : « J’ai été stupéfaite de devoir être derrière lui pendant les discours. Il ne me viendrait pas à l’idée de le faire monter sur scène pendant que je chante, ou de l’obliger à jouer du tambourin."

A la semaine prochaine

Réponses du QCM "de l'insulte" : 1B, 2C, 3D, 4B, 5B, 6B, 7B, 8C, 9C, 10B. Quant aux auteurs de ces injures, la lecture de "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) viendra éclairer votre lanterne.

Stéphane Nivet

Photo: DR

19/01/2010

Le lapin du Chabot

Lapin chabot.jpgArlette Chabot maitresse des débats politiques de la chaine de service public ( ?) accusant Vincent Peillon via sa rédactrice en chef d’utiliser des méthodes de voyou tout en étant soutenue par Etienne Mougeotte dont on connaît les éditos sarkoviétiques au Figaro, l’ultra libéralisme radiophonique et le coup de sifflet rageur de fin de récré, reconnaissez que cela a de l’allure !...

Si, comme le commente Marianne2, le faux-bond de Peillon peut paraître peu glorieux, il permet au moins d’interpeller sur le style de « faire valoir » du pouvoir en place que France 2 pratique avec force et continuité au service de Nicolas Sarkozy, que celui-ci soit l’actuel président ou l’encore simple candidat. Il faut se souvenir des bises complices échangées entre Nicolas et Arlette à l’issue du débat pour les présidentielles de mai 2007 devant une Ségolène Royal qui n’avait eu droit qu’à la main froide de madame Chabot

Vous me rétorquerez peut-être le « Chabot humiliée par Sarkozy » qui inonda les médias en septembre dernier. Paradoxal ? Pas tant que cela. On peut aussi y voir l’habileté des communicants élyséens et considérer « l’engueulade de Washington » comme une façon maligne de donner des lettres d’indépendance à celle qui de plus en plus apparait comme au service d’un penser conforme au pouvoir.

Si vous n’êtes pas convaincu que France 2 fabrique « des émissions clés en mains pour ministres en mauvaise posture » comme l’affirme Marianne, réexaminez le fil de ce que d’aucuns appellent débat du 14 janvier dernier. Vous y découvrirez tous les produits et gestes qui font la bonne brosse à reluire pour ministre avec écran de fumée : la famille forcément chère au cœur de Besson, le Maroc de son enfance, ses blessures si intimes et ses plaies ouvertes, son antiracisme forcément viscéral. Ce n’était plus une biographie, c’était une hagiographie.

Qui a piégé qui ? J’aimerais que ce soit Peillon piégeant France 2 et Chabot en refusant de leur servir de faire valoir. Un faire valoir bien entendu dépourvu du quart d’heure d’auto encensoir réservé à saint Besson. J’entends déjà certains me faisant remarquer que le documentaire (?) sur Jospin qui faisait suite n’a pas pris non plus davantage de distance par rapport à son sujet ni émis davantage de contradictions. Dont acte. Et à verser au dossier à charge.

Nul doute que la soirée « spéciale » Nicolas Sarkozy le 25 janvier sur TF1 nous montrera enfin une vraie télévision d’information : Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernaud, ces insolents, font déjà frémir notre omni-président créateur d’évènements. Les Français durant deux heures et demie, yeux dans les yeux avec le président, à six semaines des élections vont se régaler.

Comme le disait Chomsky « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures ». C’est aussi un moyen direct de désintégration selon ce cher Camus que l’on veut panthéoniser…

Jean-Paul Schmitt

27/01/2009

Télé réalité

la mire.jpgUn gendarme et deux gendarmettes viennent d'être nommés pour siéger au CSA, Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel étant, selon l'expression généralement consacrée, "Le gendarme de l'audiovisuel".

Une fois rappelé que le CSA comme organisme indépendant aura prochainement à avaliser/avaler le choix de Nicolas Sarkozy du président de France Télévision, il n'est pas inutile d'examiner le cas des trois heureux lauréats.

Le premier, Emmanuel Gabla est un ancien conseiller technique du premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin. La seconde, Christine Kelly, était jusqu'ici télé-prompteuse sur LCI et surtout auteure d'une biographie qui laissera une sacrée trace dans l'histoire, celle de François Fillon, l'actuel premier ministre UMP. Enfin la troisième, la célébrissime Françoise Laborde, présentatrice de J.T sur la deux, a comme dernier fait d'arme d'avoir sévèrement critiqué l'actuelle direction de France Télévisions.

Ces trois là, comme le veut la loi, viennent d'être respectivement désignés par Bernard Accoyer, Président UMP de l'assemblée nationale, Gérard Larcher, tout neuf président UMP du sénat et Nicolas Sarkozy chef suprême de tout ce beau monde. Ouvrons les yeux et fermons la télé.

Lyon, le 27 janvier 2009

13/07/2007

Contre l’arrêt (sur images)

medium_Schneidermann.jpgComme vous le savez peut être Daniel Schneidermann, l’excellent fondateur-animateur d’Arrêts sur images sur France 5 est accompagné vers la sortie. En effet, absent de la grille de rentrée de cette chaîne publique qui se veut culturelle et pédagogique, Schneidermann est aujourd’hui un SDF du PAF. 

Comme tous les enseignants, j’utilise le travail de Schneidermann en classe et probablement comme vous tous je regarde chaque dimanche avec intérêt et plaisir cette émission qui vise à rendre le téléspectateur intelligent et actif vis-à-vis des médias et singulièrement de la télévision.

L’heure n’est pas aux pleurnicheries et aux hommages à Schneidermann. Je vous encourage à signer la pétition visant à établir un rapport de force solide au profit de Daniel Schneidermann et de toute son équipe. Nous sommes pour l’instant prêts de 200 000 à avoir cliqué pour exprimer notre soutien au travail de l’ex-journaliste du Monde.

Ce geste est important et vous avez jusqu’au 18 juillet minuit pour grossir les rangs de notre armée citoyenne en cliquant et faisant cliquer autour de vous. 

Pour en savoir plus, le blog de Schneidermann (Big bang blog) est un point de passage obligé pour suivre au jour le jour l’évolution de la situation.

Lyon, le 13 juillet 2007.

 

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Je viens d'apprendre le décès de mon ami Gilbert Hobert. Il lui arrivait de correspondre sur ce blog sous le pseudonyme de Herback. Militant de gauche depuis sa jeunesse, adhérent de la section socialiste du 5ème arrondissement, nous sommes tous tristes ce matin.J'adresse mes plus sincères condoléances à Gilda, à sa famille et à ses proches.

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