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18/09/2009

Les François

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgA ceux qui n’assistent pas à ce Forum lyonnais de Libération, rappelons, alors que le débat entre les François Bayrou et Hollande vient de se terminer, qu’une vingtaine de rencontres viennent d’avoir lieu. Du côté des acteurs politiques, Rama Yade, Daniel Cohn-Bendit, Claude Bartolone, Jean-Luc Mélenchon, Dominique Voynet, Gérard Collomb et bien d’autres se sont succédé mais force est de constater que cette rencontre entre « Les François » faisait office de sommet.

En ouvrant la discussion autour de l'idée, pour préparer l'alternance à Sarkozy, de "se rencontrer et de débattre", François Bayrou a tiré une première cartouche appelant de ce fait à la nécessité d'oeuvrer à la création d'un socle commun après selon François Hollande  "plus de 35 ans de vie séparée". Si le constat sur la caractérisation du pouvoir Sarkozyste semble commun, François Hollande a, quant à lui, insisté sur la division de ceux qui s'y oppose.

En vérité dans cette rencontre Hollande-Sarkozy, tout était dit, dans la première demi-heure. En effet, pour l'un comme pour l'autre, il y a accord pour débattre entre ceux qui  en ont le désir , autant dire qu'on est loin de la position paleo-programme commun exprimée par Bartolone ce matin même.

Deuxième élément de convergence, la nécessité de conduire un débat transparent et sans tractations.
Troisième point ne pas hésiter à aller au coeur des clivages et des antagonismes.

Cette rencontre lyonnaise, bien que positive, n'est en aucune façon "historique". Ce premier pas, qui indique une convergence forte sur la nécessité de débattre, cache encore mal les postures tactiques nichées dans le panorama politique d'une opposition qui entame un long cheminement. D'ailleurs histoire de ne pas se bercer d'illusions, François Hollande a invité le public à se convaincre qu'il n'y aura pas de candidat commun lors des prochaines présidentielles. Il a ainsi clairement pensé à François Bayrou mais probablement aussi... à lui.

Jean-Yves Sécheresse

25/09/2008

Home sweet home

Pierre Moscovici.jpgMême si ma retenue estompait un sentiment profond d'inquiétude, je dois vous confier que depuis vendredi dernier, je m'interrogeais sur le comportement de Pierre Moscovici. Tout le monde expliquait que notre homme était aux abonnés absents. Pour tout vous dire, je voyais les choses en noir et pour être sincère je craignais une fugue. Comme ces adolescents qui un beau matin remplissent leurs sacs à dos Eastpack en larguant les amarres, le MP3 sur les oreilles, je ne cessais d'avoir à l'esprit l'image d'un Mosco prenant à Montbeliard le premier autobus qui se présentait rompant ainsi les ponts avec tous. Sur la route, tel un nouveau Jack Kerouac, un traveller des temps modernes. Fort heureusement, Pierre est revenu hier à la raison ou plus précisément à la maison. Aujourd'hui j'imagine que sa famille est rassurée, heureuse de voir que les mauvaises fréquentations envahissantes qui lui avaient tourné la tête étaient lointaines.

Tout est bien qui finit bien. Je sais maintenant que ses oncles Lionel et Michel vont lui faire réviser ses cours de rénovation car les échéances approchent. Que son parrain François va l'entourer de son affection. Bref, tout va rentrer dans l'ordre car il faut bien que Pierre se mette cela dans la tête. Ce n'est quand même pas toutes les familles françaises qui comptent en leur sein un futur Président de la République.

Lyon, le 25 septembre 2008.

19/09/2008

Heureux

francois Hollande.jpgDifficile d’écrire que rien ne va plus au P.S. mais force est d’admettre que ça ne va pas fort et que demain les choses pourraient aller encore plus mal. A quelques jours du dépôt des motions il faut dire que lassitude, soupirs et parfois même résignation dominent parmi nombre d’adhérents. Au milieu, mais pas forcément au centre de tout cela, il y en a un qui semble heureux, c’est François Hollande.
Certains d’entre vous, peu informés de la zoologie interne du Parti Socialiste, doivent se dire qu’il a bien raison d’être heureux. Pensez-donc, après plus de dix ans à la tête du PS, l’idée d’en finir avec tant de moments pénibles justifie le port ostentatoire du sourire. J’imagine même que vous êtes quelques-uns à ne pas hésiter comme moi à saluer un parcours plus qu’honorable et à lui souhaiter de pâturer quelques sous-bois corréziens à la recherche de cèpes en attendant des jours meilleurs. François Hollande est heureux, c’est un fait, mais sa satisfaction et sa motivation se nichent loin des forêts corréziennes. François Hollande est heureux parce qu’il se rêve toujours à la manœuvre aujourd’hui comme en 2012.
En rejoignant Bertrand Delanoë, l’homme qui sait murmurer aux oreilles de Jospin, Rocard et Vaillant, François Hollande a fait un choix que l’on connait bien dans le milieu du sport de haut niveau. Lui qui est passionné de football sait bien que le moment le plus difficile dans une carrière c’est de choisir le moment opportun pour la stopper. Ce moment crucial, vécu souvent comme un drame, on l’appelle « La petite mort ». Rien de macabre dans cette formulation qui a pourtant le mérite d’en dire long sur cette folle espérance qui consiste à penser que l’on est toujours au sommet de son art alors que la fatigue est bien installée dans les jambes.
Comme d’autres, j’ai toujours appuyé François Hollande, j’ai toujours salué son travail et fait valoir ses qualités et sa sympathique personnalité mais aujourd’hui, alors que son devoir est de se situer au-dessus de la mêlée, son comportement me peine sachant que si d’aventure son alliance avec Delanoë se trouvait majoritaire, cela en serait terminé de ses légitimes rêves Elyséens.
François Hollande mérite mieux qu’un avenir à la Jeannie Longo sûrement pas un sort à la Armstrong et par les temps qui courent il devrait s’inspirer plutôt d’un certain Yannick Noah.

Lyon, le 19 septembre 2008

30/10/2007

Les hommes de Ségolène

medium_Rebsamen.jpgmedium_Patrick_Mennucci_-_Ma_candidate.jpgEn l’espace de quelques jours deux ouvrages de proches de Ségolène Royal au cours de la dernière campagne présidentielle viennent de sortir. Le premier de Patrick Menucci (Albin Michel) s’inscrit dans la tradition des témoignages. « Ma candidate », puisque tel est son titre, sera utile aux lecteurs qui veulent saisir l’occasion de se remettre à l’esprit la chronologie de cette année électorale et plus particulièrement le parcours de Ségolène Royal en y trouvant un certain plaisir de lecture.

Côté castagne, le rugbyman qu’est l’élu marseillais en est avare. Mis à part quelques baffes à Stéphane Le Foll, une béquille à Jack Lang, un raffut dans le camp Strauss-Khanien et un renvoi dans leur vingt-deux-mètres de quelques-uns des fonctionnaires de Solférino, le lecteur fouineur restera sur sa faim.

Concernant ceux qui souhaiteraient dans « Ma candidate » trouver des raisons de comprendre pour agir, il faut dire que Patrick Menucci demeure sur la réserve puisque introduire les débats de demain n’est pas le fort d’un ouvrage qui se réfugie dans le témoignage. Avec le bouquin de François Rebsamen, « De François à Ségolène », long entretien de 320 pages avec Philippe Alexandre, le propos est plus politique et d’une certaine façon plus utile (Fayard).

En vérité j’ai rarement lu un livre d’un dirigeant politique s’engager avec autant de conviction et donc si peu de frilosité pour décrire et analyser une situation politique aussi peu enviable. Tout y passe Jospin, Hollande, Royal, le PS et bien d’autres choses. Les deux bouquins qui cheminent de manières parallèles dans l’actualité immédiate méritent l’attention nécessaire même si celui de François Rebsamen ouvre beaucoup plus de portes. Les deux auteurs qui demeurent et probablement demeureront des proches de Ségolène Royal dans les années si décisives qui s’annoncent méritent, chacun pour des raisons différentes, une lecture attentive. Avec le livre de Mélenchon dont l’intérêt est manifeste, même si je n’en partage pas le point de vue global, Menucci et Rebsamen éclairent notre réflexion. Pour ce qui concerne les autres livres sur le Parti Socialiste et la campagne de Ségolène Royal parus depuis l’été, je leur souhaite une bonne destination pilon.

Lyon, le 30 octobre 2007.

 
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