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28/02/2011

Adieu

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hortefeux-alliot-marie.jpg

09/11/2010

Remaniement : le pire n'est jamais décevant

remaniement.jpgLa droite est en ébullition à l'aune du prochain remaniement. Les amabilités virevoltent. Les Volfoni passeraient pour des chérubins affectueux en comparaison de sentiments prisables et réciproques que se font livrer par grappes charnues les tenanciers de l'UMP et apparentés.

Je vous propose quant à moi une sublimation : en exclusivité le futur casting gouvernemental, sous réserve bien sûr de disponibilité, mise en examen, inflation subite, nomination soudaine au conseil d'Etat, au Conseil économique,social et environnemental ou à la villa Médicis :

Premier Ministre : Un Borloo sinon rien. L'UMP à visage humain. Notre Charles Bukowski de l'écologie mériterait à lui seul la création d'une appellation d'origine contrôlée "Grenelle" tellement il serait injuste qu'on nous le copiât. Chaque jour que Dieu fermente démontrera l'efficacité du sieur Borloo à Matignon, notamment depuis que le fils Dufeigneux, auteur d'une mémorable cuite à Varenne, a été éloigné de Matignon.

Ministre du Travail, de la Santé et de l'Inflation présidentielle : Xavier Bertrand, assureur militant, qui aura à cœur d'exsuder l'ultrasarkozysme jusqu'à la transe façon convulsionnaire de Saint Médard. Si le sarkozysme était une religion, il serait préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Ministre de la Culture : Max Gallo, un Saint-Simon qui n'a rien vu. Et si Gallo n'est pas disponible, on peut rêver rue de Valois une des figures intellectuelles du sarkozysme : Jean-Marie Bigard, Michel Sardou, Christian Clavier ou Mireille Mathieu. Frédéric Mitterrand compte bien faire son Jack Lang et jouer les prolongations.

Ministre de l'Economie, des Finances, du Milliard des Emigrés et du Budget: François Baroin, qui réclame depuis des semaines qu'on fasse donner Lagarde.

Ministre de la Défense : Bruno Lemaire. Kaboul lui apprendra à rêver de Matignon.

Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche : Valérie Pécresse, parce qu'elle le vaut bien. Un nouvel épisode de Martine en classe de découverte à ne pas manquer.

Ministre de la Justice : Luc Châtel, mousquetaire du sarkozysme, Potemkine d'Intermarché, qui pourra mettre au service du parquet son expérience en matière de cirage et s'échinera à une politique pénale très keynésienne : généreuse et interventionniste. Ou pourquoi pas Philippe Courroye, pour services rendus.

Ministres de la solidarité et de l'industrie, solidairement : Nadine Morano et Christian Estrosi, les Shirley et Dino de l'ump'iste aux étoiles.

Ministre de l'Immigration, de l'Identité Nationale, haut commissaire aux expulsions matinales et à l'amitié franco-tunisienne: Eric Besson, dont le goût pour le maroquin est inextinguible.

Ministre de la vile politique et des banlieues,  Porte parole du gouvernement : Eric Raoult, Démosthène avant les cailloux.

Ministre de l'Agriculture, de l'espace rural et de l'aménagement de son territoire : Michel Mercier, marquise des granges, barriste rural usufruitier en survivance, qui ne fleurit qu'à la lumière que reflètent sur lui les lambris de préfecture et le mobilier national.

Ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la surveillance des fuites : Brice Hortefeux. Présumé innocent dans l'attente de son jugement pour injure raciale.

Ministre Etranger aux Affaires : Eric-Innocent Woerth, dont le procès en béatification s'ouvrira sans doute avant tous les autres.

Ministre de la Fonction Publique : Laurent Wauquiez. Dents longues, idées courtes.

Secrétaire d'Etat aux sports et à la Validation des Acquis de l'Expérience : Rama Yade, Sémiramis de la gaffe. Serait médaillée d'or si les arts décoratifs étaient discipline olympique.

Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, chargé du démantèlement de la carte électorale et des collectivités : Alain Marleix, une sorte de petit Pasqua continental.

Stéphane Nivet

Photo: DR

10/05/2010

La crise en crissant

528071960.gifAprès le discret séminaire gouvernemental de la semaine passée, on peut dire que la Grèce s’est définitivement invitée dans la politique française même si, vous l’avez tous compris, la rigueur est en aucune façon à l’ordre du jour dans ce pays, pas plus d’ailleurs que l’austérité. Ce qu’est entrain de fourbir l’Elysée n’a vraiment pas de nom mais soyez certain que, comme tous les coups portés, cela laissera des traces. En effet en voulant situer illico le déficit public à 8% cette année, 4.6% du PIB en 2012 et définitivement moins de 3% par la suite, le fumet de la soupe à la grimace des deux « tord-boyaux » de Matignon et l’Elysée à des allures d’austérité mais que l’on se taise. Que l’on se fiche dans le crâne qu’il n’y aura jamais, au grand jamais, d’austérité et de rigueur sous Sarko Ier. Même si Fillon a déclaré en 2007 que l’Etat était en faillite les baffes que les Français vont encaisser dès le prochain budget ne seront présentées que comme de simples efforts, de petits soufflets. Bien entendu rien n’est plus manipulateur. L’attaque va être rude et injuste. De Lagarde à Jouyet, la galaxie Sarko se prépare à l’offensive généralisée et comme toujours, en pareilles circonstances, la lumière provient des « sources gouvernementales » et jamais des ministres. Dans Le Figaro du 7 mai, l’une d’entre-elle mérite méditation sur la nature de l’attaque qui se prépare, la fameuse source indiquant que « Très peu de gens sont énormément taxés alors que beaucoup ne le sont pas du tout. Il y a sûrement un moyen de rééquilibrer tout ça. » Alors si vous estimez faire partie de ceux qui pourraient se sentir que peu taxés, je ne peux que vous remercier par avance pour votre contribution à ce rééquilibrage imaginé par l’Elysée, Matignon et Bercy.

Quitte à avoir des idées noires et peut-être même des envies peu recommandables de violence, je vous conseille la lecture de polars. Cela tombe bien puisque « Quai du Polar » invite deux auteurs dans les prochains jours.

> Rencontre avec DOA auteur entre autres de Citoyens clandestins (Gallimard) et de Fous d’avril, lauréat du prix Quai du Polar 2005

Mercredi 12 mai à 19h

Librairie Grand Guignol. 91, montée de la Grande Côte, Lyon 1er.

> A l’occasion de la sortie de Résurgences (Au diable vauvert)

Rencontre avec Ayerdhal

Jeudi 20 mai à 19h

Librairie Passages. 11, rue de Brest, Lyon 1er.

Réservations conseillées : 04 72 56 34 84

Lyon, le 10 mai 2010.

02/04/2010

Un, deux, trois Estrosi

estrosi 2.jpgAlors que leur Président de champion plonge dans les sondages, que la grogne gagne les députés et que certaines personnalités umpistes font la trogne, la garde rapprochée du Sarkozysme tente de se mettre en ordre de bataille. Face au remuant Copé, c'est directement par le biais d'un Conseiller Elyséen, Olivier Biancarelli, que s'organisent les quelques troupes encore totalement acquises au président le tout sous le regard affectueux de Xavier Bertrand et de Frédéric Lefebvre. Regrettant la faiblesse politique du gouvernement à l'occasion d'un briefing destiné à remonter le moral de quelques députés, Xavier Bertrand aurait dit, tout en le regrettant, "on ne peut pas cloner Christian", entendez par là Christian Estrosi. Rendez-vous compte ces types sont tellement dans la mouise qu'ils seraient disposés en le clonant, à nous fourguer trois ou quatre Estrosi dans le gouvernement histoire de rendre l'aéropage de Fillon plus politique. Imaginez ce gouvernement dont ils rêvent et qui comprendrait, à l'instar des clones du Commandant Sylvestre dans les guignols de l'Info, une demi-douzaine d'Estrosi. Quand on nous dit que le Sarkozysme est malade, je n'osais imaginer que cela puisse l'être autant.

Lyon, le 2 avril 2010.

26/03/2010

Mercenaire

eric-woerth-municipales-2008.1209985754.jpgTout a été dit et redit depuis le début de la semaine à propos de ce remaniement liliputien spécialement dédicacé à l’UMP. Le débarquement dans la douleur d’un Xavier Darcos au destin Versaillais. Amara et Besson sauvés peut-être pour la dernière fois des eaux boueuses du marigot majoritaire. Petite pincée de Chiraquisme, Baroin étant désormais en charge de l’abyssal déficit qu’il dénonçait hier. Zeste de Villepinisme avec la récupération de l’homme Tron, un Libéral pur-sucre chargé de compter fleurette aux fonctionnaires. Copé en embuscade et Sarko se projetant déjà en 2011 avec ce qui sera alors le véritable remaniement du mandat, une opération destinée à prolonger le bail du Président.

Taxe carbone en fumée, pleurnicherie de la championne de karaté et silence coupable de Borloo. Ministres pour l’essentiel encore pétrifiés de toujours l’être, Bertrand adoubé, en vérité le plus important dans toute cette affaire s’appelle Woerth le mercenaire embauché pour faire le sale job sur les retraites, ce comptable que Sarkozy veut reconvertir en boucher du pacte social. Avec Eric Woerth, il va y avoir du sang, quelques larmes et beaucoup de sueur. Woerth est affûté, à lui de faire reculer les forces syndicales et leurs mandants, à lui de prendre les coups, de recevoir les quolibets de la rue quitte à jouer les martyrs. Ministre du budget, il a creusé les déficits comme d’autre leur tombe, Ministre des affaires sociales il sera celui capable de faire reculer, sans états d’âmes, les acquis sociaux en particulier en matière de retraites. Woerth est celui qui devra offrir à Sarkozy, sur un plateau, la réforme capable d’assurer la résurrection d’un président qui songera alors peut-être à lui confier les reines d’un futur gouvernement.

En attendant, Villepin et Patrick Sébastien ont fait hier l'actualité, le second n'étant pas nécessairement le plus rigolo des deux.

Lyon, le 26 mars 2010.

Photo: DR

08/01/2010

Fin d’une illusion

philippe_seguin-d2.jpgAvec la participation de Philippe Séguin sonne la fin définitive de cette illusion qui perdurait, on ne sait trop pourquoi, dans la vie politique française, je veux parler du gaullisme. Même s’il n’aimait pas que l’on puisse le qualifier de droite, Philippe Séguin était avant tout un « baby Chirac » mais probablement homme à s’amuser du fait que certains commentateurs parlent de « séguinisme ».

Quand on connaît la trajectoire de Fillon et Guaino, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Séguin, c’est bien entendu de réaffirmer que le « Séguinisme » n’existait pas.

Séguin, lui, par contre, existait et si on ne peut être qu’attristé pas sa disparition nous aussi constater qu’une parenthèse se ferme. Une période où certaines personnalités de la droite française pouvaient incarner une « sensibilité sociale », une volonté républicaine clairement affirmée et revendiquée et le goût de l’intérêt public.

Philippe Séguin disparaissant, le paysage est définitivement dégagé pour laisser la place nette aux clones de Sarkozy et à tel ou tel chou-chou du Président, à un Copé carnassier ou à l’esbroufe d’un Villepin gonflé d’orgueil. On m’objectera que Philippe Séguin n’était pas le dernier des gaullistes puisque Chirac et Pasqua sont encore de ce monde. Même si nous devons souhaiter une longue vie à ces deux-là, constatons tout d’abord que ce duo fondateur du RPR n’est plus dans ce monde politique qu’il pâturait depuis des décennies mais surtout que leur certificat de gaullisme n’est que de complaisance.

Séguin s’en allant, un point de non retour est atteint par la droite française et ne me dites pas que les Sarkozy Copé, Chatel, Bertrand ou autres Fillon peuvent se prévaloir de l’héritage de Séguin et du gaullisme même si, dans les jours qui s’annoncent, ils s’efforceront tous de nous faire croire le contraire.

Lyon, le 8 janvier 2010.

Photo: DR

07/12/2009

Fillon titulaire

FILLON NB.gifIl paraît que François Fillon est de retour ou plutôt prié de revenir pour "dépassioner" le débat sur l'identité nationale. Il a donc été expédié en fin de semaine dernière devant le public trié de l'institut Montaigne de Claude Bebear pour déminer le terrain des grandes manoeuvres de Sarkozy. Il a ainsi souhaité, leur a-t-il dit, faire valoir sa "contribution personnelle" à ce grand débat et donc expliqué qu'il parlait "en citoyen" apportant ainsi ses réponses "pour ce qu'elles valent, parmi 65 millions d'autres". Mon oeil !

Qu'un Premier ministre dans ce pays explique que les minarets doivent, suite à un référendum suisse, "s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social" ne choque plus et passe même pour un propos équilibré à la limite du progressisme alors que cette question des minarets est artificielle. Qu'en conre partie, le même Fillon, ne dénonce pas avec la plus extrême sévérité les propos du maire UMP de Gussainville ne semble pas émouvoir.

Qu'un Fillon explique, pour sauver le fêmon et son patron, que ceux qui refusent le "débat" sur l'identité nationale laissent la parole aux "tenants du repli naturel" et aux "nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Paul Déroulède et de Vichy" ne heurte manifestement pas grand monde.

Que le "Chef" du gouvernement, saisissant ainsi l'opportunité pour exister, convoque De Gaulle, Jeanne d'Arc, Henri IV, Richelieu, Clemenceau et Philippe Auguste est risible de la part d'un sarthois amateur de course automobilie néanmoins collaborateur d'un président qui en son temps s'était autorisé à prendre en otage Jean Jaurès.

Nul n'est dupe du discours contorsioniste d'un Fillon qui était sur le banc depuis le début de la saison et que son coach ne titularise que quand il est dans la scoumoune. Fillon a indiqué devant l'Institut Montaigne que "l'identité nationale peut être frondeuse et j'accepte du même coup l'humour et même la raillerie". Voilà qui est fait Monsieur le Premier ministre.

Lyon, le 7 décembre 2009.

Photo: DR

24/09/2009

Tranches de vie

fillon.jpgChargé de mouiller la chemise pour dire le plus grand bien de la réforme territoriale que souhaite imposer au pas de charge Nicolas Sarkozy, Gérard Larcher moulinait hier dans le Figaro quelques arguments sans grande conviction. Comme pour se justifier, le Président du Sénat nous indiquait, sans trop y croire, qu’il souhaitait que tout cela se fasse « sans précipitation ». Le bon soldat Larcher, dans une ultime tentative pour nous faire croire que sa parole serait susceptible de peser, nous indiquait que François Fillon » lui avait « assuré que nous auront tout le temps nécessaire pour aller au bout du débat ». Larcher devrait pourtant le savoir, dans ce pays ou désormais les ministres comptent pour du beurre, les propos du premier d’entre eux ne valent pas tripette. D’ailleurs, hier mercredi, le conseil des ministres avait été zappé, le président de la république étant Outre-Atlantique. En d’autre temps, l’élégance l’aurait maintenu avec un ordre du jour d’opérette. Telle n’est plus la pratique sous Sarkozy qui n’en oubliait pas de s’inviter hier soir sur les deux principales chaînes de télévision convoquant les deux présentateurs « passe-plats » à New York, faisant ainsi des quelques questions préparées d’avance des références en terme d’équivalent carbone. Dans le même temps l’Elysée distillait l’information comme quoi, depuis les Etats-Unis, le Président téléphonait cinq à six fois par jour à sa tour de contrôle, Claude Guéant, et seulement une malheureuse fois à un premier ministre prié de s’en contenter.

Dans ce monde de brutes heureusement que Giscard est là pour nous rappeler qu’il y a aussi de l’amour, de la séduction et du romantisme. Une attitude que François Fillon devrait également reprendre à son compte, l’actuel premier ministre partageant avec « l’ex » une totale indifférence de la part des Français et le fait de s’être fait pourrir la vie par un président de la république.

Lyon, le 24 septembre 2009.

Photo: DR

17/12/2008

L’indécence de Fillon ou sa honte ?

Fillon1.jpgÀ écouter notre sourcilleux Premier ministre, le PS serait indécent et trop bruyant, trop pressé : "Je leur demande un peu de décence, restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez le moment venu ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière". C’était lors d'une réunion des nouveaux adhérents de l'UMP, salle Gaveau dans le VIIIe arrondissement de Paris, fin novembre.
Le PS aurait failli aux bonnes moeurs ? Aurait-il commis des actes que la morale réprouve ? Est-ce que je me méprends sur le sens des mots ?
Je saute sur le Littré et j’y lis : « La décence désigne ce qui est honorable ».
Ouf !
Que Fillon François, parangon de décence, réponde donc à ces simples questions parmi les dizaines qu’appellent ses actes.
N’attendez pas de réponses autres que de bois, mais pointez l’honneur. Ou la honte… :
Est-il décent et honorable d’intervenir de façon brutale avec des maîtres-chiens et des gendarmes dans les collèges (du Gers, comme à Marciac par exemple)?
Est-il décent et honorable que la police encadrant des parents vienne se saisir d’enfants en maternelle et en CE1 pour les mettre dans une prison – ce qu’est de fait un centre de rétention – puis les expulse manu militari en urgence avant même que la CIMADE ne puisse les contacter (comme ces enfants kosovars de l’école Jardin de Ville à Grenoble le 24 novembre) ?
Est-il décent et honorable de voter l’abaissement à 12 ans de l’âge où il est permis d’emprisonner un enfant ?
Est-il décent et honorable de refuser que les plus riches participent au Revenu de Solidarité Active pour les plus faibles ?
Est-il décent et honorable de ne pas respecter les 20% de logements sociaux que la loi SRU prévoit et de la contourner alors que tant de personnes n’ont pas de toit et que parmi celles-là, le tiers a un travail ?
Est-il décent et honorable d’avoir les pires prisons d’Europe, surpeuplées et où plus de cent personnes se suicident chaque année ?
Est-il décent et honorable…

Relisez les Châtiments. Il faudrait ici le talent dans la rage qu’avait Hugo pour dénoncer cette façon de nous gouverner :
« Si nous les laissons faire, on aura dans vingt ans,
Sous les cieux que Dieu dore
Une France aux yeux ronds, aux regards clignotants,
Qui haïra l’aurore »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 17 décembre 2008.

06/09/2008

Voyage au bout de l’ennui

1388882055.jpgPhilippe Vecchi, dans sa rubrique de « L’Obs Télé » de la semaine, nous rapporte des propos qui pour ma part m’étaient passés au dessus de la tête. Il s’agit de ceux de Carla Bruni (Sarkozy) parus dans VSD. L’épouse présidentielle y parlait de Louis-Ferdinand Céline même si c’est une drôle d’idée que de parler de Céline dans VSD. Bref, Carla Bruni indiquait que Céline « était dans la poésie » et comparable à Houellebecq, car ces deux là donnent «  dans le romantisme et la douceur » au point d’aboutir à quelque chose de « presque intolérable de beauté ».

Puisque notre actuel Ministre de l’Education, Xavier Darcos, s’imagine de temps à autre successeur de François Fillon, je lui suggère, la lèche n’étant pas inutile en pareille situation, de formuler à partir des propos de Madame Bruni un sujet pour le Bac de français.

Si pris de honte Darcos hésitait à se lancer dans une telle opération, il pourrait toujours se rabattre sur ceux de Bernadette Chirac qui, grâce au concours de Patrick de Carolis avait écrit dans son ouvrage « Conversation » (disponible en livre de poche), « Aimer, c’est forcement être optimiste ». Inviter nos élèves de Terminales philo à commenter la pensée de l’ex-première dame de France aurait également de la gueule.

Lyon, le 6 septembre 2008.

19/10/2007

La caissière du supermarché est bien barrée

medium_Caddie.jpgCe matin dans le Figaro, Nicolas Barré dans un éditorial intitulé « aux grévistes » fait sa petite leçon de morale aux cheminots en leur expliquant notamment qu’il y a plus malheureux qu’eux. Argument favori de la droite depuis quelques semaines, Barré nous parle de « La caissière de supermarché (qui) manipule chaque jour à sa caisse deux tonnes de produits ! ». Je ne sais pas si vous l’avez relevé mais la caissière d’hyper est devenue, bien malgré elle, la caution de la droite pour détruire les régimes spéciaux des agents de la SNCF et de la RATP.
Horaires partiels et fractionnés, salaires particulièrement bas, stress, tâches répétitives la caissière de l’hyper est effectivement une victime non consentante d’un système qui la broie. Puisque ce Monsieur Barré semble tant s’intéresser aujourd’hui au sort de ces milliers de femmes qui triment dans des conditions scandaleuses et pour trois-francs-six-sous chez ses amis Leclerc et Mulliez, je suggère à notre belle âme du Figaro, au nom de la pénibilité du travail, d’exiger de ses amis Sarkozy, Fillon et Bertrand un régime spécial de retraite pour les caissières de nos supermarchés. Au point où il en est, il doit imposer aussi une revalorisation de leurs revenus et la fin de ces mi-temps fractionnés qui détruisent leur vie familiale. Aujourd’hui le camarade Barré vient de rejoindre le combat qui vise à redonner une dignité aux caissières des supermarchés. C’est donc un grand jour pour les travailleurs de ce pays.
C’est la lutte finale groupons-nous et demain... (air connu).

Lyon, le 19 octobre 2007.

08/10/2007

L’ami l’a mis là

medium_Horfeux.jpgIl paraît que Brice Hortefeux fait la gueule. Il en a marre d’être le salaud de la bande, marre probablement d’être dans l’obligation de justifier le mot « détail » prononcé par Fillon. Marre d’être le ministre des expulsions, des tests ADN, celui qui doit endosser la défenestration du jeune Ivan et la mort récente d’une femme chinoise. Marre aussi des délégations des églises, lui le catholique, qui viennent protester jusque dans son bureau. Marre de ce qu’il appelle « la désinformation », marre de Libération à qui il vient de dire « puisque vous savez parfaitement ce que vous pensez de moi, cet entretien va durer quarante-sept secondes ».

Il faut dire que pendant que son ami de trente ans fait le beau sans lui, mais avec Rachida Dati et Christian Clavier, à Cardiff aux basques de Laporte, pendant qu’il se fait allumer par certains de ses amis de l’UMP- le sénateur Pinte le qualifiant même de « garçon ambigu » - Hortefeux trinque. A lui le sâle job. A lui de se faire pourrir l’image au point que ses chances de ravir Clermont-Ferrand à la gauche s’amenuisent chaque jour. A lui le rôle de cogneur alors que Alliot-Marie préfère s’occuper des chiens méchants. Brice de Neuilly, l’ami de l’ami qui l’a mis là, a donc du vague à l’âme et voilà que Christine Lagarde en rajoute.

En effet, la Ministre de l’économie, afin d’engager des financiers étrangers et leurs familles à venir s’installer à Paris, a promis de faire le siège du Ministre Hortefeux pour le convaincre de simplifier la procédure d’entrée en France de cadres de la finance internationale et de leurs familles. Pour cela Christine Lagarde suggère d’ouvrir un guichet unique assorti de procédures administratives accélérées.

Tant qu’il s’agissait, pendant la campagne présidentielle, de faire le méchant pour draguer l’électorat de Le Pen, Hortefeux, rappelez-vous, ne mégotait pas. En contrepartie il postulait à un poste régalien qu’il estimait lui revenir légitimement. Au bout du compte, Sarkozy lui a refilé ce sâle boulot à l’Identité Nationale alors que certains de ses petits camarades du gouvernement jouent les chouchous dans les médias. Aujourd’hui l’affaire est  réglée, Brice ne sera jamais « The nice ». En lui demandant, dès que possible, de favoriser l’accueil et le regroupement familial des Factotum de la finance internationale, Lagarde ne fait que traduire la pensée de celui qui l’a mise là et Brice sait très bien que, même quand on est las, on ne peut rien refuser à celui qui vous a mis là.

Lyon, le 8 octobre 2007.

(Photo: www.g8russia.ru)

 
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