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22/04/2010

Mouvement, # 55

couv_55_enkiosque.jpg

Retour à la normale après mon épisode volcanique et quelques larmes pour un pays qui en est réduit à avoir des chefs d’escadrille comme Borloo et Bussereau pour faire face à de telles situations. Quelques mots donc pour évoquer le sort de la culture, un truc désormais quasi perdu pour la cause, autant dire un département ministériel qui pourrait être confié à Bussereau si d’aventure l’UMP arrivait à chasser Mitterrand du gouvernement.

« Avis de décès : sans fleurs ni couronnes, le ministère de la culture est mort dans sa cinquantième année », telle est la formule qui ouvre l’intéressant dossier « Culture, en attendant le crash » proposé par la revue trimestrielle « Mouvement ».

Il faut dire qu’entre les propos, parfois contradictoires mais toujours inquiétants, de Nicolas Sarkozy et ceux zélés et culpabilisateurs de son ministre funambule Mitterrand (Frédéric), « Mouvement » tape juste en proposant une sorte de panorama peu encourageant de la politique culturelle menée au plan national. En laissant la parole à des personnalités avisées mais parfois peu exposées comme Jacques Livchine (Théâtre de l’Unité), François le Pillouër (président du syndicat national des entreprises artistiques et culturelle) ou Emmanuel Wallon (professeur de sociologie à Paris-Ouest Nanterre) la revue artistique qui se veut indisciplinée apporte un point de vue rugueux dans un débat qui, convenons-en, a bien du mal à émerger. A l’instar de ce que tente ces temps-ci « Mouvement » il serait très certainement indispensable que converge un mouvement tout à la fois de contestation de la politique culturelle sarkozyste mais aussi les premiers éléments d’une relance de l’action culturelle dans ce pays. Ce qui s’élabore dans les régions et les grandes villes et agglomérations doit être pris en compte mais nullement suffisant pour définir la totalité des politiques culturelles de demain. Au travail si nous voulons qu’une nécessaire alternance réveille ce pays.

  • > « Mouvement », n° 55, avril-juin 2010, 9 euros.

Renseignements sur www.mouvement.net ou au (0)1 43 14 73 70

Lyon, le 22 avril 2010.

21/01/2010

Depuis que Frédo est tombé de scooter

73233-frederic-mitterrand.jpgOuf ! On commence à en savoir plus sur la politique que Frédéric Mitterrand souhaiterait mettre en œuvre. Vous me direz qu’il était temps mais le problème n’est pas là. Lors de la cérémonie des vœux au Ministère de la culture, devant une assistance sélectionnée, le Ministre a donc annoncé une réorientation aux faux-airs de rupture. Le temps de « la culture pour chacun » est venu. Attention ce nouveau concept de « culture pour chacun » n’a absolument rien à voir avec la fameuse « culture pour tous » jadis mise en œuvre par les prédécesseurs de l’actuel ministre. Dans l’esprit du génial Frédo, « la culture pour tous » équivalait à « la culture pour les mêmes » d’où ce nouveau concept de « culture pour chacun » qui, si je mesure bien les choses, devrait avant tout concerner « les autres » ou plus exactement ceux qui ne bénéficiaient pas, hier, de « la culture pour tous » réservée alors aux « mêmes ». Plaisanterie mise à part, comment vous dire mon inquiétude sur l’état de santé de la culture suite à de pareils propos ?

J’ai lu quelque part que Frédéric Mitterand était sur le point de faire évoluer son cabinet. On a tous bien compris qu’en se cassant la pipe en scooter, notre ami Frédo s’était fait mal au bras. Cela étant, si un courageux de sa nouvelle équipe avait l’audace de convaincre le Ministre d’aller passer un scanner au Val-de-grâce cela ne serait peut-être pas tout à fait du luxe. En attendant, permettez-moi de vous souhaiter en 2010, non pas une bonne santé pour tous mais bien une bonne santé pour chacun.

Lyon, le 21 janvier 2010.

Image: DR.

18/10/2009

Villa Frédo

frederic.jpgLe Monde titrait l’autre jour en page culture un article sur la Villa Médicis d’un terrible « Liquider l’héritage Mitterrand ».

Pourquoi tant de haine alors que notre Frédo se remettait à peine de sa terrible épreuve. Je regardais de suite si l’article n’était pas signé Benoît Hamon et me rassurait en voyant qu’il était l’œuvre du correspondant romain du quotidien de référence. Philippe Ridet, c’est le nom du journaliste, n’y allait pas par quatre chemins nous expliquant que le successeur de Frédo « faisait la gueule » lors du vernissage de l’exposition consacrée à Gérard Garouste signifiant ainsi que c’était une lubie du Frédo. Pire le correspondant expliquait en long, en large et en travers qu’avec l’arrivée de Eric Chassey, l’homme qui « faisait la gueule », c’était la fin des paillettes et que la Villa Médicis allait enfin retourner à plus de discrétion. Histoire d’en rajouter, Le Monde rapportait les propos du nouveau boss qui réaffirmait ne pas vouloir d’une Villa Médicis qui serait « Le lieu d’expatriation des évènements culturels parisiens ». En attendant que les fans de Frédo se rassurent, l’œuvre de l’ancien directeur va se poursuivre puisque la prochaine exposition est consacrée à Béatrice Caracciolo (épouse Rothschild).

Pauvre Frédo, en choisissant en tant que ministre de tutelle, Eric de Chassey comme successeur, l’ami des stars n’est pas récompensé. Heureusement d’ici quelques jours une exposition sur Grace Kelly va être proposée aux visiteurs. C’est en quelque sorte le testament romain du Frédo et comme l’indiquait au final Philippe Ridet dans sa correspondance, cela tombe plutôt bien car le commissaire de la dite exposition c’est justement un certain Frédéric Mitterrand.

Je sais bien que maintenant la chose n’est plus possible et je me dis que Frédo s’est un peu précipité pour nommer son successeur. Avouez tout de même que Jean Sarkozy, directeur de la Villa Médicis cela aurait eu de la gueule en tout cas beaucoup plus que ce Eric de Chassey qui crache dans la soupe en « faisant la gueule ».

Lyon, le 18 octobre 2009.

Photos:DR

15/10/2009

Vivement dimanche

david douillet.jpgDepuis quelques jours, il y en a un qui doit bien mieux respirer, c’est Frédo, le neveu de l’autre, devenu ministre de la culture. On lui lâche enfin la grappe depuis que Jean, le fils d’un autre, lui a piqué la vedette. Nouvelle patate chaude de la majorité Jean à beau avoir été expédié chez le coiffeur par son père et fermement invité à passer chez le Optic 2000 de Neuilly, cela ne va pas très fort en terre Umpiste suite à ces vagues scandaleuses qui viennent abîmer des plages de sable chaud de leur eldorado. On l’a vu hier, le porte parole du gouvernement était à cran pour répondre aux questions des journalistes après le conseil des ministres ce d’autant qu’en annonçant que les cigarettes allaient être commercialisées sur internet, « Les Echos » avaient semé un peu plus la zizanie. Frédo, Jean, Marlboro, les Etats-majors Sarkozystes avaient paraît-il toute la journée un peu le blues n’espérant plus rien si ce n’est que le temps s’accélère pour que l’on passe à autre chose. En fait tout ce beau monde qui phosphorait jusqu’à point d’heure, n’attend plus qu’une chose, la victoire de Douillet dans la législative partielle de dimanche. Il ne manque en effet plus que 6 points pour que le judoka chiraquien Sarko-compatible n’accède au rang de député. Six points ce n’est pas grand-chose se dit-on à l’UMP, le problème c’est que le champion n’a plus de réserves de voix et que dimanche dernier 70% des électeurs sont restés devant la télé pour voir « Vivement dimanche ». Du coup la possibilité que la circonscription passe de droite à gauche n’est pas chose impossible contrairement à ce que les médias moulinent depuis quelques jours.

Faisant le pari (en ligne) que les électeurs de l’Essonne sont tout sauf des idiots, je me dis moi aussi « Vivement dimanche ». Avouez que lundi matin si l’on constatait que cette chaîne de la scoumoune n’était pas rompue, nous pourrions constater qu’après Frédo, Jean, Marlboro, Douillet viendrait compléter cette réjouissante série avant que dès la fin de la prochaine semaine on nous annonce peut-être encore mieux.

Lyon, le 15 octobre 2009

Photo: DR

14/10/2009

Goût bizarre

journaux1.jpgJ’avais bien aimé cet été les billets qu’écrivait régulièrement Pascal Jalabert dans le « Progrès », ils me redonnaient un certain attrait à la lecture du journal. En quelques lignes en effet, l’auteur donnait un vrai point de vue, pas forcement politique et engagé, mais un point de vue tant sur des sujets politiques que de société.

Cela me rappelait un peu la belle période des années 70 où la presse quotidienne lyonnaise connût un moment de vraie diversité. Henri Amouroux éditorialisait chaque jour sur les positons de droite dans « Le Journal Rhône-Alpes » (ancêtre du Figaro Rhône-Alpes) et je lui répondais dans l’édition régionale de « L’Humanité » ; l’équipe de « Libération Rhône-Alpes » composée des Claude Jaget, Albert Agostino et autre Bernard Shalcha donnait ses points de vue toujours cinglants (Robert Marmoz n’était pas encore là, il a la chance d’être plus jeune) et Bernard Elie s’exprimait dans «  Le Monde » régional lui aussi. Quant au « Progrès » il livrait chaque jour un édito signé d’un « P » transpercé d’une plume.

Ce moment de nostalgie passé j’ajoute que je lis régulièrement Jacques Boucaud ou Michel Rivet Paturel les journalistes politiques du « Progrès » d’aujourd’hui.

Pour revenir à l’ami Jalabert il signait hier un article sur les soucis de Sarkozy à mi mandat et la liste est longue, depuis les questions économiques jusqu’aux frasques de ses ministres en passant par les dossiers à venir : retraites, lycées etc. Même les Régionales ne s’annoncent pas comme une promenade de santé, les ministres se défilant les uns après les autres pour conduire les listes et les objectifs de conquête sont plus que réduits à la baisse. En fait, à force de gesticuler dans tous les sens Sarkozy a fait perdre la boussole à ses propres troupes et au-delà à ses électeurs. Il paraît que ça le rend nerveux, on peut le comprendre ; ça le rend aussi irascible à l’endroit de ses ministres aussi il s’enferme avec ses collaborateurs de l’Elysée ce qui est le pire des réflexes et de plus dangereux pour lui car face aux combats à venir ce ne sont pas les gens de l’ombre qui iront au contact de l’électeur. Une telle situation laisse en principe un boulevard au le PS qui malheureusement n’arrive pas à l’emprunter.

Alors que Martine Aubry commence tant bien que mal à mettre un peu d’ordre dans la maison voilà que les incurables des petites phrases remettent ça quasiment tous les jours. Il n’y avait pas assez des couacs sur l’affaire Mitterrand que Daniel Vaillant sortait le serpent de mer de la légalisation du cannabis pour que la cacophonie reprenne. Bref si le PS voulait laisser passer son tour en 2010 comme en 2012 il ne s’y prendrait pas autrement. Au fond si Sarkozy devait trébucher ce ne serait sûrement à cause du PS mais des transfuges de la gauche qui deviennent de plus en plus encombrants pour lui et indigestes pour ses amis politiques. Ce serait tout de même une victoire au goût bizarre.

Philippe Dibilio

Photo: DR

13/10/2009

Un homme qu’on livre aux chiens.

Lynchage.jpgIl y a des lynchages – fussent-ils médiatiques – qui fleurent leur parfum d’excrément à cent lieues.

C’est le cas de celui qui vise actuellement Frédéric Mitterrand. D’abord accusé de pédophilie par la fille de l’homme du « détail », une accusation appuyée sans tarder par quelques bonnes âmes de droite, pieuses et confites genre Boutin et quelques beaux esprits (?) de gauche genre Hamon ou Hammadi (voire Valls ou Montebourg qu’on connaissait plus avisés) ; accusé ensuite de tourisme sexuel, expression qui dans l’esprit de la plupart des Français s’amalgame à la pédophilie tant il est vrai que la prostitution dans certains pays est liée à la misère et implique souvent des enfants ; accusé maintenant de soutien à de jeunes violeurs réunionnais dont l’un est le fils de son ancienne maquilleuse et son filleul…

Qu’on ne se méprenne pas, f.Mitterrand (comme certains, j’écrivais déjà l’initiale de son prénom avec une minuscule, histoire d’éviter toute confusion) n’est pas quelqu’un que j’apprécie particulièrement. Je trouve son style oratoire un peu pompeux, sa façon télévisuelle imitée de Zitrone, davantage adaptée au cirage de pompes princières qu’à la défense et à la promotion de la culture française. Sa nomination à la Villa Médicis tout comme celle de ministre de la culture ne m’ont pas paru géniales.

Mais en la matière, et comme l’écrit Eric Fottorino dans son article « Chasse à l’homme » dans le Monde de la semaine passée, il faut revenir aux faits avérés : le livre de F.Mitterrand était connu ; il n’a pas violé ; son homosexualité est respectable ; s’il n’a pas menti sur l’âge de ses jeunes amants prostitués, le lynchage médiatique dont il est victime est une tache sur tous ceux qui, au nom d’intérêts mesquins, hurlent avec les loups en s’appuyant sur un tas de faux secrets et en jouant sur ce qu’il y a de plus bas chez l’homme.

Venant de Marine Le Pen, rien de surprenant, il suffit de se souvenir de la fable de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste », pour se rendre compte que loups, renards et autres rois des animaux se mettent toujours d’accord pour faire de l’âne qui avoue, un bouc émissaire.

Venant de Hamon, Hammadi et autres, c’est assez triste. Un porte parole qui ne porte que sa parole propre, un jeune loup en mal de reconnaissance qui se fait les dents et de déjà vieux batteurs d’estrade et de médias auraient dû, pour le moins, se renseigner avant de jouer les Lucky Luke. Heureusement il y a eu Delanoë (et toi mon cher Jean-Yves, la semaine passée sur ton blog) pour demander un peu de décence.

Les lapideurs devraient méditer sur la fonction de bouc émissaire bien théorisée par René Girard : l’accusation sur laquelle ils embraient sans réfléchir souligne la crise morale qu’une société traverse et qu’elle espère régler en sacrifiant un bouc émissaire qui n’en demandait pas tant. Et pour qu’on l’on puisse croire à sa responsabilité, on l’accuse toujours de transgresser des interdits fondamentaux. Ici, la pédophilie, le tourisme sexuel et pourquoi pas le viol quitte à convoquer à la barre un lointain filleul ou la défense de Polanski. Il faut pour que cela fonctionne, des interdits suffisamment puissants pour dégager une force explicative automatique : plus question de penser par soi-même ; plus question d’investiguer au préalable ; haro sur le baudet !

Jean-Paul Schmitt

20/09/2009

Le brunch du neveu

1865459533.3.jpgCertains auraient très certainement préférés que le Ministre de la culture planche sur la loi Hadopi plutôt que sur la culture européenne. pour ce troisième jour du Forum Libération de Lyon. Il est vrai qu'un débat, avec par exemple le socialiste Patrick Bloche sur cette question aurait donné un peu de piment, mais c'est ainsi. La légendaire élégance de Libé nous a donc offert un échange entre le réalisateur Allemand Volker Schlondorff et le neveu devenu Ministre. Plat imposé "l'identité culturelle de l'Europe". On a donc connu chose beaucoup "fun" pour un brunch du dimanche matin.

Ce midi, Frédéric Mitterrand, avec nombre d'anecdotes, des témoignages personnels, des souvenirs, des touches sans retouches et de lyrisme a fait du Frédo prouvant ainsi, comme l'a probablement toujours souhaité Sarkozy, que le neuveu n'est pas dans le gouvernement pour faire le Ministre mais pour demeurer lui-même.
Je l'ai dis aux profs qui ont fait de ce forum une obligation de participation à leurs étudiants avec l'impérative nécessité de remettre une fiche dès demain matin 8h. Soyez cool, car Frédéric Mitterrand a fait plus de manière que de matière. Si vous retrouvez, chers collègues enseignants, des traces du grand oncle de la famille disparue dans cette macédoine qui ne peut plus dire son nom, mettez leur trois points. Le témoignage du grand-père qui a appris l'allemand après la Première guerre mondiale, doublez la note. Deux ou trois trucs sur l'Europe des cathédrales et celle de commerçants, la moyenne doit être acquise. Si vos poulains citent Lanzmann et le shoah, le moteur Franco-Allemand et le "9ème jour" de son ami Volker. Un seize s'impose.
Parmi les propos fortement décousus du Ministre après l'Albanie, la Macédoine, l'Inde, le TGV Madrid-Lisbonne, l'étape Turque est de loin la plus remarquable. Tendant un bâton pour mieux se faire battre, à propos de la Turquie et des frontières de cette Europe, sur l'élargissement notre Ministre a été à la peine, répondant que le matin il y était favorable et l'après-midi contre.
Le Ministre de la culture était donc présent ce midi au Forum lyonnais de Libération. Il a fait ce pourquoi Sarkozy l'a promu, du Frédo et à bien y réflechir c'est tout à fait en cela que réside sa force.

08/07/2009

F.Mitterrand

tu quoque.jpgLe Figaro en a fait des tonnes pour présenter celui qui devrait être le Malraux du XXIe siècle, Frédéric Mitterrand. Qu’on en juge : «  Passionné d’opéra et de cinéma, lecteur de Proust et de Julien Green, érudit à la culture classique mais curieux d’art contemporain, le nouveau ministre de la culture affiche des goûts de gentilhomme d’aujourd’hui ».

De quoi appeler Jack au secours, fut-ce en bêlant. Comment ne pas se réjouir d’un avènement aussi divinement annoncé ?

Tout le monde fréquente peu ou prou les salles obscures, même si tous n’aiment pas l’opéra. On ne saurait d’ailleurs trop conseiller à ceux que le bel canto rebutent d’aller voir le Didon et Enée de Purcell dont la mise en scène par la chorégraphe allemande Sasha Waltz vient d’émerveiller les Nuits de Fourvière. Et puis, « lecteur de Proust », cela marque son homme. Tout le monde connaît l’auteur. Même ceux qui ne l’ont jamais lu - ou qui redoutent de le lire, trop habitués au style actuel à phrases courtes - connaissent sa madeleine. Et tant pis pour les bêtises s’ils confondent Combray et Cambrai.

Entendez que Frédéric n’est pas seulement un « érudit à la culture classique », mais qu’il est aussi un homme de culture complet car « curieux d’art contemporain ». Voyez comme tout cela est équilibré. Comme cela sonne bien. Comme cela convient à tous les goûts, fussent-ils ceux d’un « gentilhomme d’aujourd’hui ». Admirez au passage la formule qui suggère l’illustre ascendance – on n’est gentilhomme que de noblesse - et qui, tout en faisant référence au goût littéraire raffiné de l’oncle, rappelle les qualités de celui qui fut le seul Président de la République socialiste qu’un grand nombre de Français ont connu.

Tout, dans ces quelques mots du quotidien qui en rajoute dans l’éloge flatteur, est là pour nous convaincre avant l’heure de l’excellence du choix de Sa Majesté ; choix éclairé, paraît-il, par le chant murmuré de sa compagne. Quant à l’impétrant, force nous est de lui reconnaître une certaine connaissance du sujet.

En accrochant à son générique l’illustre patronyme, le Prince qui nous gouverne s’est montré une fois de plus un bon metteur en scène. Un patronyme qui risque cependant d’être prononcé « Mittrand » par ceux qui détestent le neveu sans attendre de le juger à ses actes.

Le nouveau ministre de la culture a déclaré à Paris-Match – vous savez : le poids des mots etc… - qu'il n'a «pas trahi la mémoire» de son oncle. On le croit d’autant plus volontiers que ses premiers courriers arrivés dans le monde de la culture sont signés F.Mitterrand… Il y aurait eu paraît-il des rires et des sourires dans le microcosme.

À tort certainement, s’il faut en croire la confidence faite à Paris-Match : « Je suis quelqu’un de modeste, plein d’humilité ». Bonne chance f.Mitterrand ! La culture en a besoin, mais gare, le monde politique est âpre.

Et comme disait Tonton : « Dans la vie politique, on ne se fait pas, on ne se crée pas de véritables amitiés. On a quelques bons compagnons »…

Jean-Paul Schmitt.

29/06/2009

Quelque chose de Michaël

michael-jackson.jpgNouveau Ministre de la Culture, l’une des premières déclarations de Frédéric Mitterrand me laisse presque sans voix. Qu’à donc dit notre Frédo national ? « Nous avons tous un Michaël Jackson en nous ». Certains diront que cette parole est autant définitive qu’obscure mais pour tout vous dire je suis toujours expectatif à la lecture de ce propos néo-ministériel me demandant dans la foulée, même inscrit au plus profond de l’âme du neveu, ce que Mitterrand peut bien avoir en commun avec Bambi. Comme dirait l’autre, « ça ne nous regarde pas ».

S’il n’avait pas été nommé ministre, Mitterrand détenait alors avec ce pauvre Jackson matière à faire un de ces docus aux envolées lyriques surfaites ponctué par une mort tragique presque aussi féconde que celles de Lady Diana et Marilyn réunies. Pensez-donc, s’il n’avait pas été ministre, un de ces jours, Mitterrand nous aurait probablement concocté avec sa façon si « old school » une histoire revisitée de la trajectoire de la star venue de l’Indiana. L’histoire du petit Jacko élevé à la dure et devenu enfant prodige puis déchu. Il nous aurait raconté en bon racoleur cathodique les coups reçus, les souffrances, les médocs avalés, Peter Pan, le caisson, les attouchements, les frais d’avocats et le passage imprévu de la grande faucheuse.

En vérité, dans son malheur, la dernière chance de ce pauvre Michaël est, ascension ministérielle oblige, d’échapper aux péroraisons signées Frédo. Avec un peu de chance notre documentariste, quand Mick Jagger ira prendre rendez-vous avec le diable, ne sera plus ministre. Il pourra ainsi nous raconter l’existence d’un fils de prof de gym devenu star planétaire envoûtant les foules par son ambigüité fascinante. On a tous quelque chose de Mick Jagger...

Lyon, le 29 juin 2009.

Photo: DR

 

 
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