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19/10/2010

Ramassée

rama-yade.jpgLes défenseurs du sarkozyme, en ces temps difficiles pour le pouvoir, sont de plus en plus rares au somme de l'Etat : Frédéric Lefebvre, preuve vivante qu'on peut partir de rien pour arriver nulle part, Dominique Paillé, persuadé que derrière chaque journaliste se cache un bolchévique sanguinaire, et Xavier Bertrand, camelot patte-pelu d'un roi nu, ont cessé d'être audibles, si on peut croire qu'ils l'aient été un jour, exception faite bien sûr des électeurs fascistes inquiets de leur dérive droitière.

A l'occasion de l'émission "A vous de juger", présentée par la suave Arlette Chabot, flanquée du sémillant Nicolas Beytout, journaliste qui partage sa vie entre la rédaction des Echos et le comité d'éthique du MEDEF - nous voilà rassurés pour la moralisation du capitalisme et du journalisme réunis !- et Alain Duhamel, dernier journaliste vivant avec Jean Daniel à avoir chroniqué tous les présidents de la Veme République, le sarkozysme a envoyé Rama Yade au front défendre les retraites, l'identité nationale, le bessonisme, la brasse coulée et l'athlétisme en salle.

Mac-Mahon, s'il était encore en vie et Danièle Gilbert, si elle était encore à l'antenne, seraient en droit de déposer plainte pour plagiat, tant la kyrielle de banalités creuses et de conneries cyclopéennes déversées par Rama Yade atteignit un niveau inédit à la télévision depuis Jean-Pierre Raffarin en campagne référendaire, lui ouvrant ainsi séance tenante la route fleurie du Guinness Book des records et par voie de conséquence, celle de l'Académie Française, si Héléne Carrère d'Encausse, ce jeune bourgeon libertaire, daigne casser sa pipe immortelle un jour.

Subsidiairement en auto-promotion de sa Lettre à la jeunesse qui rendra nécessairement jaloux, de là où ils sont, Pierre-Mendès France et Albert Camus, Rama Yade est venue expliquer combien le sarkozysme, et bien, c'était les "Bisounours", "l'île aux enfants", "Oui-Oui et les lapins roses", "Mary Poppins"... L'occasion d'entrevoir le monde potemkinisé de Rama Yade : l'UMP incarne vous l'aurez compris, la défense des libertés, des droits de l'homme, et, n'ayons pas peur des mots, de la femme, le sens du dialogue, le compromis tandis que le vilain, le méchant PS incite la jeunesse à casser et que dans le même temps Europe Écologie deale du cannabis bio à la sortie des collèges.

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02/04/2010

Un, deux, trois Estrosi

estrosi 2.jpgAlors que leur Président de champion plonge dans les sondages, que la grogne gagne les députés et que certaines personnalités umpistes font la trogne, la garde rapprochée du Sarkozysme tente de se mettre en ordre de bataille. Face au remuant Copé, c'est directement par le biais d'un Conseiller Elyséen, Olivier Biancarelli, que s'organisent les quelques troupes encore totalement acquises au président le tout sous le regard affectueux de Xavier Bertrand et de Frédéric Lefebvre. Regrettant la faiblesse politique du gouvernement à l'occasion d'un briefing destiné à remonter le moral de quelques députés, Xavier Bertrand aurait dit, tout en le regrettant, "on ne peut pas cloner Christian", entendez par là Christian Estrosi. Rendez-vous compte ces types sont tellement dans la mouise qu'ils seraient disposés en le clonant, à nous fourguer trois ou quatre Estrosi dans le gouvernement histoire de rendre l'aéropage de Fillon plus politique. Imaginez ce gouvernement dont ils rêvent et qui comprendrait, à l'instar des clones du Commandant Sylvestre dans les guignols de l'Info, une demi-douzaine d'Estrosi. Quand on nous dit que le Sarkozysme est malade, je n'osais imaginer que cela puisse l'être autant.

Lyon, le 2 avril 2010.

01/12/2009

C’est la danse des taxés !

Canards.jpgDe leurs voix éraillées ils chantent l’antienne sarkozyste du moment sur les collectivités territoriales mal gérées. Avant-veille d’élection au goût de fin de banquet si peu républicain. Accents poujadistes.

À l’instar de Lefèbvre, ils vomissent la même goualante. Sans retenue. Oublieux de leurs turpitudes et des transferts de compétence sans transferts de moyens adéquats. Oublieux des promesses faites. Ivres de com’, ils s’amusent à décerner des Satanas d’or, d’argent ou de bronze. Sans entendre que c’est la danse des Canards qui leur sert d’hymne national.
« C’est la danse des canards – qui en sortant de la mare – se secouent le bas des reins – et font coin-coin »
Passons sur les canards, l’à-peu-près serait trop facile, et regardons un peu la mare de lisier dont ils sortent : presque 20 taxes nouvelles créées depuis 2007 par le jars qui nous mène :

Et une taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards), coin-coin !
Et une taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard), coin-coin !
Et une taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les stock-options (250 millions), coin-coin !
Et un p’tit coup de franchises médicales (850 millions), coin-coin !
Et une augmentation des cotisations retraite (150 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable), coin-coin !
Et une taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions), coin-coin !
Et une taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les ordinateurs (50 millions), coin-coin !
Et une taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions), coin-coin !
Et une taxe sur le poisson (80 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les huiles moteurs (44 € par tonne de lubrifiant), coin-coin !
Et une taxe sur les imprimés publicitaires (incalculable), coin-coin !
Et une hausse de la redevance télévision (20 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la téléphonie et internet (80 millions minimum), coin-coin!
Et une taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto), coin-coin !

Sans compter les coin-coin du chèque transport qui n’a pas encore de plan de financement, la future taxe carbone, Hadopi...

Quand ils ne chantent pas, ils parlent doctement d’identité française. Ils y glissent quelques à-peu-près sur l’immigration. Espérant que le peuple s’amuse et oublie le chômage qui enfle et la République qui coule.

Jean-Paul Schmitt

04/11/2009

Le loup et le chien

Lefèbvre de garde.jpgC’est dit, Frédéric Lefèbvre prend la robe. Qu’il devienne bavard, peu me chaut, il l’est déjà trop. Que son phrasé un tantinet vulgaire et lourd aille se vidanger dans des prétoires d’où je suis absent, pas davantage. À chaque fois que je l’entends ou que je le vois, j’ai envie de hurler « taisez-vous enfin et disparaissez !» en me gendarmant pour ne pas crier un « la ferme et tire-toi! » qui ressemblerait par trop à son style.
D’autres plus connus que moi, n’ont pas de ces pudeurs. Il n’est que de voir et d’entendre quelques récentes déclarations à son propos. Elles vont du « Vous dites n’importe quoi » du journaliste Jean-Michel Aphatie sur RTL il y a quinze jours au « Crétin de service » de l’acteur Jacques Weber sur RMC la semaine passée, en passant par un « Frédéric Lefèbvre, qui paraît sorti de ‘réservoir dogs’ de Quentin Tarentino » de Pierre Moscovici. Je pense que ces francs parlers ne mesurent pas à leur juste valeur les pénibilités du dur métier de porte-parole. À lire sur le blog de l’excellent Maître Éolas l’article 1.3 du règlement intérieur national de la profession d’avocat - notamment le passage qui stipule qu’en toutes circonstances l’avocat respecte les principes « de délicatesse, de modération et de courtoisie » – il faut reconnaître la difficile conversion qu’il s’impose.
Messieurs les jurés, prenez donc en considération le poids de la charge qui incombe à l’accusé et la conversion dans laquelle il s’engage !
Non, Monsieur Apathie, Frédéric Lefèbvre ne dit pas n’importe quoi ! Il habille ses propos d’une simplicité qui lui permet de mieux se faire comprendre du peuple et dénoncer ceux qui complotent contre son maître.
Non, Monsieur Moscovici, Frédéric Lefèbvre ne paraît pas sortir de Réservoir dogs : il y tenait vraiment un rôle ! Comment pouvez-vous écrire dans votre blog que chez lui « l’excessif côtoie toujours l’insignifiant, le mur du grotesque – ou du çon, comme on dit au Canard Enchaîné » ?
Non, Monsieur Weber, Frédéric Lefèbvre n’est pas un troisième couteau ! D’ailleurs la vulgarité ne se niche pas que dans les mots : j’en connais qui à coups de charter vers l’Afghanistan ou de taille idiote, aveugle et comptable dans les moyens de la recherche et de l’éducation sont plus vulgaires encore. Non Monsieur Weber, la population ne pense jamais que les politiques qui la gouvernent actuellement la considèrent comme bête et imbécile ! Et vous vous trompez lourdement quand vous déclarez que « ce n’est pas un hasard si on prend le plus vulgaire, le plus c.., le plus effroyable qui soit pour parler à la population. La population est bête et imbécile donc il faut un bête et un imbécile pour leur parler ».
Il ne faut pas crier au loup car la tâche de chien de garde est digne de compassion. Relisez donc ces vers de la Fontaine quand le loup demande « Que me faudra-t-il faire ? » :
« Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons,
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. »

Jean-Paul Schmitt

29/10/2009

Pauvre France

Il conviendrait tout de même qu’un jour quelqu’un nous propose les œuvres complètes de Frédéric Lefebvre le porte parole de l’UMP. Cette semaine, à propos des filouteries du gouvernement destinées à expliquer aux Français que « l’identité nationale » était la chsoe la plus importante pour eux, le caniche de l’UMP est venu hurler derrière le grillage avec le secret espoir de mordiller les mollets du premier qui passerait par là. « La défense de notre modèle culturel et de la douce France chantée par Charles Trenet passent » nous a expliqué Lefebvre, « pas la redéfinition de notre identité nationale ». Une fois dit que nous pouvons être choqués de voir l’UMP salir la mémoire de Charles Trenet, je voudrais rappeler que notre « Douce France » à nous c’est aussi celle chantée par Carte de séjour il y a bien des années de cela.

J’imagine que le simple nom de Rachid Taha n’est jamais parvenu jusqu’aux oreilles de Lefebvre et que les mots « Carte de séjour » doivent être initilisés dans la région la plus mal odorante de son cerveau. Quand le groupe Carte de séjour décide d’enregistrer « Douce France » de Trenet, nous sommes en pleine polémique « Droit du sol / Droit du sang ». Pasqua et Pandraud sont à la manœuvre comme Besson aujourd’hui. Rachid Taha l’écrit d’ailleurs dans son autobiographie « Rock la casbah » (Flammarion). La « Douce France » de Carte de séjour c’est « de l’ironie pour une France qui justement n’était pas douce pour les immigrés que nous étions. » Plutôt que de bramer en défendant leur loi Hadopi, bien des musiciens devraient être déjà en studios pour proposer une 3ème version du succès de Trenet en prenant l’engagement d’aller distribuer eux-mêmes aux députés leur enregistrement, chose qui avait été faite avec la version de Carte de séjour.

Pour terminer sur une bonne note je voudrais vous dire deux choses. Un : Rachid Taha demeure l’un de nos meilleurs rockeurs. Deux : il suffit d’écouter son tout dernier album pour s’en convaincre.

> Rachid Taha, « Bonjour », Barclay

Lyon, le 29 octobre 2009.

 
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