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07/08/2010

M comme "Machiavelli"

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Pour tout vous dire, c’est en lisant mi-juillet dans Libération son portrait par Marcela Iacub que je me suis aperçu que Machiavel avait une descendante et qu’elle descendante ! Dâme de près de quatre-vingt ans, combative, n’ayant pas froid aux yeux et vivant à Rome, Béatrice Rangoni-Machiavelli est donc la descendante de l’auteur du « Prince » (1469-1527). Cette vieille dâme est un personnage hors du commun détestant aussi bien Silvio Berlusconi que les curés, combattante de la cause des femmes et des droits des homosexuels. Cet été elle confiait donc à la chercheuse et écrivaine une de ses petites anecdotes savoureuses concernant son ancêtre dont elle jurait presque de l’authenticité. Machiavel, selon Beatrice Machiavelli, alors qu’il vivait ses derniers instants, reçut la visite d’un prêtre qui s’était fixé comme tâche de chasser le diable niché dans l’agonisant. Face à ce curé bien décidé à en découdre avec le démon, Machiavel aurait répondu, selon Béatrice, « Mais vous croyez que c’est le moment pour se faire des ennemis ». Vrai ou faux, seuls Machiavel et le diable peuvent le dire mais la tentation était grande d’aller voir du côté de la nouvelle biographie de Machiavel publiée il y a quelques semaines par Folio. Son auteur, Hubert Prolongeau, ne rapporte bien entendu pas les propos de Machiavel tels que racontés à Marcela Iacub par la descendante mais, comme dernière parole du maître, le définitif, « Je préfère aller en enfer discuter de politique avec les damnés plutôt que de m’ennuyer au paradis avec des imbéciles ». Pas mal non plus !

Machiavel.jpeg> Hubert Prolongeau, « Machiavel », Folio biographie, inédit, 7 euros

> Marcela Iacub, « Retour de Machiavel », Libération du 11 juillet 2010

Lyon, le 7 août 2010.

19/08/2008

T comme Tristan (Flora)

218790432.jpgCe matin, destination Saint-Exupéry pour quelques jours à Londres. Au programme Tate Modern, Institute of Contemporary Arts, shopping à Soho, Camden Town, quelques salles du British Museum et au hazard Balthazard pour le reste. Je serais de retour dimanche pour « X comme XXL », une nouvelle ode à Sarkozy, autant vous dire que cet abécédaire de l’été commence à toucher à sa fin.

A propos de Londres, Gallimard dans sa collection Folio à 2 euros republie « Promenades dans Londres » de Flora Tristan, sorte de reportage de la militante socialiste et féministe alors qu’elle réside dans la capitale anglaise pour la quatrième fois, nous sommes en 1839.

Comme diraient certains aujourd’hui Flora « Casse » Londres, une ville qu’elle n’est pas loin de détester pour ce qu’elle est. Capitale d’un Empire en proie « à la dictature de l’argent », cynique et terriblement « fashionable », Tristan s’attache à décrire la misère, la prostitution, y compris celle des enfants, les taudis, l’indigence d’une classe ouvrière « traitée pis que les nègres » (sic !), bref une cité babylonesque dont elle aime certains paysages mais aussi quelques leaders adeptes de réflexion sociale comme Robert Owen ou les chartristes.

Ville gigantesque et sans proportions, Flora Tristan note « l’énormité des distances » d’une cité qui est «  la réunion de plusieurs villes » dont « l’étendue est devenue trop grande pour qu’on puisse se fréquenter ou se connaitre ». En d’autres temps Stendhal décrira à son tour une ville dont les quartiers sont découpés à coups de gourdins les rendant ainsi imperméables les uns par rapports aux autres.

Les pages consacrées à la femme anglaise sont nombreuses et néanmoins toutes des observations réglées au millimètre. « Entièrement étrangère à son logis » nous dit Flora Tristan, la femme anglaise est sous la coupe d’un mari qui « tient l’argent et les clés, commande le dîner /…/ lui seul décide du sort des enfants, en un mot » conclue Flora, « il s’occupe exclusivement de tout ».

Saluons l’effort de Folio pour mettre à la disposition du public des textes parfois oubliés et ce à un prix plus que correct. Dans cette collection dédiée aux femmes et dirigée par Martine Reid on notera « La femme indépendante » de Simone de Beauvoir ainsi que des textes d’Elsa Triolet, Georges Sand et Isabelle Eberhardt.

Puisque nous évoquons Londres et la collection Folio à 2 euros, je veux également signaler le travail de Jean-Claude Zylbersteim qui après 10-18 anime, chez Tallandier, l’excellente collection « Texto ». On peut y lire « Les bas-fonds de Londres » de Kellow Chesnay, un texte d’une trentaine d’années remis pour 10 euros à la disposition du public.

Lyon, le 19 août 2008.

 
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