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06/04/2010

Trop court

immeuble_destruction.jpg« Vaulx en Velin a changé en 6 secondes » titrait, en première page, le Progrès de vendredi jour de la démolition des 407 logements du Pré de l’Herpe. J’ai rarement lu une telle bêtise. Qu’est ce qui a changé en six secondes, le paysage certes soudain vide pour deux ans mais Vaulx n’a certainement tourné une page de son histoire comme il est encore écrit. Six secondes c’est juste le temps d’énoncer une idée trop courte et foncièrement fausse. Cela fait 20 ans maintenant que la ville aménage, démolit et reconstruit dans le cadre de la politique de la ville et le changement est à peine perceptible, encourageant certes mais si lent. Car si la politique de la ville marchait ça se saurait. Initiée à la fin des années 70 elle est beaucoup trop fondée justement sur le miracle de la démolition/reconstruction dans lequel tombe le Progrès. Comme si de détruire des bâtiments réglait les problèmes de ceux qui vivent dedans.

Ces immeubles, ces appartements n’étaient pas insalubres et souvent grands et fonctionnels. Au pire la conception urbanistique visant à les couper de toute circulation pour imposer les déplacements pédestres les avaient-ils mis en situation d’enfermements. Mais ça c’est le problème des urbanistes qui voient les logements du dehors et ne les habitent pas, il leur faut une idée gadget pour impressionner l’élu. Aujourd’hui c’est de mettre de la verdure dans une ZUP qui, contrairement aux idées reçues, en comporte beaucoup.

En s’enfermant dans cette pratique et épaulée d’aussi brillants conseillers, la politique de la ville s’est fourvoyée et ne réussit toujours pas. D’ailleurs qu’est devenue Fadela Amara ?. Le problème des cités réside dans la situation sociale de leurs habitants. Dans un élan unanime qui réunit préfecture, bailleurs sociaux et parfois même collectivités on installe là ceux qui ne peuvent refuser et l’on crée des ghettos. Et pourtant ils se battent ces habitants, contre la fatalité d’abord pour en sortir aussi et ils font preuve d’imagination de solidarité et d’espoir. Et quand ils franchissent un cap social ils restent majoritairement dans la ville parce qu’il y trouve un lien et un soutien social qu’ils ne sont pas sûr d’avoir ailleurs. Car ces habitants des quartiers avec ou sans papiers sont une composante de la classe ouvrière émiettée d’aujourd’hui. Chômeurs, travailleurs occasionnels, précaires ils sont néanmoins les acteurs potentiels du peuple de gauche. Ceux que l’on n’entend pas et qui ne votent plus. Ceux que les derniers militants des quartiers continuent à rattacher à une vie sociale et collective. Ceux à qui la gauche a le devoir de parler en allant sur place, sur leur terrain pour les entendre et construire avec eux des propositions proches de leurs soucis sans leur parler d’impôts que dans leur grande majorité ils ne paient pas faute de revenus suffisants. A l’heure où s’ébauche , nous dit-on, le programme de la reconquête il faut leur consacrer des heures, en direct ; sinon ce sera trop court et ils ne seront pas au rendez vous.

Philippe Dibilio

10/09/2009

Chasseurs français

burqa1.jpg?w=171&h=222Alors qu’en août nous nous prélassions, le ministère de l’intérieur travaillait, pas seulement au charcutage de la carte électorale, il œuvrait pour comptabiliser les burqas.

Rappelez-vous, en juillet, dans une note de la direction de la police, on dénombrait dans le pays 367 femmes portant la burqa. Aujourd’hui, dans une note tout aussi confidentielle de la direction de l’information générale du même ministère, on découvre que le chiffre de 2000 est désormais le bon.

Le nouveau total semble satisfaire André Gerin, le député communiste de Vénissieux, initiateur de la croisade et membre de la mission parlementaire présidée par l’UMP Raoult. Gerin en rajoute même en indiquant que le chiffre de 367 jadis avancé était totalement « absurde » dans la mesure, je cite « on en compte plus dans la seule agglomération lyonnaise ».

De tels chiffres qui semblent pleinement satisfaire André Gerin devraient également donner « du peps » aux autres chasseurs de burqas pour l’essentiel membres de l’UMP. En vérité, la chose n’est pas si évidente puisque les coups de mentons ne suffisent plus et, de Copé à Raoult, on commence à se gratter la tête. Copé, qui par exemple pousse à une loi anti-burqa s’interroge sur la possibilité d’établir une période de transition pour que, nous dit le patron des députés UMP, « l’interdit ne tombe pas comme une sanction » (sic !)

Raoult, quant à lui, au nom du sens pratique, commence à percevoir les limites de l’agitation. « Nous n’allons pas créer » nous dit le chef des chasseurs, « une police de la burqa ». Seule Fadela Amara, qui décidemment bien en peine dans le dossier des banlieues trouve là l’occasion d’exister, envisage, sans rire, d’interdire la burqa dans les services publics, les mairies, les transports et, écoutez bien, les écoles…

La plupart des associations et des religieux musulmans, même s’ils sont opposés au port de la burqa, devraient d’ici quelques temps trouver la plaisanterie de nos chasseurs agités un peu longue. Il serait donc temps que Raoult et Gerin prennent conscience que leur ramdam a assez duré quitte à inviter le député de Vénissieux à continuer de compter les burqas dans la région lyonnaise avec le risque, parce que sa croisade intempestive peut donner des idées à certaines, de dénombrer d’ici quelques temps un bon millier d’adeptes trop contentes de lui faire la nique.

Lyon, le 10 septembre 2009.

Photo: DR.

27/09/2007

Les potes du pôle

medium_300ème.jpg

Aujourd’hui c’est le 300ème billet de ce blog . Un chiffre batard. 100 billets cela se signale, 500 cela pourrait se fêter mais 300 cela j’en conviens ne veut pas dire grand-chose. Ce n’est pas tout de vous écrire une 300ème billet encore faut-il trouver un sujet qui puisse correspondre à la situation. Quelque chose d’amusant ou d’étonnant. De Kouchner qui déclare la guerre à l’Iran ? De Fillon, le seul poulet de Loué plumé vivant par son président ? De David Martinon, le gomineur gominé ? De Yasmina Reza la célèbre lèche bien montrée ? Déjà fait.

Parler alors de l’excellent peuple de l’herbe qui vient de signer "Radio Blood money" et qui sera au Transbordeur le 12 octobre prochain ? De « White Chalk », le dernier PJ Harvey qui se situe tellement peu dans la lignée de son travail habituel que l’anglaise risque de perdre ses derniers fans qui après tout ne méritent pas de le demeurer ? On y reviendra.

Vous dire que la nouvelle édition de l’autobiographie de Miles Davis enfin restituée à partir d’une nouvelle traduction est formidable même si Miles n’a probablement guère usé de stylos pour l’écrire ? Vous rappeler que « Bob Dylan, une biographie » est un bon Bon ? Vous avouer que je ne suis toujours pas allé à la BAC par manque de temps ?

Pour ce 300ème billet il convenait de se détendre, d’évoquer une de ces informations purement anecdotique qui fait le charme d’une actualité en général pénible. J’ai donc décidé de vous dire deux mots sur la volonté d’Eric Besson, le fellon ancien ami de Lionel Jospin, d’organiser le « pôle de gauche de la majorité ».

En effet, Eric Besson, comme Bockel, Kouchner et quelques autres, se considère donc toujours à gauche. Je sais que mes lecteurs de droite vont être choqués tant l'activité de notre ex-chiffreur chiffoné s’inscrit dans leur patrimoine politique, mais c’est comme ca. Notre homme est donc sur le point de structurer un pôle de gauche ou plutôt un bout de pôle qu'il appelle "Les progressistes" (sic!) car son ami Bockel vient quant à lui de lancer un parti qui devrait s’intituler « Gauche moderne » dont la destinée, vous l’avez compris, est également de polariser la gauche dans la droite. Ces deux petits pôles sont paraît-il fortement encouragés par le Président lui-même.

Vous me direz que pour un début ce n’est déjà pas si mal sachant que ces deux petits pôles sont destinés à construire un pôle définitif et que le drôlet drômois et le Blair Alsacien disposent de réserves dans le gouvernement. Justement c’est maintenant que je veux calmer vos ardeurs. Bernard Kouchner a déclaré qu’il « ne rentrerait pas là-dedans » (sic !). Martin Hirsh et Fadela Amara, moins occupés que le Doc, ont seulement promi à Bockel qu’ils iraient assister « par amitié » au lancement de son bout de pôle.

Vous le voyez, ce n’est pas gagné et à un moment ou des types comme Besson et Bockel se défoncent, c’est moche de voir leurs camarades refuser de leur donner un coup de main.

Lyon, le 27 septembre 2007.

 
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