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03/06/2010

Plus belle la vie

martine-aubry.jpgAlors que ce pauvre Montebourg persuadé de jouer un rôle historique fait des moulinets devant les caméras pour parler de son rapport sur les primaires, en coulisse on commence à se mettre d’accord sur la répartition des postes. Nous n’en sommes pas encore à voir débouler Lamy sur les marches de Solferino pour nous annoncer la composition du gouvernement Aubry I mais les choses vont bon train. Une fois dit que la République Solferinienne est en joie puisque dimanche dernier Martine Aubry vient d’être élue présidente de la République sachez chers amis que l’on peut s’attendre, d’une minute à l’autre, à ce que François Hollande devienne le nouveau premier ministre, Ségolène Royal présidente de l’Assemblée Nationale et Laurent Fabius celui du Sénat à condition bien entendu qu’il devienne lui-même sénateur (Que voulez vous il y a des règles absurdes dans ce pays). Pour ce qui concerne le gouvernement Hollande, Jérôme Cahuzac est annoncé à Bercy pour le reste l’espoir reste intact pour l’ensemble des prétendants. Cela étant ne rigolez pas car, dans le même temps, à droite, un évènement de première bourre vient d’intervenir. Méhaignerie vient de rencontrer Bayrou et le boss de ce qui reste du Modem se montrerait favorable à une intégration dans la majorité de droite à condition que Sarkozy introduise une dose de proportionnelle pour les législatives. Sachant que Bayrou se décide toujours à prendre des décisions conduisant avec certitude à sa défaite, vous ne pouvez que vous dire qu’une victoire de Martine Aubry peut sérieusement s’envisager à partir du moment où Bayrou rejoindrait la droite. Mieux, Monin le patron du « Nouveau Centre » grogne fort contre Sarkozy et menace de se présenter aux prochaines présidentielles non sans tirer à boulets rouges contre Bayrou qu’il accuse d’être une girouette et un opportuniste.

Que Montebourg cesse de stresser, l’organisation de ces fameuses primaires, c’est juste un truc pour passer le temps. Maintenant que Martine est certaine d’aller à l’Elysée, François à Matignon, Ségolène à l’Assemblée, bien que n’étant pas députée, et Laurent au Sénat, bien que n’étant pas sénateur, il ne reste plus qu’à indiquer à Dominique de rester Dirlo à Washington. Elle est pas belle la vie ?

Lyon, le 3 juin 2010

01/02/2010

Soyez stupides !

Diesel4-300x147.jpg« Soyez stupides », telle est la nouvelle campagne publicitaire de la marque de vêtements Diesel. Une communication déclinée à l’envie dans le « Next » de samedi, sur bien des modes mais sur un ton assez unique.

« Nous sommes du côté des stupides », « Les intellos ont le cerveau. Les stupides ont des couilles » nous disent les jeans italiens qui pensent. « Les intellos critiquent. Les stupides créent », « Les intellos écoutent leur tête. Les stupides écoutent leur cœur » rajoutent nos philosophes vénitiens qui, peut-être même sans trop le mesurer, tutoient le pur génie en particulier en écrivant, « Les stupides échouent. Les intellos n’essayent même pas » ou « Seuls les stupides peuvent vraiment être brillants ».

Remplacez comme il vous plaira, intellos par technos, toiseurs, poseurs, par bureaucrate ou commentateur, voire même en utilisant quelques mots ou expressions qu’une bonne éducation réprime, et vous découvrirez que les petites maximes cheaps des fils de pub de chez Diesel valent les bons sentiments qui s’échangent entre Fabius et Frêche, l’inconstance de Manuel Valls, les haines tenaces entre Villepin et Sarko, les mots-doux que s’expédient Raoult et Copé.

Bonne journée et sachez rester stupide en toute circonstance.

Lyon, le 1er février 2010.

22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

03/03/2009

Réactionnaire

balladur2.jpgUne fois n’est pas coutume mais je vais aujourd’hui mettre mes pas dans ceux de Jean-Yves Sécheresse et dire tout haut ce que beaucoup (et peut-être lui- même) pensent tout bas : sur le projet de réforme Balladur, le PS et la gauche dans son ensemble campe sur une attitude réactionnaire au sens littéral du terme.

C’est à dire qu’elle refuse tout mouvement avant même de l’étudier. Le document préparé par la commission n’est pas encore remis à Sarkozy, dont on ne sait encore pas ce qu’il va en faire et avec lui on peut s’attendre à tout, mais déjà les leaders socialistes nationaux et locaux, pour le coup réunis, tirent à boulets rouges. Fabius, qui sur Canal+ y va de sa musique envers un Balladur, brave et honnête homme qui n’aurait pas vu venir le jeu masqué de Sarko prenant prétexte de la simplification administrative pour changer les règles du scrutin. Et d’expliquer avec une part de mauvaise foi comment de deux régions de Normandie à gauche on en fera une seule à droite. Tout ça parce que pour l’ancien premier ministre les électeurs des cantons sont de droite et ceux des régions de gauche. Quelle tristesse.

On ne fait pas mieux chez nous où les présidents de Rhône-Alpes et d’Auvergne ne veulent rien toucher de leurs frontières comme si la question était de savoir si Clermont est plus tournée vers Toulouse ou de nous convaincre aujourd’hui qu’en Haute Savoie ou dans le Pays de Gex on se sent totalement rhône-alpin. Comme l’écrit sur ce sujet Guy Mathiolon, président de la chambre de commerce de Lyon, « dans l’absolu, la fusion est utile s’il y a un projet ». Et c’est bien là le problème, ce tir de barrage de la gauche s’effectue à priori sans analyses détaillées et surtout sans propositions alternatives ce qui accrédite l’idée que tout va pour le mieux dans la jungle administrative de notre pays. D’autant qu’en jetant ainsi le bébé avec l’eau du bain on évacue la question de la mise en place de grandes agglomérations dont on sait à Lyon qu’elles sont indispensables pour avancer avec notre temps.

Mais ce qui m’est peut-être le plus insupportable est que cette réforme, si elle est amorcée un jour, n’est prévue qu’à l’horizon 2014 ce qui veut dire que les élections cantonales et régionales auront lieu sur le mode de scrutin actuel, que d’ici là on aura eu une élection présidentielle. Bref que les électeurs auront été informés et sollicités plusieurs fois avant que quelque chose ne change. Mais non on fait comme si tout allait arriver demain. 2014, cela veut aussi dire que les actuels titulaires des postes en cause au département, à la région ou dans les grandes villes auront allégrement passé les 70 ans et qu’il est donc temps qu’ils laissent la parole à celles et ceux qui auront à gérer cette échéance.Car la question centrale est bien de savoir si la France a besoin de simplifier son système institutionnel et à cela tout le monde répond oui.

Alors puisqu’il faut commencer par un bout que le PS apprécie ce qu’offre ce projet de réforme et le travaille pour le faire évoluer sinon il ne sera pas crédible ni devant l’opinion, ni devant l’histoire.

Philippe Dibilio

Lyon, le 3 mars 2009

 

06:38 Publié dans Philippe Dibilio | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : balladur, sarkozy, fabius, guy mathiolon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/06/2008

Rayon layette

1691984279.jpgLes Français, paraît-il, parient sur une victoire de Delanoë si l’on consulte l’étude d’Opinionway / Le Figaro de la semaine passée. Les sondages relatifs à l’issue du Congrès de Reims pleuvent. Ils concernent souvent l’opinion des électeurs de gauche à propos de cette échéance et comme pour la campagne de désignation de notre candidate aux élections présidentielles certains instituts sondent même l’âme des militant(e)s socialistes ce qui m’étonne toujours dans la mesure où je ne m’explique pas comment l’on peut connaître le point de vue de ceux qui seront en situation de voter à l’automne prochain au sein du Parti Socialiste. Bref, tout ceci, si je me souviens bien de la nature des attaques qui visaient Ségolène Royal il y a deux ans, relève de ce que certains appellent la « démocratie d’opinion ». Bien entendu parmi les soutiens de Bertrand Delanoë on compte quelques spécimens qui à l’époque dénonçaient avec acharnement Ségolène Royal accusant la Présidente de Poitou-Charentes de s’en remettre à cette fameuse démocratie d’opinion qui bafouait alors la consultation démocratique interne au PS. Le pauvre Bertrand Delanoë n’est en rien responsable de tout cela mais il est amusant de constater que ce qui était néfaste il y a deux ans est devenu banal pour certains hiérarques soutiens du Maire de Paris.

Rappelez-vous il y a deux ans les mêmes s’en prenaient également à Ségolène Royal la désignant comme une chouchoute des côteries médiatiques. Actuellement le plan-média de Bertrand Delanoë n’est pas mal non plus et ceux qui voulaient estoubir à l’époque Ségolène ne semblent pas outrés par la couverture de Bertrand Delanoë dans les médias. Le pauvre Bertrand Delanoë n’est en rien un coupable en la matière mais il est cocasse de constater que si hier Royal était soutenue par la main invisible de la grande presse qui pesait alors de manière éhontée sur les militant(e)s du PS aujourd’hui il s’agit  d’un simple éclairage du débat. Amusant !

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