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16/06/2010

Mauvaise augure

villeurbanne.jpgRichard Llung a été élu conseiller général de Villeurbanne centre avec 1677 voix sur 27442 électeurs inscrits et 11 voix d’avance sur Beatrice Vessilier. Il siégera donc au département avec le soutien de 6% de ses mandants. Aussi malgré l’argutie de la phrase, sortie de son contexte et attribuée à François Hollande : « les petits écarts font les grandes victoires » ce néo-villeurbannais aux dents longues ne fait pas sur son nom une entrée triomphante sur la scène politique locale. Et pourtant adjoint à l’urbanisme depuis 2008 il avait quelques atouts dont, notamment, le dossier de la rénovation du quartier des Gratte Ciels au cœur du canton qui lui a permis de rencontrer pas mal de monde ; mais ceci explique peut-être cela. Pourtant ce ne sont pas les chiffres qui auront marqué ce deuxième tour mais les déclarations du maire Jean Paul Bret. Etonnante attitude, en effet, de ce maire qui depuis le début de la campagne n’a eu de cesse d’essayer d’interdire à son adjointe verte de participer à l’élection lui proposant en contre partie un accord sur le tapis vert à l’occasion du renouvellement des trois cantons de la ville l’an prochain. Devant son refus et son score proche du candidat socialiste au premier tour elle choisit de se maintenir. Là les foudres de Bret redoublent, il veut lui imposer de se retirer comme s’il fallait à tout prix laisser le champ libre au camarade Llung. Le prétexte invoqué, c’est la droite qui va arbitrer le scrutin, révèle la piètre confiance des socialistes qui, s’ils avaient mobilisé leur électorat, auraient plié cette élection sans coup férir. Dimanche soir Bret a atteint les sommets en menaçant maintenant de sanctionner son adjointe sur le terrain municipal.

Ainsi à « Villeurbanne la socialiste » le PS, par la voix de son maire, distribuerait les autorisations de candidatures et les punitions d’après scrutin. En d’autre lieu on appellerait ça du stalinisme. Et pourtant c’est bien le même Bret qui a permis à Béatrice Veissilier ce parcours politique en renversant les alliances dès le mandat précédent pour accorder aux verts la place jusqu’alors acquise par le PC. C’est Bret qui jouait les vertueux en la désignant 2ème adjointe le tout au détriment de l’avancée de dossiers d’urbanisme importants. Et aujourd’hui c’est la guerre. Peut-être parce que le maire de Villeurbanne issu de l’appareil socialiste confond les genres au point d’appliquer à l’espace républicain les pratiques internes à sa section. Voila qui n’est pas de bonne augure à moins de deux ans d’une échéance nationale où le PS sera censé rassembler largement autour de lui pour l’emporter

Philippe Dibilio

08/06/2010

Crétinerie

Cohn-Haddock.jpg« Il y a quatre types idéals : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré des quatre », écrivait Umberto Eco dans le Pendule de Foucault.

À méditer par certains politiques qui tirent sur leurs amis. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire ici tout le bien que je pensais des jugements à la Moulinsard de Gérard Collomb à propos de Martine Aubry et Ségolène Royal. Du côté rose de la belle province lyonnaise et depuis quelques jours, c’est plus calme. Merci. Du côté vert, sale temps pour les mouches et déchirements d’égos. À Eurovertsland, les noms d’oiseaux pleuvent. Dans l’art de choisir des qualificatifs sympathiques pour affubler les membres de la famille, nos protecteurs de la nature laissent parler la leur et prennent le relais.

Leur côté bordélique m’amuse. Je les savais imprévisibles et, au plan local, capables de s’allier lors de certains votes régionaux avec la droite la plus marquée. Naïf, je croyais leur vocabulaire moins vachard. Je découvre que dans le genre baston verbale, même façon coopérative amicale où l’on s’étrille en famille, ils sont champions.

Lors de leur dernier concert de samedi à la Cigale, Daniel Cohn Bendit a usé d’un vocabulaire revigorant et direct. Simple. Facile à comprendre. Un mélange de Frédéric Dard, de capitaine Haddock et de Mélanchon pour invectiver Jean-Vincent Placé : « crétin » ! Le Vert Numérobis avait osé parler d’Eva Joly en disant qu’elle faisait « vieille éthique ». Un réel progrès dans le choix des mots par le bouillonnant Dany qui se renouvelle après ses « Ignoble », « Minable » jetés à Bayrou sur un plateau de télévision. C’est plus moderne que le « Bouse de vache » envoyé par Clémenceau à la figure d’Edouard Herriot. Mais cela ne vole pas encore à l’altitude où le cerveau commence à souffrir du manque d’oxygène, celle du « Salope » de Devedjian à l’adresse d’Anne-Marie Comparini ou du « Casse-toi pauv’con ! » du plus distingué linguiste de France.

Jean-Paul Schmitt

23/03/2010

Et maintenant

Regions roses.jpgDimanche la gauche a presque réussi le grand chelem en gagnant 21 régions sur 22 en métropole, seule l’Alsace ayant résistée à la vague rose-vert-rouge. Encore qu’il eut été intéressant de voir ce qu’aurait donné une candidature écologique au second tour d’autant qu’elle aurait représenté un signe fort pour les alliés du PS en terme de respect de ses partenaires aujourd’hui et demain. Mais n’en demandons pas trop.

Dimanche c’était aussi la chronique d’une victoire annoncée qui a remis en selle l’union de la gauche que les électeurs qui se sont exprimés ont semblé appréciée. Une union de la gauche recomposée avec les verts, ou plutôt Europe écologie, dans le rôle de numéro 2 en lieu et place d’un PCF qui aura vu disparaître jusqu’à son sigle lors de cette échéance politique. De ce point de vue J.L Melenchon a réussi son OPA et peut se poser en candidat à la présidentielle de 2012, il a des chances de voir sa campagne remboursée. Une fois donc ce bon résultat acquis une question se pose : et maintenant ? Maintenant il y a les « primaires à gauche » qui se dessinent. Initiative inédite elles représentent un enjeu capital. Si elles sont réussies, c'est-à-dire si leur organisation est irréprochable et que le peuple de gauche dans toute sa diversité se déplace en nombre, elles deviendront une force majeure pour le candidat ou la candidate choisi. Elles bousculeront aussi définitivement la vie et les pratiques politiques en France en installant une nouvelle forme de légitimité aux candidats. Sinon elles peuvent s’enliser dans une monstrueuse cacophonie qui discréditera la gauche. C’est peut être là le grand défi du PS.

Et maintenant ? C’est aussi ce que vont faire les régions de leur victoire. Vont-elles, contrairement au mandat précédent, mutualiser leurs initiatives et fonctionner en réseau pour esquisser les contours d’une politique nationale alternative au moins dans leurs domaines de compétences ? La réponse à cette question tiendra aussi un rôle dans la préparation de 2012.

Philippe Dibilio

12/02/2010

Amours

coeur.jpegLes stratèges de la campagne régionale de Jean-Jacques Queyranne conduiront ce week-end une opération « Aime ta région à la St Valentin ».

Demain le restaurant du personnel du Grand Lyon y va de son menu ad’ hoc avec, en entrée sa « Pyramide des amours » puis en plat de résistance son « Délice de crevettes sauce au gingembre et sa garniture Saint-Valentin ». Hier, dans Libération le Lyonnais Jacky Dugrand évoquait les amours coupables de la gastronomie et de la Saint-Valentin. Bref, ici comme ailleurs, dans les plus petites occasions de la vie, on déborde d’amour.

A propos d’amour, ceux du beauf et de la pionne, ont vraiment du plomb dans l’aile. Alors que le Montpelliérain procède à une véritable offensive médiatique, je me dis que la première secrétaire du PS risque de se contenter dans cette aventure du sauvetage d’une âme dont les anges-gardiens s’appellent Hamon et Bartolone. En effet si les sondages indiquent que Frêche sortirait vainqueur du premier tour avec 31% distanciant l’UMP de quelques 10 points, ils précisent aussi que les amours contrariés de Hélène Mandroux et Jean-Louis Roumégas situeraient socialistes et verts aux alentours de 10%. Autant dire que si l’un faisait 9,98 et l’autre 9,89 le dimanche 14 mars au soir, les as de Solferino seraient illico transformés en sémaphores …. Rouge de honte !

Lyon, le 12 février 2010.

09/02/2010

En baisse

Begag.jpgPas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps un sondage ne fait une élection . Il en va ainsi pour les régionales. Il reste que  celui effectué ce week-end et  qui donne 10% aux listes Europe Ecologie ramène cette formation à des ambitions certainement plus proches des réalités. Il paraît évident, en effet, que l’aura médiatique du duo Bové-Cohn-Bendit pour les Européennes n’allait pas se démultiplier dans chaque région. Et pourtant c’est le pari fait par les écologistes qui sont allés chercher des figures de prou dans les régions pour conduire leurs listes. Un pari qui risque de faire flop s’il n’est pas soutenu par des enquêtes d’opinion favorables. Alors faut-il penser que le star system est en recul sur le champ politique et électoral ?

A voir certes le soir du premier tour qui est le seul instant de vérité. En revanche on peut dire dès aujourd’hui que le choix d’une « vedette médiatique » ne crée aucune rente de situation en soi. Qu’on en juge avec la liste Modem  conduite par l’ineffable Azouz Begag. Il faut bien reconnaître que l’attitude de François Bayrou dans cette affaire relève d’un aveuglement rarement atteint. Pourtant une répétition générale avait eu lieu pour les municipales de 2008. Déjà au sein du Modem lyonnais les attaques fusaient, les affrontements se succédaient pour aboutir à un abandon du combat en rase campagne par la tête de liste d’alors le même Azouz Begag. L’expérience n’a donc pas suffi et c’est encore  à l’écrivain villepiniste qu’a fait confiance Bayrou contre vent et marée. Résultat une liste qui écarte le président départemental et un certain nombre de figures du Modem comme Eric Laffond ou Richard Moralès. Une liste qui vit dans les contradictions quant à la conduite à tenir vis-à-vis de la gauche rejouant un remake des municipales où l’on trouvait des « oranges » sur toutes les listes.

Pire l’affrontement prend des proportions avec l’envoi de faux email porteurs de fausses informations mais envoyés par de vrais adhérents du Modem. Une confusion qui pourrait faire rire si elle ne faisait pas pleurer pour la politique déjà tant décriée par ailleurs. Car derrière tout cela il y a bien l’indigence politique d’un Begag qui n’offre ni programme ni stratégie ni campagne tout court. Comme si sa nomination pour mener la liste suffisait en soi. Et comme souvent il a annoncé à qui voulait l’entendre que lui allait faire de la politique autrement et comme toujours cela conduit à ne pas faire de politique du tout. 0n reste pantois devant le fait qu’un homme aussi expérimenté que Bayrou soit tombé dans ce panneau et on peut lui souhaiter que ce ne soit que l’unique situation en France mais c’est déjà une de trop dans le mouvement de baisse dans l’opinion qui frappe son parti.

Philippe Dibilio

02/02/2010

Dany Kasparov

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgJe n’aime pas Daniel Cohn-Bendit depuis…1968 période que nous n’avons pas traversé dans le même camp mais je lui reconnais une grande compétence politique qui s’est bonifiée avec le temps. Aujourd’hui par exemple il est certainement le seul à faire les constats habituels sur la réalité politique du moment tout en ébauchant des pistes alternatives réalistes et compréhensibles. Certes son statut d’électron libre l’aide sensiblement mais encore fallait-il construire ce positionnement. Il est de toute évidence un vrai animal politique et c’est pour ça, de mon point de vue, que les listes Europe-Ecologie ne feront pas d’aussi bon scores dans les régions : le choix de tête de liste de la société civile n’ayant pas l’impact des deux vieux routiers, Cohn-Bendit-Bové, qui ont tiré la liste aux européennes. Son talent celui que l’on n’appelle plus Dany le rouge l’a encore montré ces jours ci.

En lançant en début de la campagne des Régionales l’idée d’un accord avec le PS, sur la base des résultats de 2010, pour les législatives de 2012, c'est-à-dire après la présidentielle, il joue un coup digne du meilleur professionnel du jeu d’échec. Du Kasparov. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette fois Cecile Duflot, la patronne des Verts, pense comme elle le répète à souhaits qu’il n’y a pas de « lézard » entre Dany et elle au moment où ce dernier préempte la stratégie des verts pour les années à venir. Par cette initiative le député européen rappelle que la politique c’est avant tout de l’anticipation et du réalisme. Réaliste il admet ce que tout le monde pense ; la gauche sera encore trop divisée pour gagner la présidentielle de 2012 en même temps les français, beaucoup plus sages qu’on ne le dit ne laisseront pas à Sarkozy les mains libres et lui imposeront lors des législatives une cohabitation. Bien vu et c’est dans cette brèche qu’il engouffre Europe Ecologie comme troisième force politique et lui attribue le rôle d’aiguillon de cette majorité parlementaire. Voila qui donne un sens au combat de ce mouvement et une perspective lisible aux électeurs surtout ceux d’une génération qui veut sortir de l’affrontement binaire de ces dernières décennies.

Philippe Dibilio

Photo: DR

16/10/2009

Cuisine bio

Les verts.jpgLes Verts, dont certains commencent à dire qu’ils ne se sentent plus, viennent de renvoyer François Bayrou derrière ses talenquères. Cette fin de non-recevoir pour une alliance de premier tour lors des prochaines régionales avec le Modem devrait ramener le parti écologiste à la réalité, non pas que Cécile Duflot aurait ainsi fait le mauvais choix, mais tout bêtement parce que cette décision renvoie au véritable bilan que son Parti se doit de tirer des récentes élections européennes.

Ici comme ailleurs, nous étions nombreux, dès le lendemain du scrutin européen, à mettre en garde les Verts sur la véritable nature d’une victoire qui était avant tout celle de Daniel Cohn-Bendit et très secondairement celle des Verts. Depuis pratiquant une sorte de captation d’héritage, les écologistes, Cécile Duflot en tête, faisaient mine de ne pas tenir compte de cet état de fait. A la tête du pactole de Cohn-Bendit, Cécile Duflot, parfois même avec une certaine arrogance, ne cessait de se comporter comme « une nouvelle riche ». Depuis hier la réalité frappe à nouveau la maison verte. Les frères Cohn-Bendit sont furieux et dénoncent « l’esprit de fermeture de leur partie ».

Plus décisif « Europe Ecologie » vient de rappeler au Parti de Cécile Duflot, que « ce ne sont pas les Verts, qui dirigent le rassemblement Europe Ecologie » rappelant par ailleurs à tous que la double appartenance est chose permise, façon sympathique d’indiquer qu’il y a en vérité en France deux partis écologistes, l’un qui s’appelle les Verts, un second nommé « Europe Ecologie ». J’imagine que pendant encore quelques jours, les Verts, Cécile Duflot en tête, vont nous expliquer que cette mini tempête est « un problème de riche ». En attendant, au plan interne grenouillages et tapages vont constituer le quotidien d’un parti qui devra bien annoncer un jour aux français qui sont ses têtes de listes aux régionales. Déjà en Alsace cela sent la tambouille, les amis de Dany cherchant à se rapprocher du transfuge des Verts, l’ancien secrétaire national passé au Modem, je veux parler de Yann Wehrling.

En Rhône-Alpes il y a déjà pléthore de candidats au sein des Verts sans parler du pédagogue Meirieu qui bénéficie du soutien de Cohn-Bendit. A propos de pédagogie, voilà très certainement une bonne opportunité pour l’ancien conseiller de Claude Allègre de passer enfin de la théorie à la pratique.

Lyon, le 16 octobre 2009

23/09/2009

Cohn rit à l’Opéra

Cohnerie d'Aubry1.jpgVendredi dernier, à l’Opéra. La pièce s’intitulait « Quels termes pour une alliance ? ». Histoire de ne pas pleurer, je vous la fais façon gala Karsenty-Herbert pour les plus anciens et, pour les plus jeunes, façon Tête d’Or.

Le programme annonçait « Mise en scène : Laurent Joffrin ; décors : Jean Nouvel ; dans le rôle du trublion donneur de leçons impénitent : Daniel Cohn-Bendit ; dans le rôle de l’administrateur des biens de la Gauche Plurielle et remplaçant au pied levé la diva Martine Aubry : Claude Bartolone. »

Laurent Joffrin est sur scène et dort. À sa droite Dany désormais plus gris-bleu que rouge, mais toujours flamboyant, vitupère l’absence de la diva absente et empêche Claude, à la mine coincée et au sourire jaune, de défendre la gauche plurielle morte il y a cinq ans. Les deux hommes, habitués à battre les estrades, se tutoient. Extrait :

« Claude, avec ta gauche plurielle tu m’agaces. Avec elle, on est tous morts ! »

« Ah mais pardon… »

En expert du feu nourri et à l’instinct, Dany le coupe. Il pratique un tir aux pigeons tous azimuts, un art qu’il partage avec d’autres habitués des chasses présidentielles. « Ne me parle pas de Mélenchon ! »

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18/09/2009

Daniel "show" Bendit

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgHorreur ! Malheur ! Je me faisais une joie d’assister au débat « Le zapping aura-t-il la peau de la civilisation » qui devait réunir Bertrand de Saint-Vincent, l’excellent chroniqueur du Figaro qui exerce l’épatant métier qui consiste à nous raconter ses week-end « relais et châteaux » financés par des partenaires dont il dit toujours le plus grand bien et Joy Sorman dont le bouquin sur NTM (Gallimard) est une merveille. Vous l’avez compris l’écrivaine et chroniqueuse de Paris Première était zappée au profit du Directeur de la rédaction de France 24. Le charme étant rompu, je voulais donc aller poser mes oreilles du côté du débat des stars de la journée, je veux parler de Martine Aubry et Dany Cohn-Bendit. La Première Secrétaire du PS étant absente, c’est Claude Bartolone qui était commis d’office. Cette absence a, vous vous en doutez, provoqué des remous, dans un public venu en nombre et qui s’est bien amusé des réparties d’un Cohn-Bendit très en forme persiflant sur l’absence de l’absente.

Deux doigts d’humour, un zeste de démagogie, quelques fondamentaux écolos déclinés à l’envie, Daniel Cohn-Bendit a donné le tempo dans un débat qu’il a écrasé souvent d’ailleurs avec des arguments embrouillés. Comme me le disait Gérard Collomb venu jeter un œil dans le premier quart d’heure, « Ça commence bien ! », au sens ou parfois la joute était plutôt « cheap ».
Plus intéressante était la confrontation sur la contribution « climat-énergie » et la possibilité de convergences avec le Modem. En proposant de réunir au Pic du Midi la gauche et « Europe-Ecologie » autour de ce thème, Claude Bartolone a été bien en peine de justifier le fait d’écarter Bayrou d’une telle initiative. Poussant son avantage, Daniel Cohn-Bendit a même proposé de rassembler autour d’un projet de loi reposant sur le rapport Rocard, socialistes, écologistes et amis de F. Bayrou, c'est-à-dire les forces qui acceptent la logique de taxation-Carbone excluant ainsi le PCF et le NPA. Moulinant un discours épuisé et épuisant, Bartolone s’en est tenu au catéchisme de Solferino. Parfois avec frime et suffisance Cohn- Bendit a encore une fois démontré des qualités de débatteur, anesthésiant souvent sa crédibilité en privilégiant uniquement le « show ».

Jean-Yves Sécheresse (www.jysecheresse.com)

08/06/2009

L'avertissement

Martine Aubry NB.jpg

Nicolas Sarkozy et Daniel Cohn-Bendit sont, chacun à leur façon, les vainqueurs, en France, de ces élections européennes. Inutile d’y revenir si ce n’est pour dire qu’ils incarnent l’un et l’autre le succès de stratégies personnelles, bien peu celles de leur Parti. Si l’UMP et les Verts souhaitaient se convaincre du contraire leur avenir devrait se révéler plus obscur qu’ils ne peuvent le penser.

Du côté des défaits, il s’agit bien entendu du PS et du Modem, on paye cash, avec ces résultats catastrophiques, les effets d’une posture artificielle d’opposants à Nicolas Sarkozy. Pour les uns comme pour les autres la preuve est faite que pour être crédible il ne suffit pas de se revendiquer de l’anti-sarkozysme encore faut-il le faire en s’appuyant sur un projet politique de sortie de crise novateur, enraciné et crédible.

Chacun tirera ses propres leçons mais pour ce qui concerne le Parti Socialiste la preuve est faite que l’obscur aréopage majoritaire sortie du funeste Congrès de Reims est dans la peine, incapable de partager en son sein autre chose que des accords tactiques d’appareil. Derrière les alliances nouées à Reims pointe un désarroi que même la langue de bois ne peut cacher. Il convient que le PS en finisse avec de tels mœurs et s’engage dans la définition d’une véritable clarification politique.

En matière de rénovation, il en va de même. Il faut en finir avec ces généralités jamais suivies d’effet. Hier Martine Aubry nous indiquait que « les choses avançaient ». Au même moment sur une autre antenne son n°3, Arnaud de Montebourg expliquait que « nous n’en sommes plus à rénover mais à reconstruire ». Qui croire ? Qui suivre ? Que penser d’un parti dont le chef de la minorité est le porte parole ?

Hier chacun expliquait que « le message était compris et partagé ». On verra bien mais ce scrutin peut être considéré comme un premier et ultime avertissement sans frais. Cela étant les élections régionales sont devant nous et il n’est pas acceptable que le travail impressionnant effectué par nos exécutifs régionaux puisse être mis en péril par un Parti en passe d’être disqualifié.

Espérons-donc que le message sera réellement « compris et partagé ».

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NB: Demain soir, Mardi 9 juin, à l’initiative de la Société des lecteurs de Libération, débat sur « La crise de la presse et l’avenir de Libération »

19H, Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon, 1 Place de la Comédie (Métro Hôtel de ville)

Lyon, le 8 juin 2009.

 
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