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27/07/2009

E comme « Eugène (Sue) »

E 2.jpgAmateur de beaux meubles, de bibelots exquis et d’un certain art de vivre encore rare à l’époque, Eugène Sue n’incarnait en aucune façon le monde décrit dans son chef d’œuvre « Les mystères de Paris ». Auteur dans un premier temps de romans maritimes, ce médecin et fils de médecin avait écrit parfois plus par nécessité que porté vers un véritable destin littéraire. C’est d’ailleurs après une douloureuse passe financière que Sue se remet à sa table d’écrivain et livre « Arthur », ce roman dont le héro est un dandy cynique qui cousine étrangement avec son auteur.

Requinqué financièrement, c’est en décrivant l’univers glauque des bas-fonds de la ville qu’Eugène Sue va signer son ouvrage majeur. Loin d’être un socialiste qui s’ignorait, c’est en écrivant « Les mystères de Paris » dira Dumas que Sue « se mit à aimer le peuple, qu’il avait peint, qu’il soulageait, et qui, de son côté, lui faisait son plus grand, son plus beau succès ».

« Les mystères de Paris » furent effectivement un très grand succès mais aussi un scandale permanent au fil de la parution du feuilleton.

En campant ce petit peuple, ces pariats et ces malfrats sans foi ni loi, Sue va apparaître comme peut-être le plus grand provocateur de ce siècle en matière de littérature. Tout le monde lira le feuilleton des « mystères », les bourgeois comme les illettrés qui se faisaient lire par autrui les pages du journal. Le pays se divisera à propos des « mystères » dont tout le monde attendait avec impatience « la suite au prochain numéro ».

Eugene Sue.jpg

Cet archétype du roman-feuilleton vient donc de connaître une nouvelle édition (une nouvelle vie ?) grâce à Quarto-Gallimard et à Judith Lyon-Caen qui supervise avec talent un texte et des annexes fort intéressantes. En accompagnant ces « Mystères de Paris » d’analyses qui s’interrogent fort justement sur la réelle portée politique et sociale du feuilleton mais aussi en reproduisant également quelques-unes des réactions de l’époque, ces quelques 1300 pages que je compte écluser avant de partir en voyage seront peut-être l’une de vos lectures de l’été. C’est tout le mal que je vous souhaite.

  • Eugène Sue, « Les mystères de Paris », Quarto-Gallimard, 26,90 euros.

Lyon, le 27 juillet 2009.

19/07/2009

B comme « bouquins »

B 3.jpgHier je bourrais la valise de quelques disques destinés à parcourir l’été. Aujourd’hui les tâches logistiques se poursuivent puisqu’il s’agit de sélectionner quelques bouquins qui seront rejoints, à n’en pas douter, par d’autres au fur et à mesure de mes visites dans quelques bonnes librairies (il en reste)…

  • Klaus Mann, « Contre la barbarie », Phébus.
  • Lawrence Block, « Heureux au jeu », Le Seuil.
  • Michael Palin, « Le tour du monde en 80 jours par un Monty Python », Hoëbeke.
  • Eugène Sue, « Les Mystères de Paris », Gallimard-Quarto ; une lecture déjà bien avancée.

Je compte ça et là, feuilleter le dictionnaire de Lyon co-écrit par mon ami Patrice Beghain (Stéphane Blaches éditeur) mais son poids, qui doit avoisiner les 3 kg, est une pénalité.

Si j’écluse les quatre livres qui précèdent, trois romans achetés lors de la dernière édition de « Quais du Polar » sont encore en souffrance.

  • Iain Levison, « Trois hommes, deux chiens et une langouste », Liana Levi éditeur
  • Philip Kerr, « La trilogie Berlinoise », éditions du masque.lyon
  • Philip Kerr, « La mort entre autres », éditions du masque.

Sur leur pile, ces polards poireautent avec trois autres livres dont le premier sera probablement un premier choix …

  • Hervé Guibert, « Articles intrépides, 1977-1985 », un florilège des articles et entretiens de l’écrivain disparu alors qu’il était journaliste au Monde (Gallimard)
  • Rob Sheffield, « Bande originale » (Sonatine) un livre annoncé de façon tonitruante comme « Le plus grand livre sur le rock », mais je me méfie et je repousse sans cesse sa lecture.
  • Nicolas Rainaud pour « Figures de Bob Dylan », un bouquin acheté à sa sortie mais qui, après feuilletage, ne m’inspire guère.

Quitte à craquer pour cet éditeur (« Le mot et le Reste ») il n’est pas impossible que j’emporte, à l’occasion de la petite virée que nous allons faire en Belgique et aux Pays-Bas, le livre concocté autour du jazz mais dont je ne me souviens, ni du titre, ni de l’auteur.

Lyon, le 19 juillet 2009.

 
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