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06/07/2010

Chercher la rigueur avec les dents

Dentifrice sarkozy.jpgJ'en entends qui râlent dans les chaumières : « Quoi, on va nous priver de Garden-party élyséenne ! »

Ben oui manants, cette année pas de Johnny à un million d'euros ! Et ce n'est pas tout : le roi a promis que le G8 en France coûtera « dix fois moins cher que les deux sommets équivalents organisés au Canada ».

Petit exercice de calcul à votre attention, bon peuple : sachant que le G8-20 du Canada -  considéré comme un record en matière de dépense - a coûté 940 millions d'euros, combien devrait coûter celui dans note beau royaume ? Pour les faibles en calcul mental : pas plus de 94 millions. Conclusion : c'est encore presque quatre fois le coût de la même réunion tenue à Londres en 2009 et qui avait coûté 24 millions. Comme quoi, tout est dans l'art de communiquer. Et dans cet art-là, Nicolas Premier est passé maître.

Mais parfois la communication trébuche...

Vous qui pensez que la Bastille était prise depuis longtemps, lisez la lettre écrite par le bon roi à Fillon. Elle dévoile l'ultime farce d'un régime qu'on croyait ancien en nous jouant un mauvais ersatz de la nuit du 4 août : désormais « les frais privés des ministres seront payés sur leurs deniers personnels ».

On rêve et le Roi Sommeille... Quand il ne se brosse pas les dents ! Oyez, vous qui rêvez de jacqueries en ignorant jusqu'où va le souci d'honnêteté du monarque : Nicolas paie lui-même son dentifrice quand il voyage ! C'est son fidèle aboyeur Lefebvre qui le dit :


Lefebvre Sarkozy paye son dentifrice [ITV] FR2 280610
envoyé par peanutsie. - L'info internationale vidéo.

 

Privilégiés bénéficiaires de la CMU n'ayez point la dent qui vous reste trop dure : notre bon roi garde le souci de payer son dentifrice sur sa cassette personnelle. Une vraie ponction sur ses émoluments et qui obère grandement leur modeste augmentation de 170% !

Comme le disait déjà il y a plus de 20 ans le Che français : « Dans le plan de rigueur, il y trop de mou dans ce qui est dur et trop de dur dans ce qui est mou. »

Jean-Paul Schmitt

19/05/2010

Les jours heureux

SarkoCNR.jpgLe 16 mai au plateau des Glières. Pas de banderoles. Pas de slogans. Pas de badges. N’en déplaise à la presse taiseuse qui parle du rassemblement de Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui comme d’un rassemblement anti-sarkozyste. Dans les interventions, rien que des témoignages avec des mots clairs : liberté, égalité, fraternité, progrès social, solidarité, service public, république… Des mots qui se heurtent durement au réel. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy se rend chaque année aux Glières pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français. Ce qui, au premier abord apparait comme normal et légitime, révèle à l’examen une instrumentalisation de l’Histoire quand il situe son action dans le droit fil « du Conseil National de la Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française » (publié en mars 1944 sous le titre Les jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble formidable de réformes économiques et sociales parmi lesquelles la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse).

Non, aux Glières les 15 et 16 mai 2010, pas besoin de slogans, pas besoin de banderoles, pas besoin de badges. Il suffisait d’entendre les témoignages d’actions de résistance vraie, collectives souvent, individuelles parfois, toujours subordonnant la légitimité de la dignité humaine à celle des règles établies ou des législations indignes. Non, l’esprit qui soufflait-là n’était pas celui de la revanche, mais celui de la résistance, autrement plus difficile.

À 1500 mètres d’altitude, par deux ou trois degrés et une neige timide aussi tremblotante que nos guiboles, nous étions trois mille, une trentaine des Monts du Lyonnais, à écouter durant plus de deux heures les témoins qui se sont succédés sur la petite tribune de fortune. Applaudissements. Émotion au souvenir de ces morts souvent très jeunes, aujourd’hui glorieux, mais que radio Paris qualifiait alors de « ramassis de lâches communistes et terroristes étrangers ».

À méditer, parmi les mots entendus, ceux de Serge Portelli, vice-président du tribunal de Paris et membre de l’Appel des appels. « Nous sommes dans un État-limite, situation intermédiaire où nous ne sommes ni dans la démocratie ordinaire, ni dans la dictature, mais où l’on trouve tous les ferments d’un basculement possible. ». Il déclarait dans un ouvrage récent : « l’État-limite conserve l’architecture de la démocratie. Nous voyons fonctionner un Parlement, des élections ont lieu, les médias existent, la justice juge, les oppositions s’expriment. Mais le régime se caractérise par une excitation, une agitation extrême qui contredit violemment le cadre visible des institutions. L’appareil d’État fonctionne de façon inhabituelle. Sur la base d’une idéologie inquiétante et démagogique, se développent une volonté d’absolu dans les résolutions, un extrémisme dans les positions, une impulsivité dans la parole, une agressivité dans l’action, qui se traduisent par une exacerbation permanente de la violence d’État. Les frontières sont tutoyées, dépassées même parfois, préservées souvent grâce à une mobilisation de plus en plus massive des forces démocratiques. L’État-limite, c’est – version optimiste – un équilibre très instable et précaire ou – version pessimiste – un déséquilibre permanent et dangereux. » (www.ldh-toulon.net/spip.php?article3836).

Jean-Paul Schmitt

26/02/2010

Francophonie

logo-franco2010-300x153.jpgAlors que depuis le référendum du 4 juin 2003 la langue nationale du Rwanda est le kinyarwanda et le français la seconde langue officielle, en octobre 2008 le ministère de l’Education Nationale du gouvernement Kagame a décidé que « l’enseignement primaire, secondaire et universitaire sera exclusivement dispensé en anglais au Rwanda à partir de 2010 ». Cette décision qui va contre les décisions de la constitution référendaire de 2003 est en vérité une mesure de rétorsion envers la France mais surtout le bouleversement assuré d’un système éducatif rwandais assuré jusqu’ici en quasi-totalité en français.

Cette décision d’imposer l’anglais à la place du français est à l’image de la stratégie de l’actuel gouvernement qui trouve là probablement le moyen de rendre la monnaie de sa pièce à un Etat français qui a lancé des actions en justice contre Kagame suite à l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Une décision qui, même si elle va contre la réalité de l’appareil éducatif du pays et de sa tradition, a également le mérite de ne pas déplaire aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne qui, à l’occasion, ne rêvent que de redessiner la géographie locale.

D’après les forces qui s’opposent à cette mesure visant à privilégier l’anglais on trouve pourtant des arguments de bon sens. Au premier rang de ceux-ci, le simple fait que le français est une langue accessible au plus grand nombre. Que supprimer la place privilégiée du français provoquera mécaniquement une fragilisation de ceux qui sont déjà les plus faibles et que la grande majorité des professeurs ne sont pas en capacité d’assumer les enseignements en anglais. Nul ne sait si le récent voyage de Nicolas Sarkozy va permettre de dépasser cette lourde contradiction. L’affaire est donc à suivre.

Permettez-moi enfin de signaler « le mois de la francophonie » du Grand Lyon dont le lancement est prévu le 1er mars.

mois de la francophonie.jpg> Télécharger le programme ici

Renseignements sur le site de la Maison de la francophonie et celui Grand Lyon

Lyon, le 26 février 2010.

18/10/2008

Coup de froid pour la saison ?

Le Pantin.gifMême si sa qualité littéraire ne saurait atteindre celle d’un Orhan Pamuk, je veux vous conseiller vivement la lecture d’un roman d’Ahmet Umit, « Le pantin », traduit du turc par Noemi Cingoz et qui entraîne le lecteur dans les pas de Adman Sozmen, un journaliste devenu suspect et rejeté, dont la vie va prendre un cours nouveau le jour ou il va retrouver son demi-frère. Ce jour là, la vie bascule pour Sozmen entraînant notre héro dans ce que l’on appelle « L’Etat profond ». Ce polar nous entraîne en effet dans les recoins cachés d’un Etat dans l’Etat, aux confins des mélanges opaques et dangereux de la politique, de l’administration et des tendances les plus glauques d’une société grisâtre.

De nombreux éditeurs français accordent de plus en plus une place de choix à la littérature originaire de Turquie. La chose est d’autant plus intéressante que de Juillet 2009 à Mars 2010 va se tenir en France une « saison culturelle turque », formulation faible pour une « Année de la Turquie ». Le lancement de cette saison devrait se passer à Lille sur le thème « Istanbul et l’Europe », le Louvre et les Galeries Nationales du Grand Palais devant prendre la suite.

Si ces manifestations entendent légitimement mettre l’accent sur le rayonnement de la culture turque et construire des passerelles entre nos deux pays, notons tout de même que des associations, à l’instar du collectif Van (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme - www.collectifvan.org) affichent dès aujourd’hui leur volonté d’être actifs lors de cette saison.

Terre de culture et de création, la Turquie a tout à gagner dans la mise en œuvre de ce qui devrait être un instrument de promotion formidable. Autant nous pouvons nous réjouir de cette initiative, autant nous devons mettre en garde ceux qui voudraient étouffer sous l’édredon de la culture les questions qui posent problème et en disant cela je ne songe pas uniquement à la nécessaire reconnaissance du génocide des Arméniens.

Aujourd’hui les autorités turques entendent faire taire une partie importante de la presse et singulièrement les rédactions rattachées au groupe Dogan. Que l’actuel premier ministre place à la tête de la chaîne ATV son gendre, qu’il manœuvre pour contrôler via ses amis de nombreux titres dans le pays est déjà un problème mais qu’il lance des quasi fatwas pour briser la presse d’opposition n’est pas tolérable. A moins d’un an du lancement de ce bel été Franco-Turc, il conviendrait que des nuages ne viennent pas gâcher des festivités dont nous attendons tout de même la pleine réussite.

  • > Ahmet Umit, « Le pantin », éditions Le Rocher, 23 euros.

Lyon, le 18 octobre 2008.

13/10/2008

Nos cités vont craquer

Grand ensemble.jpgEn fin de semaine passée, j’étais à Brest pour les journées annuelles des Communautés Urbaines de France. Vous ne le savez peut-être pas mais les Communautés Urbaines rassemblent plus d’un Français sur dix et la création, le 1er janvier prochain, de tels instruments de coopération à Toulouse et Nice va renforcer le poids d’agglomérations qui portent des politiques aussi décisives que les transports collectifs, le logement, le développement économique et bien d’autres encore comme l’urbanisation ou le soutien à la recherche. Bref, la place des Communautés Urbaines est telle que l’Etat a toujours reconnu leur importance majeure pour le pays, tellement importante que pour la première fois, aucun Ministre n’a fait le voyage de Brest pour venir expliquer aux élus et techniciens rassemblés dans la cité océane de quoi l’avenir serait fait. Il faut dire, qu’à voir la maltraitance que le gouvernement réserve aux Communautés Urbaines on ne peut que comprendre la politique de la chaise vide pratiquée par nos ministres.
Les Communautés Urbaines sont non seulement toujours en attente des remboursements des pertes fiscales provoquées par la politique du gouvernement depuis quelques années mais, en organisant l’affaiblissement financier des intercommunalités urbaines, ce « modèle pour le développement » dont parlait jadis Sarkozy, l’Etat est en passe d’utiliser nos agglomérations comme une simple variable d’ajustement dans la crise des finances publiques de la France. En pratiquant ainsi, l’Etat non seulement bouscule l’équilibre financier des agglomérations mais pire porte des coups à l’un des meilleurs moteurs de l’investissement local dans un environnement économique et financier semé d’embûches et de risques.
Dans ce contexte, on comprend peut-être mieux pourquoi les Ministres n’étaient pas volontaires pour se précipiter à Brest vendredi dernier. Aujourd’hui, alors qu’il en va non seulement de l’avenir du pays mais aussi de ses collectivités locales, l’Etat doit maintenir en valeur les remboursements de fiscalité aux collectivités. Il doit aussi initier une réforme de la fiscalité locale en concertation avec ces mêmes collectivités. Il doit enfin, tout en respectant ses engagements, admettre de rétablir des liens de confiance avec les collectivités locales et singulièrement les agglomérations.
En début de semaine dernière, les maires des grandes villes de France quant à eux lançaient un cri de colère en apprenant la « réforme » de la dotation de solidarité urbaine (DSU) par un gouvernement qui légifère en vase clos et qui en la circonstance va priver 238 communes de crédits pour leurs quartiers. C’était donc une sale semaine pour nos communes et agglomérations mais malheureusement probablement pas la dernière.

Lyon, le 13 octobre 2008.

 
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