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28/01/2010

En gros et en détail

Sarkozy NB.jpgLe Président est paraît-il ravi de sa prestation de lundi soir sur TF1 et les quelques 8 millions de téléspectateurs qui assistaient à l’émission sont quant à eux convaincus. Plus précisément, si l’on en croit « Le Parisien » et l’institut CSA, 57% des personnes ayant vu Nicolas Sarkozy l’ont trouvé convaincant.

Autant dire que l’Elysée est aux anges quand on songe à la côte de popularité médiocre du président. En vérité, quand on consulte ce sondage paru hier, on peut se dire que le président devra y réfléchir à deux fois avant de convoquer une seconde fois le ban et l’arrière-ban de TF1. En effet, en examinant les principaux thèmes abordés par Nicolas Sarkozy face au panel concocté par TF1, il y a de quoi perdre le sourire puisque la performance présidentielle s’avère bien modeste. Pas convainquant à 60% sur l’emploi, à 58% sur les retraites, à 51% sur les salaires de Proglio, à 61% sur le pouvoir d’achat, à 45% sur l’identité nationale et à 45% sur la réduction du nombre de fonctionnaires, le président a des soucis à se faire car sur aucune de ces thématiques les convaincus l’emportent. On pourrait dire que Sarkozy arrive à convaincre « en gros » mais jamais dans le détail. Malgré cela, Franck Louvrier, son conseiller en communication, nous confie que « la parole présidentielle n’est pas usée » autrement dit que, « plus c’est gros, plus ça passe ». D’ailleurs à l’occasion de cet échange avec le panel de TF1, Nicolas Sarkozy a utilisé les mêmes ficelles gagnantes que lors de la dernière campagne présidentielle expliquant que les problèmes économiques, d’emploi ou de retraites étaient à mettre sur le dos de la crise ou des socialistes et que pour le reste il convenait de faire confiance à sa détermination et à son acharnement. Reste à savoir si une telle ligne sera suffisante pour gagner « en gros » la prochaine présidentielle, tout le reste étant du détail.

Lyon, le 28 janvier 2010.

 

25/03/2009

Avantages acquis

crise--co.jpgDans un récent communiqué François Turcas au titre de la CGPME, qu’il préside dans la région, évoque la situation économique du moment. Après avoir souligné les difficultés, réelles, des petites et moyennes entreprises il tombe dans les lieux communs en écrivant : « monter les français les uns contre les autres… ne constitue en rien une réponse à la crise ». Puis il passe son message : « préparons dès maintenant le retour à l’emploi de ceux qui en ont besoin » ce qui se situe pour lui « bien loin de la seule défense catégorielle des avantages acquis ». A la lecture de ces derniers mots je me suis dit que notre François montrait du doigt les parachutes dorés, paquets de stocks options, bonus en tout genre ou autres « rémunérations variables » selon la formule hypocrite d’Alain Minc, et je m’en félicitais. J’avais seulement un instant oublié la langue de bois syndicale, et oui il y en a une aussi, qui donne un sens particuliers à la formule « avantages acquis ». Il s’agît, en effet, de conditions particulières relevant de la convention collective de certaines corporations. Des avantages qui touchent aussi bien des éléments de rémunération que de couverture sociale , des conditions d’horaires de travail allant même jusqu’à un regard sur l’embauche. Des avantages acquis à des moments forts de l’histoire de France, pour l’essentiel à la Libération et que les salariés ont su conserver à travers le temps. Des avantages qui ne font pas de leurs bénéficiaires des riches et encore moins des spéculateurs. Mais il est de bon ton à droite de pointer ces éléments pour expliquer les difficultés de l’économie française, pourtant même avec la meilleure mauvaise volonté du monde on n’atteindra jamais en mettant bout à bout le coût de ces avantages le plancher le plus bas soit-il des profits du CAC 40. Aussi ce serpent de mer apparaît bien dérisoire en particuliers au moment où la dernière étude du CREDOC nous apprend que les classes moyennes, dans lesquelles se situent en général les bénéficiaires des dits avantages, représentent 50% des salariés et perçoivent un revenu mensuel entre 1120 et 2600 euros dont pour 30% d’entre eux au dessous de 1750. Ce qui, selon les calculs du CREDOC, laisse une fois les dépenses incontournables réalisées, 294 euros pour l’habillement, l’équipement et les loisirs. Ce qui amène l’organisme à constater que les classes moyennes rognent sur les dépenses de confort : en 2008 , 48% ne sont pas parties en vacances, 37% se sont privés de cinéma, 34% n’ont pas de voitures, 50% n’ont pas Internet à domicile et 40% n’ont pas de produit d’épargne liquide. Il n’est pas sûr dans ces conditions que la chasse aux avantages acquis rapporte gros ; une véritable taxation des profits serait certainement plus efficace. En revanche ce constat justifie de défiler derrière les banderoles syndicales tout en travaillant à une perspective pour demain.

Philippe Dibilio

Lyon, le 25 mars 2009.

Illustration: DR

09/12/2008

En attendant demain

medium_313780.jpg« Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain », c’est cette formule éculée, attribuée à Willy Brand, qu’ a osé ressortir Alain Minc sur le plateau de Serge Moati dimanche lors de l’émission « ripostes » sur la Cinq et ce pour justifier le plan de anti-crise de Sarkozy qui privilégie les investissements plutôt que la relance par la consommation. Ce « monsieur je sais tout » qui met sa gouaille plus que son savoir au service des puissants du pays, tous proches du président de la République, se foutait une fois encore de nous. Si cette formule, prononcée dans les années soixante dix avait eu un effet il y a bien longtemps que l’on n'aurait plus de problèmes d’emploi tant les profits ont surfé sur les sommets depuis ce temps là. Mais les profits, c’est bien connu, y compris d’Alain Minc, profitent par nature à ceux qui les réalisent lesquels ne situent pas dans le camp de ceux qui partagent.

Dès lors la relance Sarkozy aura le même effet que les autres ; elle permettra à ceux qui ont joué avec l’argent des autres de refaire leur pactole. D’ailleurs les premiers exemples pointent à l’horizon. Ainsi un groupe de banques dont Daxia, la Caisse d’Epargne et le Crédit Agricole, toutes recapitalisées par l’état, ne se sont partagé que la moitié des prêts locatifs sociaux attribués par le gouvernement. Hic politique ces crédits devaient servir à racheter les logements programmés mais pas construits tel que le souhaitait Nicolas Sarkozy pour donner un coup de pouce au bâtiment en particulier. Voilà donc un volet de la relance qui démarre mal. L’explication de cette frilosité nous est donnée par le secrétaire général de la Caisse des Dépôts (un expert) : « ce secteur (du logement social) n’intéresse pas les banques, elles préfèrent faire du logement à loyer libre où elles obtiennent de meilleurs rendements ». Des profits d’aujourd’hui donc qui ne serviront pas plus à la relance qu’ à l’emploi de demain et qui révèle la supercherie de Minc.

Quant au plan de Sarkozy il ne s’annonce pas sous les meilleures auspices. D’ailleurs son conseiller spécial Henri Gauino craint une révolte des classes moyennes qui vont être touchées de plein fouet par la crise. Aussi il veut donner des signes de moralisation du capitalisme, lui au moins il est sûr d’avoir du travail pour longtemps.

Philippe Dibilio

Lyon, le 9 décembre 2008.

DR

03/02/2007

Pas de quartier pour les inégalités

medium_AFEV-Pas_de_quartier_pour_les_inégalités_-_Affiche.jpg

L'utile et active AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) lance cette semaine dans les Inrockuptibles une campagne intitulée "pas de quartier pour les inégalités" dont je souhaite qu'elle puisse avoir un écho réel en cette période électorale.

Comme l'écrit l'AFEV:

« Chaque année, 20% d’une génération quitte le système scolaire sans qualification et 40% des jeunes dans les quartiers en difficulté sont sans emploi. L’exclusion d’une partie de la jeunesse est l’une des causes des troubles violents qui agitent les banlieues, les discréditent injustement et plongent leurs habitants et ceux qui y travaillent chaque jour un peu plus dans le découragement. »

 

Pour ce qui me concerne, je vais bien sûr signer l’appel de l’AFEV. Je vous invite à en faire autant en vous rendant sur le site www.pasdequartier.org

Lyon, le 3 février 2007.

 
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