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18/10/2010

« Nègre » de Sarko

JacquesAttali.gifPourquoi tant d’hésitation et de circonvolution ? Il paraît que le président hésite encore ne sachant plus faire la part de l’utile entre le choix d’un premier ministre centriste, d’un ancien Villepiniste, d’un troisième Chiraquien ainsi que d’une quatrième Umpiste revêche. Bref, Nicolas Sarkozy pourrait même se laisser aller à faire à nouveau les yeux doux à son collaborateur actuel, François Fillon. Pour Sarkozy comme pour nous parfois dans la vie, nous n’arrivons pas à percevoir une bonne solution qui s’impose pourtant comme le nez au milieu de la figure. Cette solution évidente s’appelle Attali, l’homme qui vient de proposer à la droite un programme clé-en-main jusqu’en 2020. Il faut dire que dans la série des conseillers qui ne méritent pas d’être oubliés, Jacques Attali s’impose. Jadis avec Tonton, aujourd’hui avec Sarko, Attali s’est déjà fait remarquer en 2008 comme chef de la commission destinée à booster la croissance nationale. On connait le résultat et Attali s’est fait, à cette occasion, beaucoup d’amis parmi les chauffeurs de taxis. Attali le larbin nous revient donc deux ans plus tard et en cet automne 2010 il livre le plan d’austérité qui manquait tant à la droite coupant presque l’herbe sous les pieds à des hiérarques de l’Ump qui ne doivent pas en croire leurs yeux. Avec « sa stratégie à dix ans » et son objectif « croissance 2.5% », Attali vient donc de formuler 27 propositions à Sarko. Au rayon des finances publiques et du retour du déficit à 3%, le nouveau conseiller de l’Elysée propose le gel du point d’indice pour les fonctionnaires d’Etat comme de la Fonction publique territoriale ainsi que le remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Au rayon sécu, Attali veut présenter une posture de gauche en s’interrogeant sur la prise en charge de certaines maladies lourdes pour les bénéficiaires de gros revenus ce qui, tout à la fois, représente une attaque contre l’universalité de la sécu mais surtout une probable généralisation, dans un second temps, de ces mesures à des français loins d’être fortunés. Chasse aux niches fiscales, réexamen de la fiscalité du patrimoine, l’héroïque Attali ne nous explique pas ce qu’il compte faire de la TVA réduite dans la restauration, ne semble pas plus très au clair sur la question des retraites ou de la réforme fiscale tout en envisageant sérieusement une hausse de la TVA. Avouez que Attali à Matignon cela aurait une autre gueule que Borloo ou Alliot-Marie et pour une fois Sarkozy pourrait se réjouir d’avoir non seulement comme premier ministre, un collaborateur mais presque « un nègre », une situation pour le moins inédite pour Jacques Attali.

Lyon, le 18 octobre 2010.

12/10/2010

Transe télévisions, l'âme du sévice public

carla.jpgAmis du sarkozysme, vous avez sans doute, la semaine dernière, bu du petit lait - sans référence aucune à Notre Vénéré Derviche Tourneur évidemment - en regardant le documentaire polémique proposé par France 3 à une heure de grande écoute et fiévreusement intitulé, sans doute par goût de la subversion anarcho-syndicaliste "La Voie de Carla : un an dans la vie de Carla Bruni-Sarkozy". Chacun admettra que le réalisateur est audacieux, mais pas au point d'avoir réalisé la "voix" de Carla, ce qui pour une chanteuse aphone ne relevait plus de l'audace mais de la diffamation.

Assurément, la réalisation de ce documentaire a conduit à une irréparable pénurie de brillantine et de cirage sur la place de Paris et la sylve attenante, nous rassurant, chemin cirant, sur les desseins indépendantistes du nouveau président de France Télévisions. 25 images par seconde et 50 compliments à la minute suffisent à faire de ce documentaire un chef d'oeuvre d'astiquage qui ferait passer Michel Drucker pour un des douze salopards et Mireille Dumas pour une journaliste. 

Marc Berdugo, auteur de ce brûlot documentaire dont la doublure son aurait aisément pu être assurée par Alain Bougrain-Dubourg, nous invite donc à suivre, et ce gratuitement, Carla Bruni dans les méandres de sa vie élyséenne et emperlousée. Au menu roboratif de cette fable consacrée à l'extinction du paupérisme après 23 heures aux abords du Faubourg Saint Honoré, des permanentes, des brushing, des causeries philosophiques entre premières dames sur la dernière collection Dior ou l'alcoolisme mondain, des métaphores-gâteries à la gloire du petit Nicolas et ses acolytes anonymes. En somme, une véritable incitation à légiférer au plus vite sur le droit de mourir dans la dignité dès lors que les souffrances du téléspectateur deviennent insupportables. 

Dans un style aussi pudique que le fut la vie d'un membre de la Star Academy - à ceci près que certains pensionnaires de cette émission savent chanter -, le documentaire pérégrine dans les gardes-robes, les mains au panier et les confidences qui feront trembler la République :"Mon mari, ce n’est pas parce qu’il m’a épousée qu’il deviendra un chanteur folk" ou encore ""Je ne suis pas que la cerise sur le gâteau mais j’essaie d’être une belle cerise qui fait honneur à un gâteau fantastique" avant de glisser sur une raffarinade "Ce que j’essaye de faire, c’est de saisir les chances qui se sont offertes à moi"

Vous voyez que le service public a sacrifié la pipolisation à l'esthétisme et à l'ascétisme. Je terminerai sur cette citation de Carla qui assurément vous fera écumer d'amertume à l'idée que la saynète ne se produira jamais et qui pourtant ferait fureur à la foire du trône : « J’ai été stupéfaite de devoir être derrière lui pendant les discours. Il ne me viendrait pas à l’idée de le faire monter sur scène pendant que je chante, ou de l’obliger à jouer du tambourin."

A la semaine prochaine

Réponses du QCM "de l'insulte" : 1B, 2C, 3D, 4B, 5B, 6B, 7B, 8C, 9C, 10B. Quant aux auteurs de ces injures, la lecture de "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) viendra éclairer votre lanterne.

Stéphane Nivet

Photo: DR

04/09/2010

L’homme de l’été

brice-hortefeux-cout-depense.jpgC’est sans conteste l’homme de l’été. Même Estrosi doit se faire une raison, sur cinq longues semaines estivales, Brice Hortefeux demeure le meilleur des Sarko-Boys, celui qui a été capable, comme le lui avait demandé son chef, d’occuper sans avoir besoin de le demander les médias presque chaque jour. C’est par une interview au Monde du dimanche 22 août que l’Auvergnat a atteint l’apothéose en s’en prenant à « La gauche milliardaire » (Sic!) histoire d’enfiler à bon compte un costume de fils du peuple ce qui après tout n’est pas un mince exploit pour un fils de banquier né à Neuilly.

Ayant tout obtenu de son ami Sarkozy, sauf son diplôme de Sciences Po, Hortefeux a donc joué cet été le seul rôle qui puisse lui convenir. Celui de porte flingue, de voix de son maître, de lieutenant comme on aime tant le lire dans les colonnes du Figaro. Successivement Directeur de Cabinet du Maire de Neuilly, Administrateur territorial en poste à la Mairie de Neuilly, Chef de cabinet du Maire de Neuilly devenu ministre du budget, Brice Hortefeux est nommé préfet en 1995 enfilant par la suite des missions tant pour le compte du gouvernement que pour le président du sénat. Ministre dévoué des uns mais surtout de l’autre, Hortefeux est un bon spécialiste des astuces et blagues très limites au point que, suite à celle proférée l’an passé lors de l’université UMP, il se trouve un tribunal, celui de Paris, pour condamner l’intouchable pour injures à caractère raciste mais l’intéressé a, par la suite, fait appel.

En vérité, sans son pote, le protégé du président ne serait probablement grand-chose. Spécialiste du coup de menton et des propos honteux sur commande, Hortefeux n’est rien en dehors de sa base de Neuilly et d’homme de Sarko. Ayant beau présenter aux médias son profil le plus auvergnat, Hortefeux n’est pas grand-chose du côté de Clermont-Ferrand et le fait de renoncer à concourir en 2007 pour la municipale est assez éclairant. En fait son seul soutien dans la zone s’appelle Charasse le très Sarko-compatible sénateur fraichement recasé au Conseil Constitutionnel. Celui que le journaliste François Reinhard a désigné, avec complaisance, comme « Le mécano de Sarko » restera probablement dans l’histoire comme l’incarnation de ce petit personnel de la Vème république béatement dévoué au chef en raison d’une envergure modeste. En attendant, Hortefeux exprime un des aspects les plus nocifs de la politique conduite dans notre pays au point que par ses agissements et ses propos l’actuel ministre de l’intérieur est sur le point de revaloriser l’image des Marcellin, Bonnet, Poniatowski, Pasqua ou Pandraud, c’est dire !

Lyon, le 4 septembre 2010.

Photo: DR

31/08/2010

Roms

Kouchnerizroms.jpgLes premières expulsions de camps de Roms dans notre région ont eu lieu. On entend peu nos élus à part la récente déclaration de Gérard Collomb sur Europe 1. Du style : "de la fermeté, et en même temps de l'humanité". C’est presque du Besson dans le texte (pas celui des aires obligatoires pour les gens du voyage, mais celui de la question fumeuse sur l’identité nationale).

Certes, le premier des Strausskaniens lyonnais, après avoir dit "Il faut qu'il y ait des expulsions", a heureusement ajouté "un certain nombre d'entre eux peuvent être intégrés dans nos villes; il faut le faire, et je dis au ministre de l'Intérieur que je suis prêt à le faire avec lui"… C’est un peu court jeune homme et l’on pouvait dire bien d’autres choses en somme…

Je crains fort que, le nez sur les sondages récents, nos élus ne soient trop polarisés par leur volonté de montrer que la gauche n’est pas laxiste au contraire du refrain entonné ad nauseam par la droite. Et étant ainsi polarisés, ils n’entrent, parfois à leur corps défendant, dans le jeu débile et mortel  de la désignation des boucs émissaires.

Je ne sais pas toujours distinguer un étranger d’un bon vieux Français de souche (aujourd’hui, même les gens du voyage rappellent qu’ils sont Français et qu’ils ne veulent pas être confondus avec les Roms), un bon Européen d’un Européen indésirable. C’est certainement un vieil accès d’angélisme soixante-huitard, mais mon cerveau un peu lent a du mal à croire  que les 1500 à 2000 Roms qui squattent et bidonvillent notre belle ville créent une situation si inacceptable qu’elle conduit à dresser de nouvelles frontières.

Certes, l’insuffisance de logements sociaux ne facilite pas le logement de ces familles qui dans leur immense majorité ne demandent qu’à se sédentariser (et dont les enfants sont très souvent scolarisés). Fallait-il soutenir, voire demander, des expulsions qui ne font que rajouter de l’errance à l’errance, du squat au squat et de la misère à la misère ?

Re-certes, la solution est européenne et roumaine, mais fallait-il céder à la manipulation ? Il suffisait d’entendre Gollnisch l’autre jour agiter les vieilles peurs de l’Autre et parler de centaines de milliers de Roms à nos portes pour se rendre compte qu’à mettre les mains dans la boue que remue ce gouvernement elle allait nous polluer tous au plus profond.

Alors, en attendant une éventuelle solution roumaine et européenne qui de toute façon prendra quelques années, pourquoi ne pas mettre en place des sites d’hébergement dédiés aux Roms pour 50 ou 100 personnes ? Le préfabriqué, l’eau et l’électricité sur des terrains aménagés, sont encore dans les moyens d’une société comme la nôtre, fut-elle en crise, et cela permettrait d’attendre que la situation des expulsés de camps illicites soit régularisée… Et, pour en finir avec les idées reçues sur les Roms :

> voir l’exposition « Voyages pendulaires, des Roms au cœur de l’Europe » avec les photos de Bruno Amsellem au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon ;

> lire l’excellent article de Laurent Burlet dans LyonCapitale (www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualit...)

Jean-Paul Schmitt

13/08/2010

P comme "Parrain"

P 2.jpg

C’est le sept avril 1994 que le parrain de Mazarine, la fille du Président, quittait ce monde. Il était retrouvé mort dans son bureau de l’Elysée, à quelques foulées de celui du Président. Bruits, rumeurs, fantasmes les plus récurrents vont immédiatement alimenter la chronique. Tout et pratiquement n’importe quoi va s’écrire, les pires délires vont également se colporter. Il faudra attendre 2010 et le livre de Raphaëlle Bacqué pour que la mort du parrain de Mazarine, François de Grossouvre, quitte le para-normal pour réintégrer l’histoire. En quelques 230 petites pages, petites en raison du format du livre, la journaliste du Monde règle définitivement cette pseudo-affaire de Grossouvre et nous explique, à l’instar des Rita Mitsouko, que les histoires d’Amour finissent parfois très mal. Celle entre les deux François, en suicide. C’est donc de l’amitié entre Mitterrand et de Grossouvre dont nous parle Raphaëlle Bacqué. De la rencontre de l’aristo-résistant avec celui qui, tel un aventurier venu parfois de nulle-part, allait devenir le grand président que nous connaissons. Une amitié amoureuse qui se termina par le suicide du responsable des chasses présidentielles avec un 357 Magnum.

Raphaelle Bacqué.jpgLivre d’enquête, produit de ce que l’on appelle « du travail », chose parfois rare dans les livres politiques, « le dernier mort de Mitterrand » est une lecture recommandée, un très bon bouquin à glisser dans le sac de voyage. Merci à André Soulier de m’avoir invité à le lire.

> Raphaëlle Bacqué, « Le dernier mort de Mitterrand », Grasset, 18 euros

Lyon, le 13 août 2010.

07/07/2010

Quel exemple

elysee.jpgComme à propos du rendez-vous avec Thierry Henry, on ne saura jamais qui de Nicolas Sarkozy ou de Joyandet a pris l’initiative de la démission du secrétaire d’Etat. Ce dernier l’avait annoncé sur son blog mais l’Elysée a voulu reprendre la main en ajoutant un nom ; celui de Christian Blanc. Du coté de chez Sarko on créait ainsi de l’exemplaire, on frappait du point sur la table. C’est raté car les français ont vite vu là une piètre manœuvre pour essayer de jeter un voile pudique sur la véritable affaire ; celle qui touche Eric Woerth. Car il n’y a pas de commune mesure entre le billet d’avion voire le permis de construire de Joyandet ou les chères cigares Christian Blanc et ce qui chaque jour se découvre un peu plus autour de l’ex-ministre du budget. A ce sujet en fin de semaine dernière ce sont nos voisins suisses qui ont rajouté une touche au tableau en détaillant par le menu les longs séjours de Madame Woerth à Genève. On y apprend qu’au moment où son mari exhibait la liste des 3000 noms d’exilés fiscaux que lui avait remise un « repenti » de la HBSC elle s’occupait du camouflage de l’argent de madame Bettancourt mais participait aussi à des soirées mondaines où les dits exilés n’oubliaient pas d’annoncer leur participation au financement de l’UMP. Pourquoi perdre son temps ? Mais là il est difficile de croire que son trésorier de mari n’était pas au courant. Car dans cette affaire nauséabonde le pire réside bien dans ce mélange de genres entre le rôle d’un ministre en charge de questions financières et le trésorier du parti majoritaire. On se demande à ce stade si cette république agonisante tombera encore plus bas. En attendant à Sarko qui voulait faire un exemple en virant deux sous ministres si importants qu’ils ne sont même pas remplacés, on peut crier dans tous les sens du terme : Quel exemple !

Philippe Dibilio

Photo: DR

06/07/2010

Chercher la rigueur avec les dents

Dentifrice sarkozy.jpgJ'en entends qui râlent dans les chaumières : « Quoi, on va nous priver de Garden-party élyséenne ! »

Ben oui manants, cette année pas de Johnny à un million d'euros ! Et ce n'est pas tout : le roi a promis que le G8 en France coûtera « dix fois moins cher que les deux sommets équivalents organisés au Canada ».

Petit exercice de calcul à votre attention, bon peuple : sachant que le G8-20 du Canada -  considéré comme un record en matière de dépense - a coûté 940 millions d'euros, combien devrait coûter celui dans note beau royaume ? Pour les faibles en calcul mental : pas plus de 94 millions. Conclusion : c'est encore presque quatre fois le coût de la même réunion tenue à Londres en 2009 et qui avait coûté 24 millions. Comme quoi, tout est dans l'art de communiquer. Et dans cet art-là, Nicolas Premier est passé maître.

Mais parfois la communication trébuche...

Vous qui pensez que la Bastille était prise depuis longtemps, lisez la lettre écrite par le bon roi à Fillon. Elle dévoile l'ultime farce d'un régime qu'on croyait ancien en nous jouant un mauvais ersatz de la nuit du 4 août : désormais « les frais privés des ministres seront payés sur leurs deniers personnels ».

On rêve et le Roi Sommeille... Quand il ne se brosse pas les dents ! Oyez, vous qui rêvez de jacqueries en ignorant jusqu'où va le souci d'honnêteté du monarque : Nicolas paie lui-même son dentifrice quand il voyage ! C'est son fidèle aboyeur Lefebvre qui le dit :


Lefebvre Sarkozy paye son dentifrice [ITV] FR2 280610
envoyé par peanutsie. - L'info internationale vidéo.

 

Privilégiés bénéficiaires de la CMU n'ayez point la dent qui vous reste trop dure : notre bon roi garde le souci de payer son dentifrice sur sa cassette personnelle. Une vraie ponction sur ses émoluments et qui obère grandement leur modeste augmentation de 170% !

Comme le disait déjà il y a plus de 20 ans le Che français : « Dans le plan de rigueur, il y trop de mou dans ce qui est dur et trop de dur dans ce qui est mou. »

Jean-Paul Schmitt

19/06/2010

Bigarreau si, bigarreau no

CERISE.jpgIl suffit de lire le Figaro pour s’en convaincre. L’action positive du chef de l’Etat vient se nicher dans les moindres recoins de nos pauvres petites vies. Prenez le prix des cerises. S’il est abordable c’est grâce au Président, c’est tout du moins ce qu’expliquait dans la Pravda gouvernementale, un certain Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, qui indiquait que l’engagement de modération des marges pratiqué sur la cerise était le fruit des accords conclus à l’Elysée le 17 mai. Mieux Carrefour, probablement pour faire plaisir au président, s’était engagé le week end dernier, sur des opérations « prix coutants ». Ce week end sur les marchés en matant le bigarreau, ayez donc une pensée pour le président à moins que vous ne préfériez vous dire que sur un kilo payé à l’arboriculteur entre 2.50 et 3.50 euros c’est quasi de perte dont il s’agit. Selon les producteurs de cerises de la vallée du Rhône il conviendrait que le prix du kilo se situe aux environs de 4.50 euros pour que le travail puisse être considéré comme rémunérateur et non payé avec des queues de cerises.

Lyon, le 19 juin 2010.

03/06/2010

Plus belle la vie

martine-aubry.jpgAlors que ce pauvre Montebourg persuadé de jouer un rôle historique fait des moulinets devant les caméras pour parler de son rapport sur les primaires, en coulisse on commence à se mettre d’accord sur la répartition des postes. Nous n’en sommes pas encore à voir débouler Lamy sur les marches de Solferino pour nous annoncer la composition du gouvernement Aubry I mais les choses vont bon train. Une fois dit que la République Solferinienne est en joie puisque dimanche dernier Martine Aubry vient d’être élue présidente de la République sachez chers amis que l’on peut s’attendre, d’une minute à l’autre, à ce que François Hollande devienne le nouveau premier ministre, Ségolène Royal présidente de l’Assemblée Nationale et Laurent Fabius celui du Sénat à condition bien entendu qu’il devienne lui-même sénateur (Que voulez vous il y a des règles absurdes dans ce pays). Pour ce qui concerne le gouvernement Hollande, Jérôme Cahuzac est annoncé à Bercy pour le reste l’espoir reste intact pour l’ensemble des prétendants. Cela étant ne rigolez pas car, dans le même temps, à droite, un évènement de première bourre vient d’intervenir. Méhaignerie vient de rencontrer Bayrou et le boss de ce qui reste du Modem se montrerait favorable à une intégration dans la majorité de droite à condition que Sarkozy introduise une dose de proportionnelle pour les législatives. Sachant que Bayrou se décide toujours à prendre des décisions conduisant avec certitude à sa défaite, vous ne pouvez que vous dire qu’une victoire de Martine Aubry peut sérieusement s’envisager à partir du moment où Bayrou rejoindrait la droite. Mieux, Monin le patron du « Nouveau Centre » grogne fort contre Sarkozy et menace de se présenter aux prochaines présidentielles non sans tirer à boulets rouges contre Bayrou qu’il accuse d’être une girouette et un opportuniste.

Que Montebourg cesse de stresser, l’organisation de ces fameuses primaires, c’est juste un truc pour passer le temps. Maintenant que Martine est certaine d’aller à l’Elysée, François à Matignon, Ségolène à l’Assemblée, bien que n’étant pas députée, et Laurent au Sénat, bien que n’étant pas sénateur, il ne reste plus qu’à indiquer à Dominique de rester Dirlo à Washington. Elle est pas belle la vie ?

Lyon, le 3 juin 2010

10/05/2010

La crise en crissant

528071960.gifAprès le discret séminaire gouvernemental de la semaine passée, on peut dire que la Grèce s’est définitivement invitée dans la politique française même si, vous l’avez tous compris, la rigueur est en aucune façon à l’ordre du jour dans ce pays, pas plus d’ailleurs que l’austérité. Ce qu’est entrain de fourbir l’Elysée n’a vraiment pas de nom mais soyez certain que, comme tous les coups portés, cela laissera des traces. En effet en voulant situer illico le déficit public à 8% cette année, 4.6% du PIB en 2012 et définitivement moins de 3% par la suite, le fumet de la soupe à la grimace des deux « tord-boyaux » de Matignon et l’Elysée à des allures d’austérité mais que l’on se taise. Que l’on se fiche dans le crâne qu’il n’y aura jamais, au grand jamais, d’austérité et de rigueur sous Sarko Ier. Même si Fillon a déclaré en 2007 que l’Etat était en faillite les baffes que les Français vont encaisser dès le prochain budget ne seront présentées que comme de simples efforts, de petits soufflets. Bien entendu rien n’est plus manipulateur. L’attaque va être rude et injuste. De Lagarde à Jouyet, la galaxie Sarko se prépare à l’offensive généralisée et comme toujours, en pareilles circonstances, la lumière provient des « sources gouvernementales » et jamais des ministres. Dans Le Figaro du 7 mai, l’une d’entre-elle mérite méditation sur la nature de l’attaque qui se prépare, la fameuse source indiquant que « Très peu de gens sont énormément taxés alors que beaucoup ne le sont pas du tout. Il y a sûrement un moyen de rééquilibrer tout ça. » Alors si vous estimez faire partie de ceux qui pourraient se sentir que peu taxés, je ne peux que vous remercier par avance pour votre contribution à ce rééquilibrage imaginé par l’Elysée, Matignon et Bercy.

Quitte à avoir des idées noires et peut-être même des envies peu recommandables de violence, je vous conseille la lecture de polars. Cela tombe bien puisque « Quai du Polar » invite deux auteurs dans les prochains jours.

> Rencontre avec DOA auteur entre autres de Citoyens clandestins (Gallimard) et de Fous d’avril, lauréat du prix Quai du Polar 2005

Mercredi 12 mai à 19h

Librairie Grand Guignol. 91, montée de la Grande Côte, Lyon 1er.

> A l’occasion de la sortie de Résurgences (Au diable vauvert)

Rencontre avec Ayerdhal

Jeudi 20 mai à 19h

Librairie Passages. 11, rue de Brest, Lyon 1er.

Réservations conseillées : 04 72 56 34 84

Lyon, le 10 mai 2010.

04/05/2010

A méditer

elysee.jpg« On n’endosse pas comme ça d’un claquement de doigt le costume présidentiel, c’est au contraire une longue évolution qui fait que tout d’un coup les gens vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là » ; ce n’est pas parce que, selon l’AFP, cette phrase est répétée depuis des années par François Bayrou qu’elle n’en est pas moins frappée au coin du bon sens. Un bon sens qu’auraient dû garder Michel Noir ou Alain Carignon abattus en vol par Chirac du fait de leurs velléités présidentielles. Une phrase que pourraient méditer feu Raymond Barre et Edouard Balladur qui, de toute évidence, n’ont pas attendu assez longtemps pour être reconnus comme tels. Une phrase toujours d’actualité malgré la dévaluation de la fonction après le passage à l’Elysée de Chirac et de Sarkozy. Certes aujourd’hui le jeu peut paraître plus ouvert mais l’essence de la Vème République demeure et la fonction présidentielle reste l’expression d’un rapport direct entre l’électorat et un homme ou une femme, un rapport qui se construit avec le temps et sur des idées fortes. Certes la perspective de primaires peut laisser penser que le champ des possibles s’est élargi mais cette méthode, bien rodée aux Etats Unis état fédéral, ne fera que ses premiers pas chez nous, avec quel succès ? On ne peut, vu sous cet angle, que s’interroger sur la précipitation mise par Gérard Collomb à se lancer dans une campagne pré-primaires en affichant d’ailleurs sa candidature par défaut c'est-à-dire en cas de défection de DSK ce qui constitue un positionnement totalement antinomique avec l’objectif déclaré. Etre candidat à la présidence de la république sous la Vème c’est développer une idée de la France et des idées pour la France dans tous les domaines et directement avec le peuple. C’est seulement dans ce cas que les gens « vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là ». Et, c’est sur, cela prend du temps.

Philippe Dibilio

13/04/2010

Complots

Incognito.jpgCelui des aventures parisiennes du couple divin. Celui du pseudo chevalier blanc qui aurait voulu déstabiliser notre Zeus national en trafiquant des listings. Celui des scientifiques du GIEC. Et j’en passe…

Complot, vous avez dit complot ? La dame de l’Olympe dément. Son époux récent attaque. Mords ! Mords !... Charon, le nocher passeur d’ombres des enfers élyséens l’a dit sans ambages le 3 avril : « Maintenant, on va voir s'il n'y a pas une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers ». Herzog, le bavard du président, y va de la même veine : « Je ne peux pas exclure une machination ». Le cerbère Lefèbvre tire une langue de bois longue de cent pieds et gronde en tirant sur la laisse de son maître « Ici, à l’UMP nous n’avons pas l’habitude de colporter des rumeurs ».

Selon Reuters, même la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est dans le coup et Squarcini son chef confirme qu’une enquête a été menée sur la demande du chef des pandores nationaux « pour déterminer si les rumeurs visant le couple présidentiel ne cachaient pas une éventuelle tentative de déstabilisation ».

Complot, vous avez dit complot ? Après Clearstream, Datigate ? Complot, vous avez dit complot ? Le Climategate continue avec, dans le rôle du grand méchant scientifique donneur de leçons et trafiqueur de courbes, super Allègre qui frappe le tocsin du complot avec son habituelle finesse de marteau-pilon. Le réchauffement climatique serait un énorme complot organisé par Tatcher la Dame de Fer et les climatologues ne seraient que de vilains comploteurs avides de gloire, de prestige et de subsides.

Et si le complot était le fait de ceux qui hurlent au complot ? Un complot pour faire diversion. Fini de parler tous les jours des sondages de popularité qui s’effondrent, des licenciés désespérés qui s’inscrivent en masse au chômage, de la dette qui grimpe, des inégalités de revenus qui s’accroissent par le haut selon l’INSEE (le revenu moyen a augmenté de 9% entre 2004 et 2007 pour 90% de la population française, mais la hausse a été de 20% pour les 1% de très aisés et même de 39% pour les 0,01% de plus aisés), des promesses non tenues, de «l’environnement ça commence à bien faire »…

Leurs réverbères complotent contre la nuit.

Ils nous font chercher des promesses évanouies

Dans la boue étroite et pâle de leurs halos.

Vêtus d’ombre, maîtres et valets du complot

Enterrent nos étoiles.

Jean-Paul Schmitt

02/04/2010

Un, deux, trois Estrosi

estrosi 2.jpgAlors que leur Président de champion plonge dans les sondages, que la grogne gagne les députés et que certaines personnalités umpistes font la trogne, la garde rapprochée du Sarkozysme tente de se mettre en ordre de bataille. Face au remuant Copé, c'est directement par le biais d'un Conseiller Elyséen, Olivier Biancarelli, que s'organisent les quelques troupes encore totalement acquises au président le tout sous le regard affectueux de Xavier Bertrand et de Frédéric Lefebvre. Regrettant la faiblesse politique du gouvernement à l'occasion d'un briefing destiné à remonter le moral de quelques députés, Xavier Bertrand aurait dit, tout en le regrettant, "on ne peut pas cloner Christian", entendez par là Christian Estrosi. Rendez-vous compte ces types sont tellement dans la mouise qu'ils seraient disposés en le clonant, à nous fourguer trois ou quatre Estrosi dans le gouvernement histoire de rendre l'aéropage de Fillon plus politique. Imaginez ce gouvernement dont ils rêvent et qui comprendrait, à l'instar des clones du Commandant Sylvestre dans les guignols de l'Info, une demi-douzaine d'Estrosi. Quand on nous dit que le Sarkozysme est malade, je n'osais imaginer que cela puisse l'être autant.

Lyon, le 2 avril 2010.

18/02/2010

Récompenses

Mgr Gaillot.jpg« Le Parisien » du week end dernier nous rafraîchissait la mémoire sur le jeu des ambassadeurs que conduit, avec semble-t-il une certaine délectation, le Président de la République. Véritable variable d’ajustement dans le petit jeu politique des nominations et des attributions de prébendes, la fonction d’ambassadeur apparait à bien des égards pour ce qu’elle est, une récompense ou un dédommagement.

David Martinon, licencié de l’Elysée, devenu Consul Général à Los Angeles. Roger Karoutchi, licencié du gouvernement, ambassadeur auprès de l’OCDE. Gilles de Robien, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation Internationale du Travail.

Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations sur le climat. Valérie Hoffenberg, élue UMP et représentante pour le processus de paix au Proche-Orient. Eric Chevallier, compagnon de route de Bernard Kouchner, ambassadeur de France à Damas. Quant à Michel Rocard, ancien missionnaire sur la taxe carbone et le grand emprunt, n’oublions pas qu’il a rang d’ambassadeur de France chargé des négociations internationales sur les pôles Arctique et Antarctique.

Selon une note du cabinet de Bernard Kouchner, nous dit le Parisien, le nombre de diplomates non professionnels est passé de 2 à 21 entre 2001 et 2010. Pour moi qui entame une carrière de missionnaire au « Grand Lyon » je me dis que je pourrais éventuellement me retrouver, un de ces jours, à négocier, comme Michel Rocard, avec quelques pingouins n’en demandant pas tant. Sauf que me concernant, et à la différence de Rocard, je me retrouve, comme Monseigneur Gaillot, nommé évêque in partibus de partenia et ce pour l’éternité. L’éternité étant bien longue, il va peut-être falloir que je me résigne à l’écourter.

Lyon, 18 février 2010.

28/01/2010

En gros et en détail

Sarkozy NB.jpgLe Président est paraît-il ravi de sa prestation de lundi soir sur TF1 et les quelques 8 millions de téléspectateurs qui assistaient à l’émission sont quant à eux convaincus. Plus précisément, si l’on en croit « Le Parisien » et l’institut CSA, 57% des personnes ayant vu Nicolas Sarkozy l’ont trouvé convaincant.

Autant dire que l’Elysée est aux anges quand on songe à la côte de popularité médiocre du président. En vérité, quand on consulte ce sondage paru hier, on peut se dire que le président devra y réfléchir à deux fois avant de convoquer une seconde fois le ban et l’arrière-ban de TF1. En effet, en examinant les principaux thèmes abordés par Nicolas Sarkozy face au panel concocté par TF1, il y a de quoi perdre le sourire puisque la performance présidentielle s’avère bien modeste. Pas convainquant à 60% sur l’emploi, à 58% sur les retraites, à 51% sur les salaires de Proglio, à 61% sur le pouvoir d’achat, à 45% sur l’identité nationale et à 45% sur la réduction du nombre de fonctionnaires, le président a des soucis à se faire car sur aucune de ces thématiques les convaincus l’emportent. On pourrait dire que Sarkozy arrive à convaincre « en gros » mais jamais dans le détail. Malgré cela, Franck Louvrier, son conseiller en communication, nous confie que « la parole présidentielle n’est pas usée » autrement dit que, « plus c’est gros, plus ça passe ». D’ailleurs à l’occasion de cet échange avec le panel de TF1, Nicolas Sarkozy a utilisé les mêmes ficelles gagnantes que lors de la dernière campagne présidentielle expliquant que les problèmes économiques, d’emploi ou de retraites étaient à mettre sur le dos de la crise ou des socialistes et que pour le reste il convenait de faire confiance à sa détermination et à son acharnement. Reste à savoir si une telle ligne sera suffisante pour gagner « en gros » la prochaine présidentielle, tout le reste étant du détail.

Lyon, le 28 janvier 2010.

 

 
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