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08/07/2010

Declan et Diana

elviscostello.jpg?w=300&h=200Declan Patrick MacManus est ce soir en Isère avec madame. Le génial binoclard végétarien et ancien employé de la Midland Bank (service informatique) est donc avec sa dulcinée, Diana Krall, sur la scène de Jazz à Vienne. Vous l’avez compris je veux parler d’Elvis Costello. Les Lyonnais enclins à apprécier la musique encyclopédique de l’auteur de « Watching the Detectives » gardent un souvenir incomparable de son passage aux Nuits de Fourvière il y a, je crois, deux ans de cela. Ce soir de fin juillet, à l’Odéon, Costello et Allen Toussaint transportèrent sous le ciel étoilé lyonnais un public nécessairement réduit mais aux anges en partance pour le paradis.

Ce soir à Jazz Vienne, on change de format et en étant inscrit au programme de la très jazzy mère de ses enfants le britannique devra se coltiner un public largement composé d’abonnés à Télérama qui viendra essentiellement pour la Krall. Il n’est donc pas très certain que le charme s’invite sur la scène du Festival viennois à moins que nos deux amoureux, ce dont on peut douter, se réunissent pour un bœuf au terme du spectacle. Costello sera quant à lui sans ses célèbres Attractions mais à la tête d’une formation qui devrait distiller un de ses albums les plus roots, son dernier en date, « Secret, Profane and Surgarcane ». Bref, une soirée viennoise à ne rater sous aucun prétexte.

> « Jazz à Vienne », ce soir 8 juillet, Diana Krall et Elvis Costello, 21h00, Théâtre Antique de Vienne

Lyon, le 8 juillet 2010.

Photo: DR

17/05/2010

Micky, Max, Rufus et les autres

mickygreen01.jpgDernière ligne droite avant l’armada pas toujours convaincante des festivals d’été. Voici quelques rendez-vous musicaux susceptibles d’en intéresser certains sans nécessairement se fâcher avec les autres.

  • > 18 mai, les fans de l’australienne et ex top model Micky Green seront ce soir là au Transbordeur pour un show qui risque d’être aussi pâle que sa crinière. Les plus « roots » seront bien entendu quelques rues plus haut, au CCO et à 20 heures pour le retour d’un Max Romeo perdu de vue depuis son passage à Woodstower mais jamais décevant.
  • > 22 mai, Ali Farka Touré est au Fil de Saint-Etienne (20, boulevard Thiers)
  • > 23 mai, Metallica est en exclusivité française à la Halle Tony Garnier et plus chanson française que jamais, sans gros son et moins réac, Romain Didier est quant à lui à Saint-Benoit en Bugey.
  • > Retour au Transbordeur le 26 mai pour le duo ricain Cocorosie toujours aussi cool mais qui lambine beaucoup pour évoluer. Les nostalgiques seront quant à eux à A Thou Bout d’chant pour le passage d’un voyage de Noz désormais mythique sur la place.
  • > Le lendemain Emmanuelle Seigner est au Transbordeur et la curiosité peut conduire les amateurs d’Ultra orange son précédent album aux accents d’un rock vélvetien de bon aloi à aller vérifier comment la chanteuse se débrouille sur scène avec son nouveau « Dingue ». Pour en rester sur cette idée les plus dingues parmi les fans de Arno iront ce soir là à Bourg-Lès-Valence, au théâtre Le Rhône, histoire de vérifier sur pièce ce que le dernier album du maître donne sur scène.

N’oubliez pas qu’entre Lyon et Vienne, en juin et juillet, Elvis Costello, Vampire Weekend, The National, Bob Dylan, Iggy Pop, Joe Cocker, Norah Jones et quelques autres sont attendus. Il est donc prudent de faire quelques économies.

Enfin, mercredi prochain, Rufus Wainwright est au Transbordeur. Un concert réservé à des fans qui prendront également plaisir à aller applaudir la sœurette Martha le 25 juillet aux Nuits de Fourvière pour la « Nuit Edith Piaf ».

Lyon, le 17 mai 2010.

02/05/2010

Le nombril de Naulleau

Graham%2BParker.jpgOn savait Eric Naulleau amateur de rock et en particulier fan d’un Graham Parker dont il avait édité quelques écrits. De là à imaginer que le même Naulleau, devenu starlette sur-exposée à la télévision française, écrive sur le dit Parker il y avait de la marge ce d’autant que l’objet de ce culte Naullesque est en vérité sympathique mais autant le dire tout à fait secondaire dans la grande histoire des rocks.

Une fois dit que tout bon amateur de ce genre de musique possède, ce qui est bien entendu mon cas, une ou deux pièces de ce bon vieux Graham Parker, il convient d’être sérieux et donc de dire que l’engouement adolescent de Naulleau pour un second couteau du pub rock britannique est assez étrange pour peu qu’il puisse être honnête. Dans ces aventures du rock anglais des seventies la place de Parker est modeste. Les « grands » qui émergent dans la période s’appellent Elvis Costello, le regretté Ian Dury, les limités mais vitaminés Doctor Feelgood et, mon péché mignon, Wreckless Eric, un type qui fait aujourd’hui figure de soldat inconnu. Bref pour Naulleau il s’agit de Graham Parker alors allons-y pour Parker et ses célèbres Rumours.

Il convient tout d’abord de le dire tout net, la prouesse littéraire du fan Naulleau est du domaine du « Sprint » puisque sur les 174 pages imprimées, une petite centaine est à mettre à l’actif du complice de Zemmour, le reste étant une très scolaire discographie commentée. Dans les 103 pages restantes, que les ignorants sur Graham Parker ne se fassent pas d’illusions, qu’ils s’abstiennent donc de lire le pensum. Le bouquin de Naulleau n’est même pas une dévote biographie du leader des Rumours, c’est encore moins la saga du pub rock anglais, celui de Brinsley Shwarz, de Nick Lowe, de Dave Edmunds, de Martin Belmont et même de Graham Parker. Ce « Parkeromane » à 17 euros est en fait un objet se voulant littéraire au sujet du nombril de Naulleau. A recommander uniquement aux amateurs du genre.

Puisque le hasard le fait ainsi, pour trois fois rien, on peut lire dans le numéro de Rock & Folk daté de mai 2010, une interview de Wilko et une excellente discographie sélective consacrée au pub rock, Graham Parker inclus.

Lyon, le 2 mai 2010.

04/04/2010

"Fourvière - Vienne"

Amateurs de rock et de musique divertissante pour jeunes, il vous faudra cette année passer votre tour car les occasions de monter, tout là-haut à Fourvière, seront limitées. A vrai dire mis à part le 13 juillet pour Vampire weekend / The National et la veille, dans le registre de la Soul, pour Sharon Jones & The Dap-Kings, dites vous bien que cette édition n’est pas pour vous. Fort heureusement les amateurs de musique classique seront à la fête avec « La Pantera Imperial », « Galliano joue Bach( ?) », le Teatro di San Carlo de Naples, « La Flûte enchantée » par l’Orchestra di Piazza Vittorio. Pour le reste les « Nuits de Fourvière » jouent le retour du retour avec Souchon, Sheller, Charlotte G., Vanessa P., Iggy P., Dutronc, M, Revolver ou Benjamin Biolay qui aura, nous l’espérons tous, le bon goût de ne pas arborer un T-shirt Obama. Festival de la « Deuxième chance », Fourvière est donc cette année essentiellement l’occasion de choper ces artistes loupés au Transbordeur ou à la Halle.

Parmi ces « aimés programmés » de l’année 2010 qui s’installeront du 4 juin au 31 Juillet sur la colline notons tout de même les passages du crooner (à la mode) Richard Hawley (27 juin), de la formidable Biyouna (la veille) et pour les branchés de The XX le 18 juillet.

C’est donc à Vienne que cette année les choses se passeront. Vu il y a deux ans avec Allen Toussaint à Fourvière, Elvis Costello sera le 8 juillet à Vienne en compagnie de sa tendre et légitime épouse Diana Krall. De Paco de Lucia (26 juin) à Joe Cocker (1er juillet) en passant par Wayne Shorter, Brad Medhlau, Michel Portal, Bobby Mc Ferrin, Joachim Kühn ou Paolo Conte, « Jazz à Vienne » fêtera avec vitalité et diversité son 30ème anniversaire. « Gospel », « Caraïbes » ou « Blues » viendront comme chaque année hanter les nuits viennoises mais notons qu’autour d’un hommage appuyé à Miriam Makeba la nuit du 7 juillet devrait être remarquable (Angelique Kidjo, Rokia Traoré, Mahotella Queens…)

Nous reparlerons plus en détail de ces deux évènements du début d’été d’ici quelques temps tout en vous rappelant qu’il est plus que prudent de louer.

« Jazz à Vienne », www.jazzavienne.com

Billetterie, Vienne action culturelle, 21 rue des Celestes, 38200 Vienne

« Nuits de Fourvière », www.nuitsdefourviere.fr

Billetterie 04 72 32 00 00

Pour des raisons de calendrier de sa tournée, Norah Jones est programmée en « extra night » le 17 juillet et le 4 juillet, dès 14 heures, les rues de Vienne accueillent le « Jazz Carroussel », une déambulation initiée par la Compagnie La Belle Zanka qui nous remémorera ces 30 ans de Jazz à Vienne.

Lyon, le 4 avril 2010.

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28/03/2010

Charlie Gillett

En ce moment il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu’une personnalité du monde du rock ne nous quitte. Cette semaine après Alex Chilton, nous avons appris la disparition, le 17 mars dernier, de Charlie Gillett l’auteur du mythique « The Sound of the City » paru en 1970 et l’un des premiers ouvrages traduit en Français dans la célèbre collection « Rock & Folk » chez Albin Michel cornaquée alors par Jacques Vassal.

Pendant des années, ces deux volumes de Gillett étaient les seuls à être mis à disposition d’un public français longtemps « en manque ».

Cela étant Gillett était avant tout un homme de radio qui a fait les beaux jours de London Radio, Capitol Radio et BBC1 et permis la découverte d’Elvis Costello et Graham Parker, la promotion de Ian Dury ou Lene Lovitch. Depuis plus d’une vingtaine d’années, Charlie Gillett était devenu un fan actif de la World music et les carrières anglaises d’artistes comme Youssou N’Dour ne s’en étaient que mieux portées. En hommage à Gillett voici une vidéo de Graham Parker, artiste injustement oublié.

Lyon, le 28 mars 2010.

10/01/2010

Best of de la dizaine

Les Inrockuptibles, Rock & Folk, Rolling Stone, chacun dresse la liste des meilleurs disques de la décennie qui vient de rendre l’âme. L’affaire est d’autant plus sérieuse car ces sélections iront nourrir dans quatre-neuf ans, toujours dans les Inrockuptibles, Rock & Folk et Rolling Stone la discographie du siècle. Alors que la plupart de ces publications dressent de longues listes d’albums, même si l’exercice est plus difficile, voici mes dix albums de la dizaine, autant vous dire qu’il y a de la casse. Voici mon impitoyable sélection dans le désordre le plus total.

  • Alain Bashung, Bleu pétrole. (Barclay)
  • The Last Shadow Puppets, “The Age of the Understatement” (Domino)
  • Amy Winehouse, “Back to Black”, (Island)
  • The White Stripes, “Elephant”, (XL)
  • Jonny Cash, “American IV : The Man comes around” (American)
  • Arcade Fire, “Funeral”, (Rough Trade)
  • The Libertine, “Up The Bracket”, (Rough Trade)
  • Elvis Costello & Allen Toussaint, “The river in reverse”, (Verre)
  • Emiliana Torrini, “Me and Armini”, (Rough Trae)
  • Radiohead, “Kid A”, (EMI)

Désolé pour les fans des Strokes (“Is this it”), de REM (“Accelerate”), Bob Dylan (“Together through life”), Brian Wilson (“ Smile”), The National (“Boxer ”), Elysian Field (˝The After Life”), Brian Jonestown Massacre, Neil Young, Alela Diane, Jean-Louis Murat …

Lyon, le 10 janvier 2010

21/08/2009

S comme « Soan »

1318006653.jpgUn beau dimanche de juin dernier, je me suis autorisé à donner mon grain de sel sur le célébrissime Soan récemment honoré par M6. Que les choses soient claires, ce Soan qui semble n’être qu’un « arroseur arrosé » m’indiffère au plus haut point. Il s’agissait simplement ce jour-là de lui conseiller l’écoute de quelques nouveautés discographiques – Eels et Elvis Costello je crois – pour suggérer, plus à ses nouveaux fans qu’à lui-même, de passer à autre chose.

Avec un peu moins de vigueur que lors de ma charge à l’égard de Phil Collins il y a deux ans, ce blog s’est retrouvé abusivement squatté de commentaires et mails parfois ahurissants de gonzes hyper motivés subitement investis de la nécessité de défendre les intérêts moraux de ce chanteur venu (presque) de nulle part.

SOAN-NOUVELLE-STAR.jpgJe n’arrive toujours pas à comprendre ce qui peut motiver une telle mobilisation autour d’un chanteur, simple créature née d’un télé-crochet. J’imagine que Soan « se tape » comme moi du point de vue de ces internautes qui, plutôt que de s’époumoner sur ce blog, devraient écouter de la bonne musique.

En ce 21 août, il est probable que les fans de Soan, au demeurant bien moins organisés que ceux de Phil Collins, s’apprêtent à lancer leur contre-offensive suite à ce billet. Je leur souhaite donc la bienvenue sur « De Lyon et d’ailleurs ». Si jamais d’ici quelques jours leur nombre n’était pas à la hauteur, je serais obligé d’en conclure que l’ami Soan a des soucis à se faire.

Lannemezan, le 21 août 2009.

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18/07/2009

B comme « bande-son »

B orange.jpgIpod, lecteur de CD dans la bagnole, peut importe le support pourvu d’avoir l’ivresse musicale. Avant de penser faire sa valise, réfléchir à la quinzaine de disques à emporter tout au long de l’été est chose importante. Sachant que tout ceci n’est pas affaire d’improvisation, voici ma liste pour l’été 2009 même si d’autres rondelles achetées au fil de juillet et août viendront alourdir les bagages. Dans le désordre le plus total……

  • Neil Young, “ After The Gold Rush ”, Reprise (1970).
  • Quincy Jones, “Swinging the big band”, compilation Verve (2006).
  • Dionne Warwick, “Sings the Bacharach & David Songbook”, compilation Demon (2008).
  • The Undertones, “An Anthology”, Salvo (2008).
  • Elvis Costello, “Secret, Profane and Sugarcane”, Universal (2009).
  • The Saints, “Big hits on the underground” compilation Last Call (1999).
  • The Walker Brothers, “After the Lights Go Out”, compilation Fontana (1990).
  • Cowboy Junkies, “Trinity Revisited”, Cooking Vinyl (2007).
  • Emiliana Torrini, “Me and Armani”, Rough Trade (2008).
  • The Byrds, “Untitled/Unissued”, Sony-Legacy (1970-2000).
  • The Pretenders, “Break Up The Concrete”, Shangri-La (2008).
  • Bob Dylan, “Together Through Life”, Sony (2009).
  • Keren Ann, “Keren Ann”, Delabel (2007).
  • Leonard Cohen, “Live in London”, Sony (2009).
  • Elysian Fields, “The Afterlife”, Vicious circle (2009).

Lyon, le 18 juillet 2009.

28/06/2009

Conseils à Soan

SOAN-NOUVELLE-STAR.jpgAprès avoir massacré, comme ses concurrents, quelques perles et compositions diverses et variées, Soan est donc le vainqueur du TV crochet 2009 organisé par M6. Rebelle sans cause, probablement faux méchant et très modeste chanteur, Soan ambitionne tout de même d’entamer une carrière porté par l’enthousiasme juvénile de Philippe Maneouvre et de ses collègues.

Au point ou nous en sommes et quitte à supporter encore quelques temps ce nouvel avatar cathodique, autant lui proposer quelques repères afin que l’apprenti-chanteur puisse se situer sur l’échelle de Richter du rock’n’roll. Parmi la production la plus récente l’écoute fouillée et répétée de deux disques s’impose à notre vainqueur.

En prenant bien soin de lui dire que le dernier album de Eels et le tout nouveau Elvis Costello intitulé « Secret, profane and Sugarcane » se situent à des niveaux inatteignables pour lui, je suggère à Soan de tirer profit de ces écoutes ne serait-ce que pour revenir sur terre.

Sombre, volontairement inquiétant, gothique-light, Soan a été mis en rayon par M6 comme un personnage se la jouant légèrement disjoncté, quelqu’un de « différent ». Ça tombe bien dans le genre « allumé solitaire » avec E, l’homme qui se cache derrière Eels, il n’y a pas mieux pour Soan car entre noirceurs compliquées, errance solitaire et tutoiements proches de la grâce comme de l’état le plus brut de la musique, Eels doit être une référence pour l’ami que M6 a mis là.

Soan n’est pourtant pas seulement le croisement mal maîtrisé de Siouxee avec un cousin éloigné de Jim Morrison, c’est aussi un serial killer musical s’attaquant sans discernement à Noir Désir, Jacques Brel ou les Doors. L’écoute du très country et voire même Bluegrass dernier album d’Elvis Costello s’impose donc aussi à Soan histoire de voir que chanter est aussi un métier. Puisque le regard musical de ce Soan est panoramique, je ne peux que lui conseiller d’expertiser quelques-uns des trente albums parus à ce jour du binoclard liverpuldien. Tantôt avec son rock sous amphétamines (avec les Attractions), sa soul néo-orléanaise (avec Allen Toussaint), ses soubresauts Jazz ou Country, l’œuvre de Costello sera une inépuisable source de bonheur et une référence pour notre apprenti-chanteur qui doit tout de même se convaincre que rien n’est gagné pour lui.

Lyon, le 28 juin 2009.

Photo: DR

02/01/2009

Charlie Haden

Un cadeau pour un cousin amateur de jazz que vous n’aimez guère.

La corvée des réveillons est terminée et pourtant vous devez encore vous coltiner un repas de famille et ainsi rejouer la cérémonie des cadeaux. Parmi les invités, il y a ce cousin pénible et parfois sectaire qui ne jure que par le jazz le plus pur. Un cadeau s’impose pour lui. Il s’agit d’un magnifique disque de Charlie Haden intitulé « Rambling boy » (Emarcy Records). Pourquoi me direz-vous, si le disque du célèbre contrebassiste est si bon que cela, l’offrir à un type que l’on n’aime pas trop. La réponse est simple, car l’album en question est un authentique disque de country. De la country pur-sucre. Autant vous dire qu’une fois rentré chez lui pour écouter religieusement la nouvelle production de l’immense Charlie, la déception du cousin devrait être proportionnelle à l’attente et sa détestation à votre égard pourrait durer une bonne douzaine de mois.

Compagnon de route de Ornette Coleman, Keith Jarrett, Carla Bley, Pat Metheny et de bien d’autres, Haden, sous ses propres couleurs est titulaire de l’une des plus belle discographie du jazz. Le contrebassiste est en effet depuis les années soixante l’une des grandes références de la musique américaine. Très engagé à gauche Charlie Haden est par ailleurs l’homme de bien des combats et le célèbre « Liberation Music orchestra » unissant Haden à Carla Bley demeure une référence tout comme son « Song for che ». Mais revenons au cousin.

Avec « Rambling boy », Charlie Haden ou plutôt « Charlie Haden family and friends » signe un grand album de musique country en compagnie, pour ce qui relève de la famille, de Rachel-Tanya-Petra Haden et, pour ce qui concerne les ami(e)s, d’Elvis Costello, Bruce Hornsby, Rosanne Cash, Pat Metheny ou Ricky Scaggs. Il faut dire que cette incartade de Haden dans la musique des péquenots n’a absolument rien d’exceptionnelle. Haden vient de là, il vient de la bouze. Né dans un de ces trous dont l’Amérique a le secret, Charlie passe son enfance dans le Missouri. Là-bas sa famille organise dans une radio du coin une émission appelée « Haden family show » et dès l’âge de 22 mois le petit Charlie est de la partie. Le « Country and western » est donc la musique qui va bercer la jeunesse de celui qui se risquera à l’âge de vingt-ans à la contrebasse puis au jazz pour devenir le musicien que nous connaissons.

Cet album destiné au cousin, ou à qui vous voulez, est une petite merveille, loin, très loin de l’univers musical du Charlie Haden habituel et je vous jure qu’après avoir fait lors de la première audition la moue le destinataire de ce cadeau vous remerciera de l’offrande.

  • > Charlie Haden, Family and friends, « Rambling boy », Emarcy records, 2008.

Lyon, le 2 janvier 2009.

27/08/2008

Ron, Sam et Randy

568706524.jpgL’été vient d’apporter son petit lot de nouveautés et en attendant le nouvel album de Cure annoncé depuis juin par un single de bonne facture, il est temps de pointer deux ou trois pépites qui risquent d’être emportées par quelques mastodontes comme Metallica, qui passera peut-être par la Halle Tony Garnier, des Frantz Ferdinand attendus au tournant, une P.J. Harvey qui revient aux affaires avec John Parish et le nouveau Brian Wilson intitulé « That Lucky old Sun ». Au rayon des soutiers du folk-rock, le divin poupon poupin canadien, Ron Sexsmith, signe ce qui doit être son quinzième album dans une indifférence habituelle. « Exit Strategy of the soul » est dans la lignée exquise de ses prédécesseurs avec une présence peut-être plus prégnante du piano et quelques accents plus latins, une partie des titres étant produits à la Havane. Sexsmith c’est un peu l’injustice incarnée. Malgré la reconnaissance quasi-éternelle de mentors référencés comme Elvis Costello, Mitchell Froom ou Bob Wiseman, Sexsmith surnage à la marge. Encore un qui connaîtra probablement un engouement posthume.

Une fois dit que Sam Phillips, elle aussi tricarde du show biz, s’est rappelée à notre souvenir avec un bon album moins médiatisé que celui de « Casse-bonbon Madonna » mais beaucoup plus respectable, passons à ce qui aurait du être l’évènement musical de l’été, le retour de l’acide et caustique Randy Newman qui malgré ses soixante-cinq ans bien sonnés est toujours au sommet de sa forme.

Dans notre pays le nom de Newman n’évoque pas grand-chose et autant dire que le Randy en question n’est pas le petit frère de Paul et encore moins le créateur d’une marque de vêtement. Bref, j’engage ceux qui découvriraient plus au moins le nom du Californien à écouter sans attendre le premier « Best of » qui leur passe à portée des mains. Cet exercice salutaire leur permettra de se délecter de « Love story », « Have you seen my baby », « Sail away », « Birmingham », « Short people », « I love L.A.” et une quantité de compositions d’exceptions qui rodent à mi-chemin entre blues, ragtime, Kurt Weil et Irving Berlin.

Bon chanteur, génial compositeur, chroniqueur caustique de l’Amérique, Randy Newman devant son clavier demeure, le cœur chevillé à gauche, un formidable dénonciateur des petits travers et des grandes trahisons. Avec son nouvel et tant attendu nouvel opus intitulé, « Harps and Angels », ce grand militant de la mélodie frappe encore à l’estomac non sans entretenir une verve adolescente. Monsieur Newman pour fêter votre grand retour nous reprenons tous ensemble, « We love L.A. »

  • . Ron Sexsmith, « Exit Strategy of the soul », Fargo.
  • . Sam Phillips, “Don’t Do Anything”, None such records.
  • . Randy Newman, “Harps and Angels”, None such records.

Lyon, le 27 août 2008

29/08/2007

Nouvelle-Orléans

medium_Nouvelle_orleans-jazz.jpgIl y a deux ans, le 29 août 2005, le cyclone Katrina s'abattait sur La Nouvelle-Orléans laissant derrière lui une ville dévastée, des quartiers populaires qui conservent encore aujourd'hui intactes des blessures béantes dont l'administration fédérale fait bien peu de cas. La municipalité, quant à elle, est au bord de la déroute financière, la ville ayant perdue plus de la moitié de ses habitants donc de ses contribuables. Les plus démunis n'ont jamais été autant démunis ni aussi nombreux dans une cité fantôme en proie à la pauvreté extrême et donc à la violence.

Ville délaissée, mémoire à vif, La Nouvelle-Orléans c'est aussi un immense patrimoine culturel en danger car la cité du jazz a bien des difficultés à se sortir des conséquences catastrophiques de Katrina, les musiciens étant les premiers à souffrir de cet abandon.

Beaucoup d'artistes apportent leur contribution solidaire aux musiciens de La Nouvelle-Orléans. C'est le cas d'Elvis Costello qui a signé un disque avec Allen Toussaint et les spectateurs de Fourvière étaient les témoins cet été de la formidable association du  Liverpuldien et du pianiste américain. Plus près de nous on ne peut que saluer le bon boulot effectué par Francis Cabrel mais beaucoup reste à faire même si globalement notre pays s'est plutôt mobilisé pour soutenir les musiciens et les écoles de musique.

On dit qu'aujourd'hui à La Nouvelle-Orléans, sur les 2500 musiciens qui exerçaient une activité professionnelle avant le cyclone, à peine 250 continuent de travailler.

Inviter des musiciens à se produire en Europe, leur proposer des résidences, faire venir des professeurs de musiques dans nos conservatoires, fournir des instruments de musique à La Nouvelle-Orléans, sont des actions concrètes qui pourraient se développer efficacement à l'échelle de l'Europe sachant que la ville berceau du jazz n'a probablement plus grand-chose à attendre de Washington.

Lyon, le 29 août 2007.

 
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