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23/03/2010

Et maintenant

Regions roses.jpgDimanche la gauche a presque réussi le grand chelem en gagnant 21 régions sur 22 en métropole, seule l’Alsace ayant résistée à la vague rose-vert-rouge. Encore qu’il eut été intéressant de voir ce qu’aurait donné une candidature écologique au second tour d’autant qu’elle aurait représenté un signe fort pour les alliés du PS en terme de respect de ses partenaires aujourd’hui et demain. Mais n’en demandons pas trop.

Dimanche c’était aussi la chronique d’une victoire annoncée qui a remis en selle l’union de la gauche que les électeurs qui se sont exprimés ont semblé appréciée. Une union de la gauche recomposée avec les verts, ou plutôt Europe écologie, dans le rôle de numéro 2 en lieu et place d’un PCF qui aura vu disparaître jusqu’à son sigle lors de cette échéance politique. De ce point de vue J.L Melenchon a réussi son OPA et peut se poser en candidat à la présidentielle de 2012, il a des chances de voir sa campagne remboursée. Une fois donc ce bon résultat acquis une question se pose : et maintenant ? Maintenant il y a les « primaires à gauche » qui se dessinent. Initiative inédite elles représentent un enjeu capital. Si elles sont réussies, c'est-à-dire si leur organisation est irréprochable et que le peuple de gauche dans toute sa diversité se déplace en nombre, elles deviendront une force majeure pour le candidat ou la candidate choisi. Elles bousculeront aussi définitivement la vie et les pratiques politiques en France en installant une nouvelle forme de légitimité aux candidats. Sinon elles peuvent s’enliser dans une monstrueuse cacophonie qui discréditera la gauche. C’est peut être là le grand défi du PS.

Et maintenant ? C’est aussi ce que vont faire les régions de leur victoire. Vont-elles, contrairement au mandat précédent, mutualiser leurs initiatives et fonctionner en réseau pour esquisser les contours d’une politique nationale alternative au moins dans leurs domaines de compétences ? La réponse à cette question tiendra aussi un rôle dans la préparation de 2012.

Philippe Dibilio

18/03/2010

Ce n’est qu’un début, la campagne continue.

prof foi queyranne 2e tour copie.jpgOn grogne à l’UMP. De Rachida Dati à Juppé, de Christine Boutin à Debré, on critique au point que ces nouveaux rouspéteurs commencent à énerver le château et à être dans le collimateur de Sarkozy et de Fillon. Même Longuet le patron des sénateurs UMP nous dit qu’une fois le 2ème tour passé, il va y avoir des explications. Apparu, ce sous-ministre et bon soldat Sarkozyste évoque quant à lui le risque d’autisme pour l’UMP. Bref, si officiellement tout va normalement mal le réveil post-électoral risque d’être troublé dans le parti de la majorité présidentielle. D’ailleurs les Copé et autres Morin ne s’y trompent pas. Ils se réfugient dans un silence prudent car la machine à claques risque de fonctionner dans les semaines qui s’avancent avec un certain Sarkozy à la manœuvre.

En attendant que le président patauge dans les sables mouvants il convient de ne pas assister à cette débandade comme à un spectacle. Le job n’est pas terminé. Les élections régionales ne sont pas gagnées pour la gauche et les écologistes. 6 duels, 15 triangulaires et une quadrangulaire attendent et il conviendrait de ne pas se laisser gagner par les effets pervers d’un euphorisant premier tour.

D’ailleurs, dès ce soir on remet le couvert. Jean-Jack Queyranne, Philppe Meirieu, Elisa Martin et l'ensemble des co-listier(e)s tiennent meeting. C’est à Villeurbanne au CCVA du Cours Emile Zola (métro Flachet) sur le coup de 19 heures.

Nous y serons.

Lyon, le 18 mars 2010.

09/03/2010

Casting

Bayrou-Begag-2009.jpgFrançois Bayrou regrettait ce week-end que l’on parle peu des régions en vue de l’élection de dimanche. C’est vrai, mais on ne peut pas dire que sa formation montre l’exemple en particuliers en Rhône-Alpes. En choisissant une tête de liste qui fait campagne par défaut il ne s’est pas donné les moyens de mettre en avant ses propositions pour la Région.

Azouz Begag, toujours adoubé par le leader du Modem, relève de l’erreur parfaite de casting. Une liste électorale est une équipe qui exige un animateur qui connaisse son sujet et mobilise ses troupes. Begag se considère lui-même comme le sujet et déplace son égo d’une situation à l’autre en ignorant tout le monde autour de lui. Ce fût un ministre gag, c’est un candidat farfelu. Certes il nous avait promis une campagne décalée elle l’est tellement qu’elle en devient transparente. Il a d’ailleurs commencé par refuser tous les débats télévisés ce qui laissa à penser qu’il n’avait ni idées ni programme pour la Région et qu’il était le candidat anti-sarkoziste primaire et nostalgique de Dominique De Villepin. Il est vrai que les rares fois où il s’est exprimé sur la politique régionale ce fût dans la plus grande confusion, incapable, notamment, de se situer par rapport à l’exécutif sortant. Quant au must de sa campagne il consistait à apparaître « juché » sur un tabouret pour parler à une foule qui avait tendance à le snober. En fait le tabouret c’était pour la télé car sinon il est beaucoup plus pratique d’être à la hauteur des autres pour leur parler et ses sorties avec son ustensile se sont résumées à de bonnes vieilles distributions de tracts (on peut dire flying pour faire décalé) entouré de co-listiers. Et puis il n’y a rien de nouveau dans tout ça. Dans les années 70 Simone André, adjointe de Francisque Collomb, menait sa campagne pour les élections cantonales munie d’un siège pliant qu’elle posait de temps en temps pour engager la conversation au coin d’une rue. Et elle avait des interlocuteurs car elle était archi connue dans son secteur. D’ailleurs elle fût chaque fois réélue.

Le drame pour Bayrou réside dans le fait qu’il avait de bien meilleurs choix pour mener cette liste. J’ai découvert par exemple lors du débat sur TLM Fabienne Faure, conseillère régionale sortante, bonne connaisseuse des dossiers de la Région et qui exposa quelques propositions construites et en adéquation avec les compétences de l’institution. D’autres noms viennent à l’esprit comme celui d’Eric Laffont , homme engagé et pugnace qui mérite le respect même si l’on ne partage pas ses avis ; ou encore Richard Moralès élu combatif et combattant. François Bayrou a balayé tout ça au nom du syndrome médiatique pensant que parce qu’on l’avait vu à la TV Begag bénéficiait d’une grande notoriété. Mais il en est de lui comme de Georges Marchais naguère ; dans le petit écran il amusait très bien le monde mais dans les urnes il a mis le PC à genoux. Bayrou aurait dû s’en souvenir lui qui risque d’avoir par ce choix donner le coup de grâce au Modem en particuliers dans la Région.

Philippe Dibilio

Photo: DR

05/03/2010

Vivement demain

urne-bis.1204846919.jpgAlors que nous sommes à peine entrés dans la ligne droite qui va nous conduire au premier tour des élections régionales, élections qui je le rappelle imposent la tenue d’un second round, certains sont déjà entrain de reluquer leurs futures circonscriptions législatives. Prenez la 1ère circonscription du Rhône, après avoir diffusé quelques tracts l’autre dimanche sur un marché, Thierry Braillard (PRG) nous expliquait le sur-lendemain sur son blog avec, faut-il le dire, une certaine émotion, « le plaisir à mener campagne dans la 1ère circonscription de Lyon, celle où j’ai été candidat en 2007 et où j’espère bien poursuivre le combat en 2012 ».

A lire la presse qui, avec une gourmandise non feinte, commence à se faire l’écho de ce phénomène et pour reprendre la formule de Thierry Braillard qui se dit que « d’autres candidatures seraient suggérées, envisagées, entrevues », on ne peut que se réjouir du fait que le défaut de candidatures n’est pas le malheur qui pourrait subitement s’abattre sur la vie politique française. D’ailleurs, toujours dans cette même 1ère circonscription du Rhône, l’actuel titulaire du poste de député, l’UMP Michel Havard, n’est pas disposé à se faire plumer comme une vulgaire volaille de Bresse. Il aurait déjà prévenu que même battu pour les prochaines législatives de 2012, il serait candidat aux municipales de 2014. Il y a maintenant quelques mois Thierry Braillard quant à lui avait annoncé qu’il pourrait être candidat aux dites municipales dans le cas où Gérard Collomb renoncerait à un troisième mandat, nous pouvons raisonnablement ne pas exclure qu’un combat Braillard- Havard risque d’avoir des allures de sommet Mohamed Ali/Foreman en 2014. Sachant que cette année là, se produiront les premières élections des fameux Conseillers Territoriaux qui précèderont les législatives de 2017, j’invite les plus jeunes d’entre-vous à réfléchir à tout cela dans la mesure où en 2020 de nouvelles échéances municipales se profileront et qui précèderont quant à elles ….

Lyon, le 5 mars 2010.

04/03/2010

Lundi au transbo

JJQ.jpgJJQ2.jpg

Lyon, le 4 mars 2010

09/02/2010

En baisse

Begag.jpgPas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps un sondage ne fait une élection . Il en va ainsi pour les régionales. Il reste que  celui effectué ce week-end et  qui donne 10% aux listes Europe Ecologie ramène cette formation à des ambitions certainement plus proches des réalités. Il paraît évident, en effet, que l’aura médiatique du duo Bové-Cohn-Bendit pour les Européennes n’allait pas se démultiplier dans chaque région. Et pourtant c’est le pari fait par les écologistes qui sont allés chercher des figures de prou dans les régions pour conduire leurs listes. Un pari qui risque de faire flop s’il n’est pas soutenu par des enquêtes d’opinion favorables. Alors faut-il penser que le star system est en recul sur le champ politique et électoral ?

A voir certes le soir du premier tour qui est le seul instant de vérité. En revanche on peut dire dès aujourd’hui que le choix d’une « vedette médiatique » ne crée aucune rente de situation en soi. Qu’on en juge avec la liste Modem  conduite par l’ineffable Azouz Begag. Il faut bien reconnaître que l’attitude de François Bayrou dans cette affaire relève d’un aveuglement rarement atteint. Pourtant une répétition générale avait eu lieu pour les municipales de 2008. Déjà au sein du Modem lyonnais les attaques fusaient, les affrontements se succédaient pour aboutir à un abandon du combat en rase campagne par la tête de liste d’alors le même Azouz Begag. L’expérience n’a donc pas suffi et c’est encore  à l’écrivain villepiniste qu’a fait confiance Bayrou contre vent et marée. Résultat une liste qui écarte le président départemental et un certain nombre de figures du Modem comme Eric Laffond ou Richard Moralès. Une liste qui vit dans les contradictions quant à la conduite à tenir vis-à-vis de la gauche rejouant un remake des municipales où l’on trouvait des « oranges » sur toutes les listes.

Pire l’affrontement prend des proportions avec l’envoi de faux email porteurs de fausses informations mais envoyés par de vrais adhérents du Modem. Une confusion qui pourrait faire rire si elle ne faisait pas pleurer pour la politique déjà tant décriée par ailleurs. Car derrière tout cela il y a bien l’indigence politique d’un Begag qui n’offre ni programme ni stratégie ni campagne tout court. Comme si sa nomination pour mener la liste suffisait en soi. Et comme souvent il a annoncé à qui voulait l’entendre que lui allait faire de la politique autrement et comme toujours cela conduit à ne pas faire de politique du tout. 0n reste pantois devant le fait qu’un homme aussi expérimenté que Bayrou soit tombé dans ce panneau et on peut lui souhaiter que ce ne soit que l’unique situation en France mais c’est déjà une de trop dans le mouvement de baisse dans l’opinion qui frappe son parti.

Philippe Dibilio

28/10/2009

Gag

Begag.jpgAzouz le Gag, c’est ainsi que les jeunes militants, tous issus de l’immigration, des associations de Vaulx-en-Velin qui avaient agi avec efficacité pour recréer le lien social au lendemain des « événements » de 1990 avaient surnommé Begag. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils avaient vu juste au regard de la carrière politique de l’intéressé. Depuis les régionales de 1992 Azouz Begag se voit conduire une liste à partir de la technique du coucou c’est à dire en faisant son nid chez les autres. Car il n’a pas d’attache politique, il se considère bien au dessus de tout ça, sa valeur intrinsèque valant tous les programmes et tous les engagements. Ce qui tombe bien car il n’en a pas.

En 1992 il se rapproche d’André Vianès qui composait sa liste après avoir été évincé de celle du PS bien qu’étant le président sortant du groupe socialiste à la Région. Moins connu qu’aujourd’hui mais déjà auteur du « Gône du Chaaba » c’est en regardant Vianès dans les yeux qu’il lui dit; » «  je viens mais bien sûr comme tête de liste » ; l’affaire en est restée là. Mais comme la mégalomanie progresse avec l’âge on vit Begag apparaître et disparaître au gré des échéances politiques, enfin surtout dans leur phase préparatoire. Puis vint le couronnement le portefeuille surprise dans le gouvernement Villepin. Begag l’homme qui flirtait avec la gauche plongé dans l’univers impitoyable de la droite libérale voilà qui était aussi triste que pathétique.

De cette expérience il ne retirera qu’une haine féroce pour Sarkozy ce qui ne fait pas un programme politique. Pourtant ce passage discret au conseil des ministres il va le faire fructifier en se rapprochant de François Bayrou, un autre qui ne partira pas en vacances avec Sarko. Et ce fût l’épisode des municipales où Begag fit don de son corps au Modem qui le refusa par la volonté des militants. Alors notre homme s’érigea en victime de manœuvres d’un autre âge conduites par Michel Mercier alors président départemental du mouvement. Et de jurer dans la foulée qu’on ne l’y reprendrait plus… jusqu’aux législatives suivantes où son score à deux chiffres lui a donné des ailes.

Le voilà donc en piste pour les Régionales, comme tête de liste évidemment. Mais cette fois , il l’a annoncé dans Tribune de Lyon il y a quelques semaines, il ne veut pas de vote des militants. Allons donc que représentent–t-ils ces obscurs qui devraient se sentir honoré de distribuer des tracts ou de coller des affiches avec la photo de la star. Et il est en passe de réussir son coup puisque Bayrou le soutient, ce qui donne la mesure du désarroi du leader orange. Et dans la foulée les dirigeants régionaux du Modem emboîtent le pas. Alors qu’un Eric Laffond pose sa candidature à la candidature dépasse l’entendement pour un Begag au sommet de sa mégalo. Comment se comparer à celui qui se voit déjà président de la Région. Celui qui menace Gérard Collomb, d’une boutade certes mais qui en dit long, en se présentant comme la réincarnation d’Edouard Herriot. A moins que le Parti radical valoisien soit sa prochaine destination politique après un échec avec le Modem.

Bref les jeunes vaudais n’avaient pas tort Begag est bien un gag et dire qu’à gauche il en est encore pour le prendre au sérieux.

Philippe Dibilio

Photo: DR

 
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