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19/11/2010

Irrespirable ?

ra_94.jpgC'est Denis Lafay, le directeur de la rédaction d'Acteurs de l'Economie qui rapporte dans le tout récent et dernier numéro de sa revue les propos d'un industriel concernant la guerre qui se mène pour le contrôle de la chambre de commerce. "Le climat dans la ville" nous dit le chef d'entreprise "est devenu irrespirable".

Denis Lafay n'est pas non plus le dernier à brosser un tableau préoccupant de l'ambiance qu'il croit être celle de Lyon alors que la CCI est en surchauffe électorale. "La gouvernance institutionnelle lyonnaise est lézardée" nous dit le journaliste. Pour illustrer son propos Denis Lafay indique que le "départ du Grand Lyon de Christophe Cizeron à l'été 2009, (le) remaniement du cabinet du Maire de Lyon, (le) flottement post-élections à la région, (les) rivalités des structures publiques internationales" comme la bataille consulaire actuellement à l'œuvre laisseront, précise le patron d'Acteurs de l'Economie, d'"irréversibles stigmates".

Contestable ou pas, dotée ou pas d'un trait trop dur, cette analyse est suffisamment nouvelle et inédite pour mériter l'attention qui convient. Même si de toute évidence les éléments de crise qui émergent ne convergent pas nécessairement notons qu'entre les coups qui volent bas ici, les contradictions motrices qui travaillent en profondeur là-bas ou les tendances centrifuges qui risquent de se manifester ailleurs en raison d'une gouvernance enivrée de solitude, les raisons de s'inquiéter sont bien réelles. Même si certains se rassureront en expliquant que Denis Lafay va un peu vite en besogne, force est de constater qu'un peu partout, respirer devient une épreuve. A suivre !

Lyon, le 19 novembre 2010.

05/11/2010

Pauvre Albion

david-cameron.gifEn ce jour où Lyon accueille les superbes Tindersticks du côté de l’Epicerie Moderne, j’entame une petite virée à Londres me privant ainsi de la possibilité de baigner dans la dépressive mais ô combien géniale musique de la formation anglaise. A propos de la perfide Albion, alors que le mouvement d’opposition à la réforme des retraites s’amplifiait dans notre pays, les autorités locales mettaient en garde leurs compatriotes s’apprêtant à venir nous visiter. C’est donc, je dois le dire, avec un certain étonnement mêlé de tristesse que je vais à nouveau visiter un pays à qui on vient d’annoncer, sans broncher, la liquidation de 490 000 fonctionnaires, un pays dont le souvenir de retraites heureuses se dissipe dans les mémoires, des voisins qui depuis les coups de boutoirs de Thatcher et Major ne savent plus trop ce que faire valoir son droit de grève peut bien signifier.

Non content de prodiguer une véritable leçon d’éducation anglaise aux britanniques, comme c’est désormais la tendance dans tout ce que le monde ultra-libéral compte de leaders, David Cameron, entame un pas de deux avec un patronat qui souhaitait parait-il être rassuré. Baisses de Taxes, suppression de verrous administratifs et autres friandises libérales viennent donc d’être promises à la CBI, le Medef briton. Toujours à cheval sur la question de l’immigration le jeune Cameron a juré sa détermination tout en promettant aux patrons que sa vigilance n’empêcherait pas les entreprises de faire venir la main d’œuvre leur étant le plus utile.

Le 6 octobre dernier, devant son parti réuni en congrès à Birmingham, Cameron a hurlé, « Maintenant les radicaux, c’est nous ! ». Ce credo qui annonçait le plan d’austérité destiné à réduire de plus 80 milliards de livres les dépenses publiques est le prélude à une attaque en règle contre l’Etat providence avec pour objectif clairement revendiqué de saper les fondements d’acquis sociaux promis à la liquidation. Pauvre Albion.

Lyon, le 5 novembre 2010

Photo:DR

29/06/2010

Rassurant

400px-Clara_Gaymard.jpgDans le civil Clara Gaymard est l’épouse de l’élu savoyard et ex-ministre, professionnellement elle est la patronne de la filiale française de Général Electric le géant industriel américain. C’est à ce titre qu’elle était dernièrement invitée aux « matins du journal Challenges » et les propos qui en ont été rapportés m’ont plutôt ravi. Pleine d’humour cette femme de 50 ans n’hésite pas à déclarer : « mère de famille outrageusement nombreuse, blonde, énarque, mariée à un politique, on peut dire que je les collectionne. » Mais la force de son propos tient à son analyse de la situation économique. Dirigeante d’une société qui réussit même pendant la crise elle se fait le chantre du développement industriel et déclare dans ses conclusions : « Un, la politique industrielle n’est pas un gros mot comme on pouvait l’entendre avant 2008 à Davos. Deux, le monde ne va pas vers moins d’Etat. Trois, le sens de l’histoire n’est pas un passage du secondaire au tertiaire comme on l’a longtemps cru : l’innovation ne peut se faire sans l’industrie. » Et elle est bien placé pour le dire au vu des résultats de son groupe. Evoquant la crise du capitalisme Clara Gaymard n’est pas tendre non plus : «  elle a prouvé que ce qui est légal n’est pas forcement moral ». Et d’afficher enfin un patriotisme économique qu’elle définit ainsi : «  Le vrai patriotisme économique ce n’est pas celui de la localisation du siège social ou de la nationalité des actionnaires. C’est celui des emplois sur le sol français ». Il faut dire que sur ce point GE a donné l’exemple dans les Yvelines, à Belfort ou au Creusot. Clara Gaymard nous tient au fond un discours somme toute rassurant qui révèle que même au cœur d’une société hyper mondialisée comme GE on peut s’éloigner de la pensée unique. Voila qui est agréable à entendre à la veille des vacances.

Philippe Dibilio

30/05/2010

Ploufisme

1-b.gifA force chaque année de vous le répéter vous commencez à savoir ce qu’est le « ploufisme » cette philosophie faite d’actes gratuits, généreux et poétiques (G.G.P.) autrement dit ces lancers de cailloux pratiqués chaque année dont le seul but est de faire des ronds dans l’eau.

Mercredi prochain 2 juin c’est sur la planète entière que va se dérouler à 20h10 (heure locale) la neuvième édition de la « Plouf économie » ce concept poétique imaginé par le plasticien lyonnais Philippe Moncorgé.

A Lyon, seule ville dotée d’un lieu ploufique pérenne, nous nous retrouverons au 27 quai St- Vincent, sur le bas port. Amis d’ailleurs, de Annecy, Paris, Avignon, Lille, Brest, Epinal, Bordeaux, Perpignan, de la Réunion ou de Tahiti, d’autres rendez-vous ploufiques vous attendent. Que vous soyez à Brighton (sur le Pier), à Dublin (Millenium bridge), San Francisco (Pier 5), Rome (château des Anges), à Pékin, Montréal, en Belgique, au Maroc ou en Argentine, participez activement à ce combat ploufique.

Informations sur www.ploufeconomie.net . Contact artistique: philippe@moncorge.net. Son site.

Lyon, le 30 mai 2010.

08:39 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plouf, économie, philippe moncorgé, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/05/2009

Nouvelles du futur

courbe.gifIl y a une poignée de semaines, ils s’étaient tous passés le mot, « la fin de la crise » se profilait au terme de 2009 et au pire au début de 2010. Depuis, ceux qui s’acharnent à détruire avec application le fameux « modèle social français » depuis des années s’efforcent désormais de dire à qui veut bien l’entendre que le modèle en question serait le facteur explicatif du fait que « la France tient le coup ».
Dans le lot, il y en a un qui est en passe de devenir le meilleur agent d’ambiance du libéralisme avancé, c’est le Directeur Général de l’agence Global Equities. Il s’appelle Marc Touati et les médias sont particulièrement assoiffés de son crédo. Touati est donc à la manœuvre. Il explique par exemple que la progression de la consommation en France empêche l’effondrement de l’économie, que nous sommes « les moins mauvais élèves de la zone euro » prédisant illico, notez-le bien, non pas une reprise, mais un rebond au troisième trimestre 2009. D’ici quelques temps, en vérité, vous verrez que ceux qui comme Touati, parlaient de reprise hier et de rebond aujourd’hui finiront bien par nous indiquer demain que nous pouvons attendre, pour le 1er trimestre 2010 « l’ouverture d’une séquence pouvant déboucher au printemps prochain sur une phase initiale permettant d’entrevoir un premier rebond au terme de l’été 2010 qui pourrait être le prélude à l’émergence des premiers indicateurs favorables à la reprise qui aurait de bonnes chances d’arriver au cours de l’hiver 2011 ».
Passons donc à des analyses plus sérieuses. Elles étaient exposées dans Le Libération du weekend par Eric Heyer, un des responsables de la prévision à l’OFCE. En résumé, que disait Heyer ?
Tout en admettant que le prochain trimestre pourrait être moins négatif que prévu, mais négatif tout de même, le pire est devant nous. Les près de 140 000 emplois déjà détruits en France ne sont qu’une première « adaptation » qui annonce un mouvement encore plus violent. Pour Heyer le chômage va continuer à s’accroitre jusqu’à la fin 2010 dépassant probablement les 11% en entraînant, je cite, pour les ménages une « situation qui ira en s’aggravant ». L’économiste de l’OFCE annonce donc des jours encore plus noirs, fait l’analyse que le pari du gouvernement français est en passe d’être perdu et que la crise actuelle va se globaliser encore plus, les pays émergents ne pouvant restés déconnectés de la récession généralisée.
Attaquer ainsi la semaine, qui plus est après la déroute de Patricia Kaas, est, j’en conviens difficile. Fort heureusement il nous reste toujours les sourires de Roselyne Bachelot, de Bernard Laporte et de Jean-Louis Borloo.

Lyon, le 18 mai 2009.

20/04/2009

Ouf !

mille-feuilles.jpgOuf, plus que cinq ou six mois et la crise sera derrière nous. Cela faisait plusieurs semaines que le Figaro, l’organe officiel de l’optimisme français, nous en parlait, maintenant le pronostic se généralise et c’est tant mieux. D’ailleurs il y a des choses qui ne trompent pas. A voir comment David Pujadas positive sur « La France qui gagne » est la preuve évidente que l’on souhaite nous préparer à cette issue favorable que la plupart des Français refusent encore. Complètement intoxiqué par des péripéties comme Caterpillar, Continental, Sony ou Mittal notre pauvre pays résiste à l’évidence alors qu’il n’existe pas un seul jour que Dieu fasse sans que Madame Lagarde annonce des jours meilleurs. Vous qui demeurez des lecteurs informés de ce blog et de bien d’autres vous le savez. La reprise va se situer entre la fin 2009 et le début 2010. Trichet et DSK l’ont dit et face à ce mur d’incompréhension un nouvel indice a été proposé par certains médias. La pâtisserie Holder, située dans le bon village de la Loupe en Eure-et-Loir, bien connue pour la qualité paraît-il remarquable de son mille-feuille. Ce pâtissier a en effet constaté une augmentation des ventes de son gâteau pendant les fêtes de Pâques, signe cette fois-ci incontestable d’un regain de désir de consommation et d’un optimisme retrouvé.

A ceux qui douteraient que la crise puisse être en passe d’être derrière nous, je conseille, afin de faire appel à de véritables indicateurs économiques fiables, de prendre régulièrement contact avec la pâtisserie Holder afin de vérifier, par eux-mêmes, la réalité de cette sortie de crise. Je leur propose donc de joindre, courant juin, cette « pâtisserie-étalon » afin de mesurer les ventes de pièces-montées, juin rappelons-le, étant le mois des communions et des mariages. Même opération cette fois-ci aux alentours du 15 août car il serait désespérant que pour la fête de Marie le mille-feuille ne décolle pas chez Holder à moins de quatre mois de la fin de la crise. La dernière vague destinée à évaluer « l’indice Holder de fin de crise » se situera bien entendu pendant la trêve des confiseurs en prenant comme produit de référence la célèbre bûche de Noël. Les plus obtus pourront effectuer une ultime mesure au cours de la première semaine de janvier 2009 afin de constater que la galette des Rois part comme des petits pains.

D’après mes calculs, aux alentours du 15 janvier, Monsieur Holder devrait être pété de thunes et sa boutique mise en vente, notre futur prix Nobel d’Economie étant en passe de terminer sa vie aux bords des plages paradisiaques de l’Ile Maurice ou de Cancun.

Elle est pas belle la sortie de crise ?

Lyon, le 20 avril 2009.

10/08/2008

P comme Politique (La politique et le sociologue)

1568050956.jpgCurieux et pour le moins étonnant bouquin que ce « Si la gauche veut des idées » que proposent conjointement Alain Touraine et Ségolène Royal. Ni ouvrage d’entretien, ni même dialogue, ce livre est, sur proposition du sociologue, l’énonciation d’une série de thématiques que chacun des auteurs s’efforce de traiter avec malheureusement le travers qu’apporte cette règle du jeu, c'est-à-dire la simple juxtaposition de deux discours. C’est donc au fil de sept rencontres, un mot qui semble-t-il est impropre, que Ségolène Royal et Alain Touraine échangent. L’économie, le vivre ensemble, l’école, l’Etat et la démocratie, la gauche et la droite, le rôle du politique sont donc peu ou prou les points qui jalonnent un livre ponctué par chacun des deux auteurs. On retrouve dans ce « Si la gauche… » ce qui a fait la vitalité et la démarche initiale de Ségolène Royal avant que dans la campagne présidentielle le PS finisse par avoir raison d’elle.

« A quoi bon réfléchir, si c’est pour ne prendre aucun risque ! » écrit Ségolène Royal dès son introduction. « C’est pour avoir manqué d’attention sur l’évolution de la société que la gauche n’a pas su remettre en cause certains de ses dogmes » poursuit-elle. Malgré ces mises en garde frappées de vérité, force est d’admettre que cet échange entre la politique et le sociologue, bien que vivant, demeure assez général donc décevant.

126208282.jpg

On ne reprochera ni à l’une ni à l’autre de n’apporter que rarement ces fameuses idées qui font si défaut à la gauche. A ce jeu là d’ailleurs, Ségolène Royal a au moins le mérite de susciter une combativité communicative, Alain Touraine se montrant à bien des égards en deçà et en retrait, là-haut sur sa montagne.

Se dégageant avec difficulté des simples constats, mais quel esprit honnête pourrait lui en faire le grief, Ségolène Royal, comme beaucoup d’entre-nous, peine à formuler de manières tranchantes et programmatiques les idées de demain.

Ce livre ne peut constituer qu’une étape dans le débat qui s’engage au sein du Parti Socialiste et de toute la gauche mais, après tout, dans l’esbroufe générale ce n’est déjà pas si mal et Touraine doit être remercié d’avoir été l’initiateur d’un tel projet.

  • Ségolène Royal et Alain Touraine, « Si la gauche veut des idées », Grasset, 20 euros.

Hautes-Pyrénées, le 10 août 2008

23/06/2008

Le moral des petits patrons

981976472.jpgL’hebdomadaire « Vox Rhône-Alpes » de la semaine publie une enquête d’opinion intitulée « Moral des patrons, la chute n’en finit plus ». Cette étude « Fiducial-Ifop » démontre que les patrons des très petites entreprises sont gagnés par le pessimisme. Comme le dit l’hebdomadaire, l’enquête sanctionne l’action du Président de la République tant le « No Futur » patronal est évident mais, rentrons dans le détail.

Sur le plan du moral patronal à l’égard de la situation financière, les indicateurs sont donc en baisse : -7% concernant l’optimisme sur la situation du pays contre -2% concernant leur propre activité. Même si Christine Lagarde ne cache plus son enthousiasme, la confiance des chefs d’entreprises est en berne. Si 65% étaient confiants en 2002 concernant leurs propres affaires, ils ne sont plus aujourd’hui que 51% à l’être. Côté climat général des affaires ils étaient en 2002,  53% à exprimer plutôt leur confiance, aujourd’hui, si l’on en croit Vox, ils sont réduits à 26%.

Passons maintenant au bilan de Nicolas Sarkozy, alors que 30% des Français sont très mécontents et 42% plutôt mécontents, quand on interroge les petits patrons on constate que 63% d’entre eux sont plutôt mécontents ou très mécontents du bilan d’un an de Sarkozysme.

Pour ce qui concerne l’action qui se voulait fétiche du Président, à savoir le pouvoir d’achat, 51% des petits patrons pensent que la situation s’est détériorée. Pour mémoire 53% des Français pensent la même chose.

Pour lire l’intégralité de l’enquête se reporter à Vox Rhône-Alpes N°168 (16 au 22 juin 2008), 2 euros, en vente en kiosques.

Vox Rhône-Alpes, 26 Chemin de Crépieux, 69300 Caluire – Tél : 04 37 40 10 71

Lyon, le 23 juin 2008.

04/06/2008

Ploufeurs de tous les pays…

1804005820.jpgPloufeurs de tous les pays, unissez-vous ! En effet en ce jour du 4 juin 2008 nous célébrons la septième édition de la « Plouf économie » ce concept poétique mondial imaginé par l’artiste Lyonnais Philippe Moncorgé.
Les habitués de ce blog doivent se souvenir de quoi il s’agit puisque, l’an dernier, quelques-uns s’étaient permis de s’inquiéter de ma santé mentale à propos de mon soutien inconditionnel à la Plouf économie, mais qu’est-ce-que la Plouf économie ?
Il s’agit de lancer un caillou dans l’eau afin d’affirmer un acte gratuit, généreux et poétique dont l’objet est tout simplement de faire des ronds dans l’eau. Bref un acte convivial, déconnecté de la tyrannie des marchés et destiné, selon la terminologie même de son concepteur, « d’inventer une économie poétique mondiale ». Ce soir ces joyeux ploufs se produiront à 20h08, heure locale et jusqu’au couché du soleil. Chacun aura la possibilité de faire ainsi des ronds dans l’eau c'est-à-dire de produire un acte gratuit par excellence.
Lyon sera le centre de ce mouvement puisque avec l’aide de la ville, Philippe Moncorgé inaugurera le 1er lieu ploufique pérenne, une première mondiale.
Ploufeuses et ploufeurs lyonnais, se réuniront donc sur les quais de Saône, au niveau de la place port Neuville (1er arrondissement) en aval du pont de l’homme de la Roche pour lancer en musique et dans la joie de petits cailloux mis à disposition par les services techniques de la ville de Lyon. France Inter et singulièrement Eric Lange rendra compte de cette première mondiale symbole du désintéressement (« Allo planète », 23h30 – 00h30).
Amis d’ailleurs, vous pouvez vous joindre à cet évènement planétaire puisque Brighton (sur le Pier), Dublin (depuis le Millenium Bridge), San-Francisco (Pier 5), Rome (Quai Château des Anges) mais aussi Pékin, Montréal, la Belgique, le Maroc, l’Argentine… s’associent à cette journée mondiale.
En France, si vous croisez du côté de Brest, Avignon, Annecy, Perpignan, Bordeaux… la plouf économie vous ouvre les bras ce soir à 20h08.
Renseignements sur www.ploufeconomie.net

Lyon, le 4 juin 2008

24/08/2007

X comme XL (Tee Shirts)

medium_X.jpgPratiquement passé inaperçu, un assez formidable bouquin d'un professeur d'économie de l'Université américaine de Georgetown à Washington est paru il y a quelques mois. L'ouvrage s'intitule « Les aventures d'un tee-shirt dans l'économie globalisée », il est édité par Grasset et son propos est de raconter l'histoire d'un tee-shirt de A jusqu'à Z.

A ceux qui pensent que traiter un tel sujet devrait conduire automatiquement son auteur à épouser les pieuses mais caricaturales thèses alter mondialistes, je signale qu'il y a fausse route. En effet, en suivant les méandres de l'économie mondialisée au travers une enquête économique précise et documentée, Pietra Rivoli, nous propose de remonter un fleuve pas si tranquille que cela dont les soubresauts devraient en étonner plus d'un.

Raconter l'histoire d'un tee-shirt c'est tout d'abord plonger dans les eaux troubles d'une économie américaine qui depuis des dizaines d'années abonde le marché mondial du coton en assurant sa prospérité par de consistantes subventions.

Décrire l'industrie textile c'est explorer l'Asie.

 

 Lyon, le 24 août 2007.

18/08/2007

S comme Stiglitz (Joseph E.)

medium_S_1.2.jpgSoyons clairs. La plupart du temps, l'idée de lire un bouquin d'économie fait plus que me rebuter, elle me déprime. En attente depuis plusieurs mois le livre du Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz intitulé "Un autre Monde" dormait sous une pile d'ouvrages et sa lecture début août n'est pas loin de me réconcilier avec le genre. En vérité Stiglitz est presque un conteur et le DVD d'entretiens diffusé par l'hebdomadaire "Challenges" cet hiver ne peut qu'encourager des lecteurs aussi fainéants que moi à poursuivre. C'est ce qui a été fait et je m'en porte que mieux.

Autour de l'idée que Wall Street et la mondialisation débridée en cours sont antagoniques aux perspectives de développement, l'ancien conseiller de Bill Clinton avance l'idée qu'une certaine forme de capitalisme, celui en vigueur aux Etats-Unis pour parler court, est à proscrire. Autour de l'idée du retour à un Etat modernisé et à des processus de décisions issus de choix démocratiques, un nouvel équilibre peut émerger entre l'Etat et le marché permettant ainsi non seulement aux sociétés de maîtriser le marché, de protéger travailleurs comme consommateurs au Nord comme au Sud mais, et c'est essentiel pour Stiglitz, d'être soucieux de l'avenir de la planète.

S'il fallait très grossièrement caser l'économiste américain parmi les références qui s'imposent  en matière de projet de société il est clair que le Nobel 2001 pourrait se situer entre la démarche sociale démocrate suédoise, les positionnements d'une bonne partie du PS français (de DSK à Royale) et certaines velléités de Clinton ou Al Gore.

Pour vous convaincre de visiter Stiglitz et de tenter l'aventure voici quelques bribes de la conclusion de son ouvrage.

"Pour une grande partie du monde" nous dit l'auteur, "la mondialisation telle qu'elle a été gérée ressemble à un pacte avec le diable. Dans le pays, une poignée d'individus s'enrichissent; les statistiques du PIB, à prendre pour ce qu'elles valent, ont meilleure mine, mais les modes de vie et les valeurs fondamentales sont menacées. Dans certaines régions du monde, les gains sont encore plus minces, les coûts plus palpables. Les progrès de l'intégration dans l'économie mondiale ont apporté plus d'instabilité, plus d'insécurité, plus d'inégalité. Et ils ont même compromis des valeurs essentielles.

Ce n'est pas une fatalité. Nous pouvons faire fonctionner la mondialisation, mais pour tout le monde, y compris les habitants des pays pauvres. Ce sera long et difficile. Nous avons déjà beaucoup trop attendu. Nous devons nous y mettre immédiatement ".

Cela vous tente? Cela s'appelle "Un autre Monde", c'est chez Fayard, 448 pages pour 22 Euros mais j'imagine que d'ici quelques mois une version en poche devrait être proposée. A vous de voir si vous préférez attendre.

 

 
Hautes Pyrénées, 18 août 2007.
 
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