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04/12/2009

Coup tordu

071G_Collomb%20det-2.jpgParfois la presse lyonnaise a de curieux mœurs. On se souvient par exemple de « Lyon Capitale » mettant il y a quelques années la bobine de son repreneur à la « Une », un luxe que même les patrons successifs du Figaro n’auraient jamais accepté de s’offrir. Dans le numéro trois du « Coup de grâce », l’innovation est de nature différente puisque Guillaume Tanhia, le boss de la revue, titre en couverture, « Collomb, le petit Sarkozy de province », cette accroche aguicheuse renvoyant à trois maigrelettes colonnes en page vingt-deux sur un total de près de 150.

Passons donc sur ce procédé qui disqualifie une charge d’autant plus gratuite que le même Guillaume Tanhia se croit obligé de nous infliger quelques arguments plutôt « cheaps » dans un feuillet plus hargneux que « classieux ».

Pré-Marxiste, notre éditorialiste dénonce le fait « d’offrir des bâtiments publics prestigieux aux grands groupes financiers ». Populiste, notre nouvelle conscience patrimoniale s’indigne de ne pas filer 120 millions à l’Hôtel-Dieu alors que le stade de Décines va engendrer 150 millions en aménagements publics. Lyrique, le directeur de conscience du « Coup de grâce » nous invite à nous remémorer « La générosité des milliers de lyonnais qi firent des dons pour l’édification et le fonctionnement de l’Hôtel-Dieu ». Plutôt que de draguer le passant avec son titre de couverture renvoyant à sa mauvaise humeur déguisée en édito, Guillaume Tanhia aurait mieux fait de travailler et de proposer à ses lecteurs un véritable dossier documenté et donc utile sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu. Sans rancune.

Lyon, le 4 décembre 2009.

12/05/2009

Punition

cravache.jpgSarkozy et son gouvernement auraient-ils décidé de punir Lyon et son agglomération ? La question mérite d’être posée au regard de quelques faits récents.

Il y a eu, tout d’abord, le revirement inacceptable de la ministre de l’intérieur sur le projet de caserne de gendarmerie à Sathonay Camp. Un projet travaillé et pour lequel le Grand Lyon a engagé financement et travaux, de voirie en particuliers. Un projet bouclé par un groupement d’entreprises qui y a investi des sommes respectables et du travail de préparation au détriment d’autres marchés et qui se retrouve maintenant le bec dans l’eau.

Puis est tombée l’annonce de la participation financière de l’état aux transports de l’agglomération : 28 millions pour le Sytral contre 21 milliards pour Paris, soit environ 1000 fois moins et de toute façon un montant en baisse par rapport aux prévisions. Deux dossiers qui interrogent sur la validité du « plan de relance » du gouvernement qui passe ainsi à coté de chantiers prêt à partir.

On peut en tout cas s’interroger sur de telles décisions, Lyon serait-il devenu un territoire oublié du gouvernement ou bien veut-on punir cette ville qui s’est installée à gauche ? Il serait à ce propos intéressant de savoir ce qu’en pense François Noël Buffet, parlementaire en charge du suivi de l’application du plan de relance en Rhône-Alpes, à moins qu’il ne se sente plus concerné en matière de transports maintenant que les travaux du métro à Oullins sont engagés. Certes il n’y aurait rien d’extraordinaire à tout cela lorsque l’on regarde la pratique politicienne d’un Sarkozy toujours à l’affût d’un petit coup tordu pour déstabiliser son opposition. Sans aller jusqu’à penser que le Philippe Cochet soit derrière la manœuvre car il se dit que depuis l’épisode de la mayonnaise qu’il a monté autour des deux œufs lancés sur la caravane UMP lors de son passage place Bellecour sa côte a sensiblement baissée auprès d’un Xavier Bertrand qu’il a engagé dans cette manip médiatique dont le secrétaire général du parti sarkozyste a eu du mal à se sortir.

Mais l’on ne peut exclure que cette volonté de nuire à l’agglomération ne cache l’idée de gêner Gérard Collomb dans la réalisation de son mandat et ce en vue des prochaines échéances. C’est en tout cas bien à la mesure d’une opposition locale qui peine à se trouver un angle d’attaque et qui ne joue en fait que de son pouvoir de nuisance comme elle le fait déjà à propos du Grand Stade à Décines.

Philippe Dibilio

06/05/2009

Allez l'OL !

121879_jean-michel-aulas.jpg?w=345&h=200Il y a, me direz vous, des sujets plus sérieux en cette période de crise encore que. A Lyon, en effet, l’Olympique Lyonnais a pris un tel poids dans la vie sportive mais aussi économique et même politique que ses pérégrinations concernent finalement tout le monde. Et en cette fin de saison le club lyonnais va beaucoup moins bien que les saisons précédentes.

Dans ce contexte les réactions excessives ressurgissent avec force. Ce club adulé au terme de ses sept titres de champions d’affilé, son président porté aux nues par les uns respecté de tous, sont aujourd’hui sur la sellette. Cet hallali laisse un goût amer qui rappelle combien l’opinion est versatile et les instincts basiques toujours prêts à émerger. Si les supporters dans leur majorité souffrent de cette situation il est toujours des extrémistes pour aller caillasser les locaux. Et puis il y a tous ceux que les succès du club et de son président dérangent et qui se déchaînent aujourd’hui. Mais quelle est donc cette catastrophe qui a touché l’OL ?

Le club ne sera certainement pas champion de France une huitième fois, ce n’est ni un drame, ni la fin d’une histoire. Il risque de ne pas participer à la ligue des champions ; ce serait la première fois depuis dix ans. On peut se demander où est le problème, sauf à considérer que la victoire est éternelle.

En fait derrière ce déchaînement qui atteint aussi certains hommes politiques il y a un goût nauséabond de règlements de comptes. Les succès de Jean Michel Aulas sont toujours mal passés dans les esprits ces dernières années. Qu’il ait amené le club de la D2 au premier cercle du foot européen ne lui a jamais été pardonné dans cette ville où la réussite dérange sauf si elle est cachée. Alors au premier faux pas les passions se déchaînent. Qu’une explication « entre hommes » ait lieu entre le président et quelques uns de ses amis administrateurs et l’on parle de cellule de crise et de mise en cause de l’édifice. Que les résultats ne soient pas au rendez-vous et l’opinion se déchaîne sur le président, les joueurs le staff et le choix de l’entraîneur qui a, certes, sa part de responsabilité. Les opposants au Grand Stade de Décines vont même, le député UMP Philippe Meunier en tête, jusqu’à se réjouir de ces déconvenues qui pour eux remettent en cause ce projet. Aussi face à ce déchaînement j’ai envie de dire : Allez l’OL ! avec la certitude que la saison prochaine nous serons des milliers à reprendre la formule tous en cœur.

Philippe Dibilio

Photo: DR

[Edit JYS]: J'apprends le décès de Roland Bernard, Sénateur de 1986 à 1995, Député du Rhône de 1981 à 1986 et Maire d’Oullins de 1977 à 1990. Je présente mes sincères condoléances à ses proches.

08/10/2008

Coup de bluff ?

Grand Stade.jpg« Si, pour des raisons politiciennes les premières grues n’étaient pas installées en 2010 je pourrais aller emmener ce projet (de Grand Stade) ailleurs ». Cette déclaration intempestive faite par Jean Michel Aulas quelques heures avant la rencontre OL Bayern relève-t-elle du coup de bluff ? On pourrait le penser si l’on s’en tient aux contorsions qu’ont engendré la reprise de ces propos sur le site de l’OL. Mais dans le contexte de tension qui monte autour de ce dossier d’OL land à Décines il faut peut-être y regarder de plus prêt.

Chacun, en effet, y va de sa petite musique pour mettre de l’huile sur le feu. Après Michel Noir qui affirme qu’il faut sauver le soldat Aulas  lequel serait en droit « d’en vouloir à Gérard Collomb de l’avoir conduit dans une telle impasse » c’est le « Progrès » qui sort un sondage, très aléatoire puisque fait auprès de ses lecteurs internautes, qui donne 76% d’avis opposés à l’implantation à Décines. Ce dossier, engagé de manière trop solitaire pas Gérard Collomb, n’a donc pas fini d’être confronté à des embûches ou autres soubresauts. Et cela, il est vrai, pourrait sensiblement agacer Jean Michel Aulas qui a du mal à comprendre et plus encore à admettre le fonctionnement des collectivités et leur mode  de décision. Il faut lui reconnaître que ce n’est pas d’une simplicité biblique. Pour lui en tout cas, c’est le maire qui lui a présenté ce terrain et lui a promis la construction du stade et de l’activité commerciale qui va avec. A partir de là il s’est engagé de manière forte, auprès de ses actionnaires, des autorités de la bourse. Il s’est aussi engagé dans le temps et c’est bien là que le bât blesse.

Le fait que la date de 2010 ait été avancée pour l’inauguration laisse planer un malaise sur le projet vu l’avancement des choses et même si aujourd’hui on parle de 2012 sans que personne puisse y mettre sa main à couper. Bref la tension monte et si, comme cela semble s’annoncer, l’enquête publique était relancée les nerfs seraient une nouvelle fois mis à rude épreuve.

Aussi on peut se poser la question de savoir jusqu’à quand ceux de Jean Michel Aulas tiendront-ils ? Avec cette forte phrase le président de l’OL a certainement voulu lancer un avertissement aux acteurs de ce dossier, ceux du Grand Lyon en particuliers qui sont en première ligne. Mais au-delà peut-on faire  comme si cette menace était totalement irréalisable ? Rien n’est moins sur. Les clubs de football ne sont plus l’apanage d’une municipalité ou d’une association locale ce sont aujourd’hui des affaires conduites comme des grandes entreprises et l’OL est la figure de prou de ce système en France. Alors, si Aulas veut importer cette société ou la vendre il peut le faire. Encore faut-il trouver acquéreur, certes, mais si les fonds de pensions connaissent une passe difficile les fonds souverains eux se portent bien. Alors l’OL et son stade à Dubai où Jean Michel Aulas intervient déjà, introduit par Gérard Collomb d’ailleurs, ce n’est pas impossible. Et puis comme le dit Cécilia ex-Sarkozy qui vit beaucoup sur place avec son nouveau mari : « on est à deux heures de l’Inde et à trois heures de la Chine » l’endroit où il faut être si on veut suivre le mouvement du monde des affaires et de la Jet Set.

Philippe Dibilio

Lyon, le 8 octobre 2008.

 
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