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17/04/2010

Centre(s)

396px-Bayrou_Bercy_2007-04-18_n29.jpgDepuis presque une paire de semaines, grâce à Libération, nous savons que le 19 juin prochain, l’appel de Villepin devrait prendre corps dans le 13ème arrondissement de Paris, du côté de la Halle Freyssinet. Mieux, alors que nous sommes loin du but, ce parti, véritable don de Villepin au pays, devrait s’appeler PRS pour « Parti pour une République Solidaire ». C’est navrant pour Martine Aubry qui moulinait depuis les régionales son désir de « Gauche Solidaire » pour faire oublier celui de « Gauche Plurielle » mais revenons au centre.

Villepin va donc venir chasser sur les terres de Bayrou ou plutôt pâturer les mêmes prairies. Histoire de mettre une première torgnole au Béarnais, Villepin vient d’expliquer que son parti qui n’existait pas encore comptait déjà 20 000 membres, autrement dit trois fois plus que le Modem démocratisé de Bayrou. Au lieu de se chercher querelle, nos deux centristes devraient plutôt se réjouir des propos de Sarkozy expliquant au Nouveau Centre de Morin qu’il n’était pas question pour lui d’imaginer une seule seconde une candidature autonome aux présidentielles. Exit donc Morin qui décidemment n’est jamais le bon cheval au centre. En vérité parmi les centristes, il n’y en a qu’un seul susceptible de mériter notre admiration, c’est Jean-Louis Bourlanges. Intelligent, fin, distant mais toujours décalé, l’ancien député européen vient de livrer un bouquin au titre prémonitoire « La tragédie des centres ». Devenu flingueur, Bourlanges excelle dans l’art de passer du flytox dans les moindres recoins du centre. A propos de la présidentielle, après avoir réglé son compte à Bayrou, Bourlanges dit de Morin, « Peut-on sérieusement être ministre de Sarkozy pendant cinq ans et candidat pendant cinq semaines contre lui ? » (Figaro Magazine). Pas mal non plus à propos de l’éventuelle candidature de Borloo, qui fait dire à notre nouvel agent d’ambiance du centrisme, « Je ne crois pas qu’un électron, fût-il particulièrement libre arraché du noyau gouvernemental Sarkozien, ait une autonomie suffisante pour figurer autre chose que ce que Pascal nommerait une fausse fenêtre pour la symétrie ».

Au pays des centre(s), c'est-à-dire comme aime le dire Bourlanges « des chefs sans parti et des partis sans chefs », il y a un flingueur. Le savoir autant en forme devrait suffire à nous rassurer.

Madrid, le 17 avril 2010.

Photo: DR

26/03/2010

Mercenaire

eric-woerth-municipales-2008.1209985754.jpgTout a été dit et redit depuis le début de la semaine à propos de ce remaniement liliputien spécialement dédicacé à l’UMP. Le débarquement dans la douleur d’un Xavier Darcos au destin Versaillais. Amara et Besson sauvés peut-être pour la dernière fois des eaux boueuses du marigot majoritaire. Petite pincée de Chiraquisme, Baroin étant désormais en charge de l’abyssal déficit qu’il dénonçait hier. Zeste de Villepinisme avec la récupération de l’homme Tron, un Libéral pur-sucre chargé de compter fleurette aux fonctionnaires. Copé en embuscade et Sarko se projetant déjà en 2011 avec ce qui sera alors le véritable remaniement du mandat, une opération destinée à prolonger le bail du Président.

Taxe carbone en fumée, pleurnicherie de la championne de karaté et silence coupable de Borloo. Ministres pour l’essentiel encore pétrifiés de toujours l’être, Bertrand adoubé, en vérité le plus important dans toute cette affaire s’appelle Woerth le mercenaire embauché pour faire le sale job sur les retraites, ce comptable que Sarkozy veut reconvertir en boucher du pacte social. Avec Eric Woerth, il va y avoir du sang, quelques larmes et beaucoup de sueur. Woerth est affûté, à lui de faire reculer les forces syndicales et leurs mandants, à lui de prendre les coups, de recevoir les quolibets de la rue quitte à jouer les martyrs. Ministre du budget, il a creusé les déficits comme d’autre leur tombe, Ministre des affaires sociales il sera celui capable de faire reculer, sans états d’âmes, les acquis sociaux en particulier en matière de retraites. Woerth est celui qui devra offrir à Sarkozy, sur un plateau, la réforme capable d’assurer la résurrection d’un président qui songera alors peut-être à lui confier les reines d’un futur gouvernement.

En attendant, Villepin et Patrick Sébastien ont fait hier l'actualité, le second n'étant pas nécessairement le plus rigolo des deux.

Lyon, le 26 mars 2010.

Photo: DR

09/03/2010

Casting

Bayrou-Begag-2009.jpgFrançois Bayrou regrettait ce week-end que l’on parle peu des régions en vue de l’élection de dimanche. C’est vrai, mais on ne peut pas dire que sa formation montre l’exemple en particuliers en Rhône-Alpes. En choisissant une tête de liste qui fait campagne par défaut il ne s’est pas donné les moyens de mettre en avant ses propositions pour la Région.

Azouz Begag, toujours adoubé par le leader du Modem, relève de l’erreur parfaite de casting. Une liste électorale est une équipe qui exige un animateur qui connaisse son sujet et mobilise ses troupes. Begag se considère lui-même comme le sujet et déplace son égo d’une situation à l’autre en ignorant tout le monde autour de lui. Ce fût un ministre gag, c’est un candidat farfelu. Certes il nous avait promis une campagne décalée elle l’est tellement qu’elle en devient transparente. Il a d’ailleurs commencé par refuser tous les débats télévisés ce qui laissa à penser qu’il n’avait ni idées ni programme pour la Région et qu’il était le candidat anti-sarkoziste primaire et nostalgique de Dominique De Villepin. Il est vrai que les rares fois où il s’est exprimé sur la politique régionale ce fût dans la plus grande confusion, incapable, notamment, de se situer par rapport à l’exécutif sortant. Quant au must de sa campagne il consistait à apparaître « juché » sur un tabouret pour parler à une foule qui avait tendance à le snober. En fait le tabouret c’était pour la télé car sinon il est beaucoup plus pratique d’être à la hauteur des autres pour leur parler et ses sorties avec son ustensile se sont résumées à de bonnes vieilles distributions de tracts (on peut dire flying pour faire décalé) entouré de co-listiers. Et puis il n’y a rien de nouveau dans tout ça. Dans les années 70 Simone André, adjointe de Francisque Collomb, menait sa campagne pour les élections cantonales munie d’un siège pliant qu’elle posait de temps en temps pour engager la conversation au coin d’une rue. Et elle avait des interlocuteurs car elle était archi connue dans son secteur. D’ailleurs elle fût chaque fois réélue.

Le drame pour Bayrou réside dans le fait qu’il avait de bien meilleurs choix pour mener cette liste. J’ai découvert par exemple lors du débat sur TLM Fabienne Faure, conseillère régionale sortante, bonne connaisseuse des dossiers de la Région et qui exposa quelques propositions construites et en adéquation avec les compétences de l’institution. D’autres noms viennent à l’esprit comme celui d’Eric Laffont , homme engagé et pugnace qui mérite le respect même si l’on ne partage pas ses avis ; ou encore Richard Moralès élu combatif et combattant. François Bayrou a balayé tout ça au nom du syndrome médiatique pensant que parce qu’on l’avait vu à la TV Begag bénéficiait d’une grande notoriété. Mais il en est de lui comme de Georges Marchais naguère ; dans le petit écran il amusait très bien le monde mais dans les urnes il a mis le PC à genoux. Bayrou aurait dû s’en souvenir lui qui risque d’avoir par ce choix donner le coup de grâce au Modem en particuliers dans la Région.

Philippe Dibilio

Photo: DR

20/02/2010

Cochon de Brest


Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche !
envoyé par thony911. - Découvrez des webcam de personnalités du monde entier.

Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de brindilles. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d’aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l’arrivée du loup. Le loup propose au cochon d’aller cueillir des pommes, le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d’aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une barrate. Sur le chemin du retour il voit venir le loup, il se cache alors dans la barrate qui dévale une pente et fait peur au loup. Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s’ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Si ce troisième cochon se prénommait « Nicolas », Dominique de Villepin devrait donc se méfier sauf à se rêver finissant dans la soupe aux choux du Président.

Lyon, le 20 février 2010

(Texte emprunté à wikipidia)

 

05/11/2008

Relisons Bakounine

De Villepin 1.jpgDans une interview au Journal du Dimanche de cette semaine Dominique de Villepin ressort ses accents gaulliens pour évoquer les conséquences d’une victoire d’Obama à l’élection présidentielle. Mais comme l’air du temps fait que le discours de gauche est fashion il ouvre son propos par cette formule : « relisons Bakounine ; nous sommes nos propres maîtres ». Sarko avec ses références à Jaurès apparaît là comme un pâle social-démocrate. Mais Villepin poursuit : « ce sentiment que le candidat démocrate est le candidat de la planète peut introduire une confusion. Obama est séduisant, mais n’allons pas réinventer l’atlantisme s’il était élu ! L’Amérique n’est plus le centre de l’Occident qui n’est plus le centre du monde. Obama défendra les intérêts de son pays qui ne sont pas exactement les nôtres. » Voilà une formule, en effet, qui colle particulièrement à l’actualité de ce temps de crise. Ce point de vue rappelle en creux la distance qu’il y a entre l’ancien premier ministre et l’actuel président plus attaché on le sait à poser ses bottes dans les traces du grand frère américain. Elle ramène aussi un peu de gaullisme en matière de politique étrangère au moment où, simultanément, la droite française redécouvre la nécessaire place de l’Etat pour réguler l’économie et où l’on reparle même d’un ministère du Plan qui pourrait être confié à Henri Guaino lors du prochain remaniement ministériel. Pour revenir à l’élection américaine, Dominique de Villepin affiche aussi un certain réalisme au sujet de Barak Obama. « Attention à la théâtralisation, à l’idéalisation d’un homme providentiel. Obama porte un espoir mais aussi des incertitudes. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers : la moitié de son financement vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs » Cette fois on croirait lire l’Humanité ; mais il n’empêche que l’analyse ne manque pas de pertinence et que la précaution affichée là mérite l’attention.

Philippe Dibilio.

Lyon, le 5 novembre 2008.

 
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