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30/07/2010

I comme "Imelda Marcos"

I.jpgCe n’est pas parce qu’elle est passée presque inaperçue lors de sa sortie il y a deux ou trois mois qu’il n’est pas utile de revenir sur la dernière production de David Byrne concoctée avec Fatboy Slim et intitulée « Here Lies Love ». Objet musical parfois difficile à identifier mais néanmoins très intéressant, ce « Here Lies love » qui bénéficie de la participation de Cyndi Lauper, Martha Wainwright, Santigold, Steve Earle, Sharon Jones et Florence Welch, celle de Florence and the Machine, est surtout étonnant par son sujet. En effet ce disque nous replonge dans l’univers d’un personnage que chacun avait oublié et qui avait, à l’époque fait la « une » de la presse mondiale, je veux parler de Imelda Marcos la femme d’un dictateur Philippin connu pour ses détournements financiers répétés et personnage quasi historique du milieu des années soixante jusqu’à la dernière partie des « eighties ».

Noctambule militante, amoureuse de Danse Music, collectionneuse de chaussures, on dit qu’elle possédait 3000 paires de pompes, folle de mode et de toutes les apparences, celle qui incarne la vie d’avant les people, est donc la grande inspiratrice d’un Byrne, particulièrement en forme, qui à la stupeur générale a extrait le mythe Imelda de la naphtaline. En vérité dans cet album dont je vous recommande l’écoute répétée, l’ex Talking Heads raconte le parcours de Imelda Marcos tout comme celui de sa gouvernante Estrella sorte d’ambassadrice d’un petit peuple dont Imelda elle-même était issue.

musrevmarcos_346681t.jpgCertains en apprenant le fait que Byrne s’attaquait sur tout un disque au mythe Imelda avaient fait savoir leur déception tant Byrne est à la fois le chantre du rock arty mais aussi l’une des grandes figures artistiques progressistes américaines. Foutaise. L’album de Byrne nous raconte l’histoire kitch d’une reine de beauté devenue épouse de tyran. Pour cette démarche romantique qui peut, reconnaissons-le au pire irriter, Byrne est particulièrement bien entouré. Ceux qui ne suivent que de très loin le travail du new-yorkais prendront plaisir à écouter cet été ce double album en forme de comédie musicale. Ci-gît l’amour !

> -David Byrne et Fat Boy Slim, « Here Lies Love », None Such Records, 2010

Lyon, le 30 juillet 2010.

26/04/2009

Charité

5099924407328.jpgAvant de lire ce petit billet, je vous demande de prendre votre carnet de chèques et d’envoyer vingt ou trente euros aux Restos du cœur. Maintenant que ce geste nécessaire est fait, entrons dans le vif de notre sujet du jour.

Cette année, avec la reprise de « In the army », Jean-Jacques Goldman et sa bande semblent avoir atteint le fond du fond. Même si la démarche artistique a toujours été le cadet des soucis des Restos, reconnaissons que d’année en année, on nous entraîne vers le grand trou noir, celui qui fait peur. Je sais bien que Goldman, dont il faut féliciter l’attachement et la fidélité à la cause, ne fait ce job que pour une seule raison cruciale et déterminante pour les Restos, ramasser de l’argent. Je sais bien qu’en la matière c’est TF1 qui donne le tempo. Je sais tout autant que le plateau fortement markété est constitué à parité de la bande des enfoirés historiques et de personnalités à notoriété conjoncturelle. C’est ainsi que mannequins, footballeurs, chanteurs aléatoires se succèdent pour constituer année après année la « troupe » charitable au point que « chanter » avec les enfoirés constitue une véritable reconnaissance médiatique. Même si comme vous je sais parfaitement tout cela, je m’étonne toujours de cette absence d’exigence artistique qui semble être la marque de fabrique des enfoirés au point, qu’à l’instar de Coluche qui s’interrogeait sur ce que pouvait être cette couleur « plus blanc que blanc », je me demande ce que sera demain le « plus pire que pire ». Maintenant que votre chèque est rédigé, vous l’introduisez dans une enveloppe, enveloppe que vous placez à côté de vos clés de voiture et que vous posterez au plus vite.

Maintenant que ce geste généreux est effectué et que vos oreilles demeureront intactes car vous ne serez pas tentés d’écouter les enfoirés, je vous propose deux disques dont la portée charitable est évidente mais qui, à la différence des Restos du cœur, s’écoutent.

Le premier s’appelle « Dark was the night ». Ce double CD propose la fine fleur des scènes folk et rock américaines avec Arcade Fire, Sufjan Stevens, David Byrne et même Sharon Jones et ses Dap-Kings. Ne me faites pas dire que parmi les vingt-cinq ou trente titres tout est excellentissime mais il n’est pas rare que le bon côtoie ici le très bon.

Cette compilation destinée à lutter contre le sida est à l’initiative de « Red Hot » et succède à une kyrielle de devancières qui depuis presque vingt-ans concernaient le rock, le hip-hop, l’acid jazz ou des reprises de Cole Porter.

La seconde, « War child » n’en est pas non plus à son coup d’essai. Même si cette organisation qui mobilise des fonds au bénéfice des enfants victimes des guerres a commis des productions peu recommandables, avec cet album de reprises (Costello, McCartney, U2, Clash …) par certains artistes de la jeune génération (Lily Alen, Yeah Yeah Yeah,…) on frise l’intéressant. D’ailleurs la première plage, Beck reprenant le « Leopard-Skin Pill-box Hat » de Bob Dylan, mérite une écoute en boucle tant le boogie de l’américain évoque, sans le singer, le glam de T.Rex. Recommandable.

Pour plus d'infos: voir le site. Pour faire un don et soutenir financièrement les restos du coeur:  il suffit d'envoyer un chèque ou un mandat libellé à l'ordre des Restos du Cœur (en indiquant le code S2410 au dos du chèque) accompagné, si possible, d'un bulletin de solidarité rempli et imprimé à "Les Restaurants du Cœur - 75515 PARIS CEDEX 15 ".

Lyon, le 26 avril 2009

 
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