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27/02/2010

Raccommodage

Du temps de nos grands parents, « Faire une reprise » voulait simplement dire qu’il s’agissait de raccommoder le talon d’une chaussette ou le coude d’un pull-over. Aujourd’hui pour nombre d’artistes, le plus souvent en mal d’inspiration, proposer au public des reprises c’est tout bêtement y aller de sa collection de standards plus ou moins ripolinés au goût du jour. Depuis une bonne dizaine d’années, de Rod Stewart à Eddy Mitchell, on ne compte plus les tentatives assez systématiquement ratées, visant à livrer au public pour des raisons trivialement « contractuelles » des albums destinés à boucher, comme pour les chaussettes, des trous.

Avec « Scratch my back », le dernier opus de Peter Gabriel nous étions probablement nombreux à imaginer que l’anglais, en décidant d’y aller de sa collection de « reprises », n’allait pas tomber dans le piège. C’est consternant mais c’est ainsi, l’album de Gabriel avec sa douzaine de compositions chipées aux Talking Heads, Randy Newman, Les Kinks, David Bowie ou Radiohead, se vautre. Entre prétentions symphoniques et ron-ron sans guitares ni batterie, ce « Scratch my back » est à ranger entre le pire de « Nice » et les tentatives malheureuses de « Deep Purple » et de quelques autres délires des seventies.

Que les choses soient claires, cet échec de Peter Gabriel conduit en compagnie de Bob Ezrin, ne saurait remettre en cause les « Solsbury Hill » et autres « Up » qui marquent une discographie rare mais de qualité. D’ailleurs, si afin d’oublier cet accès de mauvais goût dont en passant on nous prédit un autre volet à l’automne prochain, remettez-vous en mémoire l’œuvre de l’ancien Genesis en lisant en particulier le numéro de février de « X Roards », ce magazine jugeant lui aussi ce « Scratch my back » comme mineur.

Lyon, le 27 février 2010.

03/08/2008

L comme Leeds United

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Il y a une dizaine de jours, en vous invitant à découvrir aussi tardivement que moi, les polars de Hannelore Cayre, je vous expliquais que j’avais conscience que Connely, les trois tomes de Millenium et David Peace encombraient déjà votre table de nuit.

En vérité, à propos de l’anglais, deux bouquins peuvent s’entasser en piles, le premier, volet initial d’une trilogie consacrée au Japon et intitulé « Tokyo année zéro » (Rivages), ne fait pas partie de mes lectures de l’été. Je me borne donc à vous le signaler. Le second, « 44 jours » (Rivages), sorte de bio de Brian Clough, ex joueur de Derby County et coach du club de football de Leeds, devrait contrarier certains lecteurs conquis par l’auteur de « GB84 » ou par la trilogie du Yorkshire (« 1977 », « 1980 », « 1983 »). En effet avec cette dernière livraison on plonge dans l’univers briton de Peace mais surtout dans celui du football et pas n’importe lequel, celui de la « perfide Albion ». David Peace s’attaque donc au mythique club de Leeds United, au football, mais surtout au contradictoire entraîneur du club, le compliqué et voire même odieux Brian Clough qui se débat au sein d’un Leeds United aux prises de tous les démons. Certains lecteurs aimeront détester Clough, d’autres détesteront l’aimer. Une fois dit que Peace ne se hisse peut-être pas à son meilleur niveau pour l’occasion, ce livre étonnant devrait offrir quelque plaisir à ceux qui, comme moi, ne sont pas insensibles au sujet.

L’excellent hebdomadaire culturel lyonnais « Le petit bulletin » a commis, à l’occasion de la venue de Peace aux Assises Internationales du Roman, une de ces interviews qui devraient mettre en appétit les amateurs de polars qui s’intéressent, non pas au football, mais au rock. Interrogé par Yann Nicol, David Peace évoque son travail mais aussi son intérêt pour quelques icônes du rock. Voici ce qu’il disait en juin dernier entre Saône et Rhône, de quoi rendre peut-être impatient quelques-uns d’entre-vous. « Certaines rock stars comme Johnny Rotten, Sid Vicious ou Ian Curtis » expliquait Peace « sont tellement fascinantes qu’elles feraient bien sûr d’excellents sujets pour un livre. Un jour, j’écrirai sans doute un roman sur un héros du rock, et je pense d’ailleurs que ce sera David Bowie, qui me fascine particulièrement… ». David Bowie n’a qu’à bien se tenir !

Lyon, le 3 août 2008.

 
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