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31/03/2010

La prière dominicaine

Laudate Dominique.jpgLa prière dominicaine est une prière silencieuse paraît-il. Pas sûr, à en croire celle qui monte en ce moment et qui semble fébrile.

Amis dominicains de Strausskahnie, attendez un peu cette fois avant de revêtir vos attributs d’inquisiteurs et de brûler la sorcière charentaise. Je sais que dans nos chapelles on souffle parfois le chaud et le froid, mais, à défaut de la mettre à nouveau au frigo (peut-être s’y mettra-t-elle d’ailleurs de son propre chef, mais il ne faut pas compter lui dicter quoi que ce soit) ou avant de la mener au bûcher, ne rêvez pas trop vite de la voir, comme les vestales fautives, enterrée vive dans sa région.

Amis dominicains, j’entends vos suppliques lyonnaises à votre saint patron. J’entends aussi, patelin, Cambadélis distraire les servants de la messe à Solférino pour tenter de les retenir en sacristie le temps que le grand expatrié revête un surplis rose. J’entends encore dom Mosco qui conseille au saint providentiel de ne pas attendre pour se déclarer prêt à revêtir la tiare française. J’ai entendu l’appel de Gérard de Lyon qui retrouve sa foi dans le grand inquisiteur international et monétaire depuis que l’on annonce que sainte Martine pourrait en 2012, peut-être, qui sait, des fois…. Lyon la rétive et son grand échevin ne rendent plus depuis quelques temps le culte titinesque à la sainte patronne des roses lilloises sacrée à Reims dans la fumée épaisse des encens.

Amis dominicains, craignez encore le charme royal. Il opère.

Sur France 2, le 25 mars dernier, dans À vous de Juger, le débat entre le prophète Daniel et la madone avait je vous assure la qualité des vraies disputes (au sens ancien du terme). Il y avait longtemps que la « grande télévision publique » - malgré les efforts d’Arlette Chabot pour saboter sa propre émission - ne nous avait gratifié d’un vrai échange politique sur le fond. Un échange passionné où, avec simplicité et dans un langage accessible, les divergences étaient argumentées avec franchise. Cela donnerait presque l’envie d’entrer dans l’une de ces futures coopératives du genre auberge espagnole à l’enseigne du 22 mars. Cela donne envie en tous cas de continuer ces échanges entre coopérateurs éventuels et désireux d’avenir.

Amis dominicains qui en d’autres temps avez tant aimé informer via You Tube, Dailymotion et maintenant Twitter, voyez ou revoyez l’émission. Notamment la partie concernant feu la taxe carbone (http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2005206_debat-segolene-royal-daniel-cohn-bendit-videos_1_0_1.html )…

Jean-Paul Schmitt

02/02/2010

Dany Kasparov

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgJe n’aime pas Daniel Cohn-Bendit depuis…1968 période que nous n’avons pas traversé dans le même camp mais je lui reconnais une grande compétence politique qui s’est bonifiée avec le temps. Aujourd’hui par exemple il est certainement le seul à faire les constats habituels sur la réalité politique du moment tout en ébauchant des pistes alternatives réalistes et compréhensibles. Certes son statut d’électron libre l’aide sensiblement mais encore fallait-il construire ce positionnement. Il est de toute évidence un vrai animal politique et c’est pour ça, de mon point de vue, que les listes Europe-Ecologie ne feront pas d’aussi bon scores dans les régions : le choix de tête de liste de la société civile n’ayant pas l’impact des deux vieux routiers, Cohn-Bendit-Bové, qui ont tiré la liste aux européennes. Son talent celui que l’on n’appelle plus Dany le rouge l’a encore montré ces jours ci.

En lançant en début de la campagne des Régionales l’idée d’un accord avec le PS, sur la base des résultats de 2010, pour les législatives de 2012, c'est-à-dire après la présidentielle, il joue un coup digne du meilleur professionnel du jeu d’échec. Du Kasparov. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette fois Cecile Duflot, la patronne des Verts, pense comme elle le répète à souhaits qu’il n’y a pas de « lézard » entre Dany et elle au moment où ce dernier préempte la stratégie des verts pour les années à venir. Par cette initiative le député européen rappelle que la politique c’est avant tout de l’anticipation et du réalisme. Réaliste il admet ce que tout le monde pense ; la gauche sera encore trop divisée pour gagner la présidentielle de 2012 en même temps les français, beaucoup plus sages qu’on ne le dit ne laisseront pas à Sarkozy les mains libres et lui imposeront lors des législatives une cohabitation. Bien vu et c’est dans cette brèche qu’il engouffre Europe Ecologie comme troisième force politique et lui attribue le rôle d’aiguillon de cette majorité parlementaire. Voila qui donne un sens au combat de ce mouvement et une perspective lisible aux électeurs surtout ceux d’une génération qui veut sortir de l’affrontement binaire de ces dernières décennies.

Philippe Dibilio

Photo: DR

03/12/2009

Nausées

« Cette question des minarets est un piège. Un piège parfait. Quoi qu’ils disent, les promoteurs de l’initiative visant à interdire la construction de nouveaux minarets s’en prennent à un symbole de l’islam et des musulmans. Or cet amalgame est non seulement insupportable, mais inacceptable : la démocratie directe ne doit pas être le prétexte pour s’en prendre à une communauté et la blesser. La limite démocratique est à mes yeux franchie. Je suis pour une démocratie directe « encadrée » par une Constitution qui ne permette pas de voter sur n’importe quoi. Une votation comme celle des minarets, qui cible une communauté en particulier, restera une tache noire sur la réputation de la Confédération. Pour l’effacer, les Suisses n’ont qu’une solution : se mobiliser et revoter » expliquait fort justement hier Dany Cohn-Bendit dans le quotidien suisse « Le temps ».

Cette affaire des minarets helvétiques qui vient par ailleurs de relancer la polémique la plus nauséabonde au sujet de la construction de mosquée en France intervient alors que Besson essaye de faire tourner à plein régime sa machinerie sur « l’Identité Nationale ». D’ailleurs à ce propos, d’après ce que j’entendais sur RMC info hier vers 7h30, le site du Félon réserve quant à lui de bien tristes commentaires. Celui qui aime tant faire le ménage dans la jungle de Calais serait inspiré de nettoyer au karcher sa babasse ministérielle. De Besson à l’UMP, il n’y a désormais plus qu’un pas qu’il convient de franchir. Le maire UMP d’un bled de la Meuse, un certain Valentin qui doit être lui aussi un bienheureux, n’a rien trouvé de mieux que de déclarer à France 2, je cite, « il est temps qu’on réagisse, on va se faire bouffer ». Par qui lui demande alors de journaliste. « Y’en a déjà dix millions, dix millions que l’on paye à rien foutre » poursuit alors notre Valentin qui peut-être rassuré. Toujours hier matin sur RTL, Copé s’est abstenu de tout commentaire à propos de son compagnon Valentin, le patron des députés UMP semblant expliquer que de telles déclarations sont essentiellement dues à l’absence de débat quant à « l’Identité Nationale ».

Début 1968 dans un célèbre éditorial, Le Monde expliquait que la France s’ennuyait. On pourrait rajouter que fin 2009, elle sent mauvais.

Lyon, le 3 décembre 2009.

16/10/2009

Cuisine bio

Les verts.jpgLes Verts, dont certains commencent à dire qu’ils ne se sentent plus, viennent de renvoyer François Bayrou derrière ses talenquères. Cette fin de non-recevoir pour une alliance de premier tour lors des prochaines régionales avec le Modem devrait ramener le parti écologiste à la réalité, non pas que Cécile Duflot aurait ainsi fait le mauvais choix, mais tout bêtement parce que cette décision renvoie au véritable bilan que son Parti se doit de tirer des récentes élections européennes.

Ici comme ailleurs, nous étions nombreux, dès le lendemain du scrutin européen, à mettre en garde les Verts sur la véritable nature d’une victoire qui était avant tout celle de Daniel Cohn-Bendit et très secondairement celle des Verts. Depuis pratiquant une sorte de captation d’héritage, les écologistes, Cécile Duflot en tête, faisaient mine de ne pas tenir compte de cet état de fait. A la tête du pactole de Cohn-Bendit, Cécile Duflot, parfois même avec une certaine arrogance, ne cessait de se comporter comme « une nouvelle riche ». Depuis hier la réalité frappe à nouveau la maison verte. Les frères Cohn-Bendit sont furieux et dénoncent « l’esprit de fermeture de leur partie ».

Plus décisif « Europe Ecologie » vient de rappeler au Parti de Cécile Duflot, que « ce ne sont pas les Verts, qui dirigent le rassemblement Europe Ecologie » rappelant par ailleurs à tous que la double appartenance est chose permise, façon sympathique d’indiquer qu’il y a en vérité en France deux partis écologistes, l’un qui s’appelle les Verts, un second nommé « Europe Ecologie ». J’imagine que pendant encore quelques jours, les Verts, Cécile Duflot en tête, vont nous expliquer que cette mini tempête est « un problème de riche ». En attendant, au plan interne grenouillages et tapages vont constituer le quotidien d’un parti qui devra bien annoncer un jour aux français qui sont ses têtes de listes aux régionales. Déjà en Alsace cela sent la tambouille, les amis de Dany cherchant à se rapprocher du transfuge des Verts, l’ancien secrétaire national passé au Modem, je veux parler de Yann Wehrling.

En Rhône-Alpes il y a déjà pléthore de candidats au sein des Verts sans parler du pédagogue Meirieu qui bénéficie du soutien de Cohn-Bendit. A propos de pédagogie, voilà très certainement une bonne opportunité pour l’ancien conseiller de Claude Allègre de passer enfin de la théorie à la pratique.

Lyon, le 16 octobre 2009

23/09/2009

Cohn rit à l’Opéra

Cohnerie d'Aubry1.jpgVendredi dernier, à l’Opéra. La pièce s’intitulait « Quels termes pour une alliance ? ». Histoire de ne pas pleurer, je vous la fais façon gala Karsenty-Herbert pour les plus anciens et, pour les plus jeunes, façon Tête d’Or.

Le programme annonçait « Mise en scène : Laurent Joffrin ; décors : Jean Nouvel ; dans le rôle du trublion donneur de leçons impénitent : Daniel Cohn-Bendit ; dans le rôle de l’administrateur des biens de la Gauche Plurielle et remplaçant au pied levé la diva Martine Aubry : Claude Bartolone. »

Laurent Joffrin est sur scène et dort. À sa droite Dany désormais plus gris-bleu que rouge, mais toujours flamboyant, vitupère l’absence de la diva absente et empêche Claude, à la mine coincée et au sourire jaune, de défendre la gauche plurielle morte il y a cinq ans. Les deux hommes, habitués à battre les estrades, se tutoient. Extrait :

« Claude, avec ta gauche plurielle tu m’agaces. Avec elle, on est tous morts ! »

« Ah mais pardon… »

En expert du feu nourri et à l’instinct, Dany le coupe. Il pratique un tir aux pigeons tous azimuts, un art qu’il partage avec d’autres habitués des chasses présidentielles. « Ne me parle pas de Mélenchon ! »

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18/09/2009

Daniel "show" Bendit

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgHorreur ! Malheur ! Je me faisais une joie d’assister au débat « Le zapping aura-t-il la peau de la civilisation » qui devait réunir Bertrand de Saint-Vincent, l’excellent chroniqueur du Figaro qui exerce l’épatant métier qui consiste à nous raconter ses week-end « relais et châteaux » financés par des partenaires dont il dit toujours le plus grand bien et Joy Sorman dont le bouquin sur NTM (Gallimard) est une merveille. Vous l’avez compris l’écrivaine et chroniqueuse de Paris Première était zappée au profit du Directeur de la rédaction de France 24. Le charme étant rompu, je voulais donc aller poser mes oreilles du côté du débat des stars de la journée, je veux parler de Martine Aubry et Dany Cohn-Bendit. La Première Secrétaire du PS étant absente, c’est Claude Bartolone qui était commis d’office. Cette absence a, vous vous en doutez, provoqué des remous, dans un public venu en nombre et qui s’est bien amusé des réparties d’un Cohn-Bendit très en forme persiflant sur l’absence de l’absente.

Deux doigts d’humour, un zeste de démagogie, quelques fondamentaux écolos déclinés à l’envie, Daniel Cohn-Bendit a donné le tempo dans un débat qu’il a écrasé souvent d’ailleurs avec des arguments embrouillés. Comme me le disait Gérard Collomb venu jeter un œil dans le premier quart d’heure, « Ça commence bien ! », au sens ou parfois la joute était plutôt « cheap ».
Plus intéressante était la confrontation sur la contribution « climat-énergie » et la possibilité de convergences avec le Modem. En proposant de réunir au Pic du Midi la gauche et « Europe-Ecologie » autour de ce thème, Claude Bartolone a été bien en peine de justifier le fait d’écarter Bayrou d’une telle initiative. Poussant son avantage, Daniel Cohn-Bendit a même proposé de rassembler autour d’un projet de loi reposant sur le rapport Rocard, socialistes, écologistes et amis de F. Bayrou, c'est-à-dire les forces qui acceptent la logique de taxation-Carbone excluant ainsi le PCF et le NPA. Moulinant un discours épuisé et épuisant, Bartolone s’en est tenu au catéchisme de Solferino. Parfois avec frime et suffisance Cohn- Bendit a encore une fois démontré des qualités de débatteur, anesthésiant souvent sa crédibilité en privilégiant uniquement le « show ».

Jean-Yves Sécheresse (www.jysecheresse.com)

 
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