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19/11/2009

Royal canins

n-b-ciel.jpgA l’unisson, les médias parlent, presque en boucle du vidage de Vincent Peillon par Ségolène Royal. La méthode semble en surprendre plus d’un. Quelques mois après les présidentielles, j’avais préféré tirer ma révérence à Désir D’avenir  (ici) observant les manœuvres bureaucratiques inventées par quelques-uns pour transformer cet outil en ustensile dévoué à la seule Ségolène Royal. Certains, et non des moindres, voulaient me convaincre à l’époque de revenir sur une aussi terrible décision m’expliquant que ce disfonctionnement de l’A.G. bidonnée de Désir d’Avenir était à mettre au compte des erreurs de jeunesse. Les mêmes qui par aveuglement amoureux avaient couverts d’aussi piteuses pratiques décidaient il y a quelques mois de claquer la porte et, d’après ce qu’en disait alors la presse, de se réfugier dans un fameux dîner thérapeutique pris en commun dont l’objet était de pleurnicher sur leur bien triste sort. Peu à peu, de démissions en fatwas, celle visant Dominique Besnehard étant la plus singulière, le petit monde de Ségolène semblait se réduire à peu de choses. En vérité le putch de Dijon et le vidage de Peillon nous démontre qu’autour de Ségolène Royal il n’y a pas un quarteron d’affidés mais bien un conseil politique. C’est, d’après ce que nous dit la presse, ce conseil politique « estomaqué », pour reprendre les propos de mon excellente collègue Najat Belkacem, constitué semble-t-il de quinze membres, pour citer ceux de Guillaume Garot, qui s’est réuni en conclave pour virer Peillon. Jusqu’ici, comme pratiquement tout le monde, je pensais que les nombreux revirements de Ségolène Royal étaient uniquement le produit de sa fantasque personnalité. Pas du tout. C’est bien éclairée par un conseil politique que Ségolène Royal chemine. La preuve est donc désormais faite que ces fantassins du Ségolinisme ne sont pas seulement dévoués, ils sont aussi inquiétants car plein de rage. En quelque sorte, il s’agit des « Royal canins ».

Lyon, le 19 novembre 2009.

Photo: DR

22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

14/06/2009

Participatif

Marianne rouge.jpgBon, la formule est légèrement ampoulée et devrait en irriter plus d’un, mais Ségolène Royal sort de sa manche « l’Université Populaire Participative » à un moment opportun puisque demain, c’est à la crise qu’est consacrée la séance. « Quel nouveau modèle de développement économique et social pour l’après-crise ? » est donc la thématique proposée alors qu’une légère gueule de bois frappera les uns plus que les autres après l’élection aux européennes.
Du beau monde est mobilisé pour l’occasion car aux côtés de Ségolène Royal et Philippe Aghion (Université de Harvard), on retrouvera Yann Algan, professeur à Sciences Po, spécialiste des inégalités et de l’emploi mais aussi un économiste qui travaille autour de l’idée de « confiance ». Ce titulaire du prix du jeune économiste 2009, retrouvera deux de ses pairs. Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, prof à l’IEP de Paris et membre de la commission Stiglitz mais aussi Jacques Attali dont l’activité à géométrie variable est aussi difficile à saisir que le positionnement politique. Si sur ce blog, j’avais invité les uns et les autres à lire son intéressant « La crise et après ? » (Fayard), rappelons-nous aussi cet espèce de « Désir de Sarko » qui l’avait animé lors de la mise en place de la commission pour le retour à la croissance dont seuls les chauffeurs de taxi gardent encore le souvenir.
Enfin, et c’est probablement un aspect fort de cette Université, en invitant Edouard Martin, délégué CFDT d’Arcelor-Mittal, Ségolène Royal démontre qu’elle souhaite rester fortement connectée aux effets d’une crise qui a pris de dramatiques tournures à Gandrange comme ailleurs.
Puisque nous en sommes aux rendez-vous qui entendent faire du débat et des échanges participatifs la meilleure façon de s’armer pour demain, je veux signaler, cette fois-ci à la fin juin, à l’invitation de la ville de Grigny, du Grand-Lyon et de Rhône-Alpes, la tenue d’un Forum national de la démocratie participative réunissant élus, habitants et techniciens territoriaux les 26 et 27 juin à la Mairie de Grigny.


•> « Université Populaire Participative », lundi 15 juin 2009, 18h30, Mairie du 4ème arrondissement de Paris, 2 place Baudoyer (Métro Saint-Paul)
•> « Forum National de la Démocratie Participative » 26 et 27 juin à Grigny (Rhône). Contact : www.laparticipationauconcret.fr

•>Au programme des prochaines université: 1er octobre (L'eau, un bien commun), 2 octobre (L'éducation et l'université). Pour plus d'informations

Lyon, le 14 juin 2009.

 
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