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21/02/2010

Bleu

France bleu.jpgCela fait déjà trois fois que « France Bleu » m’adresse un communiqué présentant le Forum de Francebleu.com intitulé « ma région vue d’ici ». Face à tant de constance de la part d’une radio qui, faut-il le repréciser, est la quatrième nationale en part d’audience avec ses quelques 3,7 millions d’auditeurs, voici donc ce fameux message qui démontre que le service public sait être à l’écoute et proche des Français mais aussi capable de ne jamais « lâcher l’affaire ».

« Ma Région, vue d’ici » c’est le forum qui fait bouger la France d’aujourd’hui. Lancé depuis le 8 février, par le réseau France Bleu et ses 41 stations locales, ce lieu d’échanges donne la parole à tous les français amoureux de leur Région. Un forum ancré dans la vie quotidienne des français, on y parle d’emploi, de cadre de vie, de patrimoine… Les problèmes de transports et d’emploi sont les sujets les plus abordés par les internautes. Tous s’accordent à reconnaître la qualité de vie et à mettre en valeur le dynamisme de sa région. A mi-parcours de l’opération, la région Ile-de-France est loin devant les 21 autres en termes de contributions.

Alors, connectez-vous sur francebleu.com pour participer aux débats et échangez entre vous sur votre région. Un forum observé à la loupe par les politiques dans nos régions, à quelques semaines des Régionales.

Pour laisser vos commentaires, vos observations, vos suggestions sur le forum « Ma région vu d’ici », rendez-vous sur www.francebleu.com

Lyon, le 21 février 2010.

08/02/2010

Spleen

200px-%C3%89ric_Besson.jpgC’était il y a un peu plus de trois mois. Sur commande présidentielle, le dévoué transfuge Besson lançait son « grand débat sur l’identité nationale » avec pour mission de draguer quelques électeurs du Front National et de pourrir le débat public à quelques encablures des élections régionales.

Aujourd’hui, le gouvernement tient séminaire sur ce sujet. Attention, il ne s’agit pas du grand barnum dont rêvait, illuminé par la pensée présidentielle, l’appliqué Besson. C’est même tout le contraire, en guise d’évènement, Fillon va bénir ce que désormais beaucoup de monde à droite souhaite être une cérémonie des obsèques et le pauvre Besson doit ranger ses rêves de grandeur ministérielle dans le fond de sa poche. Accusé d’en avoir trop fait, d’avoir joué perso, d’être ingérable, le traitre devenu numéro 3 de l’UMP affiche une bobine des mauvais jours. Il faut dire qu’il y a peu, notre ministre, euphorisé par son débat avec Marine Le Pen, s’est retourné et n’a vu personne le suivre. Même Sarko qui devait pourtant présider ce fameux séminaire s’est fait porté pâle laissant en plan le ministre. En proie à des attaques Umpistes qui fusent, tricard et abandonné, le bon caporal Besson ne cesse pourtant de répéter qu’il assume, qu’il assume tout au point qu’il va se mettre à assumer même ce qu’il n’a pas encore eu le temps de faire.

Sur ce champs de bataille de l’Identité Nationale, le soldat Besson traîne son spleen et sa solitude et il n’est pas certain qu’à droite grand-monde songe à le sauver.

Lyon, le 8 février 2010.

Photo: Luc Legay

16/01/2010

Venir c’est partir un peu

agenda.jpgPeillon s’est donc fait porté pâle au tout dernier moment pour débattre avec Eric Besson, jeudi soir, sur France 2. Bilan de l’opération, il s’est fait taillé un costard en direct à plusieurs reprises par l’animatrice Arlette Chabot, la soutière de l’émission, Nathalie Saint-Cricq, allant même jusqu’à traiter l’euro-député de « voyou ». Comme probablement l’ensemble des téléspectateurs, j’avoue ne pas très bien comprendre le comportement de Peillon dans la mesure où reprocher à France 2 de servir la soupe au couple maudit Besson-Le Pen, Peillon n’étant en l’occurrence qu’un faire-valoir de deuxième partie de soirée, était une donnée connue depuis quelques jours. Alors, pourquoi déclarer forfait à la deuxième minute ? Seul Peillon peut répondre à la question. Souhaitons-lui bonne chance pour demeurer crédible.

Entre Royal qui vient sans être invitée et Peillon qui ne vient pas en l’étant, avouez que les mœurs politiques interrogent ce d’autant qu’ici à Lyon, lors du Forum de Libération il y a quelques semaines, c’est Martine Aubry qui s’était abstenue au dernier moment de venir pour débattre avec Cohn-Bendit expédiant en catastrophe sa doublure Bartolone pour se faire secouer par le leader écolo. Venir ou ne pas venir semble donc désormais la question qui taraude nos politiques.

Prenez le Grand-Lyon, l’hebdomadaire « La Tribune de Lyon » et « Le Progrès » viennent d’établir la liste de ceux qui viennent ou ne viennent pas assister aux séances publiques. J’observe que certains planquent les séances de la Communauté Urbaine ou du Conseil Général en expliquant curieusement qu’ils ne peuvent être partout à la fois mais je me dois aussi d’attirer l’attention de tous sur le fait que ce coupable manque d’assiduité n’est pas le seul problème. Le comportement de ceux qui viennent pour repartir illico n’est pas plus recommandable. Ce d’autant que parmi ceux-là il y a aussi ce qui viennent et qui repartent pour éviter tel ou tel débat. C’est le cas d’un élu en vue de l’UMP qui, tout en venant, n’est jamais présent dans l’enceinte quand il convient de voter à propos du dossier du « Grand stade ».

Si venir ou ne pas venir semble donc la grande question de la vie politique française, rester ou ne pas rester est aussi une dimension seconde d’une réalité qui concerne également les plus hautes autorités de l’Etat. Le Président de la République n’étant pas, de ce point de vue, à l’abri des reproches.

Lyon, le 16 janvier 2010.

12/11/2009

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Besson.jpgEn ces temps où - comme à chaque veille d’échéance électorale, comme à chaque creux dans les sondages - la droite et son maître de chant entonnent des antiennes sur l’identité nationale et les accolent aux refrains parlant d’immigration, une nausée me prend. Non pas que le sujet soit inintéressant, mais parce qu’il est toujours abordé cyniquement dans des moments soigneusement choisis par ces mêmes surfeurs sur vagues xénophobes. Parce qu’il est toujours biaisé par des jeux tacticiens où les débatteurs déguisent leurs adversaires en lutteurs de foire : à ma droite, le catcheur aux pieds dans la glaise et la terre et à ma gauche, l’angélique laxiste naïf rêveur d’universel.

Non, le sujet est trop grave pour le confier d’emblée à ces spécialistes des coups tordus. Oui, comme le disait récemment Gérard Collomb dans Libération du 4 novembre, « Défendre l’identité française ne saurait se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer ».

Mais le propos ne saurait s’arrêter là. Il est autrement plus vaste et le convoquer comme le font Besson et Sarkozy pour qui le sujet est un gri-gri électoral est assez indigne. Pour ne pas entrer trop dans la liste fourre-tout des définitions de l’omni-président-je-sais-tout-et-moi-je-vous-comprends-et-j’ai-été-élu-pour-çà, je citerai en vrac « La France, ce n’est pas une race, pas une ethnie. La France c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs. » (discours de Caen). Un peu court, Monsieur : la France est définie apophatiquement, c’est dire que rien n’en est dit, tout reste flou, tout est affaire de point de vue personnel et individuel non exprimé, mais « C’est tous les hommes qui aiment » ce je ne sais quoi ainsi exprimé, ce flou à tout le moins personnel et inexprimé, et « qui sont prêts à défendre ses idées et ses valeurs » ! Beau lyrisme creux. Et la belle affaire si on me rétorque le mot magique, imparable, de « patriotisme » que seuls sauraient comprendre ceux qui se battent et meurent pour une idée qui relève du sacré et de la recherche de transcendance si chevillée au cœur des hommes : je ne serai pas plus avancé quant à la gouvernance de notre société. Une société qui crève du manque de confiance dans l’avenir et dans ses dirigeants. Une société que ces dirigeants se sont ingéniés à découper en tranches de bons et de pas bons, de travailleurs valeureux et d’assistés, à dresser envieux « ceux qui se lèvent tôt le matin » contre « ces fonctionnaires à l’abri et trop nombreux », « ceux qui aiment la France » contre «ceux qui ne l’aiment pas et doivent la quitter », ceux visés par les racines chrétiennes du discours de Latran contre les laïcards de tous poils.

Je suis un peu comme Martin Hirsch, je ne me sens pas vraiment concerné par ce débat et comme lui je constate que dans ce pays « il y a des débats où l’on s’adresse à ses électeurs … moi je parle à des gens ». Je préfèrerais moi aussi un débat sur l’identité européenne ou sur le modèle européen.

Tiens, à propos d’identité, voici un extrait de l’un des poèmes de Mahmoud Darwich

Les étoiles n’avaient qu’un rôle :

M’apprendre à lire.

J’ai une langue dans le ciel

Et sur terre, j’ai une langue

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Jean-Paul Schmitt

30/10/2009

Pour un Noël « identité nationale »

hommemoderne.jpgChacun connaît le magnifique et célèbre catalogue « L’homme moderne » sous-titré « objets originaux du monde » qui nous propose des produits utiles dans les moindres moments de notre pauvre vie. Noël approchant, je vous propose aujourd’hui une sélection « identité nationale » parmi les centaines d’objets proposés. Voici mon Top 10 :

  • 1- Une reproduction de la Renault 12, voici post-Pompidolienne, cette réplique au 1/18ème (24x9x8,5cm hors socle) est vendue 39,5 €.
  • 2- Pour célébrer les 120 ans de la célèbre Tour Eiffel, un objet en métal et socle en résine, 29 €. Si vous disposez de quelques Playmobil vous pourrez aussi reproduire le concert de Johnny financé par le Président
  • 3- Un lot de deux angelots lumineux qui « veillent sur notre intérieur » comme Brice Hortefeux sur le pays, 25 €.
  • 4- Le DVD de l’année de naissance de Eric Besson notre saint-ministre, 16 € (au lieu de 19,82€ !)
  • 5- Un aspiro broyeur mobile qui « aspire et broie » juste en appuyant sur un bouton. Cette métaphore de la politique gouvernementale vous coûtera tout de même 129 €.
  • 6- Un paillasson « country-house » qui imite magnifiquement les pierres de taille et qui, nous dit le catalogue, se nettoie simplement au jet d’eau mais aussi au Kärcher, 29,5€.
  • 7- « Le remède anti-morosité » du catalogue est un coffret de 5 CD intitulé « Les jours heureux des années 50 ». En écoutant cette compile vendu 29,5 € vous oublierez les jours de crise.
  • 8- La barrière invisible qui éloigne les (animaux) indésirables, 39,9€ seulement.
  • 9- Une paire de mules « ultra light » incroyablement légères (130 gr chacune) avec doublure en tissu écossais. Du 40 au 45, 29,5€.
  • 10- Un alambic de collection en parfait état de marche qui, avec son look entre-deux guerre vous permettra de repenser au bon vieux temps des bouilleurs de cru. 99 € au lieu de 125€.

Cette sélection, bien que n’étant pas homologuée officiellement par le Ministère, n’en demeure pas mois idéologiquement parfaite.

Lyon, le 30 octobre 2009.

28/04/2007

Réactions suite au dialogue Royal – Bayrou.

medium_Royal-Bayrou-small.jpgCe matin je vous proposais un rapide point de vue sur le dialogue à venir entre Ségolène Royal et François Bayrou sur BFM TV et RMC Info.

A lire, sur ce blog, les commentaires parfois violents de certains supporters de Nicolas Sarkozy, je constate à nouveau que, le naturel revenant au galop, la droite placée en rangs d'ognons derrière l'UMP commence à nous montrer ce que devrait être la "France de demain" en cas de victoire de l'ancien locataire de la place Beauvau.

En vérité j'ai la faiblesse de penser que le retour d'une certaine morgue de la droite dans cette campagne est un excellent thermomètre pour mesurer le coup de chaud qui frappe le camp Sarkozy dans ce début de week-end du 1er mai.

Comme probablement beaucoup d'entre vous, j'ai constaté que ce dialogue de très bonne tenue apportait de l'air frais dans une démocratie que chacun souhaite détendue et pacifiée. En abordant pratiquement l'ensemble des thèmes qui intéressent les français, j'ai la conviction que Royal et Bayrou ont situé leur dialogue à la bonne hauteur avec la volonté de parler à des électeurs libres qui veulent réfléchir par eux-mêmes.

Au regard des réactions du candidat de droite qui développe une inquiétante inclinaison à propager mépris suffisant et sectarisme, il est utile de reposer la question du verrouillage de l'information non seulement pour organiser ce débat mais aussi pour en rendre compte. Si vous en avez la possibilité, le temps et l'envie, je vous invite à mesurer la manière dont certaines télévisions, LCI par exemple, rendent compte étrangement de cet échange Royal – Bayrou.

Huit jours nous séparent du 2ème tour. Attendons-nous à ce que les amis personnels et politiques de Nicolas Sarkozy qui contrôlent l'essentiel de l'audiovisuel apportent, sur leurs antennes et dans leurs publications respectives, ce petit coup de main qui risque d'être de plus en plus utile au candidat UMP dans cette dernière ligne droite. Aux septiques sur le sujet, je suggère de se reporter au Libération de ce matin qui en dit long sur le système Sarkozy en la matière.

Histoire de me changer les idées, je vous quitte pour le stade de Gerland afin d' assister au match de l'Olympique Lyonnais qui rencontre ce soir Le Mans, une équipe qui produit souvent du beau jeu et qui apporte elle aussi un peu d'air frais dans un championnat parfois soporifique et de temps à autre violent. 

Lyon, le 28 avril 2007.

18:30 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ségolène, segolene, royal, bayrou, BFM, RMC, débat | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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